TIARET, UN WALI OFFENSIF

EL ARDH LI MANE YOUKHDIMOUHA ET PAS LI IBISNASS BIHA

 

Djamel BELAID 12.12.2018

C'est un wali à l'offensive qui en ce début de mois de décembre a rassemblé les cadres du secteur agricole pour faire le point sur la situation locale. S'exprimant d'abord en langue arabe, Mr Abdessalam Bentouati, wali de Tiaret a, au bout d'un moment, utilisé la langue de Voltaire pour mettre en garde les faux investisseurs et pour appeler cadres agricoles et agriculteurs à plus d'efforts ?

 

DES RESULTATS EXCEPTIONNELS GRACE A ALLAH MAIS PAS GRACE AUX HOMMES

Le wali a noté les résultats exceptionnels en matière de céréales. Faisant sans doute référence aux pluies de la campagne écoulée, il a ainsi déclaré que c'était grâce à la volonté divine qu'un tel résultat avait été obtenu. Alors qu'on aurait pu penser que c'était là les traditionnelles paroles afin de satisfaire les plus bigots des participants, il a ensuite ajouté que ce résultat n'était pas attribuable aux hommes du secteur agricole. Retenant son souffle, l'assistance est restée bouche bée. Dans la salle, on aurait pu entendre les mouches voler.

Poursuivant, Mr Bentouati a explicité son propos : « que ce soit en matière d'irrigation d'appoint ou de la fertilisation, la productivité du secteur des céréales est loin des normes universelles ». Il a aussi indiquait qu'il ne se satisfaisait d'une classification de la wilaya à la 17 ème place quant aux résultats dans le secteur agricole.

 

EN FINIR AVEC LES EFFETS D'AUBAINE

Le wali s'est surtout insurgé contre la mentalité des pseudos investisseurs qui accourent à chaque projet de distribution de concessions agricoles comme le feraient de prétendus bénéficiaires de logements sociaux. « L'investissement dans l'agriculture, ce n'est pas l'attribution de logements sociaux » a-t-il déclaré.

Il a annoncé être en possession d'une liste de 32 investisseurs potentiels locaux qui représentaient une véritable force avec près de 2 millions de dollars d'investissement. « Il leur suffit d'un seul claquement de doigts pour qu'ils accourent à conditions qu'il y ait un accord en bonne et due forme. Ils viendraient avec armes et bagages » a-t-il ajouté en langue française.

Il a indiqué qu'à « Rechgaia tous les autochtones qui avaient déposés des dossiers étaient confortés » mais qu'ils ne souhaitaient plus de pratiques mafieuses. « Que ces gens là se taisent sinon ils seront poursuivis devant les tribunaux ».

 

PLACE AUX VRAIS INVESTISSEURS

Il faut en finir avec ceux qui se disent « je vais à Tiaret car ils donnent des terres agricoles et des logements sociaux ». Il a poursuivi (propos retranscris de la vidéo):

« J'ai invité les investisseurs du secteur agricole. Sur les 32 pré-selectionnés, tous étaient présent.

Je remercie à ce propos le Bneder pour le travail de préparation des dossiers. Tous répondent à une acceptabilité sociale. De même que le responsable de l'hydraulique est à féliciter pour son travail et sa présence à nos côtés.

L'ancien DSA est également à féliciter. Il est aujourd'hui présent dans la salle même s'il est actuellement affecté à la wilaya de Tlemcen. Je le remercie car il a cru en notre démarche et motivation.

 

Il y a aujourd'hui des investisseurs qui se sont lancés, il y a trois ans dans la production d'olives et qui aujourd'hui pressent leur première récolte et sont en mesure de commercialiser une huile qu'ils peuvent vendre à 800 DA le litre3.

 

EN JANVIER, UN PLAN DACTION POUR TIARET

Mr Bentouati a également annoncé : « En janvier, nous organiserons des journées de réflexion sur le secteur agricole. Cela se fera au niveau de chaque filière. Nous en comptons une vingtaine depuis la production de safran à celle des céréales.

Avec la profession et l'aide du ministère de l'agriculture nous souhaitons faire de Tiaret une wilaya pionnière ». Il est regrettable que des président d'APC, d'APW, des chefs de daïra et des walis n'aient pas les éléments clés techniques pour débloquer la situation sur le terrain.

 

Concernant la céréaliculture, nous souhaiterions proposer à ce wali de mettre sur pied un groupe de céréaliers et d'artisans soudeur pour mettre au point un semoir low-cost pour semis direct (sans labour). Cette méthode est la seule qui réponde aux conditions climatiques, agronomiques et économiques de Tiaret. Il existe à la station ITGC de Sétif un exemplaire de semoir syrien qu'il s'agirait de copier (et d'améliorer). A la wilaya de Tiaret, et à son wali, d'impulser le même succès de la wilaya de Oued Souf. Dans cette wilaya, ce sont des fellahs et des artisans soudeurs qui ont inventés les pivots rotatifs qui ont permis le succès de la pomme de terre. En zone céréalière, c'est à la filière de fabriquer ses propres outils dont ce semoir. Mr le wali, attendre indéfiniment que l'entreprise CMA-SOLA se bouge pour fabriquer ce type de semoir est une perte de temps. Dès les prochains semis, il vous faudrait 50 de ces semoirs pour remonter le classement de la wilaya. Pensez à ces semoirs lil ou n'har monsieur le wali (ainsi que tous les patriotes qui veulent le succès de notre céréaliculture).

 

Mr LE WALI, PENSEZ VALEUR AJOUTEE

Espérant que Mr le wali nous lise, nous aimerions lui dire que pour assurer le succès de notre céréaliculture, il faut que cette culture rapporte financièrement aux agriculteurs. Pour cela, il y a un moyen radical. Permettez aux céréaliers d'écraser leur récolte de blé dur pour en faire de la semoule (comme le font les moulins privés qui engrangent des fortunes). En lui permettant de récupérer cette valeur ajoutée, le fellah sera ainsi amené à emblaver toutes ses terres en jachère, à mettre de l'engrais, à désherber et à faire de l'irrigation d'appoint. Mais pour cela, il faudrait que les CCLS se lancent dans ce type de transformation. A défaut des CCLS, pourquoi ne pas imaginer des G.I.E paysans qui se doteraient des moyens pour écraser le grain mais aussi bénéficieraient des mêmes restitutions financières que les moulins privés.

 زرع بدون حرث  POUR REDUIRE VOS COUTS, SEMEZ SANS LABOURER

 

 

APAB, L'ALLIANCE DU LAIT ET DES SODAS

Patrons de toutes wilaya, unissez vous !

Djamel BELAID 26.11.2018

 

Les patrons algériens ont réellement le sens de l'innovation. Surtout ceux du secteur des sodas et du lait. Non pas qu'ils aient créé un moyen afin de réduire leurs coûteuses importations de poudre de lait et de sucre. Ces deux catégories de patrons se sont unis au sein d'une même association patronale pour mieux peser sur les décisions de pouvoirs publics pris à la gorge par la baisse des cours du prix du pétrole.

 

UNE INITIATIVE POSITIVE

En un sens, cette initiative est positive. Les pouvoirs publics ont ainsi face à eux des interlocuteurs, certes plus forts, mais identifiés. Cela peut permettre d'établir le dialogue si nécessaire avec les opérateurs économiques. Qu'on en juge : face au secteur de l'informel, l'Etat n'a pas d'interlocuteurs et à part des mesures coercitives, il n'a pas prise sur ce secteur de l'économie.

 

Sur certains points, l'APAB-Soda présente un bilan positif. En effet, il s'agit de l'une des seules filières qui se soit structurée de façon indépendante. Dans le cas des minoteries ou des mandataires en fruits et légumes cela n'est pas le cas. Son bilan positif concerne surtout la réduction les discussion avec les services de l'Etat sur la réduction du taux de sucre dans les boissons. L'APAB mène également un combat interne à la filière afin de normaliser les produits de la filière ainsi que les normes d'hygiène. Si cela permet de rehausser la confiance des consommateurs vis à vis de ce type de boissons, c'est également un moyen d'écarter des concurrents qui pourraient leur faire de l'ombre.


On se rappelle les propos dédaigneux de Mr Othmani, PDG de NCA Rouiba, à l'encontre des petits limonadiers informels préparant des boissons dans des baignoires. On aurait pu s'attendre à ce que l'APAB tende la main à ces jeunes investisseurs pour les guider vers de meilleures pratiques.

 

Au delà de l'injonction concernant la baisse des taux de sucre, les pouvoirs publics devraient inciter les limonadiers à une substitution , même partielle, des importations de concentrés de jus et de sucre. Ces patrons devraient être encouragés, voire incités, à aider les agriculteurs à produire des extraits de fruits ou des produits sucrant (sucre de dattes, sirop de glucose obtenu à partir de pomme de terre, stevia, …).

 

LAIT, LA BATAILLE POUR L'OR BLANC

Mais ce qui a motivé cette soudaine alliance du lait et du soda réside dans la baisse des quotas de poudre de lait attribués aux laiteries privées. Le montant de importations de cette matière atteint aujourd'hui des montants faramineux. La situation devient intenable dans un contexte de baisse des prix du pétrole. Les patrons des laiteries privées se plaignent également du mode d'attribution de ces quotas et de la non possibilité de réceptionner cette marchandise dans le port de leur choix.

 

Il est à espérer que réunis dans une même structure professionnelle, les patrons des laiteries privées essayent d'innover. Ils disposent de moyens modernes dont ceux de l'emballage. Au delà du lait de vache, il existe des « laits » dit végétaux. Ces laits sont en fort développement à l'étranger. Ils sont le fait de plusieurs sociétés : SojaSun.fr ou Bjorg.fr pour n'en citer que les plus connues. Il serait intéressant que l'Apab-lait se dote d'un laboratoire de recherche afin de mettre au point de tels laits végétaux. Ceux-ci sont à base de soja, de riz, d'orge ou d'amandes. Il y a tout un pan de l'industrie laitière à développer. On pourrait penser à des laits mixtes : lait de vache coupé au lait végétal, lait végétal aromatisé au chocolat, à la fraise ou à la vanille. De telles produits pourraient soulager les finances publique, créer de l'emploi local et soutenir la production agricole. Ainsi, auparavant, du fait de sa faible taille, la production locale d'amandes était confidentielle. Or, grâce aux subventions du PNDA, par exemple à Djelfa, des investisseurs commencent à produire des quantités phénoménales d'amandes. Il y aurait ainsi de quoi tester la production de lait d'amandes.

 

LAITERIES, DES PATRONS ENCORE TROP HITTISTES

Si les patrons des usines de boissons sont totalement liés aux importations de leur matière première (concentré de jus, sucre, malt, …), ceux des laiteries le sont un peu moins globalement. En effet, cette catégorie de patrons peut s'enorgueillir de contribuer à la productions de lait frais local. C'est le cas des laiteries Soummam, Djurdjura-Danone et d'une kyrielle de petits établissements. Cette aide se fait le plus souvent par l'aide aux éleveurs dans l'acquisition de génisses, d'aliments de bétail, de matériel de récolte des fourrages, de soins vétérinaires voire d'avances sur revenu. Mais la situation est telle, que ce mouvement doit être amplifié et étendu à l'ensemble des laiteries privées et publiques. Il est regrettable que des laiteries coopératives ne soient pas encouragées. La valeur ajoutée des activités qu'elles pourraient créer irait dans la poche des éleveurs et pourrait contribuer à rendre l'élevage laitier plus rémunérateur. Actuellement, l'or blanc va uniquement dans les poches d'urbains ayant investi dans la collecte et transformation du lait : éleveurs, consommateurs et pouvoirs publics sont les grands perdants d'une telle organisation de la filière.

 

POUDRE DE LAIT, REVOIR LE MODE DE COMMERCIALISATION

L'Algérie est l'un des seul pays au monde à utiliser des sachets plastique pour le lait . Il s'agit de revoir le mode de commercialisation de la poudre de lait. Pourquoi la faire reconditionner par des industriels qui, au passage, en détourne une partie pour faire des yaourts et du fromage ? Il serait plus logique, comme en Chine et en France, de commercialiser la poudre de lait au détail directement vers le consommateur. Cela, par exemple sous forme de paquets de 300 grammes.

 

 

Ces deux secteurs lait et sodas sont très consommateurs en intrants importés de l'étranger. La constitution d'unions professionnelles dédiées à ces activités constituent une bonne nouvelle. A condition que cela permettent la concertation entre industriels afin d'innover techniquement et non pas seulement comme moyen de pression contre les pouvoirs publics. Quant à ceux-ci, ils ne seront que plus respectés par ces industriels et les consommateurs en favorisant transparence et incitation à l'innovation.

 

 

 

 

5 EME MANDAT, MEME LE LAIT CONCERNE ?

Quand le débat sur la production de lait devient politique.

Djamel BELAID 2.11.2018

Un récent article1 du site « Maghreb Emergent » concernant la filière lait en Algérie trace un bilan catastrophique de la situation de ce secteur. Certes, le montant des importations de poudre de lait est affolant. Ces importations nous coûtent de plus en plus cher. Cependant à ne voir que des aspects négatifs dans un secteur où nombre d'éleveurs laitiers, laiteries et entreprises déploient des trésors d'innovations techniques révèle d'une certaine myopie ; à moins que l'auteur ne soit utilisé à son insu pour de sombres desseins. La négation des réussites de ces dernières années est prégnante. C'est à se demander si le débat économique n'est pas contaminé par le débat politique.

 

L'ARTICLE EN QUESTION

Ce qui est troublant dans un tel article est la litanie des dysfonctionnements constatés. Nulle intention de notre part de les masquer. Mais analyser un problème, c'est déjà trouver la cause d'un dysfonctionnement. Donc, à tout problème, doit suivre des propositions de solutions. Mais, là nulle trace de propositions (si ce n'est pour « de grands élevages »). A part, parfois quelques rapides généralités : « mise en place de modules des grands élevages pour élever cette filière au rang d’un tissu industriel par l’acquisition de la technologie des conduites informatisées des cheptels ». Faut-il absolument passer par un ordinateur pour nourrir une vache ? Si une gestion rigoureuse d'un atelier bovin passe par l'outil informatique, l'urgence actuelle est de mieux valoriser les fourrages disponibles.

A ce petit jeu, c'est à se demander s'il ne s'agit pas là d'une tentative de réponse aux dernières assises de l'agriculture. C'est une hypothèse que nous soumettons à l'attention de chacun. En effet, selon certains observateurs, celles-ci n'auraient eu pour seul but d'établir par des laudateurs patentés un bilan positif du secteur agricole et ainsi apporter un soutien à l'idée d'un cinquième mandat présidentiel.

Que ce soit de la part d'un camp ou de l'autre, l'agriculture doit rester loin des querelles de chapelles. Ce secteur a besoin d'analyses, de bilans, de prospectives constructives. L'enjeu de nourrir 40 millions d'habitants dans un pays à dominante semi-aride et aride est trop grand pour se prêter à des luttes d'influence ou à des constats béats sur une impuissance présumée de notre agriculture.

 

SUR LA RENTABILITE DES PETITES EXPLOITATIONS

Les petites exploitations sont raillées dans l'article. Or, il est établit que de petites exploitations agricoles peuvent avoir une rentabilité meilleure à de grands complexes. Par ailleurs, comme le note l'agro-économiste Omar Bessaoud, l'agriculture algérienne emploie un million de familles. Leur travail permet de satisfaire, en partie, les consommateurs. Leur travail leur permet ainsi d'avoir un revenu. Confier notre agriculture à de seules entreprises de grandes taille, c'est denier la contribution du secteur agricole à l'emploi. Par ailleurs, la politique de l'emploi en milieu agricole et rural est le seul moyen d'éviter l'exode rural. Nourrir encore plus de populations urbaines entassées dans des agglomérations, la plupart du temps situées sur les meilleures terres agricoles n'aurait pas de sens.

 

Quant aux grands complexes laitiers installés en plein désert que nous promettent des investisseurs américains, leur réussite est aléatoire. Les lobbyistes pro-américains sont à l'oeuvre. Mais à part des consortiums véreux venus des USA car attirés par le soutien que consentent les pouvoirs publics, nous n'avons pas vu de réalisations concrètes.

Par contre dans la région du M'Zab, des investisseurs locaux, installés sur des exploitations à taille humaine, ont su mobiliser des ressources fourragères pour développer la production locale de lait.

 

POUDRE DE LAIT, MIEUX MAITRISER LE MARCHE

Le montant de la facture liée aux importations de lait en poudre est de plus en plus élevée. Cette situation n'est pas tenable. Aux pouvoirs publics de réagir. Nous aurions aimé quelques suggestions de la part des contradicteurs.

Selon les potentialités climatiques et agricole, les pouvoirs publics doivent conditionner la délivrance aux laiteries de quota de poudre de lait par l'engagement de celle-ci dans la production locale – directe ou indirecte - de lait frais. Cette production pouvant se faire par l'investissement dans des fermes laitières, mais surtout par l'encadrement technique des éleveurs.

Quant à la distribution du lait en poudre, elle pourrait être revue. Actuellement, la méthode de reconditionnement par ajout d'eau est privilégiée. De nombreuses laiteries en profitent pour « faire leur beurre ». Elles détournent cette poudre pour faire du fromage et ainsi maximiser leurs marges bénéficiaires. Question : dans de nombreux pays, le lait en poudre est commercialisé sous forme de paquets de 300 grammes et ce sont les consommateurs qui rajoutent chez eux de l'eau pour en faire du lait. Pourquoi ne pas faire de même en Algérie ? Les livraisons de poudre de lait aux laiteries seraient alors réservées à la seule production de fromages et de déserts lactés et donc facturés comme il se doit.

 

PRODUCTION DE LAIT FRAIS, POUR ALLER DE L'AVANT

Les éleveurs et les professionnels de la filière ont certainement des suggestions afin de développer la production. A Sétif, la coopérative d'élevage Anfel produit du « mash fourrager », une sorte de mélange de différents aliments et fourrages qui améliore les performances des animaux. A Constantine, les éleveurs laitiers ont été aidé par laiterie Soummam pour bénéficier d'enrubanneuses et mieux conserver leur fourrage. Dans le Haut-Chélif, des laiteries recrutent des vétérinaires et les mettent à la disposition des éleveurs adhérents. Le centre national d'insémination animale propose des méthodes modernes pour améliorer la rentabilité des élevages.

Aux décideurs régionaux d'agir sur ces différents leviers. Il existe des solutions concrètes pour améliorer la production et répondre aux pleureuses qui ne voient que dysfonctionnements et font silence des réussites.

Parmi, toutes ces solutions techniques et organisationnelles, il nous semble que développer le soutien technique des éleveurs par les laiteries privées et publiques est d'une urgence nécessité. Ces laiteries captent l'or blanc des éleveurs. A elles d'investir dans la production. Et d'ailleurs, certaines jouent le jeu. A cet égard l'analyse de leur expérience à des fins de généralisation s'avère urgente.

 

POUVOIRS PUBLICS, DIRE LA VERITE AUX ALGERIENS

Promettre à chaque consommateur algérien – 40 millions de consommateurs - du lait et des produits laitiers est une voie hasardeuse. Cette stratégie repose sur l'importation d'aliments concentré pour bétail et de poudre de lait. Tôt ou tard, face à la chute des revenus pétroliers et à l'augmentation des besoins de la population, cette voie apparaîtra comme un échec. Aux pouvoirs publics d'informer les consommateurs de l'impossibilité pour nous de suivre le modèle de consommation occidental.

Ainsi, il est impensable de songer à des steacks « Made in Algeria » pour tous. La filière d'engraissement de jeunes veaux localement peut être améliorée par l'importation de veaux des ex-pays de l'Est, par l'amélioration des disponibilités locales en fourrages et de la conduite. Mais les énormes besoins en eau qu'exige ce type de production ne pourra jamais en faire un produit de large consommation (sauf pour les hauts revenus). Mais proposer des steacks végétaux est une voie à explorer.

Dès aujourd'hui, il s'agit de proposer aux consommateurs locaux des produits de substitutions : laits végétaux ainsi que fromages et déserts lactés dérivés de ce type de lait. En la matière il s'agit de s'inspirer des innovations du secteur agro-alimentaire des firmes étrangères orientées vers la satisfaction des consommateurs européens végétariens.

A ce titre, il est indécent de voir des investisseurs locaux penser à exporter des produits laitiers en Mauritanie comme le propose Falait avec son fromage Tartino.

 

En définitive, face aux insuffisances et dysfonctionnements dont se gaussent les détracteurs, nous pensons qu'il existe des alternatives. Cependant, à différents niveaux des institutions, les pouvoirs publics restent dans une position attentiste par incompétence technique et organisationnelles et par effet des pressions de lobby. Mais pour notre part, surtout en ce début de mois de Novembre, nous sommes loin de tomber dans le défaitisme. Aux patriotes en tout point du territoire et à différents niveaux des filières animales de relever le défi. D'autres, avant nous en Novembre 1954 ont relevé des défis bien plus grands. La profession agricole en est capable. Encore faut-il que contrairement aux détracteurs et pleureuses de tout bord, nous soyons déterminés, après une analyse sans complaisance de la situation, à formuler des propositions constructives.

Nous en sommes capables.

1“La production algérienne de lait ne couvre que 15% des besoins locaux” (Akli Moussouni). Par Maghreb Émergent. 28 octobre 2018

IMPORTATIONS DE BLE RUSSE PAR L'ALGERIE

Interview accordée à Dziri.com

25/10/2018

 

1/Quelle est votre appréciation du bilan de la production céréalière de l'Algérie 2018?

Incontestablement, cette récolte de 60 millions de quintaux de céréales montre les progrès de la filière. Certes, les pluies ont été abondantes mais elles n'ont fait que valoriser les efforts des céréaliers. La production locale de tracteurs n'a jamais aussi été élevée. Cette meilleure disponibilité en moyen de traction permet d'emblaver plus de surfaces. Grâce à la mise en service de nouveaux équipements fournis par la société turque Akyurek, l'OAIC, à travers ses CCLS, a contribué à couvrir les besoins en semences certifiées. Ce matériel moderne a considérablement renforcé les capacités déjà existantes. Outre, la qualité des semences, les CCLS ont été en mesure de fournir avec 50 jours d'avance les céréaliers. Cela a réduit les semis tardifs qui pénalisent fortement les rendements. Un autre facteur, trop souvent oublié, est la présence sur le terrain des firmes d'agro-fournitures. Qu'il s'agisse d'investisseurs privés ou de grands groupes étrangers (Syngenta, Timac Agro filiale du Groupe Roullier), les campagnes sont aujourd'hui quadrillées par des réseaux de technico-commerciaux qui réalisent un véritable travail de vente et de vulgarisation. Cette année par exemple, à travers sa campagne Saba-Plus, Syngenta-Algérie a animé de nombreuses journées techniques en salle et sur le terrain à travers la visite de parcelles d'essais. Ainsi, aujourd'hui de nombreux céréaliers utilisent comme désherbants les mêmes molécules que les gros céréaliers du bassin parisien. En matière d'engrais au traditionnel super-phosphate, est venue s'ajouter une foule de formulations plus efficaces.

Concernant les surfaces irriguées, elles progressent que ce soit celles en irrigation de complément ou dans le sud les surfaces sous pivot.

Nombre d'ingénieurs agronomes et de techniciens – voire d'universitaires investissant dans le secteur agricole – sont présents dans les exploitations. Nombreux sont ceux qui mettent en pratique des techniques modernes : semis direct à Sétif ou traitements fongicides à Constantine. Le non-labour avec semis direct permet de réduire de 40% les coûts de mécanisation et de semer 6 fois plus vite. A Sétif, un groupe de céréaliers, conseillés par des universitaires, vont jusqu'à analyser chaque hiver l'azote du sol afin d'affiner les doses d'engrais azotés à apporter au printemps. Ainsi, aux côtés d'agriculteurs traditionnels, apparaît une nouvelle catégorie de céréaliers performants.

 


2/Comment jugez-vous la dépendance de l'Algérie à l'importation des céréales, autrement avons-nous les moyens de devenir indépendant à l'importation à moyen terme?

Actuellement, l'autonomie en céréales est impossible. En effet, l'Algérie ne possède pas de vastes plaines avec du tchernoziom, ces sols noirs de Russie et d'Ukraine disposant de 3 à 10% de matière organique et profond de 1 à 6 mètres. En Algérie, les sols sont peu épais et n'ont, en moyenne, que 1 à 1,5% de matière organique. Ils reposent pour beaucoup sur une couche de calcaire peu favorable au développement des racines. Par ailleurs, la population algérienne augmente rapidement. Le consommateur désire plus de viandes et de produits laitiers. D'où les surfaces en orge consacrées à nourrir les animaux. L'objectif immédiat est donc avant tout de réduire les importations de blé tendre.

Pour cela, il existe de fortes réserves de productivité. Un expert australien a dit de l'Algérie que nous avions 30 ans de retard sur ce qui se fait aujourd'hui en Australie. S'il nous faut poursuivre les efforts en matière d'irrigation de complément, dans le cas des cultures non irriguées, il s'agit surtout de définir les itinéraires techniques les mieux adaptés à nos conditions. Ainsi, une grande majorité d'agriculteurs continuent à labourer le sol. Or, labourer prend du temps, coûte cher, assèche le sol et favorise l'érosion d'où un envasement des barrages. Concernant les engrais, le fort taux de calcaire et le déficit hydrique nous oblige à localiser les engrais au semis. Quant au désherbage, sous nos conditions, il est vital afin de réserver le peu d'eau du sol aux seuls plants de blé. Or, qu'il soit mécanique ou chimique, le désherbage reste encore non généralisé. Seuls des itinéraires techniques économes en eau et sobres en matériel et intrants nous permettrons d'intéresser les céréaliers à cultiver plus de blé.

Il s'agit donc de mettre à leur disposition le matériel nécessaire et les formes d'organisation les plus appropriées. Nous ne produisons ni les semoirs qui permettraient de s'affranchir du labour et de localiser les engrais ni les herses étrilles et autres houes mécaniques qui permettraient aux petits fellahs de désherber mécaniquement à moindre frais. Pourtant, à Oued Souf, des artisans soudeurs ont su concevoir les pivots artisanaux qui ont permis le succès de la pomme de terre dans cette région. Il est à espérer que cette succes story soit réitérée dans le cas des céréales avec la fabrication locale de semoirs low-cost pour semis direct. Un cluster machinisme agricole mériterait d'être mis sur pied.

Quant aux formes d'organisation, si les chambres d'agricultures sont encore à leur début, il doit y avoir à leurs côtés des coopératives céréalières paysannes. Comme dans les grands pays agricoles, indépendantes d'une bureaucratie tatillonne, elles doivent pouvoir recruter elles même directeur, ingénieurs et techniciens avec un seul mot d'ordre : « l'obligation de résultats ». Elles doivent pouvoir également transformer le grain en semoule, voire en pâtes alimentaires et ainsi produire plus de valeur ajoutée. C'est là le moyen de rendre plus attractif la culture des céréales et de pérenniser cette attractivité. Actuellement l'élevage du mouton reste très rémunérateur, et si ce n'étaient les subventions publiques, bon nombre de terres à blé seraient consacrées exclusivement au mouton. C'est dire l'urgence de revisiter nos façons de faire.

En attendant, il s'agit d'orienter les transformateurs vers la création de réseaux d'appui technique aux céréaliers comme le font groupe Benamor ou Smid Tell. Dans le cas de la tomate industrielle, ce sont des conserveries qui ont vulgarisé les techniques modernes permettant de tripler les rendements. Des laiteries privées ont également mis sur pied un tel appui technique.

Enfin, un statut du fermage permettrait de légaliser la location des terres agricoles et sortirait de l'informel bon nombre de céréaliers qui n'ont donc pas accès aux prêts de campagnes et subventions.


3/Que pensez-vous de la décision de l?Algérie de diversifier ses fournisseurs en blé (Polémique concernant une possibilité d'achat de blé russe) ?

Le blé russe bénéficient d'un avantage, il est moins cher de 20 dollars la tonne par rapport aux blés français. Ce différentiel est lié aux coûts de production : faibles salaires à l'Est et taille des exploitations : 150 hectares en moyenne en France contre 1000 à 2000 hectares en Russie. Nous avons donc tout intérêt à consommer, comme les Egyptiens et les Marocains, du blé russe. C'est en 2016 que du fait d'une faible récolte, la France a perdu des parts de marché en Afrique au profit de la Russie.

La Russie et l'Ukraine ont des terres fertiles et une population qui n'augmente pas ou peu. De ce fait, ces pays de la mer Noire sont des exportateurs avec qui il faudra compter. Leur blé est naturellement riche en protéines, ce qui n'est pas le cas des blés français. Jusqu'à présent, les céréaliers français privilégiaient le rendement au détriment des protéines. Sans aucun état d'âme, ils versaient dans le trou du silo de la coopérative des remorques entières de blé fourragers. Il fallait faire du tonnage. De quoi remplir rapidement un train pour l'export via le port de Rouen. Par ailleurs, les opérations de nettoyage des grains n'étaient pas systématiques. « Papa, j'ai honte du blé français que j'ai vu débarquer en Egypte » m'a confié un jour un céréalier du bassin parisien dont la fille travaillait dans le négoce. Aujourd'hui sous l'impulsion, notamment de Rémi Haquin, président du conseil de FranceAgriMer, la filière française tente de conserver ses parts de marché en jouant la carte de la qualité. Ainsi, les silos sont aujourd'hui équipés d'analyseurs à infra-rouge permettant de déterminer de façon instantanée le taux de protéines de toute remorque de blé arrivant devant un silo. Par ailleurs, la sélection s'oriente vers des variétés permettant de meilleurs taux de protéines et valorisant mieux les apports d'engrais azotés. Mais ce n'est pas chose facile, car les mesures environnementales visant à lutter contre la pollution des nappes phréatiques par les nitrates contraignent les céréaliers à réduire leurs apports d'azote. Les blés français sont également handicapés par les pluies d'été. Alors que les grains ne sont pas encore récoltés, le développement de moisissures sur les épis est à l'origine de la présence de mycotoxines (D.O.N) dangereuses pour la santé. En 2016, le phénomène était tel que lorsqu'on se promenait près d'un champs de blé, on pouvait être dérangé par une odeur de moisi.

De leur côté les blés de la mer Noire sont sujet à des attaques de punaises qui réduisent le poids spécifique et les propriétés de panification. Selon Pierre Duclos, président d'Agri Trade Consulting : « il y une autorisation maximale de 0,10 % (de grains punaisés) dans le cahier des charges de l'OAIC et les blés russes sont en général entre 0,50 et 0,70 % alors qu'ils étaient par le passé plutôt entre 1 et 1,50 % », explique-t-il. L'OAIC a le choix de réduire son cahier des charges. On peut se demander si une telle décision pourrait être prise face à la sensibilité de l'opinion publique très sensible sur la qualité sanitaire des cargaisons de blés déchargées au niveau du port d'Alger. De son côté, afin de conquérir de nouveaux marchés, le partenaire russe a tout intérêt à montrer qu'il est capable de nouveaux progrès.

 

La volonté d'être présent sur le marché de l'export est tel que nul doute que la filière russe saura trouver la parade. D'autant plus que cette filière fait l'objet de lourds investissements dans les infrastructures portuaires. De grands groupes de négoce tels Louis Dreyfus Company ou Cargill investissent dans des terminaux céréaliers à Novorossiisk. Il est a espérer des progrès dans le transport ferroviaire russe qui a souvent été montré du doigt pour le manque de wagons.

Les récentes visites d'experts algériens dans les ports russes auront permis de vérifier des capacités locales d'exportations. Comme le port de Rouen, les ports russes disposent aujourd'hui de quais capables de recevoir des cargos de fort tonnage de type Panamax.

 

Si comme l'autorité égyptienne en charge des céréales (GASC), l'OAIC venait à choisir le blé russe, cela ne passerait pas inaperçu. L'Algérie est en effet le plus gros client de la France. Selon France Export Céréales, près de 4,3 millions de tonnes de blé ont été exporté vers l'Algérie en 2017/2018. Un tel choix pourrait faire l'objet de fortes pressions de la part du partenaire français. En effet, avec la nouvelle mouture de la Politique Agricole Commune, les céréaliers vont voir se réduire le montant des aides. Le Brexit verra également une réduction du budget agricole du fait de la perte des contributions anglaises.

Le choix vers le blé russe obligerait les meuniers algériens à travailler des grains plus durs, d'où une nécessaire adaptation et des coûts de mouture quelque peu plus élevés. Mais ils y gagnerons en taux de protéines. Selon les meuniers du Cameroun, Sénégal et Maroc qui l'utilisent depuis 2016, le blé russe permet de produire toute sorte de farine : ménagère, boulangère ou pâtissière. Et ils en sont satisfait.

 

 

 

LANCEMENT DE LA CAMPAGNE LABOURS-SEMAILLES A SETIF

LE WALI PRONE UNE MEILLEURE ATTRACTIVITE DE LA CCLS

Djamel BELAID 9.10.2018

 

Le site de la wilaya de Sétif met en ligne une vidéo relative au lancement de la campagne « labours-semailles ». Avec ses cheveux blancs et sa cravate rouge, le wali était bien reconnaissable parmi les responsables locaux se pressant sous une tente pour écouter les responsables du secteur agricole. Les échanges entre les participants était particulièrement intéressant. Mais, Mr le wali pose-t-il les bonnes questions ? Et lui donne-t-on les bonnes informations ?

 

Apparemment le wali de Sétif est un innovateur. Accueilli avec des fleurs, pour cette inauguration, il a eu l'élégance de les offrir à la dame qui était chargée de les lui remettre. Mais, c'est surtout au niveau des échanges avec les responsables agricoles que les propos du wali sont détonants.

 

LE WALI : DEVELOPPER L'ATTRACTIVITE DE LA CCLS DE SETIF

Répondant aux chiffres sur les progrès de la collecte de céréales de la CCLS, le wali n'a pas manqué de noter la meilleure attractivité que représente cet organisme pour les céréaliers. « Nous sommes dans une économie de marché ».

Il a conseillé à la CCLS de ne plus avoir une position attentiste. Et pour mieux illustrer son propos, le wali a abordé les livraisons frauduleuses de blé importé. L'évocation de ce sujet a suscité la stupeur de son interlocuteur qui a répondu qu'il y avait eu quelques tentatives minimes. Le responsable de la CCLS a cru un instant que cela lui était reproché.

Revenant à la charge, le wali a repris les propos : « ces tentatives, elles sont minimes, el-hamdoulah. Mais cela montre que vous êtes devenus attractifs ». Puis généralisant aux cas les plus généraux, le wali a ajouté « le fait que les gens viennent vous voir [pour livrer des céréales] montre que vous êtes devenus plus attractifs ». Avec le responsable de la CCLS, il a insisté sur la nécessité d'aller au devant des fellahs.

 

LES QUESTIONS A POSER AU DSA ET A LA CCLS

On ne peut que se réjouir du souci d'un wali de contribuer au développement de la production de céréales. Afin d'aider ces responsables de l'exécutif de wilaya ou de daïra, il nous semble que d'autres questions devraient être posées. Par exemple l'évolution des livraisons de matériel d'irrigation et les surfaces effectivement irriguées, l'évolution des surfaces emblavées par semis direct, l'évolution des livraisons de semences certifiées, l'évolution des surfaces recevant des fertilisants1 et désherbées. Mais pourquoi n'aborder que des questions relatives au matériel ? Les questions devraient également porter sur la gouvernance des hommes au niveau des CCLS. Quid du rôle des élus paysans de la CCLS ? Quid de l'émulation salariale des agents chargés de la vente des intrants agricole ou de la collecte ? Revenons sur ces différents points.

 

Concernant l'irrigation, si celle-ci mérite toute l'attention, il ne faut pas perdre de vue que la majorité des surfaces sont en sec et le resteront. L'attention doit donc porter également sur l'innovation technique en culture pluviale. Cette innovation est d'autant plus fondamentale que les importations de céréales se chiffrent en centaines de milliers de dollars et que pour les fellahs le réchauffement climatique est devenu une réalité.

 

LA QUESTION CENTRALE : PRODUIRE A SETIF DES SEMOIRS POUR SEMIS DIRECT

Concernant le semis-direct. Il s'agit d'une technique d'avenir aujourd'hui adoptée par les agricultures modernes des pays connaissant des conditions semi-arides (Australie, Espagne...). Or, force est d'observer que nous sommes à la traîne en Algérie. Et la vidéo mise en ligne par la wilaya de Sétif en témoigne pour qui sait décrypter les faits. Ce sont trois semoirs conventionnels qui ont symboliquement inauguré le déclenchement de la campagne « labours-semailles ». Le seul semoir moderne capable d'un semis direct était bien présent. Mais il était en photo ! Mr le wali, à l'avenir, demandez pourquoi ce semoir ne vous est présenté seulement en photo. Demandez pourquoi cette technique plébiscitée par plusieurs gros céréaliers algériens du groupe des 50 quintaux n'est pas mise en avant par la DSA et la CCLS de Sétif ? Ce sont là les questions décisives, les questions qui dérangent. L'urgence de la situation oblige à être plus exigeant.

 

Certes, il ne s'agit pas d'accabler des responsables locaux pour un matériel développé par l'entreprise SOLA-CMA de Sidi Bel-Abbès. Mais, la question qu'on se doit de poser est la suivante : dans une des principales wilaya céréalière d'Algérie, comment se fait-il que les semoirs utilisés soient si peu performants ?

 

Mr LE WALI DE SETIF, REITEREZ LE SUCCES DES PIVOTS DE OUED SOUF

En effet, les trois semoirs alignés sous les yeux du wali ne permettent ni de réaliser un semis direct2 ni de localiser les engrais près des semences3.

Mais que pourraient faire des directeurs dynamiques de CCLS et de DSA ? Ils pourraient, en liaison avec l'ITGC, des agriculteurs et artisans soudeurs, contribuer à modifier les semoirs locaux et notamment ceux du parc des CCLS. Ils pourraient également faire appel à des artisans soudeurs pour les aider à produire des semoirs pour semis direct. La technologie relative à la construction de ces semoirs est simple. Elle est même mise en ligne sur le net en langue arabe4. A Mezloug, Mr Refoufi s'est lancé dans cette aventure.

Pourquoi, comme à Oued Souf, dans le cas de la production de pivots artisanaux mieux adaptés aux conditions locales, ne pas essayer à Sétif, de réunir les conditions pour la fabrication et la modification du matériel local (up-grading) ? Les semoirs pour semis direct permettent d'économiser l'eau du sol et de restaurer la fertilité des sols. Seuls ces engins permettront, en cas d'année sèche à venir (et elles viendront), de s'adapter au manque de pluie.

 

Il y a là un combat dont pourrait s'emparer Mr le wali de Sétif : arriver à produire localement des semoirs low-cost pour semis direct. A Sétif, il y a sur place les hommes (céréaliers, universitaires, artisans soudeurs, investisseurs) et le matériel (découpe et pliage de l'acier, soudure). Il manque seulement un leader capable de fédérer les nombreuses énergies locales. Trop souvent nous avons négligé l'initiative privée. Les pivots de Oued Souf sont là pour nous montrer « l'Algérie des possibles ». Fédérer les hommes autour de l'adaptation et la fabrication locale de semoirs pour le semis-direct, Mr le wali de Sétif pourrait être cette personne.

 

POUR UN SEMOIR MADE IN SETIF

Les conseils de Mr le wali de Sétif concernant la nécessaire attractivité de la CCLS lors de la collecte des céréales, pourraient s'appliquer à la modernisation du parc de semoirs de cet organisme. Avec l'aide des moyens humains dont dispose la wilaya, dans un premier temps, il est possible d'envisager d'adapter les semoirs conventionnels. Ceux de ces engins disposant de dents en double spire ont la capacité de semer sans labour sur les sols les plus meubles. Pour arriver à cela, de légères modifications seraient à opérer sur les engins5. Rappelons le, l'intérêt de cette mesure est de semer plus vite et à moindre coût. Dans une seconde phase, il s'agit d'arriver à produire un semoir low-cost pour semis direct Made In Sétif. L'enlisement actuel du projet de semoir Boudour par CMA-SOLA dans la lointaine usine de Sidi Bel-Abbès montre la nécessité que la wilaya de Sétif et les céréaliers sétifiens s'emparent de ce dossier. Il s'agirait d'aider à copier le semoir syrien actuellement à la station ITGC. Mr Refoufi a ainsi produit un premier exemplaire.

 

PRODUCTION CEREALIERES, OBLIGATION DE RESULTATS

Nos propos peuvent sembler sévères. Il ne s'agit d'accabler personne, mais de rappeler l'obligation de résultats à laquelle nous sommes tous tenus : responsable d'exécutif, élu, universitaire, cadre de terrain ou fellah. Le niveau des importations de céréales et le réchauffement climatique nous poussent à toujours faire mieux. Mieux dans l'aspect quantitatif mais également qualitatif.

 

 

1 A ce propos, il suffit de considérer le rapport entre les surfaces céréalières et les quantités d'engrais utilisées. En prenant comme postulat qu'il faut en moyenne un quintal d'engrais par hectares, on s'aperçoit immédiatement que peu de surfaces reçoivent des engrais.

2 Voir dans nos précédents articles l'intérêt de ce matériel.

3 Dans nos conditions une bonne partie des engrais utilisés de façon conventionnels sont bloqués par le calcaire ou se perdent sous forme de gaz.

4https://apps.icarda.org/wsInternet/wsInternet.asmx/DownloadFileToLocal?filePath=Tools_and_guidelines/Practical_Implementation_conservation_agriculture.pdf&fileName=Practical_Implementation_conservation_agriculture.pdf

5Il s'agit d'espacer les dents de 17 cm à 22 cm. Les pointes de ces dents doivent être remplacées par des pièces plus étroites.

 

WALI, CHEF DE DAÎRA, COMMENT AIDER LES CEREALIERS ?

Manuel de survie pour superviser le secteur agricole.

 

Que de plus réjouissant de voir des walis et chefs de daïra lancer officiellement la « campagne labours- semailles » dans leur secteur respectif. Drapeau en main, le plus souvent entourés d'une nuée de responsables locaux, ils agitent leur fanion déclenchant dans des nuages de fumées de pots d'échappement le départ d'une multitude de tracteurs tirant charrue, cover-crop ou semoirs. Au delà de ce geste symbolique, comment ces responsables locaux peuvent-ils aider des céréaliers à produire plus ?

 

AIDER A BANNIR LA CHARRUE

Messieurs, les walis et chefs de daïra le premier geste que vous pourriez faire serait de bannir les charrues de votre circonscription. En effet, il est prouvé que les labours favorisent l'érosion hydrique et éolienne des sols. Une érosion qui entraîne de la terre dans les barrages et provoque un envasement catastrophique.

Le traditionnel itinéraire labour, recroisage au cover-crop et passage de semoir est dépassé. Ces opérations, à laquelle il faut ajouter un passage de tracteurs pour épandre les engrais, coûtent trop cher et prennent trop de temps à être réalisées. Conséquence : des fellahs qui laissent plus de terres en jachère et des semis qui s'éternisent jusqu'en décembre. Donc, moins de grains produits dans votre secteur.

 

Mr LE DSA, COMBIEN DE SEMOIR SD,

Mais alors par quoi remplacer les charrues ? Par des semoirs pour semis direct. Ces semoirs spécifiques sont équipés de dents ou de disques qui permettent de travailler le sol sur quelques centimètres. Juste ce qu'il faut pour déposer semences et engrais.

On raconte que quand on lui parlait d'un pays qu'il ne connaissait pas, Staline demandait à son interlocuteur « combien de divisions compte leur armée ? ». Aujourd'hui, en Algérie, au lieu de se contenter d'agiter un drapeau, tout wali ou chef de daira devrait demander au directeur des services agricoles (DSA), « de combien de semoirs pour semis direct disposez vous ? ».

 

Pour équiper les fellahs de semoirs SD, il est possible de compter sur les concessionnaires locaux, l'unité moto-culture de la CCLS locale et sur les artisans soudeurs. En effet, il existent deux catégories de semoirs SD. Des engins de grande capacité fabriqués au Brésil, Australie, USA ou en Europe ou des semoirs low-cost, moins chers à l'achat, qu'il est possible de fabriquer localement. Fabrication que pratiquent des artisans soudeurs de Syrie et d'Irak suite à une aide d'experts agricoles australiens. Un spécimen de semoirs SD syriens est basé à la station ITGC de Sétif. Une piste serait d'essayer de proposer à des artisans soudeurs locaux et des céréaliers de copier ce type de matériel. Il s'agirait de reproduire la succes story d'El Oued. Dans cette région ce sont de simples artisans soudeurs qui ont imaginé et construit les pivots qui ont permis le succès de la culture de la pomme de terre.

Compter sur de petits ateliers, en attendant que l'entreprise CMA-SOLA daigne enfin produire des semoirs SD. Cette société a bien mis au point un prototype de semoir, mais le dossier traîne. Une autre solution serait de transformer les semoirs conventionnels produits par CMA-SOLA en semoirs SD. Sur sol meuble, quelques modifications toute simples permettraient de s'affranchir du labour.

 

TRAVAILLER AVEC LES MINOTERIES LOCALES

Semer n'est pas tout. Même avec le semis direct. Il s'agit ensuite d'assurer un suivi de tout l'itinéraire technique. Et pour cela, Mr les walis et chefs de daïra, vous disposez d'alliés précieux : les minoteries. A Guelma, le groupe Benamor a recruté des techniciens agricoles pour encadrer les fellahs. Le but est de disposer plus de volumes de blé dur mais surtout de volumes de qualité. On pourrait penser que c'est aux services agricoles d'encadrer les agriculteurs. Mais croire qu'une administration puisse encadrer des fellahs est une erreur. Dans le secteur laitier, que ce soit dans le Haut Chélif ou dans la Soumam, ce sont des techniciens des laiteries qui encadrent les éleveurs.

 

Et si, face aux minoteries qui réclament votre intervention au niveau de l'OAIC afin de disposer de plus gros quota de céréales, vous teniez ce langage : « faites comme Amor Benamor ou Hammitouche, encadrez techniquement les fellahs de votre secteur! ».

Un autre moyen pour produire plus serait d'encourager ces minoteries à acquérir des concessions agricoles.

 

TRAVAILLER AVEC LES TECHNICO-COMMERCIAUX DES FIRMES D'AGRO-FOURNITURE

Mr les walis et chefs de daïra, parmi vos différents interlocuteurs, il y a une catégorie à ne pas négliger : les firmes d'agro-fourniture. Depuis plusieurs années, ces entreprises développent un réseau de technico-commerciaux qui parcourent les campagnes et sont présent dans les moindres foires agricoles. Ces firmes vulgarisent les techniques les plus modernes. Les services agricoles et les instituts techniques du MADR ne peuvent rivaliser. D'ailleurs, nombre de ces commerciaux sont d'anciens cadres des services agricoles. Ce personnel du secteur privé est généralement rémunéré à la commission. Plus ils vendent de produits aux fellahs, plus la partie variable de leur salaire augmente. Avec eux, plus de problèmes de voiture de service ou de bons d'essence. C'est l'obligation de résultats qui compte.

 

SORTIR DES SENTIERS BATTUS

En Algérie, la législation est souvent kafkaienne. Nombre de vos interventions peuvent être en limite de cette législation. L'idée est donc de trouver les failles, de pousser les limites, de trouver les bons interlocuteurs. Un directeur de CCLS  ou un propriétaire de minoterie dynamique peut être un partenaire conséquent. Idem en cas de proximité avec le responsable local d'un réseau commercial lié à l'agro-fourniture.

Les situations étant différentes selon les régions et les hommes, il s'agit de s'adapter. Mais les principes agronomiques évoqués plus haut demeurent.

 

 

ALGERIE, RETARD DANS LA VULGARISATION DU SEMIS DIRECT

Djamel BELAID 30.9.2018

 

Dans de nombreux pays pratiquant la céréaliculture en conditions de déficit hydrique, l'abandon du labour et l'adoption du semis direct est devenue une évidence. C'est le cas de l'Australie, ou en Espagne. En conditions sèches, cette nouvelle façon de faire permet de produire plus et à moindre coût. De façon étonnante, en Algérie, l'abandon de la pratique des labours ne semble pas la priorité des services agricoles. Nous nous proposons d'analyser les causes du faible développement du semis direct en Algérie.

 

SEMIS DIRECT, UNE DIZAINE DE MILLIERS D'HECTARES

Il n'existe pas de statistiques nationales précises sur les surfaces cultivées en semis direct. Lors, du dernier séminaire consacré à cette pratique, les surfaces étaient estimées à 6500 hectares. Actuellement, sur les 3 millions d'hectares réservés aux grandes cultures, ces surfaces peuvent être estimées à 10 000 hectares.

Certains concessionnaires importent des semoirs turcs ou indiens. Quelques grosses exploitations sont équipées de semoirs brésiliens Semeato. On note également quelques engins de marque Sola, Kuhn, Gaspardo, John Deer, ou John Shearer.

Les constructeurs locaux de semoirs SD sont ont produit des prototypes, c'est le cas des établissements Refoufi de Mezloug (Sétif) et Sola-CMA de Sidi bel-Abbès. L'ITGC et le HCDS ont procédé à des essais de SD chez des agriculteurs. Ceux-ci ont favorablement accueilli cette façon d'implanter les cultures.

Les unités motoculture des CCLS disposent de 1500 semoirs conventionnels qu'ils louent aux agriculteurs. Ces engins sont conçus par l'usine SOLA-CMA de Sidi Bel-Abbés. Ces dernières années, un partenariat a été signé entre CMA et l'entreprise portugaise Galucho pour la fabrication de charrues.

Nombreux sont les investisseurs locaux qui importent ou fabriques des charrues et autres engins de travail du sol.

 

SOLA, LE MAUVAIS CHOIX DE CMA ?

On peut s'étonner du choix de CMA. Cette entreprise a choisi l'entreprise espagnole SOLA comme partenaire pour développer des semoirs à céréales à Sidi Bel Abbés. En effet, si cette entreprise fabrique en Espagne des semoirs pour semis direct, elle ne brille pas par la qualité de certains de ses matériels. Ainsi, SOLA a livré à l'OAIC 24 semoirs pour semis direct. Or, pour la majorité des constructeurs étrangers, les modèles de semoirs SD comprennent une trémie pour les semences et une autre pour les engrais. En effet, lorsqu'on sème sans labour, il est impératif que les engrais dits « de fonds » soient enfouis en même temps que les semences. Or, les 24 semoirs SD livrés à l'Algérie ne comportent pas de trémie pour les engrais.

C'est également le cas pour les semoirs conventionnels fabriqués à Sidi Bel Abbés conjointement par les deux entreprises . Certes, une deuxième trémie pour les engrais n'est pas obligatoire sur des semoirs conventionnels. Cependant, cette disposition aurait pu permettre de développer la fertilisation localisée qui constitue une voie d'avenir en zone semi-aride. Par ailleurs, une telle disposition aurait pu permettre une polyvalence des semoirs. En effet, le modèle de semoir à double spires du partenaire espagnol de CMA peut être utilisé en semis direct ; cela moyennant quelques adaptations1. Cela est si vrai, que dans la région espagnole de la Rioja, il n'est pas rare de voir des céréaliers détourner des semoirs conventionnels SOLA de leur usage premier et de les utiliser comme semoir SD.

 

On l'aura compris, SOLA n'est pas une entreprise ou polyvalence et adaptivité est le maître mot. Mais le faible intérêt manifesté par le groupe CMA est d'autant plus étonnant que certains de ses cadres ont démarré leur carrière en travaillant sur des projets de développement de semoirs SD.

 

LE SUCCES DU SEMIS DIRECT EN SYRIE

Ce retard de la production de semoirs SD en Algérie est d'autant plus préoccupant que d'autres pays ont réussi leur mue vers cette nouvelle technique adaptée à l'agriculture en sec. Et un des pays les plus emblématiques en la matière est la Syrie.

Dès 2005 et jusqu'en 2011, le centre ICARDA d'arido-culture situé à Alep a bénéficié d'une aide technique australienne. A travers une équipe d'experts qualifiés et motivés, la partie australienne a opéré un transfert de technologie. En effet, la partie australienne n'a pas essayé de faire acheter aux agriculteurs locaux les lourds semoirs SD de marque John Shearer produit au pays des kangourous. Les ingénieurs australiens ont préféré se rapprocher de petits ateliers de soudure et leur montrer comment fabriquer des semoirs low-cost pour SD. Durant la période du projet, 7 ateliers syriens ont produit 92 semoirs (dont un exemplaire à été importé en Algérie et se trouve à la station ITGC de Sétif).

On peut se demander quel motif a poussé l'Australie à tant de générosité. La réponse est simple. Comme les kangourous qui n'existent qu'en Australie, les variétés originelles de blé n'existent qu'au Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Aussi, bien que non écrit, le deal a été technologie des semoirs contre variétés de blé2.

A travers l'Icarda, les experts australiens ont également opéré un transfert de technologie à l'Irak et à la Jordanie. En Irak, cela s'est traduit par une transformation de semoirs conventionnels en semoirs SD ; cela par l'importation de certaines pièces de Turquie. Des ingénieurs de Mousoul ont par la suite fabriqué leurs propres semoirs. En Jordanie, c'est l'entreprise privée RAMA spécialisée en matériel agricole qui a immédiatement décidé la production en série de semoirs SD basés sur la technologie australienne.

 

MATERIEL AGRICOLE, LE SUCCES DES PIVOTS MADE IN OUED SOUF

Comment ce qui est possible en Syrie, Irak et Jordanie est-il si difficile à réaliser en Algérie ? Serions nous l'objet d'une quelconque malédiction qui touche nos capacités à fabriquer du matériel agricole ? Si on considère l'extraordinaire succes story du pivot artisanal Made in Oued, il est évident que nous pouvons faire aussi bien que nos lointains voisins qui, en leur temps, avaient accueilli l'Emir Abdel Kader lors de son exil forcé.

En effet, en une dizaine d'années les agriculteurs et soudeurs de Oued Souf ont développé un modèle original de pivot qui permet à cette région d'être aujourd'hui la première région d'Algérie pour la production de pomme de terre.
Tout a commencé lorsque les pouvoirs publics ont tenté de vulgariser la culture des céréales sous pivot. Les premiers projets ont mobilisé de grands pivots à l'image de ce qui se faisait en Arabie saoudite. Les premières tentatives ont parfois amenés à de cuisants échecs3. Les pivots ont été parfois abandonné à la rouille en plein désert.

Mais un jeune agriculteur local a récupéré un des gigantesques éléments et a tenté de le faire pivoter sur un axe. Cette première réalisation a été observée avec intérêt par ses voisins. Ce modèle de pivot a été amélioré par un soudeur qui avait travaillé en Allemagne. Plusieurs améliorations ont été faites en fabriquant sur place certaines pièces et en récupérant d'autres dans des casses automobiles. Les premiers pivots ont permis de produire du blé mais surtout des pommes de terres sur de petites surfaces : un hectare. Développer un projet agricole devenait ainsi à la portée d'agriculteurs et d'investisseurs disposant de peu de moyens. Le contexte d'abandon des traditionnels ghouts gagnés par la remontée de la nappe phréatique a permis à bon nombre de petits agriculteurs de se reconvertir. Les températures et le sol sableux de la région convenaient particulièrement bien à la culture de la pomme de terre – devenue progressivement deuxième aliment après les céréales. Progressivement des artisans soudeurs ont développé un réseau pour la fourniture des pièces entrant dans la confection des pivots. Aux premiers réducteurs de vitesse importés de Chine sont venus s'ajouter ceux produits localement par des tourneurs locaux. Progressivement c'est tout une industrie locale qui s'est mise en place. Les ateliers ont ainsi recruté des jeunes formés par des centres de formation professionnelle. Aujourd'hui ce sont 350000 pivots qui ont été produits localement.

 

SEMOIRS SD, REPRODUIRE LA SUCCES STORY DE OUED SOUF ?

Que ce soit à Alep ou à Oued Souf, c'est un contexte particulier qui a permis le succès des innovations (semoirs et pivots).

Par exemple, en Syrie, les agriculteurs et artisans soudeurs ont bénéficié d'une aide technique d'experts de haut niveau et très motivés. L'un de ces experts possède « une double casquette », il conjugue le métier de céréalier et d'universitaire.

Autour d'Alep, la Syrie possède toute une série de petites entreprises très dynamiques. Les traditions industrielles4 sont anciennes, en témoignent les entreprises de fabrication de savon d'Alep et de textile.

Certains céréaliers syriens indiquent que c'est la difficulté à se procurer du carburants qui les a fait se tourner vers l'abandon du labour.

Enfin, dans le cas de Oued Souf, c'est également un contexte particulier qui a permis le développement des pivots : présence d'artisans soudeurs, réseau de fabricants et de fournisseurs de pièces, conditions favorables liées au sol et au climat, forte demande nationale en pomme de terre.

 

Sur les hautes plaines céréalières algériennes, est-il possible de réunir les moyens permettant, comme autour d'Alep ou de Oued Souf, le succès d'une innovation telle que le semis-direct ?

On pourra objecter que le non développement d'une production locale de semoirs low-cost vient du fait que nous n'avons pas bénéficié du séjour des experts australiens en Algérie. En fait, l'un des meilleurs éléments de l'équipe australienne s'est déplacé plusieurs fois en Algérie. Son rapport de mission5 est même consultable en ligne. Y figurent des conseils pour la partie algérienne ainsi qu'un programme de travail avec répartition des tâches entre les différents partenaires. Par ailleurs, plusieurs ingénieurs algériens ont approché, en Algérie ou en Syrie, ces experts et ont accès à la technologie australienne6.

 

Serait-ce le matériel de découpe de l'acier et de soudure qui fait défaut localement ? La simple observation des moyens dont disposent de grands groupes publics ou des sociétés privées de fabrication de matériel agricole montre le bon niveau d'équipement dont ils disposent. Il suffit de visiter les atelier de l'entreprise FAMAG.

Il faut peut-être rechercher la cause dans le fait que le projet de conception d'un semoir low-cost a été confié à un groupe public noyé dans la bureaucratie. Ainsi, le premier prototype « Boudour » de SOLA-CMA est à l'essai depuis plusieurs années. Or, dans le cas des semoirs syriens et des pivots de Oued Souf, la conception et la mise en place du matériel s'est faite de façon concomitante. Les imperfections étaient alors progressivement corrigées par les artisans qui étaient en étroits lien avec les agriculteurs. « Les artisans et les agriculteurs du Souf ont fait preuve d’une capacité de dialogue continue avec des référentiels multiples pour concevoir un dispositif d’irrigation de plus petite taille qui réponde aux objectifs des agriculteurs7. »

 

Là réside certainement la clé du succès. Certes, disposer de semoirs SD ne garantira pas automatiquement de hauts rendements. Cette façon de faire nécessite un désherbage impeccable. Il s'agit également de laisser un minimum de chaume sur le sol afin de favoriser l'infiltration des eaux de pluie et réduire l'évaporation.

1Il s'agit de retirer quelques dents, d'espacer les dents de 17 à 22 cm (afin d'éviter d'éventuels risques de bourrages avec les résidus de récolte tels que la paille) et de remplacer les pointes situés à l'extrémité des dents par des points plus étroites.

2L'importation d'une variété de blé par un pays peut viser deux buts : la cultiver telle qu'elle ou bien la croiser avec une variété locale afin d'enrichir celle-ci de gènes de résistance à la sécheresse ou à des maladies.

3Voir sur internet l'étude «  Bilan spatialisé de la mise en valeur agricole au Sahara algérien Mythes, réalisations et impacts dans le Touat-Gourara-Tidikelt ». https://journals.openedition.org/cybergeo/25732

4Plus près de nous la guerre imposée au peuple syrien a montré la capacité de l'armée syrienne à assurer la maintenance d'un matériel datant parfois des années 70. Des réfugiés syriens installés en Algérie développent des procédés simples et astucieux tels la fabrication de tuyaux plastiques d'irrigation pour l'agriculture.

5http://www.cana-project.org/medias/files/Notes-Visit-Algeria-8-14Dec12-FINAL.pdf

6Les principes de construction de ces semoirs a été mis en libre accès sur le site de l'ICARDA.org en langue anglaise et arabe.

7Une innovation incrémentielle : la conception et la diffusion d'un pivot d'irrigation artisanal dans le Souf (Sahara algérien). http://agritrop.cirad.fr/584602/

 

 

OAIC 2018, UNE CAMPAGNE EXCEPTIONNELLE

CCLS, CHANGER LES STATUTS POUR MIEUX FAIRE ?

Djamel BELAID 18.09.2018

 

Le passage du DG de l'OAIC sur les ondes de la chaîne III est toujours l'occasion de glaner des informations sur la filière céréales. Il est vrai qu'en la matière les informations sont rares et distillées au compte goutte. En effet, il n'existe pas à ce jour d'organe d'information donnant des chiffres précis de la situation et réalisant des analyses exhaustives sur un secteur vital. Encore une fois, l'entretien aura permis de mesurer l'écart entre consommation locale de céréales et la production nationale. C'est dire la mission impossible dont est chargée Mr Mohamed BELABDI.

 

LA PLUIE ET LES EFFORTS DE LA FILIERE

L'invité de la Chaîne a pu confirmer les chiffres du ministre de l'agriculture concernant le niveau de la récolte de céréales. Ce sont plus de 60 millions de quintaux de céréales qui ont été récoltés cette année. Si tout au long de la campagne, la pluie a été au rendez vous, les efforts des producteurs, des acteurs d'amont et d'aval ainsi que de l'OAIC ont nettement contribué à ce résultat. Qu'on en juge.

En matière de semences certifiées, les CCLS ont livrés avec 50 jours d'avance des lots considérables de semences triées et traitées. Ce résultat est dû à la réception et la mise en œuvre de matériel turc afin d'améliorer les capacités des stations de semences. Plus de 17 unités de tri de semences dernier cri ont permis de renforcer un parc déjà non négligeable.

Loin d'être anecdotique, livrer aux céréaliers des semences certifiées à temps est capital dans un pays semi-aride. En Algérie, on s'est trop habitué à semer des céréales jusqu'à la fin décembre. Cela est une aberration. Les céréales doivent être semées en octobre ce qui laisse à la plante tout le loisir de s'installer et de développer le réseau racinaire qui lors des sécheresses printanières lui permettra de résister au manque d'eau.

 

 

Les unités moto-culture des CCLS et nombre d'exploitants ont acquis des moissonneuses-batteuses Sampo. Celles-ci sont montées localement. Ce matériel a permis de récolter à temps plus de superficies éloignant ainsi le risque d'égrenage qui guette les blés non récoltés à temps.

 

Parallèlement, au matériel de récolte, ces dernières années, les livraisons de tracteurs aux exploitations se sont poursuivies. Le groupe PMAT fait état de la livraison de 28 000 engins. Fait nouveau, aux modèles de moyenne puissance, l'économie locale propose aujourd'hui des tracteurs de 80 à 100 chevaux. PMAT en aurait livrait 6 000. L'intérêt de ce type d'engins et de permettre de tirer des outils plus larges et donc d'augmenter la cadence des chantiers de semis.

 

Résorber la jachère

La journaliste n'a pas manqué d'abordé un point sensible : la résorption de la jachère. Il faut savoir que près de 50% des superficies céréalières ne sont travaillées qu'une année sur deux. Les terres en jachère ne sont pas sans ramener de confortables revenus aux céréaliers. Le plus souvent elles servent de pâturage aux troupeaux de moutons. L'élevage représente en effet une activité bien plus rémunératrice que la céréaliculture, notamment en cas de printemps sec.

Grâce à des prix plus attractifs à la production et à un meilleur encadrement technique (variétés, semences, désherbage), des surfaces de jachère sont de plus en plus reconvertis en culture de légumes secs (lentilles et pois chiches).

 

Mr BELABDI a déclaré « qu'en zones potentielles, nous sommes en train de les réduire ». Il a pu ainsi annoncer une nette augmentation de la production des légumineuses alimentaires et fourragères. La production de légumes secs s'est élevée à 1,3 millions de quintaux . « Alors qu'en 2013, nous collections 400 quintaux de lentilles, cette année nous en avons collectés 100 000 quintaux ». Pour les pois-chiche, durant le même intervalle, la collecte est passée de 11000 qx, à 95 000 qx. Ces résultats ont été obtenus grâce à l'utilisation de variétés nouvelles et anciennes mais sans importations de semences. C'est dire l'excellent travail du réseau de multiplicateurs de semences mis en place par les services agricoles. Ces efforts permettent d'entrevoir la fin des importations de légumes secs.

 

 

 

Les zones d'épandage de crues

A propos des terres en jachère, Mr BELABDI s'est longuement étendu sur la question des zones « d'épandage de crue ». Pour les zones agro-pastorales, les zones de parcours et les zones d'épandage de crues il a recommandé d'«  installer des espèces fourragères pour assurer le renouvellement du couvert végétal ». Il s'est également félicité des récentes pluies.

 

Un gros effort d'amélioration des productions fourragères en zone agro-pastorale est manifestement à accomplir. Sur les terres à céréales, l'année de jachère mériterait d'être optimisée. Pour cela, il est possible d'apporter des engrais azotés pour favoriser les espèces naturelles de graminées fourragères. Une autre solution serait de semer des mélanges fourragers. En Tunisie, l'ONG française FERT vulgarise avec succès le semis de méteil, un mélange d'orge, vesce, sulla et fenugrec. Sur ces terrains peu productifs et pour des exploitations aux moyens matériels limités, ces semis nécessitent d'être effectués avec un coût minimal. Les techniques de non-labour avec semis direct semblent les plus indiquées. Ces solutions mériteraient d'être validées et moyens matériels adaptés proposés aux agriculteurs.
A cet égard, à travers leurs unités moto-cultures, les CCLS louent aux agriculteurs du matériel. Cela peut être un moyen de les initier à ces nouvelles pratiques de production fourragères.

A notre connaissance, les zones d'épandages sur lesquelles le DG de l'OAIC est plusieurs fois revenu constituent des surfaces limitées en zone steppique. Il s'agit le plus souvent de parcelles situées en bordure d'oueds. Une pratique traditionnelle consiste à réaliser des obstacles de terre et de roseaux au milieu des oueds. L'eau ainsi détournée permet d'irriguer les parcelles limitrophes et de recharger les nappes phréatiques superficielles. Le Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) est à l'origine de l'installation de « sed de dérivation ». Ces petits ouvrages maçonnés – parfois de simples gabions – permettent à peu de frais l'extension des surfaces irriguées. Des images satellites ont permis de cartographier les zones propices à ce type d'ouvrages. Cependant, les superficies aménagées pour l'épandage de crues sont encore trop modestes pour arriver aux attentes de Mr BELABDI.

Cela d'autant plus que l'épandage de crues est le plus souvent réalisé sous la forme d'une irrigation de submersion qui gaspille une eau précieuse. La technique dite du « raised bed » développée actuellement aux abords du Nil et qui consiste à munir les semoirs à blé de socs pour tracer des raies d'irrigation entre les sillons de céréales est encore inconnue des agriculteurs steppiques.

 

Effort sur l'irrigation

A cet effort sur le matériel et sur les semences, il faut ajouter l'effort sur le matériel d'irrigation. A ce propos, l'OAIC peut accrocher à son palmarès, une contribution à l'effort d'irrigation. Mr BELABDI a indiqué que les pouvoirs publics prennent à leur charge 50 à 60% du coût des équipements et que l'office accepte que le restant lui soit payé en grains par les nouveaux irrigants. Cette opération concerne aussi bien l'irrigation de complément en zone semi-aride que l'irrigation totale dans le grand sud.

Alors qu'on aurait pu penser que ce type d'opération est anecdotique, il apparaît que c'est loin d'être le cas. Les livraisons de grains opérées par les agriculteurs aux CCLS du sud ont doublé « nous étions à 800 000 qx, cette année, nous avons doublé la collecte » a affirmé le DG de l'OAIC. Il faut cependant signaler que l'irrigation est réalisée à partir d'une eau fossile chargée en sel ce qui présente un double inconvénient : amenuisement progressif des réserves en eau et salinisation des sols.

 

Un effort sur les variétés de blé

La question des variétés de blé a été longuement abordé. Mr BELABDI a rappelé l'accord réalisé avec la coopérative paysanne française Axéréal pour sélectionner de nouvelles variétés de blé et organiser localement la production de leurs semences.

Il a également rappelé les efforts afin de choisir les variétés les mieux adaptées à la culture de céréales sous pivot dans le grand sud. Nous devons « avoir le maximum de rendement pour rentrer dans les charges » a-t-il déclaré. Cette année, l'ITGC a envoyé des techniciens basés à Oued-Smar (W d'Alger) réaliser des essais de variétés sous pivot. Une telle approche permettra un meilleur choix variétal.

Une autre approche que pourrait adopter les CCLS, techniciens de Chambre d'Agriculture de DSA ou de minoteries seraient d'exploiter les informations de terrain. La technique dite « d'enquête culture » ou « d'enregistrement de performances » consiste à demander aux exploitations agricoles de noter sur des fiches l'itinéraire technique adopté sur 5 ou 6 de leurs parcelles. Dans une même petite région, il est ainsi possible de collecter les données d'une centaine de parcelles. Connaissant ainsi les dates d'intervention, les variétés, les herbicides, les quantités d'engrais et d'eau utilisées ainsi que les rendements obtenus la consignation de ces données sur un tableur type Excell permet de déterminer comment les meilleurs rendements ont été obtenus. Ce traitement du « DATA » local permet de tirer rapidement des enseignements sur le choix variétal et les autres interventions à réaliser sur les cultures.
Ce type de démarche a notamment été mis en œuvre dans les années 80 par l'Union des Coopératives Agricoles françaises sous le nom de « OptiCoop ». Elle est encore actuellement utilisée par des techniciens et universitaires de la région de Sétif dans le cadre de réseaux de soutien technique mis en place par des minoteries au profit des agriculteurs. Nul doute que ce procédé serait extrêmement profitable aux nouveaux investisseurs installant des pivots dans le sud.

 

Maximum de rendement pour rentrer dans les charges

A ce propos on ne peut que se féliciter de cette préoccupation de Mr BELABDI. On peut se demander pourquoi ce souci n'est pas aussi affirmé dans le cas des céréaliers du Nord du pays. En effet, parmi leurs charges, le labour est le poste le plus coûteux. Si l'OAIC souhaite aider les céréaliers, la première chose qui serait à faire serait de mettre à leur disposition – à travers les unités motocultures des CCLS – des semoirs pour semis direct. Certes, l'OAIC a acheté 24 gros semoirs pour le semis direct. Il s'agit des semoirs de la marque espagnole SOLA, mais les engins achetés ne permettent pas d'apporter les engrais en même temps que les semences comme cela se fait couramment sur les autres modèles.

 

LA PROBLEMATIQUE DU BLE TENDRE

Mais c'est en matière de blé tendre que le bat blesse. Selon les chiffres communiqués, la production locale reste très en deçà de la consommation. Nous produisons à peine 10% des quantités que nous consommons.

Sur cette question Mr BELABDI a suggéré l'emploi de variétés plus productives et la montée en puissance de l'utilisation de l'irrigation, notamment dans le grand sud.

 

Il a également évoqué la possibilité de remplacer une partie de la farine destinée à la fabrication de la baguette parisienne par de la semoule – rappelons les quantités appréciables de blé dur et donc de semoule produites localement. Il a également rappelé la nécessité que les subventions sur le pain profitent avant tout aux « nécessiteux ».

 

La préférence accordée par les céréaliers à la culture du blé dur au détriment de celle du blé tendre est liée à plusieurs facteurs. De façon générale, le blé dur est mieux adapté aux sols à déficit hydrique. Par ailleurs, le quintal de blé dur est payé aux agriculteurs 1000 DA de plus que le quintal de blé tendre.

 

En la matière, des techniques nouvelles sont à développer et des décisions courageuses à prendre. Concernant les techniques, les CCLS et les autres partenaires des céréaliers se doivent de mettre l'accent sur le semis direct, la localisation des engrais et le désherbage. Concernant les décisions courageuses, on peut se demander si la prime actuellement accordée au blé dur ne devrait elle pas être attribuée – en partie ou en totalité - au blé tendre. Ne faudrait-il pas régionaliser ce type de prime ? Les céréaliers des zones disposant de 500 mm de pluviométrie doivent-ils recevoir le même niveau de prime que ceux des zones à 300 mm ?

 

OAIC, USURPATION DU MOT « COOPERATIVE »

L'OAIC est un office public des céréales. Il chapeaute un réseau de dépôts de wilaya dénommé pompeusement « coopératives ». Mais en fait, malgré cette dénomination, les CCLS n'ont rien qui ressemble à un fonctionnement d'une coopérative paysanne. Cette dénomination qui est une véritable usurpation de nom, n'est pas anecdotique. Elle est grave en conséquences et ne peut détourner encore plus les fellahs de l'idée de coopération en agriculture. Précisons que notre propos ne concerne uniquement les coopératives de services.

Certes, les CCLS disposent de représentants paysans élus. Mais que pèsent-ils dans les décisions face au directeur nommé par la tutelle ? Dans une véritable coopérative paysanne, les adhérents achètent des parts sociales et l'assemblée générale élit un conseil d'administration qui recrute un directeur. Au niveau des CCLS, rien de tout cela. Mais ce qui n'empêche pas la tutelle de les nommer « coopératives ».

Cette remarque n'a rien d'anecdotique, elle est d'une importance capitale. Car, malgré tous les efforts de leur personnel, les CCLS sont des appareils bureaucratiques auxquels est assigné des missions que seules des coopératives paysannes disposant d'une réelle liberté de décisions seraient en mesure d'accomplir.

Ainsi, à l'étranger les coopératives paysannes disposent par exemple de moulins ce qui leur permet de gagner plus en produisant de la farine. Au niveau des CCLS, dont la plupart sont déficitaires, une telle initiative est impossible. Autre exemple ; afin d'améliorer la collecte de grains, les chefs de silos sont rémunérés au prorata des volumes engrangés. Au niveau des CCLS, quelque soit le volume de céréales collectés, le salaire des chefs de silo reste inchangé.

Bref, on confie aux CCLS des missions que la rigidité de leur structure ne permet pas d'accomplir. La solution serait de progressivement faire évoluer le statut des CCLS ou de créer à leur côté de réelles coopératives paysannes. L'OAIC réussit avec brio à distribuer en tout point du territoire (d'Alger à Tamanrasset) des céréales au même prix subventionné. A travers le monopole d'Etat sur le commerce du blé, l'OAIC est donc un garant contre toute tentative de spéculations sur le blé, aliment de base (avec les pommes de terre) en Algérie.

 

Cependant, l'office peine à stimuler les agriculteurs afin de produire plus. Il est confié à l'OAIC et à son DG, des missions, que son statut enserre dans des liens qui le maintiennent dans un carcan qui l'empêche d'agir plus efficacement. Il ne s'agit pas de remettre en cause le monopole d'Etat sur le commerce des céréales - le FMI ou l'OMC nous l'imposeront - un jour. Il s'agit simplement d'explorer les voies afin de créer les meilleures conditions afin de produire plus.

 

 

 

ALGERIE, L'ILLUSION DES EXPORTATIONS AGRICOLES.
Djamel BELAID 25.07.2018

 

Récemment invité par « Maghreb Emergent », Mr BENBITOUR rappelait que le montant actuel de la rente provenant de la vente des hydrocarbures rapportait actuellement à peine une trentaine de milliards de dollars/an. Quant aux exportations de produits agricoles, elles auraient rapporté 57 millions de dollars. L'agriculture pourra-t-elle un jour se substituer à la rente pétrolière comme en rêvent décideurs et opinion publique? Les chiffres sont cruels pour les tenants de cette lubie. Ils sont nettement en défaveur des partisans de l'exportation tout azimut.

 

LES DATTES, MOTEUR DES EXPORTATIONS AGRICOLES

Qu'avons nous à exporter? Nous qui importons 70% des calories que nous consommons. Selon l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) nous exportons 45 types de produits dont dattes, truffes, caroubes, pommes de terre, tomates, oranges, melons, citrons, piments, figues sèches, oranges, haricots, carottes et navets, aubergines, châtaignes et marrons, abricots, olives, raisins, vin, épinards et prunes. Les dattes constituent la grande majorité de nos exportations. Le reste constitue des opportunités : vins, primeurs, plantes aromatiques, caroube.

En 2017, le montant de ces exportations a été de 57 millions de dollars. Près de 90% de ce montant a été constitué par les dattes. Viennent ensuite les truffes (4,26 millions de dollars), les oignons et échalotes (600 000 dollars), les pommes de terre primeur (347 000 dollars), truffes sèches (235 000 dollars) et tomates (146 000 dollars).

 

UN MILIEU NATUREL FRAGILE

Cette volonté affichée du secteur privé et du MADR de vouloir nourrir les Européens est étonnante de la part d'un pays semi-aride et aride. L'image coloniale de l'Algérie « grenier de Rome » reste vivace dans les esprits. Mais comment comparer deux époques ? L'une avec à peine 4 millions de bouches à nourrir et l'autre avec 40 millions d'habitants. Deux époques, une où l'araire n'avait pas épuisé les sols contrairement à la charrue en acier introduite avec la colonisation.

Pourtant, la réalité est là : nos sols sont rongés par l'érosion, la désertification et la salinisation. En une cinquantaine d'années, avec le réchauffement climatique, certaines de nos zones céréalière ont perdu jusqu'à 100 mm de pluviométrie annuelle. En juillet, cette année, des pics de température ont atteint 51°C dans les villes du sud. Du jamais vu.

Quant à nos zones agricoles, qu'en est-il ? D'étroites plaines côtières rongées par l'urbanisation. Des hauts-plateaux fertiles mais seulement arrosés par les pluies d'octobre à avril. Une steppe d'une trentaine de millions d'hectares surexploitée par l'élevage ovin et minée par la désertification.

 

EAU, LA CONCURRENCE DES VILLES

Certes, nous dira-t-on, avec de l'eau on peut faire tout pousser en plein désert. Mais l'agriculture doit être durable. Elle doit laisser intact la fertilité des sols ainsi que le niveau et la qualité des réserves d'eau. Nous ne pouvons consommer le capital des générations à venir.

Or, quelle est la situation en matière d'hydraulique ? Les nappes phréatiques du sud ne se renouvellent pratiquement pas. Pire, l'eau est parfois chargée en sel, et au fur et à mesure des campagnes d'irrigation, le sol se charge en sels et devient stérile.

Quant à nos barrages, financés avec un baril de pétrole à 154 dollars, ils s'envasent. Pour certains, leur durée de vie est estimée à dix ans. Aux coûteuses opérations de dragage, il faudrait protéger les basins versants en interdisant le labour et le pâturage sauvage des moutons. Par ailleurs, avec le réchauffement climatique l'eau de surface va se réduire. Pour la rive sud de la Méditerranée, les prévisionnistes le pire pour les années à venir. La situation est telle, que déjà nos grandes villes sont alimentées grâce au dessalement de l'eau de mer. Or, ce procédé est coûteux en énergie.

Au Maroc, dans les zones de production intensive de fruits et légumes pour l'export, le niveau des nappes phréatiques est dans une situation alarmante.

 

En Palestine occupée, le lobby des kibboutz a longtemps milité en faveur de l'exportation des fruits et légumes. Mais avec le manque d'eau structurel de la région, le secteur agricole est dorénavant sur la sellette. En effet, ce secteur mobilise la plupart des ressources en eau pour un apport minime au PIB. Le high-tech est préférée à l'agriculture, secteur dévoreur d'eau.

 

Techniquement, pour les pays en déficit structurel de ressources hydriques, la nano-irrigation pourrait apporter un sursis à certaines cultures. Il s'agit de tubes poreux enterrés distribuant que l'eau dont ont besoin les racines. Ce système est nettement plus performant que le goutte à goutte, il permet 70% d'économie de l'eau d'irrigation. En effet, l'eau ne percole pas, elle va directement entièrement aux racines.

 

AGRICULTURE, L'INVESTISSEMENT PRIVE SOURCE D'EMPLOIS

Cependant, si un facteur peut militer en faveur d'une politique d'exportations de produits agricoles, il s'agit de l'emploi. Chaque année, ce sont 300 000 diplômés qui sortent de nos universités. Sans compter les jeunes exclus du système scolaire.

Certes, à lui seul, le secteur agricole ne pourra pas seul cette main d'oeuvre. Mais une chose est à considérer, à part la construction des barrages, l'investissement agricole mobilise surtout des investissements privés. Or, ce type d'investissement représente la condition sine qua none pour tout développement économique.

A ce titre, le mirage de l'exportation peut drainer les sommes venues du secteur informel, les drainer, vers de l'investissement créateur d'emplois. Certes, des investissements dans le secteur de l'agro-alimentaire local peut être également induire la création d'emplois. C'est par exemple le cas des conserveries de tomates industrielles ou de fruits. De telles unités ont pour effet de stimuler l'activité agricole dans leur bassin d'approvisionnement. Mais face à l'impérative nécessité de création annuelle de dizaines de milliers d'emplois, rien ne saurait être négligé.

A ce propos, on peut noter la récente augmentation du taux de natalité du pays. Entre 2000 et 2016, la population a augmenté de 10 millions. Si cette augmentation indique un mieux être de la population algérienne, on ne saurait rester sans réagir. En la matière, plus que jamais, une dynamique politique d'espacement des naissances est indispensable. Pilules normo-dosée, pilule du lendemain, implants stérilets doivent être disponibles sur le marché.

 

REDUCTIONS DES IMPORTATIONS, UN MOYEN D'ECONOMISER DES DEVISES

L'argument en faveur du développement des exportations agricoles est de procurer des rentrées financières au pays. Mais pour cela, il s'agit également de réduire la facture de nos importations de blé dur, lait en poudre et aliments pour bétail. Les sommes consacrées à ces importations stratégiques se chiffrent en milliards de dollars et leur croissance est continue.

 

Selon Omar Bessaoud (El Watan 01.08.2016) « dans les dépenses alimentaires annuelles d’un algérien (ONS, 2011), la fraction importée représente 308 dollars/habit/an : le blé dur (pâtes, couscous, galette) représente 122 dollars de cette «allocation-devises alimentation», le blé tendre (pain...) 77 dollars et le lait 60 dollars. Réduire les importations de blé dur et de lait signifie que l’on peut réduire à terme de 60% la facture alimentaire du pays, réduction qui pourra profiter au secteur productif national. » C'est à ce niveau que doivent porter les efforts (qu'on multiplie 308 $ par 40 millions d'habitants). Pour rappel, l'ambition du MADR est de porter ces exportation à 500-600 millions de dollars à l'horizon 2020-2022.

 

Or, les moyens techniques existent afin d'augmenter les rendements de ces cultures. Outre l'irrigation, il est possible d'améliorer les techniques de culture en sec. Rappelons que la majorité des surfaces agricoles sont cultivées en sec. Ces techniques concernent les rotations des cultures, le désherbage chimique et mécanique, le semis direct, la localisation des engrais au semis... Chacune de ces techniques est porteuse de gains de rendements et de réduction des coûts de culture. Or, très peu est fait pour vulgariser ces techniques et les rendre disponibles sur le terrain.

 

Mais apporter le progrès technique au plus profond des campagnes ne peut être le rôle des fonctionnaires des services agricoles. Ce rôle doit être dévolu à des techniciens de coopératives agricoles, aux technico-commerciaux de l'agro-fourniture, aux réseaux de soutien technique des agro-industriels impliqués dans la transformation des produits agricoles (minoteries, laiteries, huileries d'olives et de trituration de graines d'oléagineux, usines de conserves et de sodas). C'est aux pouvoirs publics de leur imposer un minimum d'incorporation de matières premières agricoles locales.

Enfin, encourager les investisseurs (petits et grands) nécessite de sécuriser l'accès à la terre. La politique actuelle de concessions agricoles est une bonne mesure. Elle doit être accompagnée d'une législation nouvelle instituant le fermage (location des terres) comme cela existe à l'étranger. Nulle besoin d'être propriétaire pour travailler la terre, en être locataire sur une longue durée suffit à sécuriser l'investissement privé.

Enfin, afin d'encourager les agriculteurs à produire , il s'agit également de mieux répartir la valeur ajoutée liée à la transformation des produits agricoles. Les agriculteurs doivent pouvoir accéder à ce juteux secteur. Cela passe par un encouragement public (réglementation, fiscalité) à la création de Groupement d'Intérêt Economique paysans ou de coopératives. Il est inconcevable qu'un céréalier ne puisse pas moudre son grain et vendre de la semoule ou du couscous. Cela lui est actuellement économiquement interdit.

 

POUR UN BILAN DES OPERATIONS D'EXPORTATION

Une politique d'exportation de produits agricoles mérite d'être réfléchie. Elle doit tenir de différents exigences.

-L'une d'entre elle est de se faire à partir d'une agriculture durable. Si la région d'Oued-Souf doit devenir exportatrice mais au prix d'une pollution de sa nappe phréatique en nitrates et pesticides, on peut se demander si « le jeu en vaut la chandelle ». A se propos, si les populations du sud ont su se mobiliser contre l'exploitation du gaz de schiste, elles doivent aussi être vigilantes sur le niveau de pollution de leurs réserves en eau.

-Une autre exigence est de tenir compte des coûts induits par une telle politique. La presse nationale s'est récemment alarmée de ses « exportateurs » de pâtes alimentaires et de sodas qui profitent des subventions sur le blé dur ou le sucre. Quant au coût des barrages et des forages publics permettant de disposer en quantité d'eau d'irrigation, il serait intéressant de l'intégrer dans le prix de vente de nos produits. Seraient-ils alors concurrentiels ? Et cela sans parler des subventions en tout genre et exemption des impôts dont bénéficie le secteur agricole

-Un aspect négligé des partisans de l'exportation concerne l'accès aux marchés européens. Ceux-ci sont la chasse gardée des pays méditerranéens de la rive nord. Une politique drastique de quota limite les importations des pays non CEE. Le Maroc en a fait la triste expérience. Pour l'exportation de ses agrumes, il a d'ailleurs vu d'un très bon œil les mesures européennes de boycott du marché russe suite à la question ukrainienne. Cela a permis une lueur d'espoir.

-Certaines productions locales constituent incontestablement des niches pour l'export : dattes, vin, primeurs. Ces secteurs méritent toute l'attention des autorités agricoles. Rappelons que la vigne offre 7 emplois par hectare contre un seul pour les céréales.

-Reste l'emploi. Face au trop faible encouragement de l'investissement privé industriel de la part des pouvoirs publics, de par son dynamisme, le secteur agricole peut constituer un secteur offrant de nombreux emplois. Dans la région d'Oued Souf, dans le grand sud mais aussi sur le littoral l'extraordinaire développement de la plasticulture a créé un nombre considérable d'emplois.

-Un point positif concernant l'exportation concerne la rigueur en matière de production de masse et de qualité, en matière de packaging. Se frotter au marché international et aux normes en vigueur ne peut être que profitable.

 

Le constat que nous dressons peut paraître sévère. Mais, s'il s'agit d'essayer de copier le Maroc, où l'agriculture familiale est abandonnée et où l'agriculture tournée vers l'exportation exploite une main d'oeuvre bon marché et dilapide les maigres ressources naturelles du pays, l'export devient alors plus un mal qu'un bien.

 

PRENEZ AUTANT SOIN DE VOS OLIVIERS QUE DE VOS EPOUSES

Djamel BELAID. 15/07/2018

 

On pense parfois qu'en juillet, il n'y a rien à faire sous les oliviers. Cela est faux. Les oliviers demandent beaucoup de soins. Il y a toujours quelque chose à leur apporter.

 

TAILLER LES GOURMANDS

Il faut éliminer les gourmands. Il s'agit de branches qui poussent verticalement et qui ne portent pas d'olives. Ces rameaux volent la sève des branches qui portent les olives. Ils ne produisent que des feuilles, ce qui accroît le besoin en eau de vos arbres. Il faut leur faire une lutte impitoyable en les coupant le plus tôt possible. De plus, pour faciliter la récolte, il ne faut pas laisser vos oliviers pousser en hauteur.

 

ARROSER VOS OLIVIERS

Si vous n'avez pas d'irrigation au goutte à goutte, avec une citerne apportez un peu d'eau à chaque arbre. Des études montrent que même si on n'apporte que 60% des besoins en eau, cela suffit pour se rapprocher du rendement potentiel. En sol en pente, réalisez des cuvettes en demi-lune autour de vos oliviers. Ainsi lorsqu'il y a des orages d'été l'eau est piégée et s'infiltre au pied de vos arbres.

 

FABRIQUER DES PIEGES CONTRE LA MOUCHE DE L'OLIVE

Contre la mouche de l'olivier, l'idéal est de traiter chimiquement avec un produit homologué. Une autre façon de se débarrasser de la mouche de l'olive est de la piéger. Dans une bouteille en plastique peinte en jaune (cette couleur attire les insectes), diluez un peu d'engrais DAP (di-ammonium de phosphate) dans de l'eau. Cet engrais attire les mouches. Au milieu de la bouteille percez des trous et accrochez une à deux bouteilles par arbres (sur you tube, il existe de nombreuses vidéos expliquant ce système, voir aussi le site Afidol.fr).

 

LUTTEZ CONTRE LES MAUVAISES HERBES

Un chêne adulte peut absorber 500 litres d'eau par jour. Les mauvaises herbes également absorbent beaucoup d'eau. Donc luttez contre ces mauvaises herbes qui poussent sous vos oliviers. Elles pompent l'eau du sol au détriment de vos arbres. Afin d'éviter l'érosion, fauchez l'herbe ou faîtes pâturer des moutons mais ne retournez pas le sol.

 

DES SUBVENTIONS POUR LA PLANTATION D'OLIVIERS

Les pouvoirs publics doivent attribuer des subventions à la plantation d'oliviers en zone montagneuse. Car on voit que la culture des oliviers demande de la main d'oeuvre. C'est donc l'occasion de procurer un revenu aux populations et de réduire le chômage en zone rurale.

 

 

APRES LA RECOLTE, GESTION DES PAILLES

Djamel BELAID 11.07.2018

La récolte de céréales terminée, il est de tradition de laisser les parcelles aux moutons. Ceux-ci pâturent les chaumes ce qui leur permet de reprendre du poids. Si le céréalier n'a pas de moutons sur son exploitation, les chaumes sont alors loués à prix d'or. Cette pratique présente cependant un inconvénient, elle réduit la fertilité du sol.

 

DES PRATIQUES AUSTRALIENNES

Dans le même type de situation, les agriculteurs australiens développent une « gestion des paille » (summer fallow) remarquables.

Pâturage des chaumes, pas plus de 30%

Suite à des études détaillées, le pâturage des chaumes n'est pas déconseillé par l'encadrement agricole. Il est cependant proposé aux agriculteurs de gérer le chargement ovin. Ainsi, seulement 30% des chaumes peut être consommé par les bêtes. Au delà de ce seuil, l'infiltration des pluies et la préservation de l'humidité du sol se trouve compromise.

 

Pour éviter le bourrage, semer dans les chaumes

Selon les situations, les quantités de chaumes peuvent être plus ou moins importantes. Il peut être alors difficile de semer sans labourer avec de telles quantités de résidus de récolte. La solution proposée est donc de semer entre les rangs de chaumes. Cette technique est facilitée par l'usage du GPS ; il permet de guider finement les tracteurs.

 

Avec les chaumes, plus de mobilisation de l'azote

La présence des chaumes n'est pas sans conséquence sur la mobilisation de l'azote dans la culture qui suit. Aussi, selon les situations, des doses complémentaires d'azote sont conseillées.

 

Lutte contre les mauvaises herbes

Les orages d'été permettent d'apporter quelques millimètres d'eau supplémentaires au sol. Ils ont malheureusement pour effet de favoriser les mauvaises herbes estivales. Aussi afin de préserver l'humidité du sol, il est devenu courant de désherber les chaumes. En effet, de par leur effet « mèche », les mauvaises herbes estivales sont capables de réduire l'humidité et l'azote du sol.

Aussi, en fonction des herbicides utilisés, les agronomes locaux, proposent les doses les mieux adaptées dans un environnement de sol présentant des résidus de récolte (chaumes).

 

En conclusion, dans un environnement semi-aride, les agronomes et agriculteurs australiens montrent la voie afin d'optimiser les rendements de céréales tout en se rapprochant de pratiques vers une agriculture durable.

 

 

DESERTIFICATION, VERS UN NOUVEAU BARRAGE VERT ?

Juin 2018

En visite à Naama, le Ministre de l'agriculture s'est penché sur la question de la désertification. On ne peut que se féliciter de la volonté des autorités agricoles de se pencher sur ces questions. En la matière, l'expérience du HCDS montre que la gestion scientifique des parcours permet de nettement réduire les processus de dégradation.

 

PARCOURS TOURNANTS

Qu'on protège les végétaux de la dent des moutons et arbustes et herbes repoussent. Le tout est d'organiser avec les populations locales un programme local de rotation. Il faut également proposer de l'emploi aux chômeurs de ces zones fragiles. La steppe ne peut recevoir autant de moutons en extensif. Une remarque pour soulager la steppe: de l'urée 46% ajoutée à l'orge grain assure un excellent complément azoté pour les moutons et bovins.

 

ADOPTER LE SEMIS DIRECT

Nos agriculteurs ne connaissent que le cover-crop. A qui incombe la faute? A nous, cadres de l'agriculture qui ne vulgarisons pas assez l'emploi de semoirs pour semis direct. Prenons exemple sur l'ICARDA d'Alep. Montrons à des soudeurs locaux comment fabriquer des engins low-cost. La doc est disponible en langue arabe et anglaise sur le site de l'ICARDA.

 

LIMOGEAGE DU GENERAL-MAJOR HAMEL

En tant qu'observateur de la scène politique, on peut noter les qualités professionnelles du Général-Major HAMEL. Il a notamment introduit la notion de « gestion démocratique des foules » et à ce titre, on lui doit une « fière chandelle ». Nombre de manifestations de rues n'ont jamais dégénérées grâce à cette volonté des force de sécurité.

Ceci dit, face au grand professionnalisme de ce monsieur et les criants besoins du machinisme agricole local, on pourrait rêver de voir ce secteur coiffé par un tel personnage. Le secteur du machinisme agricole a besoin d'un cluster avec un bon chef d'équipe.

 

Djamel BELAID (Ingénieur agronome) .

 

 

 

 

PESTICIDES, DES PRODUITS AGRICOLES ALGERIENS  « REFOULES DE L'ETRANGER ».

Djamel BELAID 11/06/2018

 

 

Ces dernière semaines plusieurs produits agricoles exportés ont été refoulés par les autorités sanitaires de pays étranger. Le motif concernerait une non-conformité avec les normes sanitaires locales. Ces produits agricoles recèleraient des teneurs en pesticides au delà des normes admises. Comment arriver à exporter sans risque de voir la marchandise retournée à l'envoyeur ? Mais au delà de ces péripéties, le consommateur algérien mange-t-il des produits sains ?

 

DES INSTITUTIONS LOCALES GARANTISSANT LA SANTE DU CITOYEN

En Algérie, différents organismes publics contrôlent l'emploi des produits phytosanitaires. C'est le cas de l'Institut National de la Protection Végétale (INPV). Sur la base d'études scientifiques, il délivre les autorisations de mise sur le marché local des produits phytosanitaires. Sur présentation d'un dossier scientifique, tout fabriquant algérien ou étranger doit demander une homologation à cet institut technique dépendant du ministère de l'agriculture.
Il est ainsi établi une liste des produits autorisés à la vente sur tout le territoire national. Tout produit ne figurant pas sur cette liste est interdit à la vente et il peut donc être immédiatement saisis par les autorités compétentes.

 

DES FAILLES DANS LE DISPOSITIF

Il peut exister des failles dans ce dispositif. Cela peut être, par exemple, le cas d'importations frauduleuses. Ces dernières années, l'augmentation du volume du transit au niveau des ports ont pu permettre de telles importations. Il est toujours possible de dissimuler des matières actives au sein des marchandises d'un conteneur ou de tricher en modifiant l'étiquette figurant sur l'emballage. Ce type de fraude vise à importer des matières actives déclassées par certains pays et donc moins chères.

Un autre type de faille peut venir de la méconnaissance des effets d'une nouvelle classe de matières actives. Généralement, des tests pharmacologiques sont réalisés par les laboratoires des géants de l'agro-chimie. Les dangers de certaines familles de phytosanitaires commencent à être bien connues. C'est le cas des organo-chlorés longtemps utilisés comme insecticides et qui commencent à être interdits un peu partout dans le monde. Longtemps utilisés durant les années 70 en Guadeloupe sur les bananiers, le chlordécone qui appartient à cette famille s'est avéré être très toxique pour l'homme. La Guadeloupe détient en effet un triste record mondial : celui du plus grand nombre de cancer de la prostate.

En Algérie, les services compétents tiennent compte bien entendu des informations les plus récentes afin d'actualiser la liste des produits autorisés à la vente.

 

Actuellement dans le monde, les craintes se portent sur les perturbateurs endocriniens. Ces substances englobent les produits phytosanitaires mais également un grand nombre de produits de l'industrie chimique. En Europe, une partie de bras de fer se joue actuellement entre l'Union Européenne et l'industrie chimique afin d'établir la liste des produits pouvant être considérés comme des perturbateurs endocriniens.

 

DEVELOPPER LA LUTTE BIOLOGIQUE

En Algérie, la tendance actuelle est à l'utilisation accrue de pesticides ou produits phytosanitaires. Il s'agit d'insecticides, fongicides et herbicides. Cette utilisation reste encore en

deçà de l'utilisation observée dans les pays à agriculture intensive. Mais sous l'effet des actions de vulgarisation des services agricoles et des firmes étrangères et locales, cette utilisation progresse.

Il existe cependant des exemples de lutte biologique contre les ravageurs des cultures. Dès les années 80, les Pr DOUMANDJI de l'ENSA d'El-Harrach ont testé contre les parasites des dattes le lâcher d'insectes auxiliaires. Ceux-ci s'attaquant prioritairement aux ravageurs.

L'INPV vulgarise actuellement contre des parasites des cultures maraîchères l'emploi de phéromones permettant une « confusion sexuelle ». De petites capsules renfermant des doses minimes des substances dégagées par les femelles de certains parasites sont disposées dans les serres ou les vergers. Ces substances fabriquées par synthèse indiquent aux mâles la présence éventuelle d'une femelle. Les mâles peuvent ainsi être piégés sur des supports collants ou désorientés.

 

INSTAURER UN CERTIFICAT POUR TOUT UTILISATEUR DE PHYTOSANITAIRES

Ces dernières années, que ce soit au nord ou au sud du pays, les cultures sous serres ont connu un fort développement. Ce type de culture intensive nécessite de nombreux traitement contre les maladies et les insectes. Dans le cas de la tomate, une chenille (Tutta absoluta) s'attaque aux feuilles et terrasse les plants en quelques semaines. C'est ce qui s'est passé en 2008. Les agriculteurs ont testé produits chimiques sans résultats. Puis l'INPV s'est saisi de la question et a proposé aux agriculteurs une réponse faisant appel à la lutte biologique. L'élimination des mâles a été possible grâce à l'emploi de pièges à phéromone. Des lâchers d'insectes s'attaquant à ce ravageur ont permis de juguler les infestations. Aujourd'hui, les agriculteurs maîtrisent la situation, ils n'utilisent plus à tort et à travers toutes sortes d'insecticides.

Dans ce cas précis les progrès ont été possibles grâce à une rapide mobilisation des services agricoles qui ont formé les agriculteurs et leur ont fourni les solutions adéquates.

Cependant, les ravageurs étant nombreux, toutes les situations ne sont pas aussi bien maîtrisées que dans le cas de Tutta absoluta. Aussi, la formation à l'emploi des pesticides pourrait obligatoire. Elle pourrait être sanctionnée par la délivrance par la délivrance d'un certificat telle le CertiPhyto que délivrent les Chambres d'Agriculture en France suite à un stage pratique de plusieurs demi-journées.

L'emploi des phytosanitaires en agriculture implique donc les agriculteurs mais également les revendeurs et les sociétés importatrices. Ces derniers devraient être regroupés dans une fédération afin de pouvoir discuter avec les pouvoirs publics.

 

GLYPHOSATE ET DESHERBAGE MECANIQUE

Ces derniers temps, les médias ont abondamment traité du cas du glyphosate. Ce désherbant est potentiellement classé comme cancérigène. Il s'agit de préciser les choses. Cet herbicide est massivement utilisé par les agriculteurs cultivant des OGM. C'est le cas aux USA, Canada, Amérique latine ou Australie. Ce n'est pas le cas en Algérie puisque les OGM sont interdits.

D'éventuelles cas de contaminations ne peuvent donc provenir que des cultures OGM importées : soja et maïs utilisées actuellement en alimentation du bétail ou huile de tournesol.

Certaines pratiques étrangères peuvent provoquer des contaminations. C'est le cas des agriculteurs étrangers pulvérisant du glyphosate juste avant la maturation complète de leur récolte de blé, lentille ou colza. Les mauvaises herbes présentent dans leur champs sont alors éliminées, elles ne formeront pas de graines. Mais également, en desséchant les plantes cultivées l'herbicide peut permettre une récolte homogène.

Certains herbicides tel le paraquat sont considérés comme nocif pour la santé. Auparavant utilisés en Algérie, ces désherbants ne figurent plus dans la liste des produits autorisés. L'INPV met en ligne sur son site l'index des produits phytosanitaires à usage agricole autorisés en Algérie.

 

A la place des désherbants chimiques, l'agriculture bio a proposé en Europe des solutions alternatives. Il s'agit de l'emploi de bineuses, de herses étrilles et de houes rotatives. Ces engins peuvent être utilisés en maraîchage sur de petites surfaces mais également sur culture de céréales et légumes secs. Si des bineuses commencent à être fabriquées en Algérie, ce n'est pas encore le cas pour les herses étrilles et houes rotatives qui s'avère être des outils qui révolutionnent le désherbage mécanique même sur de grandes surfaces. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter sur you tube les vidéos de l'organisme français Arvalis.fr traitant du désherbage mécanique.

Actuellement, les services agricoles comme les concessionnaires de matériel agricole ne s'intéressent pas à ce type de matériel. Cela est regrettable car ce type de matériel est facile à fabriquer localement. Alors que de nombreuses petites exploitations céréalières ne sont pas encore passées au désherbage chimique, il serait bon de leur proposer ce type de matériel.

 

REDUIRE L'EMPLOI DES ENGRAIS

Selon les récentes déclarations de Mr Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs, les derniers refoulements de produits agricoles seraient également liés à l'emploi d’engrais interdits à l’étranger. Parfois décriés à travers le monde par les partisans du « bio », les engrais peuvent être une source de contaminants dans certains cas précis.

C'est le cas des engrais phosphatés qui peuvent contenir du cadmium.

Ceci dit, les engrais azotés et phosphatés sont plus connus comme polluants des nappes phréatiques et eaux superficielles. Ils concernent donc plus les populations résidant dans les zones de production que les populations vers lesquelles sont exportées les produits agricoles.

En Algérie, le département agronomie de l'Université de Batna a récemment mis au point une méthode pratique d'utilisation de doses d'azote adaptées aux besoins des cultures. Cette méthode simple a été adoptée avec succès par des agriculteurs de la région de Sétif1.

Une autre solution consiste également en la localisation des engrais. Cette technique permet d'apporter une quantité d'engrais à proximité des semences au semis. Les doses d'engrais à utiliser sont donc réduites. Cette technique nécessite l'utilisation de semoirs spécifiques permettant un semis direct. Cependant, en Algérie, les services du MADRP ne s'intéressent pas à cette technique.

L'utilisation des fientes de volailles est courante en maraîchage, elles apportent notamment de l'azote. Ces fientes sont indispensables aux cultures. Cependant, il s'agit de procéder régulièrement à des analyses de reliquats azotés et des eaux des nappes phréatiques pour éviter toute pollution aux nitrates. Enfin, il y a un risque de propagation de salmonelles. Des mesures appropriées permettent de gérer cette question.

 

MANGER BIO EN ALGERIE

Afin de se prémunir contre les risques sanitaires liés à la consommation de produits agricoles contaminés par des pesticides, la solution consiste à consommer des produits « bio ». Cette pratique est peu développée en Algérie. Elle nécessite des exploitations « bio » certifiées par des organismes agréés par les pouvoirs publics. En Europe ce type d'agriculture

est subventionnée. On pourrait imaginer une aide publique accordée par le MADR aux agriculteurs s'engageant à produire « bio »

A petite échelle, il est possible de s'adresser à une AMAP comme le développe l'association Torba.dz. Il est également possible de créer des potagers collectifs (jardins partagés) en ville en bas des immeubles avec l'aide des offices HLM et des municipalités.

 

Il apparaît que les pouvoirs publics ont développé des moyens afin que les produits phytosanitaires utilisés en Algérie soient contrôlés et autorisés en fonction de leur efficacité sur les cultures et leur moindre effet sur la santé humaine. Les failles dans le schéma ainsi établi peuvent provenir d'éventuelles importations illicites – il s'agirait dans ce cas d'étudier leur ampleur – ou d'une mauvaise utilisation de ces produits (non respect des doses ou des période d'utilisation). Aussi, formation des agriculteurs, fédération du négoces et des firmes de phytosanitaires sont indispensables.

Reste, que comme ailleurs dans le monde, le développement d'une agriculture raisonnée et d'une agriculture « bio » peut permettre de réduire l'utilisation des produits chimiques et les risques éventuels de contamination.

 

 

1Cette méthode développée par le Pr Nadia BOULELOUAH est visible à l'adresse : https://youtu.be/PpzzUnd0n-Q

 

 

 

CEREALIERS, FAITES DU FRIC AVEC LE « FRIK »

 

Djamel BELAID 21 mai 2018

Dans l'Est du pays, avant la récolte du blé, il n'est pas rare de voir des agriculteurs récolter des épis pour en faire du « frik ». Il s'agit de grains de blé dur encore verts grillés et concassés. Ils sont utilisés dans la « chorba frik ». Cette pratique ancestrale se fait en dehors des circuits traditionnels de commercialisation (CCLS). Elle permet à de petits céréaliers de mieux valoriser une partie de leur production de grains.

 

LA CHORBA FRIK DE L'EST ALGERIEN

Contrairement à la hrira oranaise ou à la chorba-vermicelle algéroise, la chorba-frik de l'Est Algérien contient des grains de blé dur grillés et concassés. Absorbant une partie du bouillon, ils acquièrent une texture malléable sans être trop molle. Cela donne une texture et un goût incomparable à ce type de chorba. En effet, utiliser du vermicelle, c'est s'exposer à obtenir des pâtes alimentaires flotter sans aucune consistance dans la soupe. Par contre, le frik garde toute sa fermeté. Les personnes découvrant pour la première fois la chorba-frik ne peuvent ensuite revenir à la chorba-vermicelle. Traditionnellement, à l'Est du pays , il n'est pas rare de voir à la fin du printemps, des particuliers s'arrêter au bord des routes pour cueillir une gerbe de blé afin de faire leur propre frik.

 

DEMARCHE COMMERCIALE SANS CCLS NI MINOTERIES PRIVEES

La vente du frik est réalisée par les céréaliers. Ils ne passent pas par le réseau habituel des CCLS. Cela signifie qu'ils renoncent au prix de 3500 DA le quintal proposé par les antennes de l'OAIC. Prix auquel il faut rajouter la prime de 1000 DA par quintal. Cela s'explique par le prix de vente dans le secteur privé : 16 000 à 20 000 DA le quintal. Les céréaliers réalisent donc eux-même une transformation du grain. Cette démarche est originale. En effet, traditionnellement, en Algérie dès la récolte, les agriculteurs se pressent aux portes des silos des CCLS pour livrer leurs grains. Il peut arriver qu'ils patientent 48 heures avec leur remorque devant les silos. Ce sont des minoteries, en majorité privées, qui se chargent de la transformation des grains en semoule puis couscous ou pâtes alimentaires. Au passage, ces transformateurs empochent une valeur-ajoutée liée à ce type d'activité. En Algérie, le soutien des prix passe par les CCLS. De ce fait, les céréaliers sont obligés de leur livrer leur production afin de profiter des prix subventionnés. La production de frik consiste en une transformation des céréales par les producteurs eux-mêmes et donc par la création d'une valeur-ajoutée qui leur revient en totalité. Cette valeur-ajoutée ne sert pas à financer les caprices équestres du rejeton d'un grand transformateur comme c'est le cas actuellement à l'Ouest du pays. Dans le cas du frik, elle revient entièrement « lel fellaha ».

 

UNE DEMARCHE TECHNIQUE INNOVANTE

La production de frik montre également plusieurs innovations techniques développées par les producteurs. Pour récolter les épis de blé, ils ont mis au point un matériel nouveau. Il s'agit d'une remorque attelée à côté d'un tracteur et dont l'avant est couplé à une faucheuse munies de rabatteurs (comme sur une moissonneuse -batteuse). Cet engin permet de ne récolter que les épis ainsi qu'une partie de la tige de blé. Juste ce qu'il faut afin d'assurer par la suite les opérations pour griller à la flamme les grains. La deuxième innovation concerne le procédé pour griller les épis de blé. Ces derniers sont disposés quelques heures en petits tas à même le sol. Cela permet aux épis de sécher. A l'aide d'un lance-flamme composé d'une longue lance en métal reliée à une bouteille de gaz, les tas sont enflammés et retournés quelques instants à l'aide d'une fourche. Les épis grillés sont par la suite introduits dans une moissonneuse-batteuse à poste fixe afin de débarrasser les grains de leurs enveloppes. Comme on peut le constater, ces manipulations sont exigeantes en main d'oeuvre.

 

LABELLISER LA PRODUCTION DE FRIK

La production de frik mériterait d'être labellisée. Ce type de production est typique de l'Est Algérien. On retrouve également cette pratique en Syrie. Il serait intéressant que les producteurs locaux puissent définir un cahier des charges. Des améliorations de la qualité du produit final sont possibles. Elles pourraient concerner le taux de protéines des grains, le choix variétal, la date exacte de récolte, les techniques optimales pour griller les épis et concasser le grain (type de granulométrie). L'aspect packaging n'est pas à négliger. La mise en sachets d'un kilo ou de 500 grammes dans un emballage approprié avec identification de la zone de production et du producteur pourrait être un gage de confiance vis-à-vis du consommateur. Des efforts publicitaires pourrait permettre de gagner de nouveaux consommateurs à l'Ouest du pays. En effet, dans cette région l'utilisation du frik est peu développée. D'autres consommateurs potentiels pourraient être approchés, c'est le cas de la diaspora algérienne à l'étranger. Le consommateur y est habitué à consommer du « boulgour ». Il s'agit d'un produit d'origine turque équivalent au frik. C'est dire le potentiel offert en matière de commercialisation.

 

DEVELOPPER LA FILIERE FRIK

Ce type de production est actuellement marginal. Il est possible d'augmenter rapidement les volumes. Cela peut passer par un échelonnement des dates de maturité afin d'étaler la pointe de travail lors de la récolte. Pour cela, il s'agit, à qualité égale, d'envisager l'utilisation de variétés de blé aux dates de maturité décalées de quelques jours. L'Algérie bénéficie de différents étages climatiques. Il devrait donc être possible d'étaler la production de frik entre le nord et le sud du pays. La mise au point d'un système artisanal de récolte des épis par des paysans de Biskra lève ce qui constituait jusqu'à présent un goulot d'étranglement. Concernant l'opération visant à griller les épis, celle-ci est actuellement manuelle. La mécanisation de cette opération pourrait être envisagée en utilisant un tapis roulant grillagé passant au dessus de brûleurs à gaz au calibre défini. Concernant la qualité, celle-ci passe par la tenue du grain concassé à la cuisson. Dans l'environnement aqueux que constitue la chorba, toute pâte alimentaire développe rapidement une consistance molle. C'est d'ailleurs le cas du vermicelle. Rappelons que pour beaucoup de consommateurs de pâtes alimentaires, la tendance est à un mode de cuisson privilégiant le type « aldente ». Afin de renforcer les qualités intrinsèques du grain de blé dur transformé en frik, il s'agit donc de produire des grains de blé riches en protéines et peu mitadinnés. Seuls de tels grains expriment la meilleure tenue à la cuisson. Cela suppose une fertilisation azotée ciblée. On consultera à ce propos les travaux réalisés à Batna par l'équipe du Pr Nadia Boulelouah. Un autre axe de développement peut consister en la production de frik bio. Aujourd'hui existent des solutions techniques pour remplacer le désherbage chimique par du désherbage mécanique à l'aide de herses étrilles ou de houes rotatives. En l'absence de tels engins, on peut penser à faire pâturer quelques semaines les parcelles de blé par des moutons. Un pâturage d'hiver de quelques jours avec un chargement hectare adapté peut permettre de réduire nettement l'infestation en mauvaises herbes.

 

LES PRODUCTEURS DE FRIK, DES HOMMES LIBRES

Les céréaliers qui produisent du frik le font en dehors de la filière blé dur des CCLS et des minoteries privées. Ils ne sont pas intéressés par les prix à la production soutenus par la puissance publique (OAIC). A ce titre, on peut dire qu'il s'agit d'hommes libres. Une telle filière (qui reste à créer) serait donc capable de résister à une éventuelle baisse des prix du blé dur. En effet, si les céréaliers Algériens ont la chance de se voir offrir par l'OAIC des prix à la production au dessus des fluctuations mondiales, la pérennité de ce système n'est pas assuré. Surtout lorsqu'on pense à l'évolution des prix des hydrocarbures ou d'une éventuelle adhésion de l'Algérie à l'OMC. Certes, en tonnage, la production de frik représente des quantités minimes. Cependant, le revenu dégagé par ce type de production garantit une partie des revenus financiers des exploitations. Cette garantie n'est pas conjoncturelle, mais structurelle. Ces exploitations se sont extraites du système des subventions publiques, du moins au niveau de la commercialisation de leurs produits.

 

FILIERE FRIK, DES POTENTIALITES CERTAINES

Il est certes trop tôt pour parler d'une filière frik. Celle-ci reste à créer. Mais quand on voit l'inventivité des agriculteurs concernés on ne peut qu'être admiratifs devant les potentialités que recèlent ce type de production. Que ce soit sur le plan des innovations matériels ou des circuits de commercialisation en dehors des CCLS, les producteurs de frik innovent. Avec un marché de 40 millions de consommateurs et de réelles possibilités d'exportations, la productions de frik peut permettre d'assurer un complément financier notable pour l'équilibre économique de petites exploitations. Chose extraordinaire, pour une fois, ce revenu exceptionnel ne vient pas de l'élevage ovin mais d'une production végétale et surtout d'une production de céréales. Cet exemple est là pour nous rappeler combien en Algérie, le potentiel des céréales est sous-estimé. En alimentation humaine, il serait intéressant d'envisager la production de germes de blé, de blé et d'orge malté. En matière d'aliments du bétail, la production de triticales peut remplacer partiellement le maïs importé. A cet égard, le prix des triticales mériterait d'être revalorisée par les CCLS. La production de frik est une production de terroir. Elle est propre au blé dur et est typiquement produite au sud-est du pays. Cette production est accrochée à une région. Elle fait l'objet de

savoirs ancestraux qui ont su évoluer (cas de la récolte). Son expansion et sa structuration pourrait être l'oeuvre des élites rurales fixées dans ces territoires : paysans éclairés, jeunes cadres, jeunes chômeurs ou retraités disposant d'une expérience. A cette élite rurale de rassembler les moyens agronomiques de production, de récolte, de transformation et de commercialisation d'un produit unique.

 

CEREALIERS, SE RE-APPROPRIER LA FILIERE CEREALES

L'exemple de la production de frik montre l'extraordinaire inventivité du monde paysan. Il faut voir les engins originaux mis au point pour récolter les épis. Cette mise au point de matériel et de pratiques montre également que les céréaliers Algériens peuvent ajouter plus de valeur à leur production. Il est à espérer que cet exemple les engagent à prendre confiance dans la transformation de leur récolte de blé dur en semoule, couscous et/ou pâtes alimentaires. Cette démarche pourrait se faire dans de petits ateliers ou des moulins semi-industriels. Vu l'excédent des capacités privées installées, on peut s'attendre à l'avenir à des faillites. L'occasion pour des céréaliers arrivant à réunir des quantités conséquentes de grains, de se positionner dans la production de semoule. Des formules telles les Groupements d'Intérêt Economiques (G.I.E) peuvent constituer le cadre à de telles activités. Les GIE constituent des structures plus souples que des coopératives de services. Celle démarche permettrait de rapatrier dans la poche des producteurs la valeur-ajoutée actuellement captée par les transformateurs. Ainsi, les céréaliers des zones faiblement productives pourraient tirer un meilleur parti de leur production. Les pouvoirs publics ont tout à y gagner. Ils auraient ainsi la possibilité d'amortir l'impact d'une éventuelle réduction des subventions à la filière céréales en cas de baisse des revenus issus de la vente des hydrocarbures.

Notes : Il existe sur Youtube une vidéo extraite d'un reportage de la chaîne Ennahar sur cette question. https://youtu.be/Uw_LfFOGcTY.

 

 

 

SLIM OTHMANI, FAIT "CHEVALIER DE LA LEGION D’HONNEUR" PAR LA FRANCE

Djamel BELAID 14.05.2018

Je ne me joindrais pas aux applaudissements pour le moment. J'attends que cet industriel fasse plus d'intégration de matières premières DZ. Car les concentrés de jus viennent du Brézil, idem pour le sucre brut raffiné par Cevital. Ce monsieur fait de "l'import-import". Il ne fait qu'assembler des matières importées. On peut cependant le féliciter d'utiliser de l'eau DZ.

J'attends des agro-industriels Algériens qu'ils contribuent, au moins en partie, à la production locale de leur approvisionnement. Il y a mille et une façons de le faire.
-contribuer à la replantation de vergers d'agrumes, d'abricots, ...
-contribution à la productions de sirops sucrant à partir de dattes, d'orge.
J'attends avant d'applaudir... Je ne peux applaudir un industriel de l'import-import intervenant sur un marché carrément captif dont les consommateurs bénéficient d'un bon revenu. faire du business dans ces conditions, c'est trop facile. Cela ne justifie pas une distinction. Celle-ci devrait aller à des agro-industriels tels les PDG de Laiterie Soummam ou de Groupe Benamor qui ont un milleur taux d'intégration de la matière première locale.

 

 

 

ALGERIE, DOIT-ON AUTORISER LES OGM EN AGRICULTURE?

Djamel BELAID 23.04.2018

 

Répondant sur la Chaine III de la radio à une question d'un auditeur, le Pr Arezki MEKLICHE a déclaré qu'il ne voyait pas d'objection à l'utilisation de ce type de technique en Algérie. Que pourrait nous apporter des variétés de blé OGM ?

 

UN TABOU BRISE

Le 7 décembre dernier, en déclarant qu'il ne voyait d'objection à utiliser des OGM en agriculture, le Pr MEKLICHE a brisé un tabou. Traditionnellement, dans la presse nationale, il est de bon ton de s'opposer aux OGM. L'idée de départ étant de protéger les consommateurs contre de nouveaux maux et d'éviter une éventuelle « pollution génétique » sur le sol national.

Mais l'invité de la Chaïne III s'est fait fort de rappeler à juste titre, qu'en Algérie, nous consommons quotidiennement des OGM. Et de citer le maïs et soja OGM importés pour nourrir nos poules, vaches et moutons. « Autant, en produire localement » a conclu l'invité.

 

OGM ET GLYPHOSATE, MELANGE CONTROVERSE

Sur le plan de la santé humaine, la consommation d'OGM n'a, jusqu'à ce jour, pas montré de risques sanitaires. L'OGM ne serait pas en lui même dangereux pour la santé. Cependant, dans le cas de variétés OGM résistantes aux herbicides, et notamment au glyphosate, le danger sanitaire proviendrait des résidus de cet herbicide dans les grains. En effet, face à l'apparition de mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate, les agriculteurs des pays autorisant cette technique ont tendance à multiplier les passages de désherbants et d'augmenter les doses. Des résidus d'herbicides sont donc présents sur les cultures.

D'autres façons de faire sont sources de résidus. Parfois, pour hâter le murissement d'une culture non-OGM de lentilles, de pois-chiche ou de colza, les agriculteurs pulvérisent du glyphosate en fin de cycle. Cela peut concerner également la lutte contre une mauvaise herbe présente en fin de cycle.

Attention à ne pas confondre ces utilisations avec celle des agriculteurs qui n'utilisent le glyphosate que pour un désherbage au semis. Ce type d'emploi très fréquent en agriculture de conservation permet d'éviter de labourer. De ce fait, les terres sont moins sujettes à l'érosion. Et dans ce cas là, le risque de résidus sur les cultures est de loin très inférieur aux pratiques décrites précédemment.

 

Du point de vu de la dissémination de gènes nouveaux dans la flore naturelle bordant des gènes d'OGM, ce risque existe. Dans les pays utilisant les OGM, il est parfois préconisé d'entourer les champs d'OGM d'une bande de culture non-OGM afin de créer une zone tampon.

 

ETAT DU DESHERBAGE CHIMIQUE EN ALGERIE

Les variétés OGM concernent notamment la résistance au glyphosate. Il devient alors possible d'épandre cet herbicide sur les cultures et donc, en un seul passage d'éliminer toutes les mauvaises herbes. Mais, cela est intéressant lorsque les techniques traditionnelles du désherbage chimique ont été épuisées. Or, c'est loin d'être le cas en Algérie. Le désherbage n'est utilisé que sur une superficie restreinte des surfaces consacrées aux céréales et des légumes secs.

Des cas de résistances aux herbicides conventionnels n'ont pas encore été relevés. Dans le cas de mauvaises herbes difficile à détruire dans une culture de céréales – cas du brome – l'utilisation de variétés OGM pourrait s'envisager. Mais, signalons que nous n'avons pas utilisé toute la panoplie des solutions conventionnelles, telles les rotations de cultures.

 

OBTENTION DES VARIETES OGM

Dans le cas où le choix de variétés OGM était fait, quel moyen devrions nous déployer pour mettre en œuvre la disponibilité en semences ? La technologie OGM concerne des variétés étrangères. Il s'agirait alors de faire des essais sur des variétés OGM pour chaque région du pays.

 

 

LA TECHNIQUE CLEARFIELD

A côté de la technique OGM – qui consiste à introduire un gène d'intérêt dans une variété – existe des techniques de mutagénèse. Les variétés ainsi obtenues sont disponibles sous la marque Clearfield. La technique de mutagénèse consiste à provoquer des mutations au niveau de semences. On utilise pour cela une dose de rayonnement mutagènes ou tout simplement des produits chimiques précis. Les semences ainsi traitées sont alors mise en culture. Et celles présentant de nouvelles caractéristiques, telle la résistance à un herbicide à large spectre, sont isolées.
Cette technique est utilisées sur les céréales, les oléagineux (colza) et les légumes secs.
Dès la fin des années 70, cette technique a été introduite en Algérie au niveau de l'ENSA d'El Harrach par des coopérants polonais. Des étudiants algériens ont travaillé dessus, mais faute de programme de développement, cette technique s'est perdue. Les étudiants formés ont été employés dans d'autres domaines de compétences.

Cette technique relativement simple pourrait être mise en ouvre par des obtenteurs privés. Des collaborations inter-Maghrébines pourraient également rationaliser les efforts.

 

OGM, UN INTERET RESTREINT EN ALGERIE

En conclusion, en Algérie, dans les situations extrêmes, il ne faut pas s'empêcher d'utiliser les OGM. Cependant, dans le cas de la lutte contre les mauvaises herbes, le recul des pays utilisateurs d'OGM montre l'apparition de plantes résistantes et la nécessité d'une lutte combinant plusieurs moyens. Contre les mauvaises herbes résistantes au glyphosate, les Australiens utilisent même la technique du double-knock. Il s'agit de la pulvérisation de deux herbicides avant semis. Le deuxième herbicide devant éliminer les plantes résistantes au glyphosate.

 

Cet exemple montre que les OGM ne sont pas la panacée. Reste la question du moyen d'obtention de ce type de semences et leur coût pour notre économie et pour l'agriculteur.

 

Il nous semble que la priorité concerne les légumes secs. Ces derniers sont très sensibles à la concurrence des mauvaises herbes. Il serait utile que des obtenteurs privés développent par mutagénèse des variétés non-OGM mais résistantes à des herbicides.

ASSISES DE L'AGRICULTURE

Quelques propositions:

 

PREAMBULE

-L'agriculture a pour mission de :

--nourrir la population algérienne (et pas les consommateurs européens),

--créer de l'emploi à nos jeunes (60 000 jeunes ruraux arrivant chaque année sur le marché de l'emploi), chose que ne peut pas faire une politique de fermes de 1000 hectares avec des capitaux privés locaux ou étrangers). L'agriculture ne peut à elle seule assurer l'emploi de l'ensemble des populations rurales. Afin d'éviter une sur-exploitation du milieu naturel par des pratiques agricoles inadaptées, il est indispensable que les pouvoirs publics développent une politique d'emplois ruraux hors du secteur agricole.

--contribuer à préserver l'environnement. En effet, le milieu naturel local est fragile. Il est sujet à des processus d'érosion, de désertification et de salinisation. L'agriculture doit revêtir un aspect durable.

Le déficit hydrique de l'agriculture en sec nécessite :

-une recherche-développement adaptée,

-le développement d'une politique de création de valeur ajoutée qui peut passer par la participation des producteurs à la transformation des produits agricoles. Il s'agit donc de l'encourager.

 

CONCERNANT L'OAIC ET LES CCLS :

Il est recommandé :

-maintien du monopole d'Etat sur le commerce du blé

-possibilité de transformer les céréales (activité de meunerie ou de semoulerie) et de fabriquer couscous, pâtes alimentaires ou pain,

-possibilité de fabriquer de l'aliment du bétail,

-statut du personnel technico-commercial: instaurer des primes indexées sur le volume des ventes d'engrais, de produits phytosanitaire et sur le volume des céréales collectées.

-envisager une évolution des statuts des CCLS permettant une plus grande co-gestion des membres élus du conseil de gestion (exemples : co-signature du président et du directeur sur certains dossiers, confier plus de responsabilité aux élus dans la gestion des unités de moto-culture).

 

COOPERATIVES AGRICOLES

Il ne faut pas se tromper. Les CCLS ne sont pas de vraies coopératives où ce sont les agriculteurs qui disposent de parts sociales et composent les organes de direction élus démocratiquement. Aucun développement agricole ne peut être envisager sur la seule impulsion de l'administration. Aussi, il est recommandé :

-d'assurer des avantages législatifs, financiers ou fiscaux à tout regroupement d'agriculteurs sous forme de coopérative ou de Groupement d'Intérêt Economique (GIE),

-cas d'attribution d'avantages :

--lors de groupement pour l'achat de matériel à plusieurs (réduction des taux bancaires, réduction du prix du matériel, …),

--lors de la transformation de céréales : attribution des restitutions financières liées au soutien des prix à la consommation (les mêmes que reçoivent les transformateurs Benaor, Dahra, SIM, Smid Tell, …).

 

FORMATION

-conditionner l'octroi de prêts agricoles à l'obtention d'une attestation de présence à des modules de formation agricole de base. Ces modules avec programme défini par le MADR devraient être dispensés sur tout le territoire en mobilisant toutes les compétences (MADR et Universités),

-financer un institut de gestion pour cadres paysans (à l'image de l'IFOCAP France) géré par la profession agricole,

 

CEREALES/LEGUMES SECS/FOURRAGES

-renforcer les moyens de recherche-développement sur les cultures en sec (semis direct, localisation des engrais au semis, sursemis des jachères pâturées,...),

-priorité au non-labour avec semis direct (produire massivement des semoirs low-cost), le retard du programme CMA-SOLA sur le semoir Boudour est inexcusable, encourager la production privée de semoirs,

-développer la production de matériel de désherbage mécanique (herse étrille, houe rotative),

-développer les rotations, seul moyen de lutter contre les graves infestations de brome, ver blanc, nématodes,

-développer la production d'oléagineux : colza, tournesol et carthame (voir le progrès variétal en Australie),

-semences : encourager la production de semences certifiées par les CCLS, mais aider les fellahs à améliorer la qualité de leurs semences de ferme,

-semences : développer un programme de semences non OGM de type Clearfield, encourager l'investissement privé local,

-notre céréaliculture en sec étant structurellement déficitaire, permettre à des céréaliers groupés en G.I.E de produire de la valeur ajoutée et donc de transformer leur production en semoule, couscous, pâtes alimentaires en recevant les mêmes aides financières que les grands groupes transformateurs (Benamor, Dahra, Smid Tell, …).

 

JACHERE

-mettre à la disposition des agriculteurs des outils permettant d'emblaver et d'exploiter à moindre coûts les surfaces de jachère. A ce titre, l'abandon du labour et son remplacement par des techniques culturales superficielles ou de semis direct est tout indiqué. Outre la rapidité d'exécution des emblavement, traitement et exploitation des cultures, il s'agit de veiller à la réduction des coûts.

-sur les surfaces de jachère pâturée, tester des outils de non labour (semis direct) afin de semer des mélanges fourragers à pâturer. A la traditionnelle association vesce-avoine, il s'agit de vulgariser de nouvelles associations (pois fourrager-triticale) mais également des espèces nouvelles telles le colza fourrager.

-tester le fourrage de medicago à la lumière du développement du non labour avec semis direct, ce qui préserve les semences de médicago d'un enfouissement néfaste à leur germination.

 

BANQUE AGRICOLE

-envisager la création d'une banque agricole gérée par des agriculteurs et disposant d'un capital propre provenant d'un prélèvement forfaitaire sur la vente des produits agricoles,

 

CHAMBRE D'AGRICULTURE

On ne peut envisager de développement agricole sans participation des premiers intéressés. Aussi, il s'agit

-d'assurer un fonctionnement démocratique des chambres d'agriculture,

-d'encourager la création d'association professionnelles agricoles et la constitution de filières.

 

INSTITUTS

Les instituts techniques sous l'égide du MADR permettent un encadrement technique des agriculteurs. Etant donnés les enjeux actuels, il s'agit d'arriver à arriver à une plus grande efficacité de ces structures.

-envisager la participation des firmes publiques et privées d'amont et d'aval au financement partiel des instituts techniques avec possibilité de participation au conseil d'administration,

 

FONCIER

-de nombreux exploitants sous-louent des terres de façon non officielle et de ce fait ne peuvent bénéficier de prêts bancaires et de l'aide des institutions agricoles.

-envisager un statut du fermage pour assurer la location des terres agricoles et sortir de l'informel,

 

MACHINISME AGRICOLE

-assurer une structure de coordination (permettant l'échange d'informations) entre d'une part fabricants publics et privés et d'autre part agriculteurs et université.

-étant donnée la faiblesse de la production locale pour certains matériels (semis direct, désherbage mécanique, …) envisager des mécanismes de soutien matériels et financiers aux entreprises locales.

 

AGRO-ALIMENTAIRE

Ces dernières années, le secteur agro-alimentaire s'est considérablement développé. Nombreux sont les industriels qui n'envisagent leur activité que sur la base de la transformation de produits importés. A l'avenir, il devrait leur être EXIGE de recourir progressivement à l'utilisation de matières premières locales. Cette évolution devrait se faire selon un cahier des charges et selon un calendrier défini avec les structures compétentes du MADR.

Comme le font certaines laiteries, semouleries mais aussi de nombreuses conserveries de tomate industrielle, les transformateurs devraient avoir obligation de :

-mettre sur pied des services d'appui technique aux agriculteurs,

-assurer une aide financière sous la forme d'avances financières partielles.

 

OLEAGINEUX

A part l'oléiculture, la production locale d'oléagineux est pratiquement inexistante. Pourtant, selon les étages climatiques du pays, différentes cultures sont possibles : colza, tournesol, carthame, arachides.

Outre la couverture partielle des besoins de la population, la culture d'oléagineux permet :

-d'assurer une rotation des cultures afin de réduire la monoculture des céréales qui pose d'énormes problèmes de parasitisme,

-d'assurer la production de tourteaux entrant dans la fabrication des aliments du bétail,

-d'assurer à des groupements d'agriculteurs de créer plus de valeur ajoutée en pressant leurs graines pour produire et vendre de l'huile.

Il s'agit d'assurer la disponibilité en semences d'oléagineux et en petit matériel de trituration.

 

MAIN D'OEUVRE ETRANGERE

-envisager un statut spécifique à la main d'oeuvre étrangère qualifiée afin de favoriser des séjours prolongés sur le territoire national,

 

COOPERATION INTERNATIONALE

-encourager la coopération avec les pays développés à climat semi-aride (exemple, l'Australie) afin de bénéficier des acquis de leur recherche-développement.

 

 

PLUS DE 3 MILLIONS D'HECTARES NON CULTIVEES

BOUAZGUI FACE AUX CONTRADICTIONS DU SYSTEME AGRICOLE

 

Djamel BELAID 3 avril 2018

 

Mr BOUAZGUI est sans aucun doute un homme honnête qui veut bien faire. En charge du MADR depuis quelques mois, il parcourt le pays, anime des réunions, bat la campagne écoute les agriculteurs (petits et grands) ainsi que les investisseurs privés. Bref, il fait le job du mieux qu'il peut. Il le fait avec honnêteté mais à sa manière. Ayant eut récemment en mains, les statistiques des terres réellement cultivées, il découvre l'ampleur de la tâche. Arrivera-t-il à encourager l'investissement vers les céréales, aliment de base de la population et faisant l'objet (avec la poudre de lait) de plus de 60% du montant des importations alimentaires?

 

ALGERIE, «GREVE DES LABOURS »

Alors que nous importons de plus en plus de blé, des dizaines de milliers d'hectares de terre ne sont pas cultivées. Mais qu'on ne s'y trompe. Ces terres sont cependant utilisées pour un usage agricole. Elles servent de parcours aux moutons. En effet, l'élevage du mouton est plus rentable que la culture des céréales. Les propriétaires y font paître leurs troupeaux de moutons ou bien les louent à des éleveurs.

Une autre explication à cette « grève des labours » vient de l'aspect peu rémunérateur de la culture des céréales. En effet, l'actuelle production de céréales sur les bonnes terres ne tient que grâce aux subventions publiques (prix à la production, crédits de campagne bonifiés, soutien pour l'achat des engrais des semences, des produits phytosanitaires et du matériel agricole). Sur ces terres, la stratégie adoptée est de faire revenir le plus souvent le blé dur afin de profiter de la prime « blé dur » de 1000 DA/qx en plus des 3500 DA/QX offert par les CCLS. Mais cette pratique n'est pas sans conséquences. Les sols s'épuisent et les cultures sont la proie de parasites spécifiques du blé dur: vers blancs, nématodes du sol lorsque ce n'est pas des infestations en mauvaises herbes telle le brome.

 

LE QUOTIDIEN DE LA PETITE ET MOYENNE PAYSANNERIE

Mais sur les terres à faible potentiel, celles à sol peu profond, il suffit d'un coup de sec à l'automne pour que les jeunes pousses de blé se dessèchent. Parfois, c'est au printemps que survient un manque de pluies ou une brusque hausse des températures. Les épis prometteurs se dessèchent alors et les grains ne se remplissent pas. Seules leurs enveloppes subsistent. Lors de ces années de sécheresse, les parcelles de céréales avortées sont laissées aux moutons et l'agriculteur tente, tant que bien que mal, de rembourser le crédit de campagne contracter envers la banque. C'est qu'emblaver coûte cher. Pour les petits agriculteurs, il faut louer tracteur et charrue, acheter des engrais et des semences. Au labour succède la préparation du sol puis le semis. Chacune de ses longues opérations se traduit en heures de location de tracteur avec la hantise de tout perdre si survient un coup de sec.

Certes, la disponibilité en tracteurs s'améliore. Il y les tracteurs Cirta, témoins de la volonté du président Houari Boumédiène de développer une industrie locale. Il y a également les tracteurs Sonalika indhous issus d'un montage local suite à l'import de pièces détachées. Mais même lorsqu'on possède un tracteur, il faut compter avec le coût des carburants, de main d'oeuvre et ce risque de coup de sec.

A l'heure actuelle, les CCLS rachètent le blé dur 4500 DA le quintal. Aux céréales est toujours adjoint un troupeau de moutons. Les moutons, cette assurance tout risque en cas de mauvais rendements...

Mais les prix proposés par les CCLS resteront-ils toujours à 4500 DA le quintal ? Ces derniers temps, les producteurs de maïs d'Adrar qui vendent leurs grains à l'ONAB ont vu la prime maïs non payée. Lenteur administrative ou difficultés des caisses de l'Etat suite à la baisse des prix du pétrole?

 

TRAVAILLER SANS TERRE ET SANS CARTE DE FELLAH

Que ce soit pour le maraîchage ou les céréales, nombreux sont les agriculteurs qui avouent ne pas être propriétaire des terres qu'ils travaillent. Ils les louent auprès de propriétaires privés, d'EAC ou d'EAI ou encore de titulaires de concessions. Cette situation qui apparaît injuste est pourtant la règle dans nombre de pays développés. La loi fixe chaque année le montant du fermage – un loyer de la terre - pour chaque région selon la fertilité de la terre.

Le fermage n'existe pas en Algérie ce qui relègue dans l'informel les travailleurs sans terre. C'est que pour obtenir des prêts, les banques exigent des titres de propriétés ou de concession. Il en est de même pour obtenir la carte de « fellah » véritable sésame auprès des organismes agricoles pour obtenir à prix réglementé les intrants agricoles indispensables pour produire du blé.

 

FAIRE QUE LE BLE RAPPORTE AUTANT QUE LE MOUTON

Afin que cesse la «grève des labours », il faudrait que la marge bénéficiaire à l'hectare augmente et que plus de valeur ajoutée soit tirée des céréales.

Pour augmenter les marges en céréaliculture, l'augmentation des rendements est actuellement la seule stratégie envisagée. Cependant 90% des surfaces sont en sec et le dry-farming (culture en sec) n'a pas été revisité. Il n'y a pas eu en Algérie de véritable effort de recherche. Par exemple, sur de nombreux hectares, la pratique de la jachère reste la règle.

Faute d'investissement dans la recherche sur les cultures en sec, le MADR a choisi la fuite en avant. Ces dernières années, les services agricoles ont misé sur l'irrigation de complément et l'irrigation continue dans le grand sud. Irriguer donne l'espoir de pouvoir s'affranchir des conditions du milieu naturel et de pouvoir importer les techniques agronomiques des pays tempérés. Mais, dans le grand sud, c'est sans compter sur la nature ingrate des sols, la salinité de l'eau d'irrigation et la très forte évaporation qui peut correspondre à un besoin de 2000 mm d'eau. Rentabiliser l'irrigation nécessite une approche de terrain. Des progrès durables sont certes enregistrés au Nord. Mais cela ne doit pas faire oublier que 90% des terres sont non irriguées et qu'elles ne pourrons pas l'être faute de disponibilités en eau du fait de la forte concurrence des villes et de l'industrie.

 

REDUIRE LES COUTS DE REVIENT DU BLE

Pour rendre plus rémunérateur la culture du blé, il faut donc s'orienter vers d'autres moyens que l'irrigation. Le premier concerne l'abandon du labour et son remplacement pas le semis direct. Les coûts de mécanisation sont ainsi réduits de 40% et la vitesse d'exécution des chantiers nettement accélérés. Un autre avantage loin d'être négligeable concerne la préservation de l'humidité du sol. Enfin, cette technique permet de localiser les engrais près de la ligne de semis ce qui permet de mieux les valoriser. Il est regrettable que cette option prometteuse actuellement généralisée dans un pays sec comme l'Australie ne soit que timidement envisagée par le MADR.

Cela est d'autant plus regrettable que le semis direct et notamment le sur-semis peut permettre de semer à peu de frais – puisque sans labour - les jachères pâturées. Des fourrages à base de mélanges de différentes espèces seraient les bienvenus. La pression de l'élevage ovin sur la céréaliculture pourrait ainsi être réduite.

 

Cet élevage constitue l'activité par excellence des ruraux sans emplois. Faire baisser la concurrence de cet élevage sur la céréaliculture passe donc par le développement d'emplois ruraux hors secteur agricole.

 

UN PARTAGE INEGAL DE LA VALEUR AJOUTEE

Jusqu'à présent, concernant le blé dur, les pouvoirs publics ont pu proposer au céréalier algérien des prix à la production très rémunérateurs. Chaque année, quelles que soient les variations du cours mondial du blé, le fellah est assuré de pouvoir écouler toute sa production auprès des CCLS. Ce système possède cependant un vice caché. On pourrait même dire que le « vers est dans la pomme ». En effet, dès qu'il récolte, le fellah n'a qu'une hâte : se débarrasser de son grain dans la fosse de la CCLS. Ces grains sont ensuite moulus par des transformateurs privés qui produisent du couscous et des pâtes alimentaires et font ainsi de très belle marges bénéficiaires. Dans de nombreux pays développés les céréaliers ont créé des coopératives et se sont équipés de moulins. Ce sont eux qui engrangent de la valeur ajoutée à leurs grains et ce qui leur permet de continuer à financer leur activité même les années où les cours mondiaux des céréales s'effondre. En Algérie, les pouvoirs publics, à travers l'OAIC, délivrent ce message : « khatikoum, nous sommes là pour vous soutenir quoique qu'il advienne ». Les céréaliers algériens ont pris de ce fait l'habitude de se reposer sur la puissance publique. C'est un tort et les céréaliers marocains en ont fait l'amer expérience lors de la signature de libre échanges avec les USA puis avec l'adhésion à l'OMC. Qu'adviendra-t-il si un jour les pouvoirs publics avouent ne plus avoir les moyens de cet effort financier? La nature ayant horreur du vide, en absence d'organismes stockeurs coopératifs investissant dans la transformation, ce sont des moulins privés qui se sont emparés du marché. C'est le cas des sociétés Benamor, Métidji, SIM, Smid Tell, etc... La valeur ajoutée liée à la transformation des grains importés mais également celle liée aux grains produits par le fellah leur revient entièrement.

 

CCLS, UN APPUI TECHNIQUE LIMITE

Une véritable révolution technique s'opère silencieusement dans nos campagnes. Le niveau technique des céréaliers s'élève régulièrement. La production nationale connaît de brusques variations annuelles liées à la faible maîtrise de des aléas climatiques. Cependant sur une décennie, le rendement moyen progresse nettement. Cette amélioration technique vient notamment des intrants agricoles employés en plus grand nombre et à meilleur escient. C'est le cas des semences certifiées produites par les CCLS, des engrais produits en masse mais également le cas des produits phytosanitaires. Ces deux derniers types de produits sont vulgarisés par des technico-commerciaux de firmes privés locales ou étrangères. Leur rémunération étant liée au niveau des volumes vendus, ils déploient une vulgarisation très dynamique qu'on ne retrouve malheureusement pas au niveau des CCLS.

 

UNE FEUILLE DE ROUTE POUR LE SOLDAT BOUAZGUI

Sur quels leviers peut donc agir le ministre de l'agriculture. Le niveau du prix du pétrole étant ce que chacun sait, ne lui reste plus que faire ce que ce disait Staline à ses généraux lors des pires moments de l'avancée des troupes nazis : « ne me demandez pas plus de moyens, mais envisagez de faire mieux avec les troupes et l'armement à votre disposition».

Concernant les fermes pilotes installées sur les meilleures terres, rien ne sert de vilipender leurs gestionnaires tel que cela a été rapporté par la presse nationale. Les gestionnaires de ces fermes font avec les moyens qui leur sont donnés et avec le carcan juridique qui est le leur. Leur action ne peut en aucune manière être comparée avec la liberté d'action d'investisseurs privés pour lesquels, pratiquement, tout est permis – telle l'importation de matériel dernier cri - et le plus souvent grâce à des aides publiques non remboursables.

 

Concernant les secteurs des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers (dérivés et fromages) les investisseurs disposent d'une liberté de fixation des prix. On ne peut comparer ce secteur à celui de la production des céréales dont les prix sont encadrés. Par ailleurs, les producteurs de céréales n'ont pas voix au chapitre concernant la transformation de leurs produits. Toute proposition d'amélioration de la production des céréales doit donc tenir compte de cet aspect des choses.

Pour arriver à ce que plus de terres soient consacrées aux céréales le MADR dispose d'une politique de court et moyen terme. Par politique, nous entendons des leviers sur lesquels il peut jouer ou être entendu par les autres ministères.

A court terme, ne pouvant augmenter les prix à la production, il s'agit de jouer sur la baisse des charges des exploitations. Cela passe par une plus grande disponibilité et moindre coût des approvisionnements (engrais, semences, produits phytosanitaires). Aux CCLS d'envisager les mesures à mettre en œuvre afin de lutter contre la spéculation. La constitution de groupements d'achat paysans pourraient être encouragée, cela pourrait constituer l'embryon de véritables coopératives paysannes.

En matière de charges de mécanisation et de carburants, l'urgence passe par l'accélération de la mise à la disposition des agriculteurs de semoirs low-cost pour semis direct. Le projet « Boudour » de CMA-SOLA, mais également les moyens des constructeurs locaux doivent être orientés vers cette priorité.

 

En matière de valeur ajoutée, les pouvoirs publics ne peuvent laisser les transformateurs privés s'accaparer de la totalité de celle-ci. La valeur ajoutée doit être partagée entre céréaliers et transformateurs. Des arbitrages doivent permettre aux CCLS et regroupements de céréaliers (par exemple sous forme de GIE) de pouvoir transformer tout ou partie de leur production de céréales. Les grands groupes agro-alimentaires doivent se rendre comptent qu'ils n'auraient rien à gagner de troubles sociaux dégénérant et pouvant aboutir dans des émeutes et d'éventuels saccages d'outils économiques.

 

Des partenariats publics-privés pourraient être imaginés (une CCLS devrait pouvoir s'associer à un moulin privé ou lui racheter des parts). Le partage de cette valeur ajoutée doit permettre de rendre plus rémunérateur la pratique de la céréaliculture dans un pays, rappelons le, semi-aride. Ce partage peut également se faire par le financement, par les transformateurs, de services d'appui technique aux céréaliers situés dans leur bassin d'approvisionnement (comme le font déjà certaines laiteries).

 

Enfin, il y a un statut du fermage à créer. Sortir l'informel agricole de la situation actuelle peut permettre de contrôler des masses monétaires importantes issues du secteur agricole, mais également en attirer d'autres actuellement thésaurisées.

 

Il apparaît ainsi, que l'encouragement à l'investissement dans la culture des céréales passe moins par l'augmentation des enveloppes financières actuelles que par une ré-affectation des moyens engagés. Le Ministre de l'agriculture aura-t-il les épaules assez larges pour impulser cette dynamique et s'opposer à certains lobby? Certes, cette voie est plus difficile que celle consistant à vilipender les cadres des fermes pilotes ou à faire accoster dans nos ports des cargos aux flancs chargés de grains étrangers ; mais elle est la voie du patriotisme économique.

 

PLUS DE 3 MILLIONS D'HECTARES NON CULTIVEES

BOUAZGUI FACE AUX CONTRADICTIONS DU SYSTEME AGRICOLE

Djamel BELAID 3 avril 2018

 

Mr BOUAZGUI est sans aucun doute un homme honnête qui veut bien faire. En charge du MADR depuis quelques mois, il parcourt le pays, anime des réunions, bat la campagne écoute les agriculteurs (petits et grands) ainsi que les investisseurs privés. Bref, il fait le job du mieux qu'il peut. Il le fait avec honnêteté mais à sa manière. Ayant eut récemment en mains, les statistiques des terres réellement cultivées, il découvre l'ampleur de la tâche. Arrivera-t-il à encourager l'investissement vers les céréales, aliment de base de la population et faisant l'objet (avec la poudre de lait) de plus de 60% du montant des importations alimentaires?

 

ALGERIE, «GREVE DES LABOURS »

Alors que nous importons de plus en plus de blé, des dizaines de milliers d'hectares de terre ne sont pas cultivées. Mais qu'on ne s'y trompe. Ces terres sont cependant utilisées pour un usage agricole. Elles servent de parcours aux moutons. En effet, l'élevage du mouton est plus rentable que la culture des céréales. Les propriétaires y font paître leurs troupeaux de moutons ou bien les louent à des éleveurs.

Une autre explication à cette « grève des labours » vient de l'aspect peu rémunérateur de la culture des céréales. En effet, l'actuelle production de céréales sur les bonnes terres ne tient que grâce aux subventions publiques (prix à la production, crédits de campagne bonifiés, soutien pour l'achat des engrais des semences, des produits phytosanitaires et du matériel agricole). Sur ces terres, la stratégie adoptée est de faire revenir le plus souvent le blé dur afin de profiter de la prime « blé dur » de 1000 DA/qx en plus des 3500 DA/QX offert par les CCLS. Mais cette pratique n'est pas sans conséquences. Les sols s'épuisent et les cultures sont la proie de parasites spécifiques du blé dur: vers blancs, nématodes du sol lorsque ce n'est pas des infestations en mauvaises herbes telle le brome.

 

LE QUOTIDIEN DE LA PETITE ET MOYENNE PAYSANNERIE

Mais sur les terres à faible potentiel, celles à sol peu profond, il suffit d'un coup de sec à l'automne pour que les jeunes pousses de blé se dessèchent. Parfois, c'est au printemps que survient un manque de pluies ou une brusque hausse des températures. Les épis prometteurs se dessèchent alors et les grains ne se remplissent pas. Seules leurs enveloppes subsistent. Lors de ces années de sécheresse, les parcelles de céréales avortées sont laissées aux moutons et l'agriculteur tente, tant que bien que mal, de rembourser le crédit de campagne contracter envers la banque. C'est qu'emblaver coûte cher. Pour les petits agriculteurs, il faut louer tracteur et charrue, acheter des engrais et des semences. Au labour succède la préparation du sol puis le semis. Chacune de ses longues opérations se traduit en heures de location de tracteur avec la hantise de tout perdre si survient un coup de sec.

Certes, la disponibilité en tracteurs s'améliore. Il y les tracteurs Cirta, témoins de la volonté du président Houari Boumédiène de développer une industrie locale. Il y a également les tracteurs Sonalika indhous issus d'un montage local suite à l'import de pièces détachées. Mais même lorsqu'on possède un tracteur, il faut compter avec le coût des carburants, de main d'oeuvre et ce risque de coup de sec.

A l'heure actuelle, les CCLS rachètent le blé dur 4500 DA le quintal. Aux céréales est toujours adjoint un troupeau de moutons. Les moutons, cette assurance tout risque en cas de mauvais rendements...

Mais les prix proposés par les CCLS resteront-ils toujours à 4500 DA le quintal ? Ces derniers temps, les producteurs de maïs d'Adrar qui vendent leurs grains à l'ONAB ont vu la prime maïs non payée. Lenteur administrative ou difficultés des caisses de l'Etat suite à la baisse des prix du pétrole?

 

TRAVAILLER SANS TERRE ET SANS CARTE DE FELLAH

Que ce soit pour le maraîchage ou les céréales, nombreux sont les agriculteurs qui avouent ne pas être propriétaire des terres qu'ils travaillent. Ils les louent auprès de propriétaires privés, d'EAC ou d'EAI ou encore de titulaires de concessions. Cette situation qui apparaît injuste est pourtant la règle dans nombre de pays développés. La loi fixe chaque année le montant du fermage – un loyer de la terre - pour chaque région selon la fertilité de la terre.

Le fermage n'existe pas en Algérie ce qui relègue dans l'informel les travailleurs sans terre. C'est que pour obtenir des prêts, les banques exigent des titres de propriétés ou de concession. Il en est de même pour obtenir la carte de « fellah » véritable sésame auprès des organismes agricoles pour obtenir à prix réglementé les intrants agricoles indispensables pour produire du blé.

 

FAIRE QUE LE BLE RAPPORTE AUTANT QUE LE MOUTON

Afin que cesse la «grève des labours », il faudrait que la marge bénéficiaire à l'hectare augmente et que plus de valeur ajoutée soit tirée des céréales.

Pour augmenter les marges en céréaliculture, l'augmentation des rendements est actuellement la seule stratégie envisagée. Cependant 90% des surfaces sont en sec et le dry-farming (culture en sec) n'a pas été revisité. Il n'y a pas eu en Algérie de véritable effort de recherche. Par exemple, sur de nombreux hectares, la pratique de la jachère reste la règle.

Faute d'investissement dans la recherche sur les cultures en sec, le MADR a choisi la fuite en avant. Ces dernières années, les services agricoles ont misé sur l'irrigation de complément et l'irrigation continue dans le grand sud. Irriguer donne l'espoir de pouvoir s'affranchir des conditions du milieu naturel et de pouvoir importer les techniques agronomiques des pays tempérés. Mais, dans le grand sud, c'est sans compter sur la nature ingrate des sols, la salinité de l'eau d'irrigation et la très forte évaporation qui peut correspondre à un besoin de 2000 mm d'eau. Rentabiliser l'irrigation nécessite une approche de terrain. Des progrès durables sont certes enregistrés au Nord. Mais cela ne doit pas faire oublier que 90% des terres sont non irriguées et qu'elles ne pourrons pas l'être faute de disponibilités en eau du fait de la forte concurrence des villes et de l'industrie.

 

REDUIRE LES COUTS DE REVIENT DU BLE

Pour rendre plus rémunérateur la culture du blé, il faut donc s'orienter vers d'autres moyens que l'irrigation. Le premier concerne l'abandon du labour et son remplacement pas le semis direct. Les coûts de mécanisation sont ainsi réduits de 40% et la vitesse d'exécution des chantiers nettement accélérés. Un autre avantage loin d'être négligeable concerne la préservation de l'humidité du sol. Enfin, cette technique permet de localiser les engrais près de la ligne de semis ce qui permet de mieux les valoriser. Il est regrettable que cette option prometteuse actuellement généralisée dans un pays sec comme l'Australie ne soit que timidement envisagée par le MADR.

Cela est d'autant plus regrettable que le semis direct et notamment le sur-semis peut permettre de semer à peu de frais – puisque sans labour - les jachères pâturées. Des fourrages à base de mélanges de différentes espèces seraient les bienvenus. La pression de l'élevage ovin sur la céréaliculture pourrait ainsi être réduite.

 

Cet élevage constitue l'activité par excellence des ruraux sans emplois. Faire baisser la concurrence de cet élevage sur la céréaliculture passe donc par le développement d'emplois ruraux hors secteur agricole.

 

UN PARTAGE INEGAL DE LA VALEUR AJOUTEE

Jusqu'à présent, concernant le blé dur, les pouvoirs publics ont pu proposer au céréalier algérien des prix à la production très rémunérateurs. Chaque année, quelles que soient les variations du cours mondial du blé, le fellah est assuré de pouvoir écouler toute sa production auprès des CCLS. Ce système possède cependant un vice caché. On pourrait même dire que le « vers est dans la pomme ». En effet, dès qu'il récolte, le fellah n'a qu'une hâte : se débarrasser de son grain dans la fosse de la CCLS. Ces grains sont ensuite moulus par des transformateurs privés qui produisent du couscous et des pâtes alimentaires et font ainsi de très belle marges bénéficiaires. Dans de nombreux pays développés les céréaliers ont créé des coopératives et se sont équipés de moulins. Ce sont eux qui engrangent de la valeur ajoutée à leurs grains et ce qui leur permet de continuer à financer leur activité même les années où les cours mondiaux des céréales s'effondre. En Algérie, les pouvoirs publics, à travers l'OAIC, délivrent ce message : « khatikoum, nous sommes là pour vous soutenir quoique qu'il advienne ». Les céréaliers algériens ont pris de ce fait l'habitude de se reposer sur la puissance publique. C'est un tort et les céréaliers marocains en ont fait l'amer expérience lors de la signature de libre échanges avec les USA puis avec l'adhésion à l'OMC. Qu'adviendra-t-il si un jour les pouvoirs publics avouent ne plus avoir les moyens de cet effort financier? La nature ayant horreur du vide, en absence d'organismes stockeurs coopératifs investissant dans la transformation, ce sont des moulins privés qui se sont emparés du marché. C'est le cas des sociétés Benamor, Métidji, SIM, Smid Tell, etc... La valeur ajoutée liée à la transformation des grains importés mais également celle liée aux grains produits par le fellah leur revient entièrement.

 

CCLS, UN APPUI TECHNIQUE LIMITE

Une véritable révolution technique s'opère silencieusement dans nos campagnes. Le niveau technique des céréaliers s'élève régulièrement. La production nationale connaît de brusques variations annuelles liées à la faible maîtrise de des aléas climatiques. Cependant sur une décennie, le rendement moyen progresse nettement. Cette amélioration technique vient notamment des intrants agricoles employés en plus grand nombre et à meilleur escient. C'est le cas des semences certifiées produites par les CCLS, des engrais produits en masse mais également le cas des produits phytosanitaires. Ces deux derniers types de produits sont vulgarisés par des technico-commerciaux de firmes privés locales ou étrangères. Leur rémunération étant liée au niveau des volumes vendus, ils déploient une vulgarisation très dynamique qu'on ne retrouve malheureusement pas au niveau des CCLS.

 

UNE FEUILLE DE ROUTE POUR LE SOLDAT BOUAZGUI

Sur quels leviers peut donc agir le ministre de l'agriculture. Le niveau du prix du pétrole étant ce que chacun sait, ne lui reste plus que faire ce que ce disait Staline à ses généraux lors des pires moments de l'avancée des troupes nazis : « ne me demandez pas plus de moyens, mais envisagez de faire mieux avec les troupes et l'armement à votre disposition».

Concernant les fermes pilotes installées sur les meilleures terres, rien ne sert de vilipender leurs gestionnaires tel que cela a été rapporté par la presse nationale. Les gestionnaires de ces fermes font avec les moyens qui leur sont donnés et avec le carcan juridique qui est le leur. Leur action ne peut en aucune manière être comparée avec la liberté d'action d'investisseurs privés pour lesquels, pratiquement, tout est permis – telle l'importation de matériel dernier cri - et le plus souvent grâce à des aides publiques non remboursables.

 

Concernant les secteurs des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers (dérivés et fromages) les investisseurs disposent d'une liberté de fixation des prix. On ne peut comparer ce secteur à celui de la production des céréales dont les prix sont encadrés. Par ailleurs, les producteurs de céréales n'ont pas voix au chapitre concernant la transformation de leurs produits. Toute proposition d'amélioration de la production des céréales doit donc tenir compte de cet aspect des choses.

Pour arriver à ce que plus de terres soient consacrées aux céréales le MADR dispose d'une politique de court et moyen terme. Par politique, nous entendons des leviers sur lesquels il peut jouer ou être entendu par les autres ministères.

A court terme, ne pouvant augmenter les prix à la production, il s'agit de jouer sur la baisse des charges des exploitations. Cela passe par une plus grande disponibilité et moindre coût des approvisionnements (engrais, semences, produits phytosanitaires). Aux CCLS d'envisager les mesures à mettre en œuvre afin de lutter contre la spéculation. La constitution de groupements d'achat paysans pourraient être encouragée, cela pourrait constituer l'embryon de véritables coopératives paysannes.

En matière de charges de mécanisation et de carburants, l'urgence passe par l'accélération de la mise à la disposition des agriculteurs de semoirs low-cost pour semis direct. Le projet « Boudour » de CMA-SOLA, mais également les moyens des constructeurs locaux doivent être orientés vers cette priorité.

 

En matière de valeur ajoutée, les pouvoirs publics ne peuvent laisser les transformateurs privés s'accaparer de la totalité de celle-ci. La valeur ajoutée doit être partagée entre céréaliers et transformateurs. Des arbitrages doivent permettre aux CCLS et regroupements de céréaliers (par exemple sous forme de GIE) de pouvoir transformer tout ou partie de leur production de céréales. Les grands groupes agro-alimentaires doivent se rendre comptent qu'ils n'auraient rien à gagner de troubles sociaux dégénérant et pouvant aboutir dans des émeutes et d'éventuels saccages d'outils économiques.

 

Des partenariats publics-privés pourraient être imaginés (une CCLS devrait pouvoir s'associer à un moulin privé ou lui racheter des parts). Le partage de cette valeur ajoutée doit permettre de rendre plus rémunérateur la pratique de la céréaliculture dans un pays, rappelons le, semi-aride. Ce partage peut également se faire par le financement, par les transformateurs, de services d'appui technique aux céréaliers situés dans leur bassin d'approvisionnement (comme le font déjà certaines laiteries).

 

Enfin, il y a un statut du fermage à créer. Sortir l'informel agricole de la situation actuelle peut permettre de contrôler des masses monétaires importantes issues du secteur agricole, mais également en attirer d'autres actuellement thésaurisées.

 

Il apparaît ainsi, que l'encouragement à l'investissement dans la culture des céréales passe moins par l'augmentation des enveloppes financières actuelles que par une ré-affectation des moyens engagés. Le Ministre de l'agriculture aura-t-il les épaules assez larges pour impulser cette dynamique et s'opposer à certains lobby? Certes, cette voie est plus difficile que celle consistant à vilipender les cadres des fermes pilotes ou à faire accoster dans nos ports des cargos aux flancs chargés de grains étrangers ; mais elle est la voie du patriotisme économique.

 

URGENCE DESHERBAGE

Cette vidéo montre l'efficacité du désherbage avec Traxos One. Mais elle montre aussi l'efficacité des technico-commerciaux recevant une prime sur les quantités vendues. C'est un puissant stimulant pour la vulgarisation. Espérons que les CCLS fassent de même...

Traxos ONE, herbicide efficace contre El-Bahma "brome" (vidéo).

Une metéorite algerienne renvoyée sur mars

Une météorite algérienne de très grande valeur (car originaire de Mars) trouvée dans le Sahara algérien et sortie en fraude par la ville frontalière d'Erfoud (plus gros marché de météorites algériennes) a été repérée par des chercheurs français. Elle va être utilisée pour la recherche sur Mars. LIEN

MINOTERIES, passer des subventions à la productions de céréales.
Nous avons beaucoup de minoteries. Il faut les pousser à soutenir la production céréalière.
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DEVELOPPEMENT DURABLE, LE MIRACLE BOUAZGHI

D. BELAID 5.02.2018

La presse nationale de ce jour rapporte qu'en déplacement à Béchar, le Ministre de l'agriculture, Mr AEK BOUAZGHI a mis en garde les agriculteurs. Il leur a recommandé d'économiser l'eau d'irrigation.

 

UN MESSAGE DE TYPE NOUVEAU

Ce type de message est nouveau dans la bouche d'un responsable agricole : « économiser l'eau d'irrigation ». Jusqu'à présent on nous avait habitué à un usage illimité des eaux souterraines du sud. On nous avait même presque fait croire que les exportations de dattes allaient remplacer celles de pétrole. Un responsable de premier plan avait même affirmé que puisque les réserves d'eau souterraines étaient estimées à une soixantaine d'années, nous avions bien le droit de les utiliser au moins durant une dizaine d'années. Juste le temps de réduire le déficit alimentaire du pays.

Que ce soit pour l'eau d'irrigation, les réserves de gaz naturel ou les surfaces agricoles gagnées par le béton, les responsables à la tête du pays nous avaient habitué à l'idée d'une permanence des bienfaits de dame nature. Pour irriguer, nous avions les nappes phréatiques et les barrages, pour le chauffage et la production d'électricité, nous avions des réserves « inépuisables » de gaz, quant aux terres agricoles perdues de la Mitidja, il nous suffisait d'aller mettre en valeur d'autres terres plus à l'intérieur du pays.

 

L'ECHEC DU GAZ DE SCHISTE

Et si se profilait un risque de baisse des hydrocarbures, que cela ne tienne. Il nous restait le gaz de schiste. Il y a quelques années, les pouvoirs publics avaient même tenté de lancer leur exploitation. Mais c'était sans compter sur la société civile. Elite rurale et urbaine du sud pays, jeunes chômeurs avaient alors réussi à mobiliser l'opinion publique locale. La fronde populaire avait alors annihilé toute velléité de décideurs peu férus d'écologie et de transition énergétique.

 

INCULTURE ECOLOGIQUE AU PAYS DE P. RABHI

« Wach mane h'mar mat ? » Mais quel est donc cet âne mort ? (dicton populaire). Qu'est ce qui avait soudainement fait naître dans l'esprit d'au moins un de nos dirigeants une conscience écologique. Comment expliquer cette inhabituelle prise en compte de la nécessité d'un développement durable au pays des richesses inépuisables?

Certes, une hirondelle ne fait pas le beau temps. Mais le propos est si inhabituel dans la paysage algérien que malgré la neige tombée en plein Sahara et celle de ce début février, le printemps semblait déjà à nos portes.

Cette sortie ministérielle est réellement étonnante. Etonnante, même au pays qui a vu naître P. RABHI. Cet Algérien originaire des oasis et actuellement vivant en France. Cet oasien devenu le chantre de la sobriété heureuse si lointaine à nos dirigeants,

 

LE MYSTERE CONTINU

Difficile de dire ce qui a amené le Ministre de l'agriculture à se préoccuper des réserves d'eau. Surtout, lui qui a récemment indiqué qu'à l'avenir plus de facilités seraient accordées aux agriculteurs afin d'utiliser les réserves d'eau plus profondes. Peut-être un bref instant de lucidité...

Certes, il n'est pas évident de concilier baisse des revenus de la vente des hydrocarbures et besoins d'une population de 40 millions d'habitants travaillée* par le modèle effréné de consommation occidental. Outre la couverture alimentaire en calories, il s'agit de couvrir les besoins en protéines de la population. Cependant, il n' a jamais été proposé au consommateur algérien autre chose que le modèle occidentale reposant sur la consommation de protéines animales. C'est tourner le dos à la traditionnelle diète méditerranéenne où les protéines végétales accompagnaient un régime à base de céréales, de fruits et légumes locaux.

 

ABSENCE LOCALE DE WHO'S WHO

Nous reste plus que nous perdre en conjoncture. Qu'est ce qui a pu amener ce ministre à prôner plus de sobriété ? Une volonté politique ou un avis personnel face aux défis à venir. On peut imaginer qu'à ce niveau de responsabilité, la connaissance des chiffres du déficit abyssal des besoins financiers du pays est connue. Et elle doit être le pain quotidien ou du moins hebdomadaire des réunions ministérielles.

A moins que ce soit une orientation personnelle. Une sensibilité accrue du fait d'études supérieures dans les universités du pays puis d'un passage dans des universités étrangères ? Là aussi, point de Who's who en Algérie. Rien pour nous indiquer l'itinéraire des ministres. A part un cercle restreint, pour le commun des mortels, nulle idée du parcours de ce ministre de l'agriculture soudainement sorti d'un chapeau. On sait simplement qu'il s'exprime parfaitement en arabe.

 

UNE LUEUR A L'HORIZON

En tout cas, une fumée blanche semble poindre à l'horizon. Une lueur d'espoir. Comme un signal de changement : la sobriété. Pas celle de P. RABHI, mais une sobriété qui tout de même apparaît enfin dans le discours officiel. Il était temps. Les choses sont si lentes chez nous. Qu'on en juge. Dans un pays disposant jusqu'à 300 jours d'ensoleillement, nulle trace de panneaux solaires au dessus des habitations. Au pays des orages torrentiels en automne, nulle trace de dispositifs pour freiner l'envasement des barrages. A quand un héros à la Giono re-semant les pentes boisées de nos collines ?

Cependant, ces jours-ci un espoir est né. Au delà de l'opinion qui peu à peu se fait jour dans la société civile – ça et là émergent des initiatives citoyennes** – l'idée d'un développement durable semble enfin pénétrer les cercles du pouvoir.

L'âne ne sera mort pour rien...

 

NOTES :

(*) un des responsables français de la laiterie Danone-Djurdjura expliquait récemment vouloir amener le consommateur algérien (habitant un pays à dominante semi-aride et aride) au même niveau de consommation de produits laitiers que le consommateur français.

(**) voir l'association de permaculture Torba.dz

 

URGENCE DU DESHERBAGE DES CEREALES
Nous recevons le message de Mr Abdelkrim Behlouli suite à une visite de parcelles chez des agriculteurs:

Ma dernière visite aux agriculteurs du groupe SIM révèle un  foisonnement de  mauvaises herbes qu'il faut traiter sous huitaine, profitons de l'accalmie  pluviométrique de cette semaine.
> Salutations...
> Envoyé par abdelkrim behlouli à AGRICULTURE ALGERIE le 15 janvier 2018
> à  12:49

 

 

RECUPERATION D'EAU DE PLUIE

CHARRUES PMAT, UNE ERREUR STRATEGIQUE

Fin novembre le groupe PMAT a organisé une demonstration de charrues et autres outils aratoires. On voyait des tracteurs peinant à tirer des charuues de différentes dimensions. Les moteurs des tracteurs tournaient à plein régime engloutissant des litres de carburants. On se serait cru aux USA ou en Europe. Ce spectacle était grotesque. Ce n'est pas ce modèle qu'il faut pour la céréaliculture DZ. En zone de déficit hydrique, avec les faibles rendements qui caractérisent nos exploitations, sans irrigation, il nous aller vers plus de sobriété énéergétique et mécanique. Ce modèle occidental n'est pas pour nous. Il a fait faillite aux USA, Brésil, Argentine et Australie.


Le progrès en la matière s'appelle non-labour et semis direct. On peut se demander dans quelles conditions une entreprise publique a pu développer une telle stratégie.
Nous conseillons aux agriculteurs de ne pas acheter de charrues, mais de se tourner vers les semoirs pour semis direct.

Les semoirs conventionnels à double spire (Sola, Agrisem, Agric, ...) peuvent être utilisés comme semoirs pour semis direct dans les cas de sols humides et ressuyés ou de sols meubles.

Seule cette prtique permet de réduire les coûts de mécanisation et de sortir des marges intéressantes en céréaliculture. Le labour appauvrit les sols et mène à un échec. Céréaliers, détournez vous du labour, détournez vous des charrues PMAT ou de tout autre constructeur. Suite (voir le fichier pdf ci-dessous).
Djamel BELAID. 18.1.2018

PMAT, L'ERREUR SUR LES CHARRUES
Un avis sur une erreur stratégique qui nous coûter cher...
aaaaaaaaProvisoire.pdf
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Fiche technique Betterave à sucre.
Le groupe Mazouz a récemment affirmé sa volonté de relancer la culture de la betterave à sucre en Algérie. A cette occasion, nous proposons des éléments techniques sur cette culture.
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SURCAPACITES DES MINOTERIES, FAIRE D'UN INCONVENIENT UN ATOUT

Djamel BELAID 12.01.2018

Récemment, lors de sa visite à la foire de la production nationale, chacun se souvient que Mr le premier Ministre a fiérement annoncé la réduction du nombre d'entreprises de montage de véhicules. S'adressant au vice-président du FCE, il avait dit, « dites le à vos amis, même si cela ne leur fera pas plaisir, que nous allons ramener le nombre d'entreprises de montage à 5 ». A cette occasion, Mr Ouyahia avait ajouté : « nous n'allons pas refaire l'épisode des minoteries ». Comme chacun le sait, les capacités installées dépassent les besoin du marché locale. On a là, le même scénario qu'avec les laiteries. Peut-on faire de ces surcapacités un atout pour produire plus de céréales ?

 

MINOTERIES, UNE SITUATION PARADOXALE

Ces dernières années, en Algérie, les minoteries ont poussé comme des champignons. Parmis les dernières en date figurent celles de la wilaya d'El Bayadh. Se dressant dans la zone industrielle, pas moins de 5 minoteries ont été construites à partir de matériel étranger. Certes, le déficit en farine de la wilaya n'est maintenant plus qu'un lointain pasdsé, mais les quota de blé importé alloués à ces unités industrielles ne leur permet de travailler que quelques semaines par mois.

 

Or, contrairement aux laiteries privées qui connaissent également des surcapacités, les minoteries ne peuvent tenter de séduire les agriculteurs afin qu'ils leur vende leurs grains. En effet, le monopole du blé tendre et du blé dur est détenu par l'Etat à travers son bras armé : l'OAIC.

 

L'OAIC, « RAB AL MAQLA »

En Algérie, ce sont les pouvoirs publics qui détiennent le monopole du commerce du blé. Et cela est une chose heureuse. Cela empêche tout risque de spéculation sur l'aliment de base des Algériens : le pain.

Actuellement, quelque soit le niveau des cours mondiaux du blé, l'OAIC achète aux agriculteurs leurs récolte au prix garanti de 4500 DA le quintal de blé dur et de 3500 DA le quintal de blé tendre. Inutile de dire qu'il s'agit là d'une saignée pour les finances publiques. D'autant plus que le quintal de blé est revendu à moins de 2000 DA aux minoteries. Cela, quelque soit la région du pays et notamment Tamanrasset.

Cependant, cette situation a l'avantage de pousser les agriculteurs locaux à accorder plus d'intérêt à la culture des céréales. Autrement, on peut penser, que ceux qui disposent de l'irrigation produiraient de la pastèque tandis que ceux sans irrigation loueraient leurs terres aux éleveurs de moutons. C'est ce dilemne qu'avait tenté de résoudre dans les années 70 le président Houari Boumèdiene en lançant la nationalisation des terres des propriétaires absentéistes.

On peut se demander qu'elle chance de survie aurait ce schéma si l'Algérie était obligé d'adhérer à l'OMC. Dans le cas du Maroc, cette adhésion a mis fin à l'office Chérifien des Céréales et mis les céréaliculteurs dans le plus grand dénument au profit des importateurs de céréales.

 

LAITERIES, RUEE VERS L'OR BLANC

Dans le cas du lait, la situation est tout autre. Si les prix sont soutenus par la puissance publique, les laiteries privées ont tout loisir d'acheter directement à l'agriculteur les litres de lait. Le métier est si rentable que les laiteries privées se livrent à une concurrence féroce. Les apétits sont si grands qu'ils attirent même des firmes étrangères. Ainsi la société française Danone a racheté la laiterie Djurdjura pour donner l'ensemble Danone-Djurdjura.

Il semble cependant que ce soit là le passage obligé afin d'augmenter la production nationale de lait et réduire l'hémorragie de devises que constituent les importations de poudre de lait.

Notons, qu'il est regrettable que les hauts cadres du secteur agricole n'aient pas su ou pas voulu accompagner un processus vers la constitution de G.I.E privés ou de coopératives proivées laitières afin que la valeur-ajoutée que constitue la fabrication de fromages et produits dérivés reviene aux éleveurs. A notre connaissance, à par la coopérative Anfel de Sétif, les éleveurs laitiers se font « tondre la laine » par les laiteries.

 

Certes, tout est fait pour « faire passer la pilule ». Les laiteries mettent en branle tout un package technologique et financier afin de s'attirer les bonnes graces des éleveurs laitiers. Cela va des avances sur fonds, à la fourniture de génisses, d'aliments du bétail, de soins vétérinaires ou d'accompagnement dans le maquis administratif.

Force est de reconnaître une réelle augmentation de la production locale de lait même si un des principaux goulot d'étranglement réside dans l'autonomie fourragère des exploitations.

 

MINOTIERS, FAIRE COMME LES LAITERIES?

Alors que des minoteries privées tournent à moins de 30% de leurs capacités, est-il possible d'orienter leurs propriétaires vers un soutien à la production locale de céréales afin d'améliorer l'approvisionnement de leur outil?

Précisons tout d'abord que si nous voulons encourager les céréaliculteurs à produire des céréales dans un milieu hostile tel que l'étage climatique semi-aride, il s'agit de leur assurer un revenu décent. L'Etat ne pourra pas éternellement subventionner ce type de céréaliculture. La seule solution est que ces céréaliculteurs créent de la valeur ajoutée en transformant leurs maigres céréales en semoule et couscous ou pâtes à travers la création d'unités industrielles coopératives ou sous statut de G.I.E.

Si on considère l'actuelle surcapacité des minoterie, une des solutions serait de pousser celles-ci à soutenir l'effort de production des producteurs locaux. Cela pourrait se faire en adoptant le schéma des laiteries et notamment l'appui technique de terrain.

 

ORIENTER LES MINOTERIES VERS LES CONCESSIONS AGRICOLES

Parallélement, l'attribution de concessions agricoles aux minoteries peut permettre de produire eux même une partie de leur approvisionnement. La société S.I.M semble s'acheminer dans cette voie. Mais elle peut avoir l'avantage de faire toucher du doigt les techniques de production agricole aux propriétaires de minoteries. Ces derniers sont souvent des urbains n'ayant que peu d'attache avec le milieu agricole de la céréaliculture. Faire investir ces propriétaires dans l'acte de production des céréales ne comblera pas totalement leur déficit en matières premières, mais il peut les sensibiliser aux techniques modernes du dry-farming (voir nos articles sur ce qui se fait avec le GRDC.au en Australie). Ainsi sensibilisés, ces minotiers pourraient être à mieux d'encadrer les céréaliculteurs locaux.

A ce propos, il faut noter l'excellent travail réalisé par le groupe Benamor en matière d'encadrement technique des producteurs de blé dur de la région de Guelma. Cette expérience qui commence à faire tache d'huile mériterait d'être largement recommandée aux autres régions du pays.

 

En plus des silos des CCLS, les récoltes de céréales des régions concernées pourraient être acheminées directement vers les silos des minoteries sous réserve de la présence d'agents des CCLS pour contrôler les opérations de réception.

 

BAISSER LE COUT DE PRODUCTION DU QUINTAL DE BLE LOCAL

Pour produire des céréales, des légumes secs et des fourrages en milieu semi-aride, l'irrigation constitue un atout indéniable. Mais, les disponibilités en eau ne sont pas illimitées. Par ailleurs, en cas de sécheresse, l'approvisionnement en eau des villes est prioritaire par rapport au secteur agriole et industriel (en témoigne l'arrêt du complexe sidérurgique d'El Hadjar à l'été 2017).

Les minoteries doivent donc s'appuyer et diffuser les techniques modernes permettant de produire en sec. La principale concerne l'abandon du labour et l'adoption du semis-direct (voir nos articles ur le sujet). Seule cette technique est à même de réduire les coûts de mécanisation et de valoriser l'humidité du sol. En l'absence d'une disponibilité actuelle de semoirs pour semis direct, les minoteries pourraient participer à une meilleure disponibilité de ces engins. Il s'agit d'une priorité nationale très sous-estimée par le MADR.

Dans un premier temps, il s'agit le plus souvent de modifier les semoirs existant. En sol meuble, des semoirs à dents en forme de double spire peuvent permettre de se passer de labour. Parfois, il est nécessaire de renforcer leur armature. Dans un deuxième temps, il s'agit de modifier leur trémie afin de distribuer de l'engrais en même temps que les semences. Pour cela, il suffit de disposer de capacités de découpe de l'acier et de moyens de soudure. On peut penser que les ateliers de maintenance de minoteries disposent de tels outils ou ont les relations afin de créer des partenariats.

Les responsables locaux de l'agriculture (DSA, Chambre d'agriculture, agents de terrains), les walis et autres responsables locaux (chefs de daïras, président d'APC et membres d'APW) mais également les élites rurales de ces régions pourraient orienter ces investisseurs vers ce type d'approche.

 

MINOTIERS, MISER SUR L'ORGE ?

Afin de prolonger la période d'utilisation de leurs moulins, les minoteries ont la possibilité de se tourner vers l'orge. Sur ce créneau, ils ont plus de latitude que sur le blé tendre et dur dont le monopole d'Etat est absolu.

Il devrait leur être possible de fabriquer de la semoule d'orge. Cette semoule pourrait être utilisée en mélange avec la semoule de blé dur ou la farine de blé tendre. L'objectif serait de produire des mélanges riches en fibres (betaglucanes). Les produits issus de ce type de mélanges (pains, pâtes, couscous) présentent des qualités dans la lutte contre les maladies métaboliques (diabètes, cholestérol). Cependant, il s'agit de tenir compte de la forte demande en orge liée à l'élevage.

L'avantage également de proposer aux consommateurs de la semoule d'orge est de valoriser une céréale mieux adaptée aux conditions semi-aride du pays. A noter de l'intérêt diététique de la farine de pois-chiche pour sa richesse en acides aminés. Dans le cas de l'avoine, des transformations relativement simples permettent de produire des flocons d'avoines entrant dans la composition des « corn-flakes » de plus en plus prisées par les jeunes générations.

 

MINOTERIES, CAP VERS L'AVENIR

Le développement de surcapacités au niveau des minoteries pose donc la question d'un approvisionnement régulier en matières premières.

Deux scénarios s'offrent aux propriétaires de ces unités : moudre des grains provenant de l'importation ou moudre des grains produits localement.

Moudre plus de grains provenant de l'étranger correspondrait à une plus grande ouverture du marché local aux importations suite à une réduction des subventions publiques à la production nationale. Cela est envisageable dans le cas de l'adhésion de l'Algérie à l'OMC. C'est ce qu'a connu le Maroc.

L'autre scénario correpondrait en la participation des minoteries dans l'effort de production nationale. Il s'agirait de reproduire ce qui se fait actuellement avec les laiteries. Dans ce cas là, sans remettre en cause le monopole d'Etat sur le commerce du blé, il s'agirait de rechercher les modalités afin que les agriculteurs puissent choisir les silos vers qui livrer leurs grains. Outre un prix plancher fixé par l'OAIC, les minoteries pourraient avoir toute la latitude de proposer différents avantages aux agriculteurs leur livrant leur récolte : avances financières, aide à l'équipement en matériel d'irrigation, appui technique, location de matériel (labour, semis, récolte), vente d'intrants (semences sélectionnées, engrais, produits phytosanitaires) et vulgarisation-formation.

Malgré tout le dévouement du personnel des CCLS, l'analyse montre qu'à l'étranger, ce ne sont pas des organisme publics mais coopératif qui ont permis le développement agricole. A l'étranger que ce soit en France, en Hollande ou en Nouvelle-Zélande ce sont les agents technico-commerciaux des coopératives qui suivent les adhérents pour leur fournir une assistance technique. Ces agents sont rémunérés sur le pourcentage de leurs ventes. Si cela peut pousser à quelques excès, cela garantit une élévation régulière du niveau technique des gariculteurs.

En attendant le développement de coopératives céréalières libres (les CCLS ne sont pas de véritables coopératives), pourquoi ne pas impliquer les minoteries dans cet effort d'appui-technique de terrain qui réussit si bien avec les laiteries ?

 

MINOTERIES, MISER SUR LA QUALITE

Un autre axe de travail possible des minoteries est de développer un approvisionnement local avec les agriculteurs de leur région afin de disposer de blés aux qualités requises pour la transformation (variétés panifiables, variétés bonne semoulière aux qualités pastières). En effet, dans la mesure où les producteurs locaux sont incités à produire du blé dur et où les prix de ce type de blé à l'importation sont à la hausse, l'OAIC a tout intérêt à réduire ses importations.

Sur le marché mondial le blé dur est une denrée assez rare. Pour le budget de l'Etat, importer du blé dur grève les possibilités d'importations de blé tendre. Il est possible qu'à terme les pouvoirs publics cessent toute importation de ce type de blé. Si le défi de relever la production locale n'était pas atteint dans les années à venir c'est l'existance même de la filière blé dur qui serait en jeu. Ce serait le comble dans un pays dont le plat nationale est le couscous. Devrions nous alors tous passer à la baguette parisienne ?

 

Or, si les producteurs locaux livrent de plus en plus de blé dur – l'irrigation continue ou d'appoint permet de nettes augmentations de rendement – il sont encore loin de livrer des blés durs aux qualités requises pour produire semoule et pâtes alimentaires de qualité. Déjà, le groupe Benamor a eut à faire face à ce problème. C'est ce qui a poussé le groupe à travailler avec les céréaliers de sa région. Des visites des minoteries ont même été organisées afin de montrer aux producteurs qu'ils ne pouvaient continuer à livrer des grains auxquels étaient mélés des (impuretés : graines de mauvaises herbes, brins de paille, gravillons, …) car cela risquait d'endommager les meules des moulins.

 

Et quand ce ne sont pas des impuretés, cela peut être le mitadinage. Comme les dattes deglet nour, un grain de blé dur doit avoir une belle structure laissant passer la lumière. Or, tout manque d'azote provoque un grain opaque. Résultat, le grain de blé dur donne de la farine au lieu de la semoukle attendue. C'est ce que redoute le plus les minoteries.

 

Il apparaît que pour produire de la semoule de bonne qualité, le suivi d'un itinéraire précis est nécessaire. Or, a quoi cela set-il de faire plus d'effort au champs si dans les silos des CCLS, les blés durs de qualité sont mélangés au « tout venant » ?

En matière de qualité, le maître mot est la traçabilité des lots de blé. Toute activité de transformation nécessite de disposer de blés aux normes. Aussi, c'est à l'organismle stockeur de réaliser une politique d'allotement adaptée. Cela suppose une volonté bien affichée mais également de disposer du nombre de cellules suffisant et d'outils d'analyse rapide dès réception de la récolte. Un peu comme les analyses de lait qui se font à même la citerne de l'éleveur avant que son lait ne se déverse dans les cuves de la laiterie.

 

On peut penser que, contrairement aux CCLS qui ne sont pas impliquées dans l'acte de transformation des grains, les minoteries sont plus réceptives à ces impératifs de qualité. Pourquoi donc pour les minoteries, ne pas plaider auprès des pouvoirs publics, la possibilité, sans remettre en cause le monopole d'Etat sur le commerce du blé, de pouvoir directement récptionner les récoltes de céréaliers avec qui elles seraient en contrat afin de produire des blés tendres ou des blés durs de qualité destinés respectivement à la biscuiterie, au pain congelé ou aux pâtes alimentaires (dans ce cas, il s'agit de produire une semoule de couleur jaune). Les minoteries pourraient ainsi définir une grille spéciale d'agréage (celle-ci n'a pas été revue depuis 1988.

Les minoteries pourraient même encourager le stockage à la ferme. Cela permettrait un meilleur contrôle qualité, une meilleure régularité des flux aux portes des minoteries mais peut ouvrir la porte aux fraudes (faire passer du blé étranger pour du blé local et ainsi bénéficier illégalement de subventions).

 

 

NOUVEAUX EQUIPEMENTS DES CCLS, DES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT

Djamel BELAID 12.01.2018

 

Les CCLS, antennes régionales de l'OAIC, ont récemment renforcé leurs capacités de production de semences certifiées. Cela, pour le plus grand bénéfice des exploitations céréalières du Nord mais également du Sud du pays. Au delà des capacités technologiques nouvellement installées se pose la question de la rentabilité de cette activité alors que le prix des semences cédées aux agriculteurs est gelé depuis plusieurs années.

 

En 2017, plusieurs CCLS ont reçu les équipements de traitement de semences achetés à l'entreprise turque AKYUREK. C'est le cas des CCLS de Khemis-Milliana mais également d'Adrar. Cet équipement modernes permettent de trier les grains de céréales en les débarassant de diverses impuretés : graines de mauvaises herbes, grains cassés, débris de paille. Un système d'injecteurs permet également d'appliquer aux semences diverses insecticides ou fongicides. Ces équipements viennent s'ajouter au matériel déjà sur place ce qui permet d'augmenter nettement les capacités des CCLS et de répondre à la forte demande des agriculteurs.

 

CCLS, UN CAP TECHNOLOGIQUE FRANCHI

Un plus grand nombre de CCLS peuvent donc proposer aux agriculeurs des semences certifiées. Ce type de semences, débarassées de graines de mauvaises herbes ont donc la capacité de produire plus de rendement.

Jusque là les CCLS possédaient des équipements de faibles capacités et n'arrivaient pas à faire face à la demande. Il est à espérer que le matériel nouvellement acquis ainsi que des horaires du type « trois fois huit » permettent d'en finir avec le déficit en semences certifiées.

Avec l'acquisition de ce type de matériel, c'est un véritable cap technologique et organisationnel qui est franchi par les CCLS. Dans plusieurs cas, à l'occasion de la réception de ces équipements, des techniciens et ingénieurs sortis de nos universités ont été recrutés afin d'assurer la qualité de la production ainsi que la maintenance des équipements.

On ne peut qu'espérer ainsi que les meilleurs techniques soient employées en matière de tri, traitement et entreposage (un excès de chaleur sous hangar réduit considérablement la faculté germinative des semences).

 

MOBILISER LES CAPACITES NATIONALES

La production de ce type de semences est saisonnier. Entre le mois de juin et de novembre, il s'agit de récolter, trier et traiter les récoltes de céréales dédiées à la production de semences. C'est dire le défi que relèvent les CCLS. Ces dépôts régionaux de l'OAIC sont épaulés par les stations régionales de l'ITGC qui contribuent à la bonne marche d'un réseau national de multiplicateurs publics et privés de semences.

A ce propos, une voie complémentaire est possible : aider des agriculteurs et des jeunes de l'ANSEJ à s'équiper en petits trieurs de semences afin de proposer leurs services localement. De tels équipements de petite taille pourraient être importer puis fabriquer localement. Dans le cas du traitement insecticide et fongicide de petits lots de semences la construction locale de mécanismes avec vis sans fin et injecteurs incorporés est dans les capacités des ateliers métallurgiques locales.

 

AMELIORER LA QUALITE DES SEMENCES DE FERME

Traditionnellement, les agriculteurs resèment une partie de leur récolte de grains. Malgré l'augmentation des capacités des CCLS, il est à craindre qu'il restera encore des agriculeurs qui resèment leurs propres graines. Les causes peuvent être nombreuses : indisponibilité des semences des CCLS, retard de livraison, éloignement, coûts prohibitifs du transport, volonté de resemer des variétés locales délaissées par les CCLS.

Il est donc souhaitable de mettre sur pied un réseau complémentaire privé de production de semences de ferme. Outre le manque actuel de petit matériel, une telle démarche se heurte au risque de diminution de la qualité variétale des lots cultivés. En effet, contrairement aux parcelles officielles de production de semences, en semences de ferme, il n'y a aucune épuration au champs et aucun contrôle des organismes officiels. Cependant, au vu des enjeux, rien n'empêche agriculteurs et techniciens à améliorer localement le process de production de semences de céréales ou de légumes secs. En France, les agriculeurs engagés dans une telle démarche renouvellent chaque année seulement un quart de leurs besoins de semences en achetant des semences certifiées. Le reste provient de semences de ferme produites par des prestataires extérieurs disposant d'un matériel mobile mis sur camion.

 

CCLS, QUELLE RENTABILITE ?

Pour les CCLS, l'acquisition d'équipements modernes et le recrutement d'un personnel qualifié se traduit par de nouvelles charges. Certes, les semences certifiées sont rétrocédées à un prix supérieur au quintal de grains achetés aux agriculteurs. Cependant, ces prix sont gelés depuis plusieurs années. Dans un contexte de baisse des ressources publiques, on peut donc se demander quelle est la durabilité d'un tel système.

Plusieurs solutions s'offrent aux CCLS. Il est ainsi possible d'augmenter les capacités de production par un temps plus long d'utilisation des équipements (système des trois fois huit). Une autre voie serait d'utiliser ce matériel tout au long de l'année. Comment, sachant que la production de semences est saisonnière ? Les CCLS pourraient s'orienter vers l'utilisation du matériel acquis afin de trier les grains réceptionnés. En effet, à la réception des récoltes livrées par les agriculteurs, les lots de grains sont mélés à de nombreuses impuretés. Une fois triés selon les normes en vigeur, les grains de céréales et de légumes secs pourraient être valorisés et non plus être rétrocédés à des moulins privés ou à des grossistes privés.

 

CCLS, DEGAGER PLUS DE VALEUR AJOUTEE

Les lentilles et pois-chiches pourraient être conditionnés en sac de 1 à 5 kilo pour être vendus par les CCLS. Une partie des céréales triées pourraient être vendues à un prix supérieur aux moulins privés. Il faut se rappeler que souvent les moulins privés locaux ont accusé la production nationale de céréales d'être de second choix du fait du grand nombre d'impuretés mélées aux grains. Mais la voir royale pourrait consister à moudre une partie de ces grains. A cette première transformation pourrait être adjointe une deuxième transformation : celle de la production de couscous (roulé main par la création d'ateliers ou à la machine). Pourquoi ne pas imaginer le rachat par des CCLS de moulins privés ou des partenariats. Les CCLS possèdent un atout majeur, ce sont elles qui détiennent les récoltes de céréales.

Ces propositions sont à considérer dans le contexte où nombre de CCLS ne survivent que grâce à des subventions publiques. Une éventuelle adhésion de l'Algérie à l'OMC pourrait porter le coup de grâce à ce type d'aide interdit par ces accords internationnaux. Aux cadres de terrains, aux employés et syndicalistes des CCLS de réfléchir aux meilleures formes pouvant permettre de créer plus de valeur ajoutée. Il en va de leur survie professionnelle. A ce titre, on aimerait voir plus souvent le SG de l'UGTA auprès des travailleurs, dont ceux des CCLS, au lieu d'être dans des salons avec le responsable du FCE.

 

 

PARCOURS SANS FAUTE DU DG DE L'OAIC

A travers le renforcement des capacités des CCLS en production de semences certifiées, le DG de l'OAIC, Mohamed BELABDI, montre tout l'apport de structures publiques au développement agricole. En effet, la semence certifiées constitue un bon moyen afin de faire rentrer le progrès dans les exploitations. A ce titre le DG de l'OAIC réalise un parcours sans faute. Il lui reste cependant à faire face aux cas de trafics de blé importé et revendus à des CCLS comme blé produit localement et donc fortement subventioné (voir la presse nationale). Des tectniques simples d'analyse permettent d'assurer la traçabilité des différents lots de céréales.

 

Cependant, dans le contexte actuel l'OAIC se doit de se projeter dans l'avenir. Face aux apétits privés, il se doit de poursuivre sa mission : permettre d'offrir un prix du pain unique en tout point du territoire national. Cela peut passer par mieux valoriser le grain (première et deuxième transformation) ou par se lancer dans l'innovation et la rénovation du matériel mécanique (voir nos articles sur la production locale de semoirs pour semis direct).

 

Mais cet effort de prospective passe également par accorder plus de liberté de décision et d'encouragement aux cadres et des différents personnels de base.

 

SETIF: FABRICATION DE MASH FERMIER

SMAIL CHIKHOUNE, UN IGNORANT EN AGRICULTURE

Quand ignorants et charlatans conseillent ministres et walis

 

D BELAID 9.12.2017

S'exprimant ces jours-ci sur la télévision Ennahar, Mr Smaïl CHIKHOUNE, président du Conseil d’Affaires algéro-américain a déclaré que les grands projets agricoles en Californie n'avaient jamais posés de problèmes. Il s''exprimait à propos du projet de Brizina (W d'El Bayadh).

 

Or, il est connu que la Californie manque d'eau. Et le grand coupable, après la ville de Las Végas, se nomme Imperial Valley. La revue Sciences et Avenir rappelle qu'il s'agit « d'une riche région agricole du sud de la Californie sur 191000 hectares en plein désert, alimentée en eau par les 132 km de l’All-American Canal qui détourne le Colorado depuis la frontière mexicaine ».

 

Faire de l'agriculture en zone sèche consomme énormément d'eau. L'Arabie saoudite l'a appris à ces dépends. Dans ce pays, la culture sous pivot en plein désert alimentée par l'eau des nappes phréatiques « ground-water economy » a été arrêtée sous ordre express du roi. Ce type d'agriculture a vidé les nappes du royaume. Situé dans un des déserts les plus arides du monde, l'absence de pluies ne permet par une réalimentation des nappes phréatiques. Les pivots ont donc été abandonnés et rouillent maintenant en plein désert.

 

L'EAU ALGERIENNE AUX ALGERIENS

En Algérie, tout projet agricole doit donc tenir compte du renouvellement des ressources hydrauliques. En matière de projets, il s'agit avant tout de tenir compte de la parole de nos experts en hydraulique. Nos ministres ne doit pas écouter des ignorants et des charlantans qui promettent monts et merveilles.

L'Algérie est un pays qui manque d'eau. Aussi parler d'exporter des produits agricoles, c'est également exporter l'eau qui a servi a faire pousser ces produits. Avons nous assez d'eau pour penser à nourrir les Européens ? L'eau algérienne doit servir avant tout aux Algériens. La crise de l'eau qu'ont connu cet été de grandes villes comme Sétif ou Annaba doit nous rappeler qu'en Algérie l'eau est une ressource rare.

 

POUR DES PROJETS AGRICOLES DURABLES

Il ne s'agit pas de mettre en garde contre ces méga-projets car ils sont américains. Nous leur reprochons de ne pas assez tenir compte de l'aspect renouvellement de l'eau. Puiser dans nos réserves d'eau souterraine nécessite de mettre en œuvre des ouvrages hydrauliques permettant l'infiltration des eaux de pluie. Les agriculteurs du sud algérien ou du sud tunisien possèdent une large expérience en matière de mobilisation des eaux de surface. Le plus souvent, il s'agit de petits ouvrages de pierres. Il nous faut vulgariser et amplifier ce genre d'ouvrages. Le Haut Commissariat au Développement de la Steppe a commencé à édifier, avec succès, dans des oueds des ouvrages d'épandage de crues.

Par ailleurs, nous faut-il vouloir suivre aveuglément le modèle de consommation français qui privilégie les produits laitiers et le fromage ? Il est étonnant d'entendre l'un des responsables français de Danone-Djurdjura souhaiter amener la consommation locale en yaourts au niveau de celui qui se fait en France. Rappelons que légumes secs et champignons constituent une source de protéines au même titre que les protéines animales. Or, si pour produire un kilo de viande de bœuf, il faut 15 000 litres d'eau, il n'en faut que 50 pour produire 1 kg de lentilles et seulement 15 pour produire 1 kg de champignons.

 

On peut s'étonner que par exemple un producteur de pastèques (produit très peu nourrissant) bénéficient des mêmes subventions en matière d'hydraulique et de prêts agricoles qu'un producteur de céréales.

 

POUVOIRS PUBLICS, LE TEMPS DU COURAGE

Face aux défis que posent l'alimentation de 40 millions d'Algériens, il est temps que les pouvoirs publics élaborent une stratégie de développement agricole durable. Cela nécessite de tenir compte de différents domaines d'expertise et non pas d' ignorants et de charlatans appâtés par le gain facile et rapide.

Aux agriculteurs et consommateurs également de prendre conscience de ces défis et de peser sur la destinée du pays par des choix rationnels. Il en va de l'avenir du pays. Rappelons que le Vénézuélien moyen a perdu 8,5 kg en 2016 en raison de la crise alimentaire que connaît ce pays pétrolier.

 

 

PRIX DE LA BAGUETTE DE PAIN

Ou comment augmenter la production locale de céréales ?

Djamel BELAID 03.12.2017

 

A nouveau le pain revient au devant de la scène. Des boulangers ayant décidé de fixer à 150 DA le prix de la baguette de pain. Il s'agit là d'une grave décision qui, si elle se généralisait pourrait provoquer une grave crise sociale. Que peuvent faire les pouvoirs publics ? Il s'agit d'améliorer la marge des boulangers.

 

UNE SOLUTION A L'EGYPTIENNE

De nombreuses fois la question du soutien des prix des produits alimentaires a été posée. Dans sa forme actuelle, ce soutien concerne tout type de revenu. Le système actuel encourage également la contrebande. A tel point que, selon l'hebdomadaire Jeune-Afrique, des minoteries maliennes tournent avec du blé venant d'Algérie.

La solution pourrait être égyptienne. En effet, les autorités ont instauré une carte à puces pour les seules familles à faible revenu. Cette carte leur donne droit à un nombre précis de pain à prix réduit. Les boulangers ont été équipés de lecteurs de cartes à puces. En contre-partie, ils ont pu augmenter le prix du pain. Tout le monde y trouve son compte.

 

LES EFFORTS DE L'OAIC

En fait, la question du pain est également liée à l'augmentation de la production nationale de céréales. En la matière, à travers l'OAIC, les pouvoirs développent de gros efforts. Depuis peu, au niveau des CCLS dépendant de cet office, sont entrées en fonction des unités de traitement des semences de céréales. Du matériel turc ultra-moderne est entré en fonction. Ce matériel permet de trier et traiter les semences de céréales. Les agriculteurs peuvent ainsi semer des semences non contaminées par des graines de mauvaises herbes ou des maladies fongiques.


Auparavant ce sont les moissonneuses-batteuses de marque CMA-SAMPO et des semoirs conventionnels CMA-SOLA qui sont venues renforcer le parc des CCLS. A cela, il faut ajouter les facilités accordées aux investisseurs souhaitant irriguer leurs céréales.

 

UNE SOLUTION SYRIENNE

Avec toutes les mesures déployées par l'OAIC et les différents organismes liés à la filière céréales, comment expliquer que la production locale n'augmente pas plus vite et qu'elle joue au yoyo ? En fait, pour cultiver de façon rentable des céréales en milieu sec, il faut les semer à temps, préserver l'humidité du sol et lutter contre la terrible concurrence des mauvaises herbes. A cela, ajoutant les risques de divers insectes et maladies telle la rouille qui peut réduire de moité les rendements.

Pour arriver à cet objectif, la solution consiste à ne plus labourer le sol et à semer directement tout en épandant les engrais au plus près des graines. Cette technique dite du « semis-direct » nécessite des semoirs spécifiques que nous ne produisons pas encore. Or, ils sont pratiquement indisponibles.

En Syrie, avant les événements actuels, des experts australiens ont opéré un transfert de technologie. Il a aboutit à la mise en place de 7 ateliers de construction de semoirs low-cost pour semis direct. Résultats : entre 2005 et 2011, ce sont 92 semoirs qui ont été produits. En matière de constructions mécaniques, l'Algérie dispose de capacités bien supérieures à celles de la Syrie. Cependant, la nécessité de la production massive de ce type de matériel n'est pas compris à sa juste valeur par les pouvoirs publics.

 

UNE SOLUTION A L'ALGERIENNE

Il est urgent de fabriquer localement ce type de semoir. Il permet de semer 6 fois plus vite tout en préservant l'humidité du sol. Une telle production permettrait de compléter les efforts récemment réalisées : plus grande disponibilité en semences certifiées, variétés performantes et engrais, massification de la production de tracteurs (Cirta, Massey-Fergusson, Sonalika, …) et meilleure disponibilité en moissonneuses-batteuses.

Mais faut-il tout attendre des pouvoirs publics ? C'est aux agriculteurs et investisseurs les plus dynamiques de se saisir de ce dossier et de fabriquer de tels engins. Leur conception est relativement simple (voir nos brochures). Il est par ailleurs possible de transformer d'anciens semoirs en semoirs pour semis direct.
Enfin, une telle stratégie doit s'accompagner d'une maîtrise du désherbage. En plus du désherbage chimique, le désherbage mécanique constitue une option intéressante. Il est possible de désherber des parcelles de céréales avec des houes rotatives. De nombreux constructeurs français et allemands proposent des herses étrilles et houes rotatives. Leur construction est simple; d'ingénieux artisans russes mettent en ligne leurs réalisations sur youtube.

 

Il s'agit donc aujourd'hui urgent de cerner les priorités. Après les semences, les tracteurs, les moissonneuses-batteuses, il est temps de penser à produire des semoirs pour semis direct.

ALORS QUE TSA PARLE DE "L'INCROYABLE DEBAT ENTRE MACRON ET DES ETUDIANTS AFRICAINS" UN PETIT RAPPEL DES DEBATS ENTRE HOUARI BOUMEDIENNE ET LES ETUDIANTS ALGERIENS.

SI MOHAMED ALIOUI, « EVITER L'IMPORTATION DE 70% A 80% DE CEREALES »

26.11.2017

Selon un média en ligne, « Si ces terres sont allouées aux cultures céréalières et à l’élevage, l’Algérie pourrait éviter l’importation d’au moins 70% à 80% de lait et de céréales d’ici trois ans », aurait affirmé Mohamed Alioui, secrétaire général de l’Union nationale des agriculteurs sur les ondes de la Radio nationale, ce dimanche 26 novembre.

 

Il est en effet possible de progresser. Parmi les points techniques, nous proposons de développer le semis direct sans labour. En attendant la production du semoir BOUDOUR pour semis direct envisagé par CMA-SOLA (Sidi Bel-Abbès), nous suggérons l'utilisation du semoir conventionnel CMA-SOLA pour des semis direct. Sur sol meuble sans cailloux, ce semoir possédant des dents à double spire permet de semer sans labour. Cette technique permet de gagner du temps et de réduire les coûts de mécanisation.
Il serait intéressant que le SG de l'UNPA contribue à vulgariser cette technique.

 

LAITERIE SOUMMAM: INAUGURATION DE 3 NOUVELLES FERMES D'ELEVAGE DE VACHES LAITIERES.

22.11.2017

Selon le site en ligne « Algérie Patriotique » du 26 novembre 2017, le gérant de la Sarl Laiterie Soummam Hamitouche Lounis a inauguré trois nouvelles fermes d'élevage de vaches laitières.

 

On ne peut que se féliciter de ce programme. Quelques remarques:

1-Chaque agro-industriel du blé, du sucre ou de l'huile devrait avoir obligation d'investir dans la production de matière première locale. Il est par exemple inconcevable que CEVITAL ne développe pas la production locale de graines oléagineuses ou de betterave à sucre ou de sucre de dattes.

2-Transformer le lait est très rentable. Les éleveurs ont intérêt à se constituer en G.I.E et créer leur propre structure de transformation du lait. La valeur ajoutée ainsi créée ira dans leur poche.

3-On peut féliciter la mise en oeuvre de techniques modernes telle l'enrubannage des fourrages. En la matière beaucoup reste à faire.

Exemple1: en sol meuble, utiliser les semoirs CMA-SOLA pour semer plus d'orge et des fourrages sans labourer (voir notre brochure sur ce sujet).

Exemple 2: compléter les ration d'orge des animaux par de l'azote non protéique (urée 46% utilisé comme engrais en agriculture) dans les proportions de 20 gr d'urée pour 500 gr d'orge ou de maïs grain. On peut également mettre de l'urée dans l'ensilage de maïs.

Djamel BELAID. Ingénieur agronome.

Utiliser le semoir SOLA en semis direct.
Nous vous proposons de faire du semis direct avec le semoir CMA-SOLA construit en Algérie et donc largement disponible.
BrochureSolaEnSD.pdf
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SEMOIR SOLA UTILISE EN SEMIS DIRECT

20.11.2017

Regardez bien cette vidéo. Elle est extraordinaire. Un agriculteur espagnol utilise son semoir SOLA conventionnel pour un semis direct sans labour. Ce semoir ressemble aux semoirs CMA-SOLA produit à Sidi Bel-Abbès. Nous vous recommandons de faire comme cet agriculteur espagnol. La méthode du semis direct présent plusieurs avantages : consommer moins de carburant, réaliser vos semis sans retard, emblaver plus de surface (résorption de la jachère) et faire de l'entreprise agricole (semer chez vos voisins).

 

Modifications réalisées par l'agriculteur: il a enlevé 4 dents "double spirale" sur les 17 de son semoir.

 

Nos conseils : selon le type de sol (argileux ou non) et l'humidité du sol, adaptez la vitesse de votre tracteur.

 

DES AMELIORATIONS POSSIBLES

Vous pouvez améliorer le semoir CMA-SOLA en enlevant la herse de recouvrement du semoir et en installant des roues plombeuses derrière chaque dent. Installer une autre trémie permet de localiser les engrais près des semences. Les roues plombeuses aident à rappuyer le sol au dessus de la semence. Ils aident aussi à former des sillons (aspect de "tôle ondulée" derrière le semoir). Ces sillons concentrent l'eau des pluies et la dirigent vers la graine (voir nos brochures sur ce sujet). Résultat: une meilleure germination-levée.

 

Céréaliers, cadres des fermes pilotes, de CCLS ou du HCDS, semez en utilisant cette technique australienne du sillon. Testez là sur une parcelle dès cette année. Vous épargnerez à vos céréales, fourrages ou légumes secs les effets d'éventuelles périodes de sec à l'automne et vous gagnerez plus!

 

Sous pivot, en culture de céréales sur sol sableux, cette façon de procéder est particulièrement conseillée.

 

CONSULTEZ NOS BROCHURES SUR CE SUJET

A notre avis, en Algérie, l'adaptation de semoirs conventionnels au semis direct est une des questions fondamentales de la céréaliculture. Sur ce site, nous y consacrons de multiples brochures en ligne. N'hésitez pas à les consulter. D'autres sont en cours d'élaboration. N'hésitez pas à nous faire part de votre expérience.

Proposez à des étudiants de faire leur mémoire de fin d'études sur cette utilisation originale du semoir CMA-SOLA.

 

 

 

TECHNIQUE DE SEMIS DES CEREALES EN SEC

20.11.2017

Céréaliers, sécurisez vos semis. Semez en créant des sillons derrière chaque dent de votre semoir et installez des roues plombeuses pour consolider ces sillons. Les sillons ainsi formés collecteront l'eau des pluies et la méneront vers les semences. Voir nontre brochure sur ce sujet.

 

 

AGRICULTURE, VERS L'AUGMENTATION DES CARBURANTS ?

17.11.2017

Sous le titre « AUGMENTATION DES CARBURANTS DÈS 2018 Les agriculteurs pourraient être épargnés » Nadia BENAKLI relate ce Jeudi 16 Novembre 2017 dans l'expression que l''agriculture pourrait être à l'abri de la hausse des carburants. En effet « Les travaux de la commission parlementaire des finances qui s'est réunie, hier, pour examiner les amendements proposés par les partis au projet de loi de finances 2018 ont été marqués par une ambiance électrique. »

Elle écrit que « Pour ne pas pénaliser les agriculteurs qui se plaignent des charges lourdes, le ministre des Finances, en collaboration avec les membres de la commission parlementaire des finances, examine des moyens pour leur épargner cette nouvelle hausse. »

 

Il existe des solutions afin de réduire l'utilisation des carburants en agriculture.

 

PRIVILEGIER LE NON-LABOUR

Depuis plusieurs années est apparue en Algérie la technique du non-labour avec semis direct. Cette technique concerne les céréales, fourrages et légumes secs. Elle consiste à ne travailler le sol qu'à l'endroit où est déposée la semence. En un seul passage de tracteur, l'agriculteur travaille le sol, sème et apporte l'engrais. Les besoins en carburants sont ainsi nettement réduits. Mais cette technique nécessite des semoirs spéciaux que notre industrie commence à peine à fabriquer. Il faut développer la production de ces nouvelles machines. On peut également transformer les anciens semoirs en semoirs pour semis direct.

 

DEVELOPPER LE POMPAGE SOLAIRE

L'autre poste gros consommateur de carburant concerne le pompage. Les carburants fossiles peuvent être remplacés par l'énergie solaire. Des exemples d'installations existent déjà en Algérie. Il s'agirait de développer la disponibilité en ces équipements.

 

 

ELEVEURS SEMEZ DU COLZA POUR VOS MOUTONS !

12.11.2017

Nombreux sont les éleveurs qui se réjouissent du retour de la pluie. L'herbe et l'orge vont enfin pouvoir pousser . Souvent les éleveurs font pâturer l'orge en vert (el-g'sill) par leurs moutons et vaches. Le problème est que l'orge demande du temps pour pousser. En effet, avec le retour des pluies, il y a aussi le retour du froid.

 

Agriculteurs et éleveurs, nous vous conseillons de semer du colza. Ce fourrage pousse très vite. Il peut se semer à partir du mois d'août et pousse même par temps froid. Il ne s'arrête de pousser qu'à partir de 5°C. Où trouver des semences ? Ramenez en de France ! La station ITGC de Sétif a réaliser des essais. Peut-être disposent-ils d'un peu de semences.

 

Lors d'un récent déplacement en France, nous avons vu le 12 novembre des colzas de 30 cm de haut. C'est le fourrage qu'il nous faut. Le colza pousse très vite!

 

 

INVESTISSEURS, PENSEZ SEMIS DIRECT !

17.11.2017

Nous sommes souvent contacté par des investisseurs souhaitant se lancer dans l'agriculture et notamment les céréales et fourrages. Pour rentabiliser leur investissement de départ au plus vite nous leur conseillons de se tourner vers le semis direct (SD). Labour et recroisage au cover-crop sont une perte de temps et d'argent. En plus ces opérations assèchent le sol. Avec un semoir SD, vous pouvez semer et mettre de l'engrais en même temps à côté de la semence. Les Australiens en profitent aussi pour faire un désherbage de pré-émergence.

Le problème est que de nombreux conseillers agricoles ne connaissent pas cette technique. C'est dommage, car elle vous permet de récolter même en année sèche. Si vous ne trouvez pas de semoir pour SD, à vous de transformer un semoir classique en semoir SD avec l'aide d'un artisan soudeur. Autre avantage : le semis avec un semoir SD va très vite. Vous pouvez donc semer à temps vos céréales, fourrages puis faire de l'entreprise agricole en travaillant les terres de vos voisins.

RECUPERATION DES TERRES NON CULTIVEES

Le pari risqué du MADR.

Djamel BELAID 11.11.2017 actualisé 15.11.2017

 

"Toutes les terres non exploitées seront récupérées pour être attribuées à d’autres investisseurs sérieux", selon le ministre de l’agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazgui. On ne peut que souscrire à cette position courageuse rapportée par l'APS. Mais de combien de divisions dispose Mr le Ministre ?

 

L'ABSENTEISME, PLAIE DE L'AGRICULTURE ALGERIENNE

La question de l'absentéisme en agriculture est une question récurrente en Algérie. Déjà, feu le président Houari Boumédiène avait tenté de lutter contre ce fléau avec la redistribution des terres des absentéistes dans le cadre de la Révolution Agraire.

Les agro-économistes connaissent bien ce phénomène. Plus la surface d'une exploitation agricole augmente, moins les propriétaires terriens travaillent la terre. Cette situation a longtemps perduré dans bon nombre de pays. Cela a longtemps été le cas en Espagne par exemple. L'une des causes principales de cet état de fait réside dans le montant de l'investissement nécessaire chaque automne à l'implantation des céréales. Une autre est liée à la pratique de la jachère pâturée. Les terres non travaillées sont laissées aux ovins. Le revenu tiré de ce type d'élevage est souvent plus rémunérateur que les céréales.

 

UNE REVOLUTION APPARUE DANS LES ANNEES 70

De façon étonnante, l'absentéisme n'est plus le cas des grandes plaines américaines, canadiennes, argentines ou australiennes. Il faut dire que depuis les années 70 une révolution technique s'est faite jour : l'abandon du labour pour son remplacement par des techniques culturales simplifiées (TCS) ou par le semis direct (SD).

Les TCS consistent par exemple à travailler le sol à l'aide d'outils à dents (chisel). Quant au SD, il consiste à travailler superficiellement le sol seulement à l'endroit où sont déposés semence et engrais. En un seul passage de tracteur, l'exploitant installe sa culture. Les céréaliers ajoute même l'herbicide. Inutile de dire que le coût de l'implantation des cultures se trouve ainsi nettement réduit. On lira à ce propos l'excellente étude agro-économique relative au SD du Pr RACHID MRABET travaillant au Centre d'arido-culture de Settat (Maroc). Cette étude est en libre accès sur internet. Il apparaît qu'en SD, les capitaux à réunir à l'automne sont beaucoup plus réduit.

 

QUELLE MARGE DE MANOEUVRE POUR Mr BOUAZGUI ?

Jusqu'à présent la stratégie des pouvoirs publics a été de subventionner les céréaliers afin de les amener à emblaver le maximum de surfaces. Il n'est pas inutile de rappeler que lors des années 80, lorsque les pouvoirs publics avaient réduit les subventions au secteur céréalier, des agro-économistes avaient noté une baisse des emblavements. Ils avaient même parlé à cette occasion de « grèves des labours ». A contrario, lorsqu'en 2008 le prix à la production des céréales a été augmenté, les surfaces emblavées ont augmenté et cela jusque dans le Sud sous pivot.

Mr BOUAZGUI ne peut plus espérer utiliser ce levier. Les capacités budgétaires de l'Etat ne le permettent plus. Déjà, les subventions à l'achat de matériel agricole sont en baisse. Par ailleurs l'augmentation des prix des carburants va dramatiquement impacter le secteur agricole. Les petits céréaliers louant des tracteurs pour les labours vont devoir débourser plus. Par ailleurs, la spéculation sur les engrais et les produits phytosanitaires ne permet pas de protéger les marges des agriculteurs.

On le voit, les marges de manœuvres de Mr BOUAZGUI sont réduites. Sa tâche est presque « mission impossible ». Certes, il est question de doter l'OAIC de fermes pilotes. Mais malgré de nets progrès, les CCLS ne disposent pas du dynamisme nécessaire pour gérer convenablement des exploitations céréalières. Puis, ce n'est pas leur rôle. Leur mission est d'accompagner les fellahs, pas de les remplacer.

 

LES TRAVAUX D'HERCULE DE Mr BOUAZGUI

Les travaux d'Hercule de Mr Bouazgui, consistent donc de réunir les paramètres permettant de maintenir et d'améliorer la marge des céréaliers. Car rappelons une chose qu'apprend tout étudiant en première année d'économie, le céréalier est avant tout un investisseur. A chaque automne, il fait un pari. Pour cela, il pèse le « pour et le contre » : combien dépenser en engrais, semences, carburant, location de matériel de récolte pour récupérer la mise de départ et espérer l'augmenter ? Malheureusement, chaque année, des céréaliers n'arrivent même pas à rembourser le crédit de campagne Rfig accordé par la banque. Pour les céréaliers travaillant les terres des absentéistes, c'est la double peine. A l'incertitude de revenu, s'ajoute l'impossibilité d'obtenir des crédits de campagne. En effet, en l'absence d'un statut du fermage, ces céréaliers sont dans l'illégalité la plus totale. Ils sont classés par les autorités bancaires dans « l'informel ».

 

Mr BOUAZGUI, DES SEMOIRS SD POUR NOS CEREALIERS

Le locataire du 12, avenue Colonel Amirouche à Alger doit donc essayer de maîtriser le prix des engrais, semences, carburants, coût de location du matériel agricole, politique d'attribution de prêts et statut du fermage.

 

En théorie, chacune de ces questions peut être résolue. Mais à quel prix ? Avec quelle dépense d'énergie alors que l'urgence est là? Qu'on en juge, il n'existe pas de réelles coopératives céréalières. Rappelons, que dans nombre de pays exportateurs agricoles, l'efficience de l'activité agricole repose sur des coopératives et des actions de contractualisation. Alors qu'en France, nombre de coopératives céréalières possèdent des moulins et dégagent ainsi de grosses marges bénéficiaires encourageant les céréaliers à investir, chez nous cette activité parmi la plus lucrative est confiée à des groupes privés. Actuellement, l'organisation de la filière ne permet même pas au fellah algérien de moudre son propre grain.

Nous pensons que malgré toute leur compétence et leur intégrité, les ministres qui ont eu en charge la gestion de l'agriculture n'ont pas les moyens de changer cet état de fait. En écrivant cela, nous espérons que l'avenir nous démentira...

 

En attendant une meilleure organisation de la filière, il reste les solutions techniques à portée de main du ministre. L'urgence est de mettre au plus vite à la disposition des céréaliers les moyens d'emblaver leur terre à moindre coût. Ce moyen consiste en la technique du semis-direct. En Espagne, des études universitaires montrent que l'apparition de semoirs SD a fortement contribué à l'augmentation des surfaces cultivées.

 

LE SEMIS DIRECT, OUTIL POUR REDUIRE L'INCERTITUDE DE REVENU

Pour que le fellah ait plus confiance en l'avenir, en plus de Sallat El Istiska, il s'agit donc de lui proposer les moyens de réduire ses coûts et également de réduire l'incertitude de revenu. Or, en dehors de l'irrigation de complément, la seule solution actuellement connue, pour réduire cette incertitude consiste à rendre les cultures moins dépendantes du stress hydrique. Et justement, outre son moindre coût, le semis direct possède la faculté de mieux valoriser l'humidité du sol que la charrue. Cet outil encore largement employé représente une véritable calamité en milieu semi-aride.

 

Pour s'en convaincre, les hauts cadres du MADR et de l'OAIC, mais également les entrepreneurs en machinisme agricole (PMAT, WEST-AGRO, FAMAG, TIRSAM, ...) devraient avoir sur leur table de chevet le document relatant l'expérience des céréaliers syriens en construction locale et utilisation de semoirs pour semis direct. Ce rapport est disponible à l'adresse « aciar.gov.au/publication/cop31 » et a pour nom « The Practical Implementation of Conservation Agriculture in the Middle East ». Que chacun se rassure, ce document en libre accès, est certes rédigé en langue anglaise mais comprend de nombreuses photos et illustrations. Une version en langue arabe existe même sur le site de l'ICARDA.org.

 

MEILLEUR PRODUCTIVITE DU BLE PAR LE BINAGE ?

Dans une intervention aux médias, Mr Omar ZAOUGHANE dynamique DG de l'ITGC, faisait remarquer la faible superficie des exploitations agricoles. Dans un tel contexte, il semble difficile de proposer à ces exploitants des méthodes sophistiquées telles le désherbage chimique. Or, dans les conditions actuelles de manque d'eau, l'élimination des mauvaises herbes est indispensable. Elles concurrencent le blé pour les engrais mais aussi le sol.

La solution pourrait consister à mettre à la disposition des petits céréaliers une solution alternative : le désherbage mécanique. En la matière, de nouvelles techniques viennent de l'agriculture biologique. Les outils ont pour nom : bineuse, herse étrille ou houe rotative. Si les bineuses s'utilisent sur d'autres cultures que le blé, les herses et houes peuvent être utilisées sur la plupart des cultures. Cependant, ces outils peu sophistiqués ne sont ni importés ni construit localement.

Peut-on compter sur l'OAIC et son réseau de CCLS ? Si en matière de semences certifiées, l'OAIC améliore son offre, en matière de matériel, les choix réalisés sont parfois contestables. En témoigne ces 24 gros semoirs SD de marques SOLA importés à grand frais. Ces engins sont parfait en matière de semis, mais ils ne permettent pas d'épandre de l'engrais.

 

QUAND LE MOUTON VA, TOUT VA...

Parmi les solutions techniques, l'amélioration de la production de fourrages constitue une autre piste. En effet, jusqu'à présent les moutons récupère les miettes laissées par les céréales. En conséquences, pour nourrir le cheptel ovin, de très grandes surfaces sont nécessaires. Celles-ci sont souvent dégagées au détriment des céréales. Aussi, la stratégie pour dynamiser la production de fourrages pourrait être de varier les fourrages cultivés. En période de soudure automnale, il serait possible de pâturer du colza. Il présente l'intérêt de pousser même à 5°C. A l'arrivée des pluies automnale (ou avant, avec irrigation) il est donc possible de produire rapidement une grande masse de fourrage. Malheureusement ce fourrage est très peu connu localement.

Une autre possibilité consiste à implanter des fourrages à pâturer sur les terres laissées en jachère pâturée. Actuellement, les moutons broutent la végétation spontanée. Or, celle-ci possède une faible valeur fourragère. Afin d'implanter rapidement ce type de fourrages, à nouveau les semoirs SD pourraient être utilisés. Aucun labour ne serait nécessaire, simplement un passage de semoir. Ce type de solution (sur-semis) a été mis au point en Nouvelle-Zélande. Le sur-semis est utilisé avec succès dans les conditions sèches de la Corse.

 

PROSPECTIVE ET DIRECTIONS CENTRALES DU MADR

Dans un premier temps, Mr BOUAZGUI et ses successeurs (de nos jours la durée d'exercice d'un ministre de l'agriculture ne se compte plus en années, mais en mois) pourraient donc avoir plus de latitude en choisissant des solutions techniques. Ils ne heurteraient pas les intérêts des grands moulins privés ni ceux des nombreux spéculateurs agrippés, tels des tiques, sur chaque maillon de la filière céréales.

Mais réussir à produire rapidement et localement des semoirs SD low-cost ou ds engins de désherbage mécanique nécessite du doigté. Il s'agit de fédérer au sein d'un cluster toutes les énergies que compte le machinisme national.

 

Il est désolant de voir que les moyens modernes de découpe et soudure de l'acier d'entreprises telles PMAT, Famag, Tirsam ne servent qu'à fabriquer des charrues. Cela illustre le manque de dialogue avec le MADR. On peut ainsi s'interroger sur l'origine de ces dysfonctionnements au sein de cette institution. Si un Ministre a besoin de quelques mois pour s'installer dans sa fonction, le secrétariat du Ministère et les Directions techniques, en place depuis des lustres, devraient être au fait de ces questions et impulser le secteur du machinisme agricole. Pourquoi laisser des industriels ne fabriquer que des charrues alors que les semoirs SD seraient à vulgariser. Alors qu'il serait question d'une interdiction de toute importation de matériel agricole, ces Directions ont-elles saisi les autorités compétentes afin d'exclure de ces mesures les semoirs SD importés et autres outils indispensables tels, par exemple, les peignes vibreurs nécessaires à la récolte mécanique des olives. On a parfois l'impression que, comme le faisait dernièrement remarquer un ancien PDG de Sonatrach, certains cadres ne prennent plus d'initiatives et que, désabusés par les lourdeurs administratives, ils se retranchent derrière le « Takhti rassi ».

 

TOUT ATTENDRE D'ALGER ?

La question des surfaces de grande culture non travaillées et laissées en jachère illustre les progrès qu'il nous restent à réaliser dans le domaine agricole. Les causes concernent plusieurs domaines. Les solutions sont donc variées. Au MADR, à ses instituts techniques et aux cadres de terrain de définir la stratégie la plus adaptée au moment.

Mais, faut-il tout attendre d'Alger ? Nous ne le pensons pas. Aux élites rurales (agri-managers, retraités, employés, jeunes diplômés au chômage, …) à s'intéresser aux moyens à mettre en œuvre pour développer des outils simples afin d'emblaver les terres et de mener des cultures à moindre coût. Nul besoin de recourir systématiquement à l'importation. Dans le cas des semoirs, le principe de base consiste à combiner deux outils (semoir et cultivateur à dents) pour n'en faire qu'un seul. Comment ? En installant la trémie du semoir sur le cultivateur et en raccordant ses tubulures de descente aux dents du cultivateur. De telles modifications sont à la porté de bricoleurs éclairés. En utilisant des kits fabriqués localement ou importés de Turquie, des agriculteurs irakiens ont par exemple choisi de transformer leur ancien semoir en semoir SD.

 

Alors qu'il est de bon ton de dénigrer la moindre initiative des institutions publiques, nous ne doutons pas de l'existence de patriotes amoureux de la réussite du pays. A eux, travaillant modestement à différents niveaux des institutions publiques et organismes privés, de réunir les moyens réels afin de cultiver le maximum de terres agricoles.

 

INTERDICTION D'IMPORTATION DE MATERIEL AGRICOLE?

9.11.2017

Selon le média en ligne TSA, sous la plume de Ali Idir ce 08 Nov. 2017 « L’Algérie interdit l’importation de machines agricoles ».

Cette annonce mérite confirmation. Si elle se confirmait, une telle mesure permettrait une relance de la production locale de matériel agricole. En effet, certains concessionnaires importent des charrues ou des semoirs alors que ce matériel est produit localement.

Cependant, une question vient immédiatement à l'esprit, quid du matériel moderne non encore produit localement tel les enrubanneuses pour fourrage ou le matériel de plantation et de récolte de pomme de terre et de tomates.

 

AFFINER LES INTERDICTIONS D'IMPORTATION

Si cette mesure est salutaire, il est donc nécessaire d'affiner les interdictions et de les ré-actualiser annuellement. Celles-ci ne devraient s'appliquer uniquement au matériel non produit localement.

 

DES POTENTIALITES DE PRODUCTION LOCALES

Les capacités techniques locales de découpe et de soudure de l'acier peuvent permettre une extension de la gamme du matériel à produire localement. Mais cela passe par une coordination entre équipementiers. L'idéal serait la création d'un cluster.

Que ce soit Tirsam, Djoudi Métal ou bien sûr les entreprises publiques commercialisant leur production auprès de PMAT, la liste des capacités de production locale est grande. Cette liste reste à établir. Nombre de petits ateliers peuvent également produire du petit équipement.

 

POUR UNE COOPERATION AVEC LES EX-PAYS DE L'EST

Les ex-pays de l'Est disposent d'une réelle expérience de production d'un matériel agricole rustique et solide facilement réparable localement. Des accords de partenariat gagnant-gagnant sont possibles.

Afin de favoriser le transfert de technologie, des partenariats peuvent également être passés avec des ONG et des associations internationale de coopération agricole (ICARDA, ONG européennes, …).

 

UP-GRADDER LA PRODUCTION LOCALE

La production locale de matériel agricole a le mérite d'exister. Bon nombre d'exploitations tiennent grâce aux tracteurs Cirta construits à Constantine, aux charrues, cover-crop, remorques ou citernes d'entreprises publiques.

Certaines de ces entreprises proposent du matériel pour la récolte des fourrages, la pulvérisations des phytosanitaires ou l'épandage des amendements organiques à des prix abordables pour les exploitants agricoles. Cependant, nombre de ces matériels ont besoin d'une plus grande sophistication. Ainsi, par exemple, les remorques agricoles doivent avoir des essieux doubles, de plus hautes ridelles et un relevage hydraulique afin de s'adapter à la récolte en vrac des céréales.

En matière de pulvérisation, la largeur de traitement doit être améliorée.

 

INNOVER EN MATIERE DE MATERIEL AGRICOLE

Le contexte de notre agriculture exige du matériel permettant aux exploitants de gagner en productivité horaire. Quand la main d'oeuvre manque, la mécanisation doit prendre le relais. Ainsi, pour ramasser les balles de paille à quand des engins adaptés ? Pour manipuler le fumier, à quand des tracteurs équipés de godets et fourches hydrauliques avant ?

Mais c'est en matière de semis et de fertilisation, que le manque est le plus criant. En région semi-aride la révolution technique venue d'Australie prône l'abandon du labour et sont remplacement par des semoirs pour semis direct. De tels engins travaillent le sol, sème et fertilisent en un seul passage.

Pour désherber mécaniquement si PMAT commercialise des bineuses, il s'agit de rendre disponible d'autres outils de désherbage mécanique : herses étrilles et houes rotatives.

En matière de stockage des récoltes à la ferme, il doit être produit des silos métallique de moyenne contenance. Pour trier et traiter les semences de céréales à la ferme, il doit être produit des tables densimétriques et autres matériels dédiés.

 

OU ACHETER UN SEMOIR POUR SEMIS DIRECT?

3.11.2017

Des lecteurs nous ont demandé où acheter un semoir pour semis direct en Algérie. Nous proposons une liste de fournisseurs en Algérie, Maroc et Tunisie sur ce lien  (voir les n° de téléphone et adresses mail à la fin du document). Merci de nous aider à actualiser ce document. 

 

REUNION DES AGRONOMES DES PAYS ARABES

8.11.2017

On ne peut que se réjouir de la rencontre début novembre des associations des ingénieurs agronomes des pays arabes. Malgré le déficit général en produits alimentaires des pays arabes, il existe des réussites.

 

REUSSITES AGRICOLES DANS LES PAYS ARABES

Avant l'agression dont est l'objet la Syrie, ce pays était auto-suffisant en de nombreux produits céréaliers. La Tunisie est auto-suffisante en lait, elle est l'un des plus grand exportateurs d'huile d'olives. Selon les années et grâce à ses récoltes de canne à sucre et betterave à sucre, le Maroc assure plus de 50% de ses besoins en sucre. Par ailleurs, les maraîchers marocains possèdent une grande expérience des serres multi-chapelles.

 

CEREALES EN SYRIE ET IRAK

Ces deux pays possèdent une grande expérience dans la culture des céréales en conditions sèches. De 2005 à 2011, grâce à un transfert de technologie d'ingénieurs australiens, des ingénieurs et artisans syriens ont produit près d'une centaine de semoirs pour semis direct. En Irak, ce sont des kits de conversion de semoirs conventionnels en semoirs pour semis direct qui ont été produits. La technique du semis direct, permet de cultiver à moindre coût les céréales en milieu semi-aride non-irrigué.

 

EGYPTE, UN SEMOIR POUR L'IRRIGATION PAR SUBMERSION

En Egypte, un ingénieur a conçu un semoir permettant de semer des céréales dans les champs irrigués par submersion. Lors des crues du Nil, l'eau est utilisée pour irriguer les champs. Les techniques traditionnelles provoque un gaspillage d'eau. Ce semoir permet de tracer , tous les 4 rangs de semis, des rigoles assurant une meilleure répartition de l'eau dans le champs. Un tel engin serait très utile en Algérie où subsiste des zones avec irrigation par submersion (cas de la steppe avec l'épandage de crue).

 

MAROC, PRODUCTION LOCALE DE SUCRE

Regroupés autour de l'agro-industrie, dont la Comsumar.ma, des agriculteurs marocains produisent de la betterave à sucre. Certains d'entre eux possèdent une large expérience. Ils utilisent des semences monogermes, une fertilisation adaptée et le désherbage chimique. Ce type de semences permet d'éviter la laborieuse opération manuelle de démarriage. La mécanisation de la récolte permet de réduire le recours à la main d'oeuvre.

 

FAVORISER LES ECHANGES ENTRE AGRONOMES

Comment favoriser les échanges d'expériences entre ingénieurs des pays arabes ? Certes, il y a les rencontres entre personnes des différents pays. Mais internet offre de larges perspectives. On pourrait penser à un site internet traitant des réussites dans ces différents pays. Un forum pourrait permettre des échanges entre personnes. Par ailleurs, il s'agit de valoriser les expériences des différents organismes de développement agricole intervenant dans ces pays.

UTILISATION DU GLYPHOSATE EN ALGERIE.

Lire notre entretien relatif au glyphosate dans le dossier réalisé par le quotidien Liberté.

L'utilisation du glyphosate en Algérie.
En Algérie, sur grandes cultures, le glyphosate n'est pas utilisé de la même façon qu'en Argentine ou Australie (date et dose). Les doses utilisées sont beaucoup plus faibles en Algérie. Un dossier sur la question. A suivre...
BrochureDeshGlyphosate.pdf
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RECOLTE MECANIQUE DES OLIVES

Les peignes-vibreurs sont très intéressants. J'en ai utilisé un durant toute la semaine. C'est un véritable plaisir pour récolter les olives. Il existe des modèles avec batteries portatives. Mais une simple batterie de voiture suffit. On peut aussi utiliser un petit groupe électrogène. Il faut mettre de larges filets sous les arbres. Pour en acheter à l'étranger vous pouvez contacter  

Michel-equipement.fr.

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UN AGRONOME SUR LES ONDES

18.10.2017

Un agronome qui passe sur une émission de grande écoute, cela fait plaisir. Un grand bravo à notre collègue. Certes le temps de l'émission était court, mais nous aurions aimé plus de chiffres percutant dans sa démonstration (exemple besoins en eau d'un maïs comparés à celui de l'orge).

 

Al Hamdoulah, la journaliste s'est un peu renseignée sur le sujet (je fait référence à la nano-irrigation testée au Maroc. Voir sur youtube).

 

A 13:10, l'invité parle de l'impossibilité de considérer l'Algérie comme un pays céréalier et producteur de légumes secs. Cette affirmation est à nuancer. L'auto-suffisance n'est pas possible pour tous les produits de première nécessité. Mais l'invité méconnait les extraordinaires possibilités des nouvelles techniques d'arido-culture mise en oeuvre, notamment par les Australiens. Ceux-ci développent la technique dite du non-labour avec semis direct et mènent une lutte sans merci contre les mauvaises herbes dans les cultures. Quant aux engrais, ils sont localisés près de la semence afin de favoriser leur absorption même en conditions réduites d'humidité. Les semences de blé sont semées dans un sillon qui joue le rôle d'impluvium. L'eau de la moindre averse est ainsi collectée vers la semence et l'engrais. Actuellement, l'Algérie tarde à produire ce type de semoirs.

 

A 13:24, l'invité méconnait les possibilités d'intensification des cultures de légumes secs. La tradition locale est de semer pois-chiche et lentilles à la sortie de l'hiver afin d'avoir moins de levées de mauvaises herbes dans le champs. Les techniques nouvelles de semis précoce en semis direct entre les chaumes de blé et avec désherbage chimique à la trifluralin permettent de très nettes améliorations des rendements. Des techniciens et agriculteurs appliquent déjà cette nouvelle méthode. La question est donc de la généraliser. En Algérie, nous sommes autant pénalisés par nos ingénieurs qui restent dans leur bureau climatisé (sans même prendre la peine de publier sur internet des notes techniques de vulgarisation) que par le manque d'eau.

 

A 18:23 Les propos de l'invité à propos de la salinité font froid dans le dos. Il faut savoir que dans le sud, certains pivots doivent être déplacés tous les 5-6 années car le sol est devenu stérile à cause du sel apporté par l'irrigation. Attention à ne pas banaliser le risque destructeur de la salinisation des sols agricoles, véritable fléau. Fléau largement dénoncés par les plus illustres pédologues de l'INA .

 

A 19:23 la journaliste parle du développement de l'agriculture dans le sud et notamment à Tamanrasset. Ce développement devrait être accompagné d'un contrôle plus strict des frontières. Jeune-Afrique révèle dans un article en ligne (Au Mali, la guerre de la farine fait rage) que les minoteries du Mali fonctionnent pour la plupart avec du blé venu d'Algérie. Une étude universitaire "Bilan spatialisé de la mise en valeur agricole au Sahara Algérien" disponible sur internet révèle le même phénomène.

PEUT-ON SEMER DU BLE AVANT LES PLUIES?

Djamel BELAID 18.10.2017

 

En Algérie, le manque de pluie automnale pousse les agriculteurs à repousser leurs semis de céréales. Selon les variétés considérées, cela peut se répercuter négativement sur les rendements. Peut-on semer avant les pluies ?

 

ASSURER UNE HUMIDITE A LA JEUNE POUSSE DE BLE

Les agriculteurs craignent les pluies suivies de périodes sèches. En effet, des pluies précoces permettent la germination-levée du blé ou de l'orge mais si survient une période sèche la jeune plantule peut se dessécher. La solution passe par l'emploi d'outils à dents. Ils permettent de mieux préserver l'humidité du sol.

 

METTRE EN PLACE UN IMPLUVIUM AU DESSUS DE LA SEMENCE

Une technique australienne développée en Syrie et en Irak consiste à semer avec un semoir à dent. Les dents créent des sillons dans lesquels sont semés les graines. Après le passage du semoir un aspect de « tôle ondulé » peut être visible sur la parcelle. Dès la moindre averse, l'eau de pluie est concentrée par le sillon vers la semence. Celle-ci reçoit donc un volume double d'eau. La formation du sillon peut être améliorée par le passage de roues plombeuses accrochées derrière chaque dent.

 

SEMER PLUS PROFOND

Semer avant les pluies exige de semer plus profond. Les semences peuvent ainsi mieux bénéficier de d'humidité. Cependant, des travaux australiens montrent qu'une telle approche exige d'utiliser avant tout des variétés de blé à long coléoptile. En effet, ces variétés donnent la même quantité de talles que les variétés semées à 3 cm de profondeur. A notre connaissance, ce paramètre n'est pas renseigné sur les variétés de céréales proposés par les CCLS.

 

LUTTER CONTRE LES RAVAGEURS

Semer avant les pluies implique un séjour plus long de la semence dans le sol. Aussi, il s'agit de protéger ces semences contre les maladies et les ravageurs. On assurera donc un traitement fongicide et insecticide adéquat. Un roulage après semis peut permettre une meilleur protection des semences ainsi qu'un meilleur contact sol-graine en cas de pluie.

 

TRAVAILLER LE SOL EN CONDITIONS SECHES

Semer avant les pluies implique de labourer ou de préparer le lit de semences en conditions sèches. Dans de nombreux cas (sol argileux), cela implique des efforts supplémentaires de traction et une surchauffe des tracteurs.

La solution consiste alors à éliminer le labour à la charrue et de le remplacer par un travail avec des outils à dents tel le chisel ou le semis direct. Le semis direct implique un travail du sol sur 4 à 8 cm de profondeur, un tel travail n'implique pas une surchauffe du matériel.

 

SEMER TARD, MAIS SEMER VITE

Pour les agriculteurs non convaincus par les semis avant les pluies, afin de limiter la perte de temps, la solution passe par l'emploi d'outils à dents (chisel) à la place du labour. Le gain de temps est appréciable. Ce type d'outils est disponible chez PMAT.

L'autre solution passe par le semis-direct sans labour dont la vitesse des chantiers est de 6 fois supérieur. Autre avantage, le fait de passer sur un sol non-labouré améliore la portance du tracteur et cela même après une pluie. En effet, le ressuyage est meilleur et permet un passage du tracteur juste après une pluie.

 

 

CEREALIERS, SEMEZ EN UN SEUL PASSAGE!

Semer en un seul passage permet de gagner du temps. Ce genre de semoir est intéressant. L'idéal est de diviser la trémie en deux compartiments afin d'épandre l'engrais en même temps.

ALIMENTS DU BETAIL EN ALGERIE, UNE GABEGIE SANS NOM.

16.10.2017

Face à l'explosion des importations de maïs et de soja, la solution passe, en partie, par la production locale de matière première et la substitution de protéines végétales aux protéines animale dont celle de la viande de poulet.

 

LE MAÎS, UNE SOLUTION DOUTEUSE

Mais croire que la production locale de maïs est la seule solution est une erreur. Cette culture est très gourmande en eau et à moins d'utiliser le goutte à goutte enterré, l'agriculture n'a pas les capacités de permettre une auto-suffisance en cette céréale.

 

INCORPORER 20% D'ORGE

Il est possible d'incorporer 20% d'orge (produite localement) à la place du maïs importé. Cela devrait être la norme pour tout aliment volaille. Parfois, selon les âges et le type de production, cette proportion peut être plus élevée.

 

PRODUIRE DES TRITICALES

Les triticales sont un autre type de céréales qui convient aux volailles. Elle est riche en protéines. Elle se cultive comme le blé. Contrairement au maïs, elle ne demande pas d'irrigation. La technique du semis direct peut permettre une intensification à faible coût de cette culture.

 

PRODUIRE DU COLZA

Les tourteaux de colza peuvent être incorporés en partie à l'aliment volaille. C'est un crime de ne pas pousser sa culture dans les zones climatiques qui lui conviennent.

 

Notons également les possibilités d'utiliser les sous-produits de l'industrie agro-alimentaire.

 

UTILISER L'AZOTE NON-PROTEIQUE

En France, le moindre agriculteur sait que pour réduire le coût des concentrés, il peut ajouter à la ration de ses vaches et moutons de l'azote non-protéique telle que l'urée. En Algérie, nous produisons cette substance. Mais il n'y a pratiquement pas de vulgarisation concernant l'urée. Il y a là un moyen d'économiser une partie des importations de tourteaux de soja.

 

CONSOMMER DES STEAKS DE POIS CHICHE

Lentilles, pois chiche, soja et céréales peuvent permettre de produire des steaks de viande végétale. Il serait bon de s'inspirer de la technologie mise au point par des firmes étrangères telles SojaSun.fr.

 

LA RESPONSABILITE DES IMPORTATEURS

Les pouvoirs publics devraient imposer un cahier des charges précis aux importateur. Tout importateur de maïs et soja devrait avoir obligation de soutenir la production locale de céréales et graines entrant dans la composition de l'aliment du bétail. La situation actuelle est un non-sens économique. Il est temps qu'un cahier des charges soit défini avec les importateurs. Ils doivent s'investir dans la formation des petits fabricants d'aliments du bétail (certains mélangent n'importe quoi) et dans la formation des éleveurs. En steppe, ces éleveurs sont laissés dans leur ignorance. Beaucoup ne jurent que par l'orge alors que cette céréale doit être complétée par une source d'azote dans les rations.

 

L'ONAB, FIN DE L'IMMOBILISME?

Dans le domaine des compléments minéraux vitaminés, on ne peut que se féliciter de l'accord passé par l'ONAB avec un partenaire français. Mais on peut se demander les raisons d'un tel retard. Il y a 40 ans que l'Algérie a les moyens techniques et humains pour mélanger sel de cuisine, calcium, phosphate, oligo-éléments et vitamines et fabriquer des CMV locaux. Sinon, cela sert à quoi d'ouvrir des universités et de former des spécialistes?

 

Djamel BELAID. Ingénieur agronome.

 

VACHES LAITIERES : DONNEZ JUSQU'A 150 Gr D'UREE DANS LA RATION

11.10.2017

 

Alors que de nombreuses régions d'élevage laitier manquent de fourrages, il est important de rappeler les possibilités locales de complémentation azotée. En situation de manque de fourrages verts riches en azote, il est possible d'administrer de l'urée aux vaches laitières. L'urée est un engrais azoté fabriqué en Algérie et largement disponible.

 

PRINCIPES D'UTILISATION

-ne pas utiliser sur de jeunes animaux ou des animaux malades,

-habituer progressivement les animaux en augmentant tout doucement les doses,

-fractionner les apports d'urée,

-« en pratique, on limitera les apports à 30 g/100 kg de poids vif, soit 180 à 200 g par vache et par jour » (voir le lien ci-dessous de la chambre d'agriculture des Landes),

-associer obligatoirement l'urée à un aliment riche en énergie comme de l'orge ou du maïs ensilage (pour 500 gr d'orge en grain, apporter 20 gr d'urée),

-on peut donner de l'urée mélangé à de l'ensilage de maïs,

-en cas d'intoxication, faire boire à l'animal un mélange d'eau et de vinaigre,

-l'urée peut servir également à enrichir la paille et le fourrage de vesce-avoine en azote (diluer 5 kg d'urée dans 50 litres d'eau pour arroser 100 kg de paille ou de foin, mettre une bâche plastique et laisser 3 à 4 semaines).

Rappelons également que les grignons d'olives peuvent servir également d'aliments du bétail et remplacer en partie les concentrés.

 

Liens: de nombreux lressources existent sur internet (taper les mots clés correspondant):

-exemples de rations Urée alimentaire

 

 

SECHERESSE A BOUIRA, OLIVIERS EN PERIL

9.10.2017

Afin d'illustrer son article sur la sécheresse qui à Bouira « menace des milliers d’oliviers » Omar Arbane, journaliste à El-Watan publie dans l'édition du 5.10.2017 une photo alarmante. C'est celle d'oliviers aux feuilles jaunies par la sécheresse. S'agit-il d'une photo prise à Bouira ou d'une photo récupérée sur internet et venant d'autres lieux?

 

Tout pense à croire qu'il s'agit d'une photo prise à Bouira. Habituellement les feuilles des oliviers ne jaunissent pas avec l'automne. Ce jaunissement est donc très inquiétant. Comme le note avec justesse Omar Arbane, c'est le signe d'un dépérissement pour cause de sécheresse.

 

UN DEPERISSEMENT VU AUSSI EN FRANCE

Cette année, ce phénomène ne concerne pas seulement l'Algérie. En France, près d'Alès, plusieurs oléiculteurs font remarquer qu'à ce jours, il n'y a pas eu de pluies significatives après l'été. Alors que septembre est synonyme de « Gardonades », c'est à dire de grosses chutes de pluies accompagnées de crues sur la rivière Gardon, cet automne est marqué par une poursuite de la sécheresse estivale.

Toujours près d'Alès, un responsable de coopérative oléicole âgé de 75 ans note qu'il n'a jamais vu cela. La récolte des olives pourra avoir lieu dès la Toussaint alors que traditionnellement les olives ne sont mures qu'après. Cette année, dans la région nombre d'oliveraies avaient des fruits ridés par le manque d'eau. Et les agriculteurs qui en avaient les moyens ont procédé à l'irrigation des oliviers. D'autres ont mobilisé des moyens de fortune pour apporter un peu d'eau aux arbres. Telle cette petite exploitation où le pulvérisateur a servi de citerne d'eau pour apporter 50 litres d'eau à chaque arbre.

 

QUE FAIRE CONTRE LES COUPS DE SEC

Cette situation est préoccupante. Certains arbres risquent de ne pas survivre à ce coup de sec. L'immédiat est de tenter de les sauver en assurant une irrigation d'appoint par des moyens de fortune. Les pluies automnales ensuite permettront le retour à la normale.

Pour les campagnes agricoles futures il s'agit de développer l'irrigation par goutte à goutte. Dans le cas des vieilles plantations sans trop de moyens, il s'agit de développer différentes mesures permettant de valoriser les pluies.

Afin de favoriser la transpiration d'eau par le feuillage, il s'agit de réaliser une taille adaptée. Combien de fois, il est laissé sur des arbres des branches dites « gourmands ». Celle-ci produisent des feuilles au détriment des fruits. Il s'agit de leur faire une chasse féroce. De telles branches appauvrissent l'arbre.

Dans les sols en pente, il s'agit de confectionner des cuvettes en demi-lune afin de retenir les eaux de pluie auprès du pied de l'arbre.

 

APPEL AUX URBAINS

Lorsque l'on détient des oliviers dans la famille, il est intéressant d'aller voir comment sont menés ces arbres par les « aînés ». Nous conseillons vivement à chacun d'aller sur les terres familiales aux moments clé : taille au printemps, irrigation en été et bien sûr récolte à la fin de l'automne. Des interventions ponctuelles à des moments clé de l'année peuvent permettre de rendre rentable une vielle oliveraie auparavant menée de façon traditionnelle.

 

REDUCTION DES COUTS ET VALEUR AJOUTEE

Actuellement, nombre d'oliveraies sont handicapées par le coût de la main d'oeuvre. Face à cela plusieurs techniques sont possibles. Dans le sud de la France, il existe des oliveraies de 1000 arbres uniquement travaillés par un couple mari et femme.

C'est dire combien de solutions organisationnelles et techniques existent afin de valoriser le potentiel d'une exploitation. Nous en voyons deux principalement.

L'une des premières actions concerne la hauteur des arbres. Celle-ci ne doit pas dépasser les 2,5 mètres de haut. Il faut rabattre les charpentières et les gourmands qui grimpent vers le ciel. C'est à cette seule condition qu'il est possible de récolter plus vite. La main d'oeuvre ne doit pas avoir à grimper sur les branches ou à utiliser des échelles. Ce sont les branches qui doivent être à disposition du personnel de récolte et non pas l'inverse. L'utilisation de peigne mécaniques permet également d'augmenter la productivité.

La seconde concerne la trituration des olives au moulin. Tout doit être fait afin de réaliser une trituration d'olives fraîchement récoltées et sans feuilles. Cela afin de commercialiser une huile de bonne qualité à des prix supérieurs dans un réseau de commercialisation avec le moins d'intermédiaire possible. En Algérie, et à l'étranger, la demande est telle, qu'il est possible de valoriser l'huile de qualité.

 

Retrouver une bonne rentabilité à une oliveraie permet d'augmenter les salaires de la main d'oeuvre et donc de résoudre la question des pointes de main d'oeuvre lors de la récolte. Il incombe également aux pouvoirs publics d'assurer un soutien adapté à la filière oléicole. Celle-ci permettant de compenser l'importation d'huiles étrangères.

 

Photo ci-dessous. LE SEMIS DIRECT AVEC SEMOIR A DENTS PERMET DE FORMER DES SILLONS COLLECTEURS D'EAU DE PLUIE.

DEBAT SUR LE GLYPHOSATE, SOMMES-NOUS CONCERNES?

13.10.2017

Ce matin la radio France-Inter a consacré une partie de sa matinale à la question du glyphosate. Il s'agit de cet herbicide soupçonné d'être cancérigène. Des associations de consommateurs demandent sont interdiction alors que les syndicats agricoles ont déjà manifesté pour demander son maintien. En Algérie, sommes-nous concernés par ce débat?

 

SUR LA NOCIVITE DU GLYPHOSATE

Concernant la prétendue nocivité du glyphosate les études réalisées sont contradictoires. Un organisme scientifique a mis cet herbicide sur le même niveau de dangerosité que la charcuterie. Bref, actuellement, il n'y a pas consensus.

 

GLYPHOSATE, UN PRODUIT MONSANTO

Si les écologistes français ont en ligne de mire le glyphosate, c'est avant tout à cause de sa maison mère : Monsanto. En effet, bien que tombé dans le domaine publique et fabriqué massivement en Chine ou en Australie, le glyphosate traîne la sale réputation de Monsanto. Celle-ci est en effet à l'origine des fameuses semences OGM « Terminator » vendues aux agriculteurs indhous. Ces semences produisent des graines commestibles, mais elles sont stériles. L'année suivante, les agriculteurs ne peuvent pas les replanter et sont donc obligés d'en racheter à la multi-nationale. Face aux protestations, la multi-nationale a abandonné l'idée de commercialiser les semences Terminator.

 

Mais, afin d'obliger les agriculteurs a racheter chaque année des semences OGM et le glyphosate qui permet de désherber ces variétés résistanTes à cette molécule, la multi-nationale a encouragé la délation entre agriculteurs. Ainsi, aux USA, des agriculteurs ayant gardé une partie de leur récolte issue de semences OGM Monsanto, pour les re-semer l'année suivante ont parfois été dénoncé par des voisins et poursuivis en justice.

 

Enfin, lors de la guerre du Vietnam, ce genre d'herbicide a été utilisé par les USA comme défoliants. C'est dire la triste réputation que traîne le glyphosate.

 

LES OGM INTERDITS EN FRANCE ET EN ALGERIE

La France et l'Algérie n'autorisent pas l'utilisation en agriculture d'OGM. Ce n'est pas le cas de pays grands exportateurs de céréales et soja tels les USA, le Canada, l'Argentine, le Brésil, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande.

 

LES DYSFONCTIONNEMENTS DU BINOME OGM-GLYPHOSATE

Les premières années, les cultures OGM possédant une résistance au glyphosate permettent un désherbage très efficace. La pulvérisation de l'herbicide sur la culture détruit les mauvaises herbes à l'exception des plantes cultivées. Cependant, l'utilisation répétée de cette façon de procéder peut conduire à l'apparition de résistances. Certaines mauvaises herbes deviennent résistantes au glyphosate. Au lieu d'alterner d'autres cultures et d'autres méthodes de lutte, certains agriculteurs persistent dans la seule utilisation du binome OGM-GLYPHOSATE. De ce fait, les quelques mauvaises herbes résistantes se multiplient et deviennent envahissantes obligeant l'agriculteur à repasser plusieurs fois dans son champs avec des doses doubles ou triples. Dans ces cas là, il y a un surdosage des quantités de glyphosate et donc d'éventuels risques sanitaires pour les populations limitrophes des champs et les consommateurs.

 

Mme ROBIN, EN UN COMBAT DOUTEUX...

Il y a dix ans, en France, excédée par l'attitude de la multi-nationale sur le dossier des semences, une journaliste s'est intéressée aux semences OGM de Monsanto. Elle édité un livre et a produit un film « Le monde selon Monsanto » qui a connu une large diffusion.

 

MONSANTO COMME FOND DE COMMERCE

Ce matin, cette journaliste était l'invité de France-Inter et a mené un procès à charge contre Monsanto sans qu'une personne d'avis contraire ne soit invité. On notera ici le manque d'éthique journalistique de la chaîne en question.

 

Si le combat de Mme ROBIN est noble, il se doit de se baser sur des éléments objectifs et non pas cultiver les peurs des consommateurs face à certains excès de l'agro-chimie. Sinon son combat s'apparente plus à un fonds de commerce lui permettant d'exister sur la scène médiatique.

 

LE GLYPHOSATE, PIERRE ANGULAIRE DE L'AGRICULTURE DE CONSERVATION

Ce débat franco-français nous concerne en Algérie. Pourquoi ? Car pour remplacer la pratique du labour qui favorise l'érosion des terres agricoles (jusqu'à 4 tonnes de terre emportée par hectare et par an), il nous faut désherber le sol avant semis. Or, pour le moment, le glyphosate est un herbicide irremplaçable.

Certes, à l'automne, en zone semi-aride, les mauvaises herbes sont moins problématique qu'en Europe où les pluies estivales permettent des repousses de mauvaises herbes dès la mi-juillet.

 

PRODUIRE DES BINEUSES EN ALGERIE

En Algérie, pour sortir de la spirale des importations agricoles, herbicides et autres produits phytosanitaires sont des outils indispensables. Il faut savoir qu'un champ de blé non désherbé voit automatiquement son rendement amputé de 50%. En effet, l'humidité du sol et les engrais apportés par l'agriculteur profitent autant à la culture qu'aux mauvaises herbes.

Mais, parallèlement à l'utilisation des herbicides, il s'agit de vulgariser et d'intensifier la production de bineuses et autres outils de désherbage mécanique telles les herses étrilles et houes rotatives développées en Europe par l'agriculture bio. Par ailleurs, en situation extensive et en présence d'un élevage de mouton sur l'exploitation, le pâturage des céréales en hiver permet de réduire les mauvaises herbes.

 

GLYPHOSATE, L'ALLIE DE L'AGRICULTEUR ALGERIEN

Mais en attendant ces solutions, le glyphosate restera l'allié des agriculteurs contre les mauvaises herbes et l'allié des consommateurs pour une meilleure autosuffisance alimentaire. Espérons que les autorités du pays sauront séparer l'ivraie du bon grain et ne se laisseront pas parasiter par les débats de bo-bo parisiens.

 

 

 

REDUIRE LA FACTURE DES IMPORTATIONS, YES WE CAN !

1.10.2017 Djamel BELAID

L'APS annonce une nouvelle augmentation des importations alimentaires durant les mois passés. Afin de réduire la facture de ces produits alimentaires, différentes stratégies sont actuellement utilisées en Algérie. Avec, notamment, l'irrigation des cultures, la lutte contre la contrebande aux frontières*. Souvent, l'irrigation est présentée comme étant la panacée. Or, quand on considère la concurrence pour l'eau entre d'une part les besoins de l'agriculture et d'autre part ceux liés à l'approvisionnement des villes et du secteur industriel (voir ceux d'El-Hadjar), il apparaît vite qu'en Algérie, la culture en sec ne doit pas être négligée. D'autant plus que les techniques d'arido-culture qui nous viennent d'Australie – pays aussi sec que le nôtre – laissent entrevoir des réserves de productivité.

 

MIEUX VALORISER LA PERIODE HUMIDE

Il s'agit donc de valoriser la période des pluies qui s'étend, en moyenne, de la fin septembre à juin. Concernant les grandes cultures (céréales, légumes secs, fourrages, …) cela implique, selon les espèces et variétés cultivées, de semer tôt afin de bénéficier des premières pluies. Or, ce n'est pas ce qu'on observe dans la pratique. Alors que les blés doivent tous être semés avant la mi-novembre, il n'est pas rare de voir les semis s'éterniser jusqu'en décembre. Or, selon les cas, les cultures perdent en moyenne 1 quintal/hectare pour une semaine de retard sur la date optimale de semis.

Concernant les légumes secs, par faute de non-maîtrise du désherbage, les agriculteurs ont pris l'habitude de semer lentilles et pois-chiche en février au lieu de décembre.

 

PLUS DE TRACTEURS, MAIS MOINS DE CHARRUES

Afin de faire face aux besoins, le parc national de tracteurs a été régulièrement revu à la hausse. Mais derrière les tracteurs on continue d'atteler de lourdes charrues. Leur vitesse de travail est désespérément lente (seulement 2 hectares/jour). Or, dès les années 50-60, dans les régions semi- arides des USA, Canada, Argentine et Australie, il est apparu que le labour est plus un mal qu'un bien. Du fait de l'érosion, il peut provoquer une perte de 9 tonnes de terre/hectare/an. Mais en plus, le labour coûte cher en carburant et en usure des tracteurs. Mais surtout le labour et les opérations qui suivent demandent beaucoup de temps. Ainsi, après le labour, il faut réduire la taille des mottes de terre pour créer un « lit de semences », ce qui nécessite de nombreux passages de tracteur.

Certaines grosses exploitations privées de la région de Constantine ont vite compris la situation. Elles ont abandonné le labour et se sont équipées en semoirs pour semis direct. Ainsi, outre une réduction de 40% des coûts de mécanisation, la vitesse des chantiers de semis s'est multipliée par 6. Et cela, sans que le rendement en souffre.

 

ABSENCE DE STRATEGIE AU MADR

Face à ce progrès agronomique que constitue l'abandon du labour et son remplacement par la technique dite du « semis direct », on aurait pu penser que les services agricoles concernés se soient mobilisés. Or, sur le terrain, il n'en est rien ; ou presque... Cela est d'autant plus désespérant, que cette technique permet une meilleure économie de l'humidité du sol et est donc bien adaptée à nos conditions semi-arides. Notons au passage que les semoirs pour semis direct possédant des dents laissent sur le sol des sillons juste au dessus de l'emplacement des semences. Avantage, dès la moindre averse, l'eau de pluie est concentrée vers la jeune plantule. Celle-ci craint moins d'éventuelles courtes sécheresse automnale et absorbe mieux l'engrais alors dissout par une meilleure humidité du sol.

 

Actuellement, le semis direct n'est connu que d'une poignée d'agriculteurs et de techniciens qui se battent afin de mieux le faire connaître. Il faut dire qu'il faut vaincre la réticence des fellahs habitués aux labours. Le labour est souvent inconsciemment assimilé à une fécondation de la terre et donc représente une symbolique forte chez l'agriculteur. Par ailleurs, cette technique nécessite des semoirs adaptés. Il faut donc les importer ou les produire sur place – cela est possible car il ne s'agit pas d'une technologie trop sophistiquée. Enfin, l'abandon du labour nécessite l'emploi de désherbants, ce qui est loin d'être le cas dans nombre de nos exploitations.

 

MADR, UN RETARD INEXCUSABLE

S'il existe des freins réels au développement d'une nouvelle technique, on peut noter que les services agricoles et ceux du machinisme agricole n'ont pas fourni tous les efforts attendus au vu du montant faramineux des importations de céréales et légumes secs.

Ainsi, le groupe PMAT commercialise de nouvelles moissonneuses-batteuses (Sampo), mais le même effort qualitatif n'a pas été fourni concernant la production de semoirs low-cost permettant de se passer du labour. Certes, l'unité CMA-SOLA de Sdi Bel-Abbès a bien mis au point un prototype de semoir (Boudour SD-3115-C), mais les essais traînent en longueur. De ce fait, cet engin primordial n'est pas disponible en masse sur le marché. Osons une comparaison. Le semoir SD-3115-C est à l'agriculture ce qu'est l'hélicoptère russe Kamov Ka-52 Alligator à la lutte contre les blindés et ouvrages au sol.

 

OAIC, RATTAGE EN MATIERE DE SEMIS DIRECT

L'OAIC mène un travail exemplaire pour augmenter la production de céréales. En témoignent l'amélioration de la production de semences certifiées, l'aide à l'irrigation ou la mise à la disponibilité des fellahs plus de moyens de récolte. Mais en matière de semis direct, cet office reste en retard sur un dossier qui constitue « la mère des batailles ». On peut même parler de rattage concernant ce dossier. Rappelons, que face à l'aggravation du réchauffement climatique, il devient primordial que les fellahs puissent semer dans la « fenêtre de tir » que constitue le mois d'octobre et la première quinzaine de novembre. Dès 2012, l'OAIC a passé commande de 24 gros semoirs SOLA (Espagne) afin d'équiper les unités moto-culture des CCLS de l'intérieur du pays. Il s'est avéré que ces semoirs portés et non pas tirés, étaient trop lourds pour les tracteurs disponibles au niveau des CCLS. Pire, alors que ce type de semoir doit pouvoir semer et en même temps épandre de l'engrais, l'OAIC a commandé des semoirs qui ne permettent que le semis. C'est donc réduire l'intérêt de la technique. Cela est d'autant plus tragique en phase de vulgarisation d'une nouvelle technique. On peut s'étonner de cette erreur de la part d'un office qui emploie 400 ingénieurs agronomes.

 

L'AIDE REMARQUABLE DE L'AUSTRALIE A L'ALGERIE

En cette période de réduction des moyens financiers du pays, que faire afin de faire avancer ce dossier primordial? Aux médias d'aller enquêter sur le terrain. Aux étudiants et chercheurs en agronomie de s'emparer de ce thème.

Il revient à chaque cadre régional du MADR de faire connaître cette technique qui permet de semer plus vite et moins cher. Quant aux hauts responsables du MADR, à eux de réunir tous les moyens afin de faire démarrer le plus rapidement possible une production locale. De nombreuses entreprises locales de matériel agricole, telle TIRSAM et d'autres, possèdent des moyens modernes de découpe et de soudure de l'acier. Des organismes tels l'ITGC et l'unité CMA-SOLA de Sidi Bel-Abbès maîtrisent la technologie nécessaire. Notons également que, dans le cadre d'accords de coopération, l'universitaire australien Jacky Desbiolles**, expert de renommée mondiale, ne ménage pas ses efforts pour opérer un transfert de technologie vers l'Algérie. Lors de sa dernière visite en Algérie, cet expert a expliqué à différents cadres du MADR, de CMA et aux constructeurs privés tous les plans pour une production locale de semoirs.

 

MISER SUR DES INITIATIVES A LA BASE ?

Il revient également à chaque céréalier de se renseigner sur cette technique. Des concessionnaires importent de Turquie, du Pakistan et de Chine ce type de semoirs. Certains artisans soudeurs essayent d'en fabriquer. Signalons qu'entre 2006 et 2011, 7 ateliers syriens ont produit 92 semoirs. Le Maroc s'est déjà lancé dans une production locale. En Tunisie, cela est en cours. Plus loin de nous, la Syrie, l'Irak, la Jordanie et l'Iran ont lancé la production locale de ce type d'engins.

 

En Irak, face aux difficultés d'importations, dans un premier temps, de nombreux céréaliers ont choisi de s'adresser à des artisans locaux qui ont construit des kits permettant de transformer les semoirs conventionnels en semoirs pour semis direct.

 

A noter, que les céréaliers souhaitant abandonner la charrue mais n'ayant pas de semoir pour semis direct peuvent se tourner vers des outils tel le « chisel » qui permet également de semer plus vite et à moindre coût tout en obtenant de bons rendements.

 

SEMIS DIRECT, LA MERE DES BATAILLES

Le développement agricole nécessite de réunir de nombreuses conditions (irrigation, organisation des producteurs en coopératives, statut du fermage, soutien aux prix à la production, ...). En la matière, il n'existe pas de baguette magique. Certes, la mise à disposition d'un maximum de semoirs pour semis direct (les estimations sont de l'ordre de plusieurs centaines d'exemplaires) ne résoudra pas tous les problèmes. Mais, il s'agit là d'un passage obligé au développement des cultures non-irriguées. Nous ne pouvons plus nous permettre d'entendre l'habituelle litanie du manque de pluie ou de leur irrégularité. Les travaux australiens ont montré qu'il est possible de produire du blé non-irrigué avec seulement 300 mm de pluie. Quant un responsable local utilise cette excuse, il est nécessaire de lui demander ce qu'il a fait localement afin de faire connaître les nouvelles techniques d'arido-culture dont le semis direct. Sinon, c'est « essayer de vouloir cacher le soleil avec un tamis » comme le dit ce dicton populaire.

 

REUSSIR LA CAMPAGNE 2017

Cette année, dans de nombreuses régions du pays, les pluies automnales sont au rendez-vous. Il s'agit donc de mobiliser tous les moyens matériels afin de permettre aux céréaliers de semer tôt et à moindre coût. Semer tôt permet également de réaliser un désherbage d'automne. Trop souvent nous désherbons trop tardivement nos blés. Cela handicape irrémédiablement le rendement. En climat semi-aride, toute concurrence des mauvaises herbes pour l'eau doit être éliminée le plus tôt possible.

 

Chacun l'aura donc constaté. De part ses nombreux avantages (semer plus vite et moins cher, économiser l'eau du sol) et les cultures concernées (blé dur, blé tendre, orge, pois-chiche, lentille, fourrages), le semis direct représente la « mère des batailles ». Au moment où le montant des importations alimentaires connaissent une augmentation soutenue, à chaque responsable agricole de prendre ses responsabilités.

 

Notes :

(*) Voir l'article d'Amadou Oury Diallo, « Au Mali, la guerre de la farine fait rage ». Jeune-Afrique du 29 octobre 2015. L'auteur partle des farines de contrebande « qui entrent sur le territoire malien via ses frontières du Nord (en provenance d’Algérie) et de l’Ouest (de Mauritanie). Si Bamako est affecté, les grandes villes de l’intérieur du pays comme Mopti, Kayes, Nioro, Kita le sont davantage, si bien que la farine produite dans la capitale n’y est plus commercialisée ! ».

(**) Cet homme est un véritable ami de l'Algérie. Notre pays s’honorerait de lui accorder la reconnaissance de la Nation prévue dans ces cas là.

 

AGRICULTEURS, PROFITEZ DES ORAGES, SEMEZ VOS FOURRAGES !

22.09.2017

L'Office National de météorologie annonce « Des pluies orageuses accompagnées parfois de rafales de vent affecteront à partir de vendredi à 18h jusqu’à samedi à 12h trois wilayas du sud du pays. Les wilayas concernées sont : Adrar, le nord de Tamanrasset et le sud de Ghardaïa. Les cumuls estimés atteindront ou dépasseront localement 30 mm ».

 

- 1 - SEMEZ DE L'ORGE EN VERT ET DU COLZA!

Pour les agriculteurs c'est l'occasion de semer des fourrages d'automne. Une tactique est de semer en sec en espérant des orages (ils arrivent). Bravo à ceux qui auront adopté cette stratégie. Pour les autres rien n'est perdu. Semez de l'orge en vert « g'sill » ou mieux encore du colza que l'on fera ensuite pâturer par les moutons et bovins. Le colza a la particularité de pousser très vite. Cette année, la station ITGC de Sétif a procédé à des essais. Il est à espérer que des semences soient disponibles. Sinon, commandez à l'étranger des semences non-OGM de colza fourrager.

 

- 2 - SEMER EN SEMIS DIRECT

Le travail du sol au cover-crop dessèche le sol. Aussi, l'idéal est de semer vos fourrages avec un semoir pour semis direct. Son travail ne dessèche pas le sol. Votre culture profitera ainsi de toute l'humidité du sol. Si vous n'avez pas de semoir pour semis direct, essayez de transformer un semoir conventionnel ou utilisez un outil à dent tel le chisel. Dans un pays aussi sec que l'Australie, la plupart des céréaliers utilisent cette technique du semis-direct. En prévision des orages de fin d'été, les plus malins gardent toujours quelques sacs de semences pour le fourrage de leurs animaux. Certains sèment même du sorgho juste après un orage et profite de l'humidité du sol.

 

- 3 - FAVORISER L'INFILTRATION DE L'EAU

Il ne faut pas laisser cette eau ruisseler et se perdre dans les chotts. Il faut l'aider à s'infiltrer pour qu'elle alimente vos puits. Créez des obstacles au ruissellement. Sur les oueds, créez des « sed » de dérivation afin que l'eau s'étale sur vos champs. Quand vous semez, semez avec un semoir à dent. Ceux pour semis direct munis de roues plombeuses forment un sillon. La graine et l'engrais sont semés dans le sillon qui collecte l'eau de pluie dès la moindre averse. Semez malin...

 

 

INFLATION A DEUX CHIFFRES, MISEZ SUR LE JARDINAGE

 

Djamel BELAID 22.07.2017

Selon un ancien ministre des finances, le recours à la planche à billet risque de provoquer en Algérie une inflation à deux chiffres et plus. C'est carrément un scénario à la vénézuelliene qui nous est ainsi annoncé. Il est à espérer une remontée rapide du cours du pétrole. Sinon, il ne reste plus qu'à miser sur le jardinage pour réduire vos dépenses alimentaires.

 

PLANTER DES LEGUMES

Si vous avez un bout de jardin, planter des légumes est la chose la plus facile à faire. Le retour sur investissement est rapide. Pas la peine de cultiver un grand espace. Ne soyez pas trop ambitieux, car le jardinage exige un fort investissement en temps. Notamment pour le désherbage. Un conseil, selon la saison, commencez par des courgettes ou des fèves. C'est le plus facile. Même chose pour les tomates et les pommes de terre. Sauf que les pommes de terre exigent beaucoup de place.

Une autre astuce, procurez vous une bâche en plastique transparente et quelques tiges en fer. Formez des arceaux, recouvrez les du film plastique pour créer des tunnels sous lesquels vous cultiverez vos légumes lorsque les températures sont basses. Remarquez que c'est à ce moment là que les prix sont les plus élevés et donc que votre production aura le plus de valeur . Pour arroser, récupérez l'eau de votre cuisine. Il existe des dispositifs simples pour épurer l'eau de la salle de bain et l'utiliser pour l'irrigation du potager. Il est intéressant de récupérer l'eau de pluie en faisant arriver le tuyau de votre gouttière dans un réservoir (fut en plastique).

 

PAS DE JARDIN ? PLANTEZ DANS DES BACS !

Lorsque l'on dispose d'un balcon, d'une terrasse ou d'une cour, il est possible de cultiver dans des bacs. Avec des palettes, confectionner un bac en bois et remplissez le de terre et de terreau horticole que vous pouvez fabriquer en faisant un compost avec vos épluchures de fruits et de légumes. Sachez que 4 pieds de courgettes peuvent produire la consommation d'une famille moyenne pour toute une saison. Quant aux salades, la variété « feuille de chêne » se récolte en enlevant feuilles par feuilles, ce que ne l'empêche pas de pousser. Puis ce n'est pas la surface qui compte mais l'intensification poussée de vos culture. Ainsi, un bac avec une bonne dose de terreau, arrosé régulièrement et disposant d'une ombrière (couverture de roseaux pour réduire la brûlure du soleil) en été et d'une bâche plastique lorsque les températures sont basses peut produire énormément.

De tels bacs peuvent être disposés sous une petite serre en plastique à armature en bois et installés sur votre terrasse. Même par temps de pluie, une tasse de café, un petit poste et une heure de désherbage permet de retrouver sa sérénité après le boulot ou lorsque les enfants sont trop bruyants dans votre 3 pièces. Surtout si vous n'êtes pas accroc aux « moussalssalattes » ou aux « diminos ».

 

UN POTAGER AU BOULOT

Si vous n'avez pas de jardin, pourquoi ne pas installer un potager avec des collègues dans l'enceinte même de votre lieu de travail? Cette tradition a existé dans nombre de domaines auto-gérés lors des années soixante dix. Alors, jeune agronome affecté dans un ces domaines, personnellement, j'avais un petit lopin que je binais après les heures de travail. Pour les administrations et entreprises qui ont souvent de l'espace, ce principe serait à remettre à l'ordre du jour.

 

Dans les années 80, à l’Institut National Agronomique d’El Harrach, un point de vente permettait au personnel d’acheter des fruits et des légumes dont d’excellents « avocats ». Pour la petite histoire, personne ne savait que les avocats qui tombait au sol dans un coin de la cour étaient des fruits qui pouvaient se manger. Ils pourrissaient au sol jusqu'à ce que chacun se rende compte de l'un intérêt. Moralité, sur le littoral, l'avocatier est adapté au climat local.

 

UN BAC DANS MA RUE

Traditionnellement dans nombre de rues de l'intérieur du pays et notamment à l'Est, il est une tradition en été. Elle consiste à mettre une outre en peau de chèvre ou « guerba » pleine d'eau fraîche à la disposition des passants devant les commerces. Pourquoi ne pas poursuivre cette tradition en gérant un bac à légumes à même le trottoir ? Il s'agit du principe de « légumes pour tous » qui se développe à l'étranger. Selon le même principe, au pied d'un immeuble, il est possible de créer des potagers partagés. Les jardins publics municipaux devraient offrir quelques mètres carrés aux citoyens comme le font certains mairies d'arrondissements de la ville de Paris. Les jardiniers des squares de nos villes devraient proposer des cours de jardinage et de compostage des bio-déchets. Pour inciter les urbains à redécouvrir le jardinage, ils pourraient également vendre à prix coûtant « el-nekla », des pieds de tomates, courgettes, poivrons...

 

PLANTEZ DES ARBRES FRUITIERS

Planter des arbres fruitiers permet d'avoir une récolte abondante de fruits. Le fait de disposer d'un figuier par exemple, assure des desserts mais aussi la possibilité de sécher les fruits ou de faire des confitures. Sur le littoral, orangers, mandariniers et citronniers peuvent vous assurer une large production. Il existe des citronniers 4 saisons qui produisent toute l'année. A l'intérieur du pays, un pommier bien mené vous assurera une belle récolte.

Les arbres fruitiers tels la vigne ou le kiwi ne prennent pas de place au sol. Un trou dans le bitume d'un trottoir devant sa maison ou le ciment d'une cour suffit. Pour choisir qu'elle espèce et qu'elle variété planter dans votre région regardez ce qui se fait autour de vous ou demandez conseil à un pépiniériste.

 

REMETTRE EN CULTURE LE LOPIN DU GRAND-PERE

Comme beaucoup d'urbains, vous avez quelques hectares de terre appartenant à votre famille ou à celle de votre conjoint. Alors, c'est le moment de les remettre en culture. Si vous ne vous voyez par déménager dans un proche avenir pour offrir à vos enfants l'air pur de la campagne, commencez par planter des arbres fruitiers et des oliviers. Démarrez aussi un coin potager. Semées à la fin de l'hiver les fèves ne nécessitent pas d'arrosage. Les désherbages et binages peuvent être réalisés lors des week-end. Quant à la récolte, on peut l'étaler sur plusieurs semaines. Elle peut concerner les jeunes gousses, les grosses fèves ou les fèves une fois séchées sur pied.

Mais une telle opération peut-être l'occasion de penser à un retour futur à la terre pour ouvrir des gîtes touristiques et faire du fromage de chèvres.

 

ACHETER EN GROS FRUITS ET LEGUMES AVEC VOS VOISINS

Une solution peut être d'acheter en gros fruits et légumes chez un agriculteur. L'idéal est de se grouper entre membres d'une même famille ou entre voisins. Cela peut être le cas également entre membres d'un même service au boulot en profitant du déplacement régulier d'un véhicule de service. Afin de ne pas rester avec des invendus sur les bras, l'idéal est de se faire payer à l'avance (du moins en partie). Une fois que l'habitude est prise, on peut fidéliser l'agriculteur et les consommateurs et procéder à des « abonnements » avec livraison d'un couffin chaque semaine. On se dirige alors vers un système de type AMAP dont l'association TORBA.dz est l'initiateur en Algérie.

 

PARTICIPER A LA CUEILLETTE DES OLIVES

Un autre moyen consiste à récolter directement au champs. Cette technique est très développée à l'étranger et notamment en France. Les consommateurs ont directement accès aux parcelles de l'agriculteur. Ils récoltent les fruits et légumes dont ils ont besoin puis passent à la caisse. Un tel dispositif pourrait concerner la cueillette des olives. Cette récolte nécessite beaucoup de main d'oeuvre. Des agriculteurs pourraient faire appel aux consommateurs qui récolteraient les quantités d'olives qu'ils souhaitent acheter pour conserver dans des bocaux. Proposez-le aux oléiculteurs de votre région.

 

FAITES DES CONSERVES AU VINAIGRE

Dans les années soixante-soixante dix, les conserves dans le sel ou le vinaigre étaient très répandues au sein des familles. Nombre de ménagères préparaient des olives pour les conserver dans de grandes marmites en émail. Les olives étaient incisées à l'aide d'un couteau puis plongées dans de l'eau qui était renouvelée plusieurs fois afin d'enlever toute amertume. Selon les saisons, d'autres conserves de légumes étaient préparées dans du vinaigre sous le terme de « variante ».

 

ELEVEZ POULES ET LAPINS

Rien de plus facile de nourrir quelques poules pondeuses ou lapins avec des déchets alimentaires et épluchures de fruits et légumes. On peut faire ainsi d'une pierre deux coups. On produit des œufs et on réduit le volume de ses poubelles. Pour se procurer des poules pondeuses, on peut s'adresser à des marchands d'oeufs. Ils disposent de poules pondeuses en « fin de carrière », mais qui pondent encore suffisamment. Je connais une famille nombreuse à Bordj-El-Kiffan dont le frigo étaient toujours plein d'oeufs grâce au poulailler au fond de la cour.

 

FABRIQUEZ VOTRE LIMONADE

Il peut être également possible de fabriquer des soldas. Pour cela, il s'agit de ramener de l'étranger des fontaines à eau gazeuse. Elle se vendent en super-marché autour de 60 euros. Des cartouches de gaz carbonique permettent de gazéifier l'eau. En France, le succès est tel que des associations de soutien à la Palestine en ont profité pour alerter les consommateurs sur la marque Sodastream qui est fabriquée dans les colonies.

 

Voilà, il s'agit de quelques idées. N'hésitez pas à nous contacter pour enrichir le catalogue...

 

 

OLIVIERS: INNOVER EN MATIERE DE RECOLTE.

21.09.2017

Il est intéressant de vendre des olives au kilo en les faisant récolter par les consommateurs. Les oliviers qui se situent en bordure de route sont particulièrement concernés. Cette forme de vente se pratique beaucoup à l'étranger pour la cueillette des pommes ou les fruits et légumes. Elle est à tester par les agriculteurs Algériens et par les consommateurs qui souhaitent faire de la conserve d'olives. Lire l'article ci-dessous:

 

La cueillette des fruits et légumes attire les foules Attainville

24 août 2008 Le Parisien

 

«DANS un contexte économique morose, les consommateurs se tournent cette année, plus que d'habitude, vers ces entreprises agricoles aux prix très compétitifs pour des produits de qualité supérieure, note Françoise Chancel, chargée d'études à la chambre interdépartementale d'agriculture d'Ile-de-France. Les clients ont la certitude de la fraîcheur des fruits et légumes. » Et effectivement, on bat des records de fréquentation dans les cueillettes franciliennes.

 

« Depuis le début de la saison, en mai, nous avons 10 % de clients de plus qu'en 2007 », se réjouit Hervé Thirouin, à la tête, avec son frère Antoine, de la Cueillette de la Croix-Verte, l'une des plus importantes en surface avec ses 48 ha, ouverte depuis trente ans à Attainville, dans le Val-d'Oise. « Même si la météo a un peu retardé certaines récoltes, comme les fraises, nous totalisons actuellement 300 à 400 visiteurs par jour et, le week-end, ce chiffre est multiplié par dix », poursuit l'agriculteur.

 

La baisse du pouvoir d'achat semble expliquer ce regain d'intérêt. Abdelkader, salarié de Fedex à Roissy, sa femme et leurs trois enfants n'hésitent pas à venir chaque été de Creil (Oise). « De deux fois par semaine à une fois tous les quinze jours, selon nos besoins, témoigne ce père de famille de 42 ans. Ça compte dans mon budget plutôt serré ! De plus, je suis certain de la qualité de l'alimentation de mes enfants. »

 

Ainsi, les framboises ramassées reviennent entre 4,20 € et 6 € le kilo. Autres exemples, les pommes se négocient entre 0,60 € et 1,80 € le kilo en fonction de la quantité cueillie. Enfin la salade revient à 0,80 € ou à 0,70 € si le consommateur en achète plus de trois.

 

Avec sa brouette pleine de fraises, de haricots verts, de courgettes, Lucette, la soixantaine, est ravie : « Je viens régulièrement depuis des années de Colombes (Hauts-de-Seine), pour le plaisir de passer quelques heures au grand air, car je n'ai pas de jardin. Et j'ai noté que les tomates coûtaient ici 40 centimes de moins au kilo que dans mon supermarché… »

 

 

CEREALES : REDUIRE EN DOUCEUR LE NIVEAU DES SUBVENTIONS.

D. BELAID. 14.09.2017

Selon la presse nationale, le Premier ministre aurait indiqué à ses interlocuteurs « qu’avant la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, les autorités n’avaient pas de quoi payer les salaires des fonctionnaires pour les deux derniers mois de l’année ». Face à la crise financière que risque de connaître le pays, les pouvoirs publics doivent trouver le moyen de réduire le montant des subventions accordées à l'agriculture. L'exercice est périlleux ; il s'agit en effet de ne pas pénaliser la production et l'élan actuel des investisseurs.

 

Constat. Le secteur agricole procure des emplois des revenus à près d'un million de familles paysannes. Les subventions publiques sont actuellement accordées à tout type d'exploitation quelque soit sa taille. A l'avenir, il pourrait être fait un distinguo selon la taille des exploitations. Les plus grosses exploitations et les plus modernes ont une plus grande capacité d'adaptation. Outre les exploitations, les minoteries bénéficient d'avantages substantiels qu'il s'agit de revoir. Les gains générés par ce secteur agro-alimentaire est tel que l'engouement pour cette activité fait que les capacités installées dépassent de 50% les besoins nationaux.

 

Prix à la production. Il est possible de moduler les prix à la production selon les quantités livrées par exploitation. Exemple : 4500 DA/quintal pour les premiers 500 quintaux, 4200 DA entre 500 et 1000 quintaux, et 4000 DA au delà. Un tel barème est à mettre au point par le MADR. Ces prix pourraient être également adaptés selon les régions climatiques. Les régions les plus sèches pourraient se voir attribuées un bonus.

 

Modulation des aides. Les grosses exploitations pourraient recevoir moins de crédits bonifiés.

 

Grosses exploitations. Il s'agit d'attribuer des avantages compensant le manque à gagner sur les prix à la production et les prêts. Ainsi, des droits à écraser du grain pourraient être attribués. Cela revient à redistribuer la rente céréalière actuellement uniquement détenue par les seules minoteries. Pour cela, selon leur taille, ce type d'exploitations pourrait être invité à s'équiper en petits moulins ou à se regrouper en G.I.E meunerie. Une autre voie peut être la sous-traitance chez des meuniers.

 

Réduction des coûts : Rendre rapidement disponible des semoirs low-cost pour semis-direct. En évitant l'étape du labour, ces engins permettent une réduction de 40% des coûts de mécanisation. Autre avantage, ils permettent une extension des surfaces emblavées.

 

Coopératives céréalières paysannes : Ces coopératives représentent une voie intéressante pour l'intensification (achats groupés d'intrants, recrutement de techniciens, ...). Afin de les développer, il s'agit de trouver des moyens incitatifs (par exemple détachement pour deux ans de postes de techniciens recrutés par la coopérative). On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Autre moyen, attribuer un droit à écraser du grain par le biais du versement de compensations financières liées au soutien des prix à la consommation.

 

CCLS : De nombreuses CCLS seraient déficitaires. Afin de les financer le moyen peut consister à leur attribuer des droits à écraser du grain. Les CCLS pourraient s'équiper en moulins (rachats de moulins privés) ou passer des contrats avec les minoteries privées existantes (leurs installations tournent à 50% de leurs capacités). Les CCLS détiennent un atout considérables, ce sont elles qui détiennent les grains « vous avez les machines, mais c'est moi qui ai le grain).

En parallèle, il s'agit d'autoriser les CCLS à racheter des entreprises en amont (société de réparation de matériel agricole) ou en aval (moulins, fabricants d'aliments pour bétail) sous forme de filiales de droit privé. Cette façon de faire devrait être dévolue à des coopératives paysannes comme cela est le cas à l'étranger. Mais en attendant l'émergence de réelles coopératives (les CCLS ne sont que des dépôts régionaux de l'OAIC affublés du terme de « coopérative ») force est de tenter de confier ce rôle aux CCLS. Auront-elles le management pour passer à cette dimension ?

 

Stockage céréales. Développer le stockage à la ferme afin de réduire les besoins de financement des moyens de stockage des CCLS. Prévoir en échange l'attribution aux céréaliers des bonifications mensuelles. Le trafic du blé importé ré-introduit dans les CCLS par des producteurs peu scrupuleux peut être combattu par de simples analyses visuelles ou bio-chimiques de grains sur les lots incriminés.

 

Minoteries : Jusqu'à présent, l'activité des minoteries a permis à leurs propriétaires de dégager des bénéfices substantiels. En témoigne les capacités installées. Afin de recevoir des quotas de blés importés, les minoteries devraient avoir obligation de développer des réseaux d'appui technique auprès des céréaliers tel celui mis sur pied par le Groupe Benamor. Des laiteries telles Danone-Djurdjura possèdent un savoir faire avec ses éleveurs qu'il s'agirait d'étudier afin de voir ce qui est transposable pour les céréales. Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux minoteries, mais de partager équitablement la rente céréalière. A l'avenir, il s'agirait de réserver une partie des quotas de blés produits localement à des GIE ou coopératives de céréaliers et aux CCLS. Une large concertation entre acteurs de la filière pourrait permettre d'établir divers scénarios.

 

Minoteries, développer de nouveaux marchés. Jusqu'à présent, la plupart des minoteries se sont contentées d'écraser du grain. A l'avenir, face à l'éventualité des subsides publics et afin de faire face aux sur-capacités installées, les minoteries se trouvent dans l'obligation de développer de nouvelles activités. La fabrication des aliments du bétail est prometteuse. Cela nécessite cependant de nouer des partenariats avec les agriculteurs afin de cultiver des protéagineux pouvant remplacer partiellement le soja importé. A noter le volet peu connu de l'incorporation possible d'urée dans l'aliment ovin et bovin. Une autre voie consiste à produire des améliorants autorisés en meunerie et en boulangerie (farine de fèves ou de soja, farine de soja, malt, gluten de blé). Ce secteur est actuellement embryonnaire en Algérie.

 

 

DEVELOPPER DE NOUVEAU DISPOSITIFS DE REDISTRIBUTION

En conclusion, il apparaît que les pouvoirs publics disposent d'une large palette de mesures. Jusqu'à présent les mesures d'aides aux producteurs a essentiellement consister à redistribuer les fruits de la rente gazière. De ce fait les outils utilisés étaient simples. Dorénavant, il s'agit de redistribuer la rente céréalière entre minoteries et agriculteurs. Mais également entre petits et gros céréaliers. Les outils d'intervention nécessitent donc d'être plus élaborés. Cela nécessite de faire preuve d'imagination et d'explorer ce qui se fait à l'étranger. Pour notre part, nos propositions sont à considérer comme des pistes de réflexion qu'il s'agit de discuter entre les différents partenaires de la filière.

 

 

CEREALIERS : REDUISEZ VOS COUTS DE PRODUCTION !

D. BELAID. 14.09.2017

Selon la presse nationale, le Premier ministre aurait indiqué à ses interlocuteurs « qu’avant la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, les autorités n’avaient pas de quoi payer les salaires des fonctionnaires pour les deux derniers mois de l’année ». Face à la crise financière que risque de connaître le pays, les producteurs de céréales doivent s'adapter afin de faire face à d'éventuelles réductions des subventions publiques. Celles-ci sont nombreuses et prennent différentes formes. Ainsi, les prix à la production sont de 4500 DA/quintal, et sont garantis quelque soient les fluctuations sur le marché international. Nombre de crédits sont attribués à des taux anormalement bas. Quant au matériel agricole, il peut être cédé au deux tiers de sa valeur comme c'est le cas des moissonneuses-batteuses SAMPO.

 

Dans un tel contexte, il s'agit donc pour chacun de réduire les coûts d'implantation des céréales. Des solutions existent.

Semences. La solution consiste à n'acheter à la CCLS qu'une partie de ses besoins en semences certifiées. Le but est de produire soit même chaque année des semences de fermes de qualité (blés épurés, grains triés puis traités). Cette façon de faire ne s'improvise pas, elle nécessite un certain savoir-faire. L'idée est de jouer au producteur de semences pour son exploitation, voire pour approvisionner ses voisins. L'achat annuel d'une partie de semences certifiées permet d'accéder à de nouvelles variétés et de régénérer celles cultivées au niveau de l'exploitation.

 

Labour. Le labour est l'un des postes où les dépenses sont les plus élevées. La solution peut être de progressivement travailler une partie des parcelles au chisel. Cette solution a le mérite de la rapidité d'exécution. Cependant, il s'agit de veiller à la qualité du désherbage. Une autre solution est de passer au semis direct (SD). Nombre de concessionnaires importent différents modèles. En absence de semoir pour semis direct, il est possible de transformer un semoir conventionnel en semoir pour semis direct (voir nos dossiers sur ce sujet). Le SD permet de réduire de 40% en moyenne les coût de mécanisation. La rapidité du semis permet de semer à temps ses parcelles et de faire de l'entreprise agricole en semant les parcelles de ses voisins. Le SD nécessite cependant un désherbage adéquat.

 

Engrais : Azote et Potasse, laisser plus de paille sur le champs car elles sont riches en azote et potasse. Azote, intercaler des légumineuses fixatrices d'azote atmosphérique dans la rotation. Phosphore, utiliser du M.A.P ou D.A. P à la place du super phosphate 46%. Le SP 46% est peu efficace en sol calcaire. Localiser les engrais sur la ligne de semis (voir nos dossiers) permet de réduire les doses.

 

Désherbage : En situation semi-aride la concurrence du blé par les mauvaises herbes pour l'eau constitue l'un des facteurs limitants du rendement. Désherber en post-levée dès l'automne. Au désherbage de post-levée, il est intéressant de tester le désherbage de pré-émergence (voir nos dossiers). Attention, ce type de désherbage exige plus de technicité. Pratiquer le désherbage mécanique en binant vos blés avec une herse étrille ou houe rotative. Ces engins peu sophistiqués peuvent être fabriqués chez un artisan soudeur ; (voir nos dossiers et les vidéos d'Arvalis.fr sur you tube).

 

Stockage à la ferme : Revendiquer le droit au stockage à la ferme. Avantages : réduire les frais d'attente lors des livraisons aux CCLS, possibilités de créer des lots homogènes.

 

Technicité : Améliorer le niveau technique revient à augmenter le rendement. Solutions : irrigation, choix variétal, double désherbage chimique, pulvérisation foliaire d'engrais (potasse et phosphore), traitement fongicide sur les variétés sensibles, lutte contre les semences de mauvaises herbes (élimination des « menues pailles, voir nos dossiers).

 

Transformation du grain: Le concept consiste à valoriser sur l'exploitation le grain et ne plus le rétrocéder tel quel. Produire de la farine ou de la semoule bio (voire du couscous bio). Fabriquer du blé malté (améliorant de la farine en boulangerie). Voir le site de la Compagnie Française des Ingrédients et Améliorants. Fabriquer du « frik » à partir d'épis verts de blé dur grillés dont les grains sont concassés (produit très demandé dans le Constantinois).

 

Transformation : Les céréaliers désirant transformer leurs grains en farine ou en semoule doivent revendiquer le droit à bénéficier des mêmes restitutions financières offertes aux minoteries.

 

Qualité du blé dur: Développer une politique de qualité du blé dur par la maîtrise de l'apport d'azote dans le but d'une commercialisation dans un circuit court pour des consommateurs recherchant une semoule de très grande qualité (voire une semoule bio). La difficulté réside dans l'absence de restitutions financières publiques permettant de bénéficier du soutien des prix à la consommation. Il s'agit de viser un marché de niche pour des consommateurs disposant de revenus conséquents.

 

Travailler à plusieurs. Il s'agit d'un moyen efficace afin de réduire les coûts de mécanisation par l'échange de matériel entre exploitations voisines.

 

C'est au chef d'exploitation de choisir en fonction de sa situation, la stratégie à mettre en œuvre.

 

 

IMPORTATION DE BLE "CONTAMINE" PAR L'OAIC.

L'OAIC disposant de plusieurs mécanismes de contrôles nationaux et internationaux, il paraît difficile imaginable que des blés impropres à la consommation humaine ne puisse être détectés. Les autorités font preuves de la plus grande vigilance.

 

Commentaire à propos d'un article paru sur le site en ligne "Algérie-Patriotique" le 12 septembre 2017.

Une des explications possible à cette situation pourrait venir des exigences différentes de l’OAIC et du GASC (l’autorité publique chargée des importations en Egypte) quant aux qualités boulangères du grain.

 

1 – PLUS DE PROTEINES POUR LES EGYPTIENS : L’OAIC tolère des blés avec un taux de protéines de 10,5% alors que le GASC demande un minimum de 11%. Cette différence a une conséquence sur la qualité du pain qui est produit. Cependant, il faut remarquer que l’Algérie possède une production de blé tendre de qualité (haut taux de protéines) ce qui permet aux minoteries qui le souhaitent de faire des mélanges améliorants. Notons que les types de pains fabriqués en Algérie et en Egypte sont différents et donc n’exigent pas les mêmes types de farine. A noter que l’OAIC a dans son cahier des charges des critères liée à la panification (W, rapport P/L, Zélény) que n’a pas le cahier des charges égyptien. En panification, alors que l’OAIC exige un Hagberg à 240, l’Egypte se contente d’un indice à 200.

 

2 – MOINS D’HUMIDITE POUR LES EGYPTIENS : Par ailleurs, le GASC demande des blés ne contenant que 13% d’humidité contre 14% pour l’OAIC. L’intérêt réside dans une économie de poids lors du chargement des bateaux. Cet intérêt est d’autant plus intéressant dans le cas égyptien que la distance entre Rouen (principal port exportateur français) et Le Caire est plus grande qu’entre Rouen et Alger. D’autant plus que les chargements égyptiens se font souvent sur des bateaux de 60 000 tonnes contre 25 000 tonnes pour l’Algérie.

 

3 – MEUNIERS EGYPTIENS, LA PEUR DES PENALITES : Selon des experts français, « l’humidité est en tête des reproches des meuniers égyptiens envers le blé français ». Concernant la filière subventionnée, le GASC pénalise les meuniers sous contrats utilisant des blés dépassant la norme d’humidité de 13%. Or, il faut savoir que pour une minoterie qui écrase 300T par jour, une différence de 1% sur le taux d’humidité entraîne des pénalités correspondant à 4000 euros par mois.

 

4 – AMELIORATIONS DES EXIGENCES DU GASC: Signalons enfin que l’Egypte s’est habitué à importer des blés venant de la mer Noire (Russie, d’Ukraine et de Roumanie). Il a souvent été reproché à ces blés d’être parfois infestés de punaises qui aspirent une partie du grain et rendent ainsi la farine de mauvaise qualité. Ces blés sont cependant moins humides et plus riches en protéines que les blés français. Ces deux critères ont progressivement rendu le GASC plus exigeant. Il faut dire qu’en matière de laxisme, le GASC a longtemps traîné une triste réputation. Pour preuve cette anecdote que nous a raconté, il y a quelques années, un céréalier français. Sa fille avait eu l’occasion de voir une cargaison de blé français accostant dans un port égyptien. A son retour en France, elle avait confié à son père « j’ai honte des blés que nous expédions en Egypte ». Depuis, il semble que la filière française met les bouchées doubles afin d’améliorer les qualités boulangères des blés qu’elle exporte. Ce pari semble cependant difficile ; les céréaliers ayant longtemps été habitués à faire de la quantité afin de résister à la baisse des aides européennes.

 

5 – QUALITE DES CONTRÔLES DE L’OAIC : L’OAIC dispose de moyens de contrôles de qualité. Il y a deux ans, lorsque les pluies de juillet ont provoqué de la germination sur pied du blé français, l’OAIC a considérablement réduit les achats de blés français. En effet, un blé germé donne une farine difficilement panifiable (faible temps de chute de Hagberg) même en la mélangeant avec d’autres blés. L’OAIC dispose de moyens de contrôles au niveau de laboratoires d’analyses. Le risque de contaminations par des mycotoxines (déoxynivalénol ou « D.O.N) ou des métaux lourds (Cadmium) est à surveiller. Concernant le D.O.N, le seuil est fixé à 1250 micro-grammes par kilo de grains en alimentation humaine. Les contaminations sont présentes lors des années humides en cas de développement de fusariose sur le grain. Arvalis, organisme technique, conseille les agriculteurs français de traiter contre la fusariose lors d’épisodes pluvieux en fin de cycle. Concernant des contaminations par de graines de petites tailles (coquelicot), les minoteries possèdent des tamis qui permettent facilement leur élimination.

 

6 – L’OAIC EN RETARD SUR LE SEMIS DIRECT : Si des critiques sont à formuler à l’OAIC, elles le sont plus concernant l’appui technique à la production. Si l’emploi de l’irrigation et de semences certifiées ont été développés par cet office, ce n’est pas le cas de la céréaliculture en sec. L’apparition de la technique dite de « semis-direct » (SD) est un moyen de produire mieux tout en réduisant le coût de mécanisation et en semant plus vite donc en réduisant les terres en jachère. L’OAIC a certes importé plusieurs semoirs SD. Mais face au retard pris dans la fabrication locale de semoirs SD par CMA-SOLA (Usine de Sidi Bel-Abbès), il semble que l’OAIC devrait nouer des partenariats avec des opérateurs publics ou privés locaux ou étrangers afin de rendre disponible le plus rapidement possible des semoirs SD low-cost. Le nouveau ministre de l’Agriculture pourrait se saisir de ce dossier capital qui ne concerne pas seulement le blé, mais l’orge, les fourrages et les légumes secs. Il pourrait ainsi marquer d’une pierre blanche son passage dans un ministère où la durée d’exercice ne se compte plus en années mais en mois.

Djamel BELAID Ingénieur agronome.

 

 

Mr HOCINE NECIB A SETIF, NE PAS OUBLIER LA LUTTE CONTRE L'ENVASEMENT

D. BELAID 11.09.2017

Selon Algérie Presse du 11 septembre 2017, « Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a indiqué dimanche à Sétif qu'un travail "est en cours" pour concrétiser des projets inhérents à la création d'espaces touristiques près des barrages. » On ne peut que se féliciter que des espaces récréatifs soient créés à proximité des centres urbains.

 

LUTTER CONTRE L'ENVASEMENT

On aurait aimé que Mr le Ministre aborde la question de la lutte contre l'érosion, source principale de l'envasement des barrages. Sur les bassins versants de ces barrages, le pâturage par les moutons et le labour doivent être strictement limités, voire dans le cas des fortes pentes, INTERDITS. Aussi, il s'agit de proposer aux populations locales des techniques de remplacement plus respectueuses de l'exploitation agricole des sols. Ce n'est pas en se gargarisant de "l'adoption d'une application électronique appelée "Barrages Dzaïr", qu'on résoudra l'envasement. La lutte contre l'envasement se mène sur le terrain, et non pas derrière des ordinateurs dans des bureaux climatisés.

 

TENIR COMPTE DU BESOINS DES POPULATIONS

En limitant ou en proposant des reconversions aux populations locales des bassins versants, celles-ci rendent un service écologique à la société (réduction de l'envasement). Ce service rendu à la société devrait donc être rétribué à sa juste mesure. Voir l'étude "les paiements pour Services Ecologiques ou la reconquête de la Mâamora par ses habitants?".

 

Said Lahssini et Sarah Vanuxem, « Les Paiements pour Services Écologiques ou la reconquête de la Mâamora par ses habitants ? », Développement durable et territoires [En ligne], Vol. 7, n°1 | Avril 2016, mis en ligne le 11 avril 2016, consulté le 10 septembre 2017. URL : http://developpementdurable.revues.org/11165 ; DOI : 10.4000/developpementdurable.11165

 

UTILISER LA MATIERE GRISE DZ

L'Algérie compte de nombreux spécialistes de la lutte contre l'envasement. Il serait bon de faire appel à eux. Si les dernières pluies peuvent faire reculer le spectre du manque d'eau, nul doute qu'avec le réchauffement climatique, la question se reposera et de manière plus ardue.

 

 

GIPLAIT : POUR DES PRIMES D'INTERESSEMENT AUX COLLABORATEURS DES FERMES PILOTES.

 

D. BELAID 10.09.2017

Selon l'APS, du 9 septembre : « Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, a exhorté les dirigeants du groupe Giplait de fournir plus d'efforts et d'engagements pour le développement de la production nationale du lait afin de participer à la réalisation de l'objectif du pays de réduction des importations de poudre de lait et ses dérivées. » On ne peut que se féliciter d'une telle mesure. Cela amène cependant à quelques remarques.

 

POUR UN MANAGEMENT MODERNE DES FERMES PILOTES

La production de lait au niveau de GIPLAIT devrait être confiée, à des fermes pilotes. Or, l'élevage de vaches laitières nécessite une attention de chaque instant. Il s'agit donc d'arriver à former à ce type d'activités un personnel technique consciencieux et dévoué. Malgré le dévouement du personnel des fermes pilotes, il serait illusoire de penser qu'on puisse développer sur des bases administratives une telle production. Aussi, il serait bon de penser à attribuer aux collaborateurs des fermes pilotes de substantielles primes indexées selon le niveau de production atteint. Il serait en effet plus logique que des éleveurs laitiers algériens bénéficient des efforts des pouvoirs publics. Actuellement ce sont des éleveurs bretons ou néo-zélandais qui en profitent.

 

L'URGENCE DE L'AMELIORATION DE LA PRODUCTION DE FOURRAGES

Dans l'élevage moderne, une vache laitière est avant tout une « usine à lait » améliorée génétiquement pour produire selon les quantités d'aliments qui lui sont fournies. Cela pose la question des moyens matériels et techniques que vont mettre en œuvre ces fermes pilotes. Il s'agit de mettre en place une diversification fourragère, de calendriers fourragers et de moyens modernes de semis, de récolte et de conservation des fourrages.

 

Rappelons qu'en matière d'autonomie fourragère, un moyen d'aider les petits producteurs de lait installés en « hors-sol » est de favoriser leur accession à la terre. Si la productivité des petites exploitations reste encore faible, l'élevage laitier est une source de revenu à de nombreuses familles.

 

AIDER LES PETITS ET MOYENS ELEVAGES

Outre les fermes pilotes, la cheville ouvrière de la production laitière est constituée par une multitude de petits et moyens producteurs laitiers. Afin que ces derniers augmentent leur production, il s'agit de leur garantir une marge financière conséquente. On cette marge est régulièrement rognée par les intermédiaires en tout genre (producteurs de fourrages et d'aliments pour bétail, vendeurs de médicaments vétérinaires, maquignons, certaines laiteries privées …). La solution passe par la constitution de coopératives d'éleveurs capables d'assurer l'approvisionnement en intrants et la transformation du lait. Le Ministre de l'agriculture sera-t-il capable d'obtenir des avantages financiers, juridiques ou organisationnels permettant d'impulser un réel développement de coopératives laitières paysannes?

 

MOBILISER LES COMPETENCES UNIVERSITAIRES LOCALES

La situation actuelle de la production nationale de fourrages et de lait pose également la question de la recherche-développement en Algérie. Comment se fait-il que nous ne produisions pratiquement pas localement de produits vétérinaires ? Comment expliquer le peu d'application des résultats de la recherche agronomique locale (production de fourrages implantés par semis-direct, utilisation du colza fourrager, complémentation des rations par de l'urée produit localement en abondance par notre industrie chimique, …). Rappelons que la complémentation partielle des rations azotée par de l'urée est largement pratiquée en Europe. Elle permet une économie sur les quantités de soja importé à donner aux animaux.

Plusieurs universitaires ont montré qu'à partir de sous-produits du secteur agro-alimentaire (grignons d'olives, son, résidus d'usines de tomates, drêches de brasseries, mélasse, ...), on pouvait élaborer des aliments pour bétail à haute valeur nutritive se substituer à l'importation.

 

EMBAUCHER DES CHEFS D'ETABLE TUNISIENS ET EUROPEENS ?

A propos de partenariat étranger, l'exemple des ouvriers spécialisés marocains qui ont aidés au développement local de serres canariennes mérite toute l'attention. Ne devrait-on pas recruter des chefs d'exploitation ou des chefs d'étables étrangers  afin d'assurer un transfert de technologie de base? Notre production laitière est handicapée parfois pour des gestes simples qui ne sont pas effectués. Gestes qu'il nous faut inscrire dans la durée. A cet égard, il serait intéressant de se pencher sur l'exemple tunisien. Nos voisins sont récemment devenus auto-suffisant en production laitière. Si la politique des pouvoirs publics tunisiens a été déterminante, l'action du Groupe Danone l'a été également. Son mode de fonctionnement peut être une source d'inspirations pour les décideurs Algériens.

 

LAITERIES PRIVEES, POUR PLUS D'APPUI TECHNIQUES AUX ELEVEURS !

Concernant les laiteries privées locales, certaines ont développé un accompagnement multiforme des éleveurs. Le but est de mettre la main sur les plus grandes quantités « d'or blanc » possible dans leur bassin de production. En attendant le développement de coopératives d'éleveurs capables de faire concurrence à ces appétits démesurés, il devient urgent d'étudier ces différents types d'accompagnement afin de généraliser ceux qui sont plus intéressants. Des laiteries telles Soummam, Danone-Djurdhjura ou d'autres situées dans le Cheliff apportent en effet un réel plus aux éleveurs. L'expérience des laiteries les plus dynamiques montre que les clés du succès viennent de l'aide au financement des étables et de la formation des éleveurs.

 

ELEVAGE PERI-URBAIN , FORMALISER L'INFORMEL

La presse nationale et quelques études universitaires ont récemment dénoncé le colportage, pratique de nombreux petits éleveurs qui commercialisent selon des circuits courts du lait et des produits laitiers dans des conditions sanitaires parfois douteuses. Ces éleveurs approvisionnent des familles, des cafés et des points de ventes urbains. Ils se détournent des laiteries. Il est évident qu'il est nécessaire de veiller à la santé des consommateurs. Cependant, ce serait une erreur de criminaliser ce secteur informel. Il s'agit de trouver les moyens d'améliorer les pratiques de ces petits éleveurs pourvoyeurs d'emplois autour des villes. Aux techniciens et vétérinaires de s'adresser de façons spécifiques à ces éleveurs afin de vulgariser les techniques modernes.

 

LAITERIES PRIVEES, UNE REDOUTABLE EFFICACITE

Les laiteries privées constituent de redoutables machines à faire du cash. Cela est tellement vrai que le secteur du lait a même amené des entreprises étrangères à s'installer en Algérie. Le PDG de Laiterie Soummam révèle qu'il est souvent approché par de grands groupes internationaux souhaitant lui racheter son activité. A partir de la poudre de lait et du lait qu'elles collectent, certaines d'entre elles bâtissent des fortunes et financent leur développement grâce aux aides accordées par l'Etat. Parmi ces laiteries, Danone-Djurdjura constitue un cas à part. Cette laiterie par la qualité de l'appui technique aux éleveurs. Elle innove en classant par exemple ses adhérents selon les quantités de lait livrées et leur sérieux (régularité et qualité des livraisons). Certains éleveurs reçoivent même le statut de « V.I.P ».

nb : voir notre dossier « Danone » dans la rubrique « Filière Lait ».

 

DEVELOPPER LES LAITS VEGETAUX

Enfin, au côté de la production de lait de vache, il s'agit de développer des laits végétaux lait de soja, d'avoine, de riz, d'amande). Dans les pays européens ce type de lait se développe. Les consommateurs Allemands en font une large utilisation. Par ailleurs, le lait de soja permet même de fabriquer des yaourts et des desserts type « Danette ». Par ailleurs, il s'agit de procéder à une réflexion sur le long terme. Nos conditions climatiques nous permettent-elles de suivre le modèle français de forte consommation de lait et de produits laitiers ? Est-il bien raisonnable, dans un pays semi-désertique et désertique de vouloir approcher la consommation de yaourts par le consommateur algérien au même niveau que le consommateur français comme en rêve le PDG de Danone-Djurdjura dans une récente interview?

 

 

HYGIENE ET QUALITE DES LITIERES DANS LES ETABLES

La question de l'hygiène des élevages a plusieurs fois été soulevée par des universitaires et notamment par les techniciens bretons du projet « ALBAN ». Un renouvellement plus fréquent des litières dans les étables ainsi que l'emploi de désinfectants réduiraient les dramatiques cas de mammites. Ces derniers se traduisent par un emploi massif d'antibiotiques et par la réduction de la production de lait par animal. Les cas les plus graves pouvant conduire jusqu'à l'arrêt de la production.

Le coût de la paille utilisée comme aliment peut expliquer la relative faible fréquence de changement des litières. La société « Algerian Bovines » innove en proposant des litières en caoutchouc. De telles solutions seraient à rechercher en recyclant de vieux pneus voire en produisant des litières à base de copeaux en broyant des arbustes... L'avantage est également de réduire les cas de boiteries.

 

MADR, QUELLE MARGE DE MANOEUVRE POUR LE MINISTRE ?

On ne peut que souhaiter plein succès au nouveau ministre de l'agriculture. Le secteur agricole local dispose aujourd'hui de moyens humains nombreux. Afin de développer des coopératives laitières, les élites rurales (retraités, employés, chômeurs diplômés, jeunes...) sont d'un soutien précieux. Car, c'est avant tout aux producteurs de prendre leur destin en main. En ces temps de difficultés financières, c'est aux éleveurs à trouver les moyens de protéger leurs marges financières et d'ajouter de la valeur ajoutée à leurs productions en investissant le secteur de la transformation.

Quant au Ministre aura-t-il les moyens d'agir sur les leviers clés tels : meilleur accès à la terre des éleveurs en hors sol, impulsion de G.I.E et coopératives laitières, primes d'intéressement aux collaborateurs des organismes publics ? Saura-t-il travailler avec des organisations professionnelles embryonnaires et les laiteries privées dont l'efficace Danone? Certaines actions doivent s'inscrire dans le temps. Or, ces derniers années, la durée moyenne d'exercice d'un Ministre de l'agriculture s'est comptée en mois. Raison de plus pour identifier les nœuds d'étranglement et agir sur les plus faciles à démêler...

 

 

nb : Comme l'ONAB ou l'OAIC, GIPLAIT a entre ses mains de lourdes responsabilités économiques. A la lecture des sites internet de ces trois groupes publics, on peut être effaré par la pauvreté du contenu mis en ligne et notamment des conseils techniques dispensés aux producteurs et à la filière lait en général. Ces sites ne sont que très rarement actualisés. Or, à l'ère de la 3 G, nombre de producteurs sont connectés et sont avides de connaissances techniques. Il serait temps de remédier à cette désastreuse situation.

 

 

AGRICULTEURS, PROFITEZ DES ORAGES, SEMEZ VOS FOURRAGES !

B. Djamel 07.09.2017

 

L'APS annonce « Des averses de pluie localement assez marquées sur les wilayas de l'Est à partir de cet après-midi ». Pour les agriculteurs c'est l'occasion de semer des fourrages d'automne. Une tactique est de semer en sec en espérant des orages (ils arrivent). Bravo à ceux qui auront adopté cette stratégie. Pour les autres rien n'est perdu. Semez de l'orge en vert « g'sill » ou mieux encore du colza que l'on fera pâturer par les moutons et bovins. Le colza a la particularité de pousser très vite. La station ITGC de Sétif a procédé à des essais. Il est à espérer que des semences soient disponibles.

 

SEMER EN SEMIS DIRECT

Le cover-crop dessèche le sol. Aussi, l'idéal est de semer vos fourrages avec un semoir pour semis direct. Son travail ne dessèche pas le sol. Votre culture profitera ainsi de toute l'humidité du sol. Dans un pays aussi sec que l'Australie, les céréaliers utilisent cet technique du semis-direct. En prévision des orages de fin d'été, les plus malins gardent toujours quelques sacs de semences pour le fourrage de leurs animaux.

 

LE COMMUNIQUE DE L'APS.

Communiqué de l'APS repris par El-Watan : « Des averses de pluie localement assez marquées , accompagnées parfois d'orages et de rafales de vent, affecteront à partir de jeudi après-midi plusieurs wilayas de l'Est du pays, selon un bulletin météo spécial (BMS) émis par l'office national de météorologie.

 

Les wilayas concernées sont Bejaïa, Sétif, Brodj Bou-Arréridj, Nordde M'Sila, Mila, Constantine, Guelma, El Tarf, Souk Ahras, Oum El-Bouaghi, Batna, Khenchela et Tébessa. Les cumuls estimés atteindront ou dépasseront localement les 30 mm durant la validité de ce BMS qui s'étalera du jeudi de 12H00 à 21H00. » APS.

LA PRIORITE: TRIER VOS SEMENCES

A PROPOS DU MANQUE D'EAU A ANNABA

D. BELAID 4.09.2017

La presse rend compte d'un manque d'eau à Annaba. Quelques propositions à ce sujet :

 

1 - LUTTE CONTRE L'ENVASEMENT DES BARRAGES : En climat-semi aride, l'envasement des barrages est un réel problème. Outre les conditions climatiques, les activités des agriculteurs peuvent avoir une influence négative (déforestation, labour, pâturage excessif). Ces risques et les solutions sont connues des cadres des ministères concernés et de nos universitaires.

 

2 – PROTEGER LES BASSINS VERSANTS : L'exemple de Annaba montre qu'il faut d'urgence développer des actions de protection des bassins-versants de nos barrages. L'information et l'association des populations paysannes vivant dans ces zones est indispensable afin d'assurer le succès de ce type d'opérations.

 

3 - INTERDIRE LE LABOUR : sur les bassins les labours doivent être interdits. Ils peuvent provoquer annuellement l'érosion de plus de 4 T de terre par hectare. Terre qui se dépose dans les barrages. Le labour peut être remplacé par des semoirs spéciaux permettant un semis direct sous couvert.

 

4 – REGLEMENTER LE PATURAGE : Les zones non cultivées du bassin versant doivent être interdites au pâturage intensif. Celui-ci doit être mené de façon à maintenir une végétation retenant le sol. Seule cette végétation peut protéger le sol des pluies torrentielles.

 

5 – DEVELOPPER LA RECHARGE DES NAPPES : Il existe différentes méthodes afin de capter l'eau de ruissellement de pluie. Des obstacles à ce ruissellement permettent une recharge naturelle ou artificielle des nappes phréatiques. Notre pays est particulièrement en retard par rapport aux façons de faire de nos voisins immédiats.

 

6 – TOILETTES SECHES : Ceci dit, pour un habitant de Annaba résidant au 4ème étage d'un immeuble de telles mesures n'assureront pas le retour immédiat de l'eau. La question posée est donc de mieux utiliser l'eau potable. Il existe divers moyens. Faut-il utiliser de l'eau potable dans les toilettes ou pour laver nos voitures? Ne peut-on penser à une simple eau de pluie ou aux « eaux grises » nettoyées venant de nos salle d bain? Dans les écoles, lycées et universités, … pourquoi ne pas développer des toilettes sèches ? Il s'agit de développer des systèmes innovants tels la récupération de l'eau due pluie sur les terrasses des habitation.

 

7 – EAU, POUR UNE VERITE DES PRIX : Que ce soit en Algérie ou à l'étranger, différentes études montrent qu'un consommateur ne change d'habitude que sous deux conditions : l'éducation à l'économie d'eau, le toucher au porte-monnaie. Aussi, concernant l'eau, l'augmentation du prix de l'eau est un mal nécessaire. Cependant, il s'agit d'opter pour un régime dégressif protégeant les ménages mais pénalisant les gros consommateurs.

 

Djamel BELAID Ingénieur agronome.

 

PREPARER LA CAMPAGNE LABOUR-SEMAILLES

Djamel BELAID 5.09.2017

 

PRODUIRE PLUS DE SEMENCES CERTIFIÉES

Les fermes pilotes, stations ITGC, agriculteurs multiplicateurs et CCLS produisant des semences certifiées sont à félicitées. Grâce à l'ensemble de ces efforts l'utilisation de semences certifiées progressent. Ces semences permettent de meilleurs rendements.

 

AMELIORER LA PRODUCTION DE SEMENCES DE FERME

Un grand nombre d'agriculteurs utilisent encore des semences de ferme. Il s'agit de les aider à s'équiper afin de mieux trier leurs semences et afin de les traiter. Pour cela, il s'agit d'importer puis de fabriquer des trieurs de semences. Ceux pourraient être mobiles et aller de ferme à ferme. Quant au traitement des semences contre les maladies et insectes, une simple bétonnière peut servir afin de réaliser le mélange adéquat.

 

NE PLUS UTILISER L'EXPRESSION CAMPAGNE LABOUR-SEMAILLES

Le terme de «labour-semailles » est impropre. En effet, certaines exploitations céréalières ne labourent plus leurs parcelles. Elles pratiquent le semis-direct. Cette technique permet de protéger le sol de l'érosion et d'améliorer la fertilité du sol. Les rendements sont meilleurs, surtout en années sèches et les coûts de carburant sont réduits. Autre avantage, le travail est plus rapide et permet de semer le blé et l'orge à temps. Il faut savoir que tout retard de semis se traduit par une perte de rendement.

 

TRANSFORMER SON SEMOIR

L'avantage du semis direct est tel que, chaque fois que cela est possible, nous conseillons à tout céréalier de transformer son semoir conventionnel en semoir pour semis direct. Certains vieux épandeurs d'engrais peuvent également être ainsi transformés. On trouvera sur internet des informations en ce sens en consultant les travaux des experts australiens et syriens au sein de l'ICARDA*.

 

OU EN EST LA PRODUCTION DU SEMOIR BOUDOUR ?

Tout agriculteur, responsable agricole, wali ou sous-préfet doit se préoccuper de la disponibilité en semoir pour semis-direct afin de garantir le succès de la campagne de semis des céréales. L'une des premières préoccupations est de se renseigner sur le niveau d'avancement des semoirs « Boudour » au niveau de l'unité CMA-SOLA de Sidi Bel-Abbès. Après la production d'un prototype, c'est le black-out total. Rappelons qu'en Syrie, entre 2006 et 2011, avec des moyens très simples, 7 ateliers de ferronnerie ont produit 92 semoirs pour semis-direct.

 

DISPONIBILITÉ EN TRACTEURS

Afin d'améliorer la disponibilité des tracteurs, il serait intéressant de développer les cercles d'échanges de matériel. Ces cercles peuvent couvrir une petite région. Chaque adhérent indique le matériel qu'il met en location. Grâce à internet ou le téléphone portable, un animateur met alors en relation demandeurs et offreurs. Il s'agit de « bourses de matériel » qui peuvent être développées au sein de Chambre d'Agriculteurs ou par des opérateurs privés moyennant une commission.

Notes :

(*) taper sur google les mots clé « zero till, seeder, Icarda, Syria, Iraq »

 

 

Vers le relance de l’activité d’importation de bovins

D. BELAID 22.08.2017

Selon la presse, Le ministère de l’Agriculture relance l’activité d’importation de bovins.

 

Avec cette augmentation du cheptel bovin, il s'agit d'assurer plusieurs facteurs de réussite.

1 - UNE PRODUCTION ACCRUE DE FOURRAGES, ce qui nécessite une meilleure accessibilité à la terre pour les petits éleveurs, plus de kits d'irrigation, une plus grande disponibilité en matériel de récolte et une diversification des fourrages (nous sommes loin d'avoir exploité toute la palette des possibilités).

2 - UNE MEILLEURE RENTABILITE DES ELEVAGES, cela passe par une meilleure technicité (l'Etat ne peut toujours relever les prix à la production). Cela passe également, pour les petits élevages, par une aide à la transformation artisanale des produits laitiers. Au lieu de criminaliser cet "informel", que les techniciens expliquent aux petits éleveurs comment transformer leur lait sans risque pour le consommateur.

3 - UNE GENERALISATION DE L'APPUI TECHNIQUE DES LAITERIES, certaines laiteries Danone, Soumam ou dans le Cheliff aident techniquement et financièrement les éleveurs. Là est une des clés du succès.

4 - ASSISSES NATIONALES DU LAIT, il nous faut également écouter les éleveurs et les cadres de terrain. Ils ont des suggestions. Pourquoi pas des Assises nationales du lait?

 

 

SOCIETE AMS-MB

Djamel BELAID 23.07.2017

Selon l'APS, la société AMS-MB livre 227 véhicules de marque Mercedes Benz ministère de la Défense

DES CONSTRUCTIONS STRATEGIQUES POUR LE PAYS

On ne peut que féliciter le MDN de produire localement des engins assurant la surveillance des frontières. Il est d'autres secteurs nécessitant de tels efforts. Ainsi, notre agriculture a un besoin urgent de semoirs low-cost pour le semis direct du blé et des légumes secs. Le dossier est entre les mains de CMA-SOLA, mais semble stagner. Questionnée par nos soins et par mail ces derniers jours, la firme SOLA (Espagne) nous a répondu par un laconique "Vacaciones" (en vacances). Il serait urgent de le confier à une entreprise du MDN et d'associer les constructeurs privés nationaux. La technologie de fabrication est ultra-simple et les plans sont sur internet*.Si on considère notre dépendance alimentaire et les risques encourus, on peut dire qu'une meilleure disponibilité de ces semoirs équivaudrait à une escadrille de Sukhoi les plus modernes.

 

INFORMER LE NOUVEAU TITULAIRE DU MADR

Il est à espérer que les conseillers du nouveau ministre de l'agriculture transmettent le dossier de la construction de semoirs low-cost pour semis direct à leur patron. Considérant la vitesse de renouvellement des ministres à ce ministère, ce serait une façon de laisser sa marque et d'apporter un plus au pays. Ceci dit, tout bricoleur avisé maitrisant la soudure peut démarrer un atelier de fabrication de ces engins. Il est même possible de fabriquer des kits pour transformer les semoirs conventionnels en semoirs pour semis-direct.

Djamel BELAID. Ingénieur agronome.

(*) taper sur internet "The Practical Implementation of Conservation Agriculture in the Middle East.". Le dossier comprend des schémas et photos qui le rende accessible à tous. Une version en langue arabe est en ligne sur le site de Icarda.org.

 

PRIVATISATION DES MINOTERIES PUBLIQUES

Selon la presse, Mr Ahmed Ouyahia suggère de privatiser les entreprises publiques en « difficulté » dont les minoteries. Il nous semble qu'en cas de vente, celles-ci doivent pouvoir être rachetées, partiellement ou entièrement, par des CCLS dynamiques ou par des groupements privés de céréaliers organisés en GIE. Pourquoi, ce choix et cette absolue nécessité?

1 - car, vu notre climat, notre céréaliculture est structurellement peu rémunératrice, or dans bon nombre de pays, les céréaliers sont organisés en coopératives propriétaires de moulins,

2 - car ce sont les céréaliers et les CCLS qui détiennent les récoltes produites localement,

3 - car la transformation du blé dur en semoule puis éventuellement en couscous ou en pâtes alimentaires génère des profits appréciables,

4 - pour cela, les pouvoirs publics doivent accorder les mêmes avantages financiers aux CCLS et à d'éventuels GIE céréaliers,

5 - ainsi, au lieu d'injecter régulièrement des subventions dans la production de blé, les pouvoirs publics pourront faire émerger une filière blé dur indépendante financièrement,

6 - générant plus de profits, les céréaliers investiront alors plus dans l'intensification céréalière au lieu de faire du mouton sur leurs terres à blé.

 

CONCLUSION: il ne s'agit pas de conseiller aux céréaliers de ne pas livrer leurs grains aux CCLS, mais d'exiger (via des subventions) la possibilité de le transformer en semoule. Les céréaliers possèdent un argument de poids: ce sont eux qui détiennent les récoltes. A eux d'essayer de voir un peu plus loin que le bout de leur nez. Leur métier dépasse le simple cadre de la parcelle, il englobe la gestion de l'exploitation (vision stratégique à moyen terme) et concerne également la filière.

Djamel BELAID. 18.06.2017.  

FOOTBALL:

La carrière de BELAID Bachir (Voir  rubrique "Alimentation et santé").

BELAID Bachir en 1954, membre de la Sélection d'Afrique du Nord (1er rang à gauche).

Apperçu sur la carrière du footballeur BELAID Bachir.
Un dossier sur la carrière du footballeur BELAID Bachir. Pour toute utilisation du fonds documentaire de la famille BELAID, nous contacter.
Brochure BELAID Bachir.pdf
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HOMMAGE à H. Kharchi, voir rubrique "portrait" ou vidéo ci-dessous.

Pétition ENSA
Une pétition pour la ré-intégration d'enseignants de l'ENSA.
PétitionENSA.odt
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FAIRE DU SUCRE AVEC DE L'ORGE?

SUCRE

FAIRE DU SUCRE AVEC DE L'ORGE?

26.01.2017

Les fabricants de bière fabriquent du malt à partir de certaines variétés d'orge. Ils font fermenter les grains. Mais avec le malt, on peut fabriquer un sirop sucré riche en maltose (sucre). Ce sirop de maltose peut être utilisé dans l'agro-alimentaire. Il est par ailleurs conseillé aux diabétiques. Nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet capital. 

REVUE

ALTERNATIVES RURALES

26.01.2017

La revue Alternatives-Rurales.org poursuit son chemin, avec depuis juin 2016 une inscription dans le Directory of Open Access Journal. Les articles du numéro 4 de la revue Alternatives Rurales

abordent trois thématiques. Cette revue est en ligne. Nous conseillons vivement sa lecture.

 

 

CEREALES

Mr le Ministre de l'Agriculture, le semoir "Boudour" de CMA-SOLA mérite toute votre attention.

 

Avril 2016 Actualisé Novembre 2016

Nos responsables n'ont à la bouche qu'un seul mot d'ordre pour augmenter la production de blé: l'irrigation d'appoint.

Certes, c'est très intéressant, mais on ne peut tout irriguer.

Et parfois nos barrages ne sont remplis qu'à moitié.

1-En grande culture, contre la sécheresse, il faut savoir économiser l'eau du sol.

2-Le labour dessèche le sol,

3-Il faut donc utiliser le semis direct (SD), puis ainsi on sème plus vite,

4-Les gros semoirs SD coûtent cher et le mazout a augmenté de prix,

5-La solution passe donc par l'importation de semoirs SD de Syrie, Irak, Jordanie ou la construction locale.

6-L'icarda a montré à ces pays comment construire pour 1500$ des semoirs SD à dents adaptés aux zones semi-arides.

7-Faites vite! Ramenez aussi des experts de ces pays pour des missions auprès de CMA.

8-Il faudrait qu'une centaine de ces semoirs SD soient disponibles en Algérie avant les prochains semis.

9-Contactez ces pays et passez commandes

10-Puis, demandez à CMA-SOLA d'assurer une production massive  du semoir "Boudour". Semoir qui doit être testé au plus vite et s'inspirer des techniques australiennes (formation d'un sillon collecteur d'eau de pluie).

 

Djamel BELAID

Ingénieur Agronome.

 

CEREALES

SEMIS DIRECT: FABRIQUEZ VOTRE SEMOIR

D. BELAID 22.02.2016

Un document exceptionnel de l'ICARDA "The Practical Implementation of Conservation Agriculture in the Middle East" montre comment faire pour transformer un semoir coventionnel en semoir pour semis direct à dent. Cela est très courant en Irak. Nombreuses photos. A suivre.

http://www.icarda.org/publications-and-resources/manuals-guidelines

 
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Remarquez que sur la photo, le blé est semé dans des sillons créés par les dents du semoir. Avantage: accumulation de l'eau de pluie. Dommage que les agriculteurs des wilayas sinistrées de Chlef et d'Aïn Defla n'aient pas eu de tels semoirs cette année.

 

Vidéo: Des Irakiens fabriquent des semoirs pour semis-direct. A quand l'Algérie?

 

Ras Ar-Rumuh - YouTube****

www.youtube.com/watch?v=pS1yuxCH844
16 mars 2015 - Ajouté par sinan jalili

Diredt Drill seeder "Ras Ar-Rumuh" manufactured in Mosul in collaboration with ICARDA project.

 

Figure 28 This Australian press wheel has a wide angle creating a large and stable

furrow surface shape (right) which can ‘harvest’ water during small rainfall events

and concentrate it near the seed (left)

 

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CEREALES

POUR UN DESHERBAGE EFFICACE

CEREALES ALGERIE: L'URGENCE DU DESHERBAGE

Djamel BELAID 7.02.2016 djamel.belaid@ac-amiens.fr

 

L'urgence en Algérie est au désherbage des céréales. Il s'agit là d'une opération cruciale pour l'augmentation de la production. En effet dès avril la concurrence pour l'eau est terrible entre blé et mauvaises herbes. Or, la céréaliculture dispose de nouveaux atouts dans cette lutte.

 

UNE PRODUCTION NATIONALE DE PULVERISATEURS

La production locale de pulvérisateurs est réalisée par l'ENTREPRISE DE MATERIEL SEMIS FERTILISATION ET TRAITEMENT (SFT). Située à Sidi-Bel-Abbes, cette société produit des pulvérisateurs trainés de 12 mètres d'envergure. A cela s'ajoute l'importation de matériel français ou turc. La société Axium (Constantine) importe notamment des pulvérisateurs de marque Hardi de grande envergure.

Les pulvérisateurs produit par SFT sont loin d'être modernes. Mais ils ont le mérite d'exister, d'être facilement réparables et d'être accessibles à toutes les bourses.

 

Si le désherbage chimique est développé dans les exploitations céréalières modernes, ce n'est pas le cas de petites exploitations. Les chiffres communiqués par l'OAIC montre que les achats destinés aux CCLS ne permettent de couvrir que moins de la moitié des superficies céréalières. Ce relatif faible pourcentage n'est pas dû à de quelconques restrictions budgétaires mais à la capacité réelle d'utilisation des herbicides par les céréaliers. Afin d'encourager l'emploi des herbicides, un abaissement de la TVA concerne les herbicides. Selon le DG de l’OAIC, Mohamed Belabdi, la disponibilité en désherbants permettait de traiter 257 000 d’équivalents hectares en 2011 contre 369 000 ha en 2013. Pour la campagne 2014, l’objectif était de désherber 600 000 ha sur les 3 400 000 ha emblavés (APS du 11 mai 2014). Malgré les progrès constants, il reste un fort pourcentage de parcelles non désherbées chimiquement.

 

UN RESEAU CONSEQUENT DE FIRMES PHYTOSANITAIRES

Si l'INPV diffuse des avertissements agricoles et organise des formations, les sociétés locales de vente de produits phytosanitaires développe une action de conseil non négligeable. La libéralisation de l'importation des produits phytosanitaires a entrainé l'apparition d'un réseau de revendeurs privés. Jusque là ce monopole appartenait aux organismes publics. Aujourd’hui ces réseaux de vente jouent un rôle non négligeable dans la diffusion de l'information technique.

Les plus importants de ces importateurs développent des sites internet parfois richement dotés en information technique. Si, par exemple le site d'Agrichem ne propose qu'un catalogue en ligne (mais d'excellentes vidéos), avec « Crop Plant » la société Profert propose d'accompagner l'itinéraire technique des céréaliers. C'est le cas avec ses programmes Crop Plant  Céréales Nord avec ou sans irrigation d'appoint ou Céréales Sud sous pivot.

D'autres sociétés possèdent des technico-commerciaux qui sillonnent la campagne et assurent une information au plus proche des utilisateurs. Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir des agriculteurs, casquette publicitaire visée sur la tête, réunit autour de technico-commerciaux en plein milieu d'une parcelle de blé afin de comparer l'efficacité de différents programmes herbicides. 

 Equipe Timac Agro

 

POUR UN RENOUVEAU DU CONSEIL TECHNIQUE

-toucher les petits agriculteurs en extensif. Ces céréaliers qui pratiquent un simple passage de cover-crop afin d'enfouir la semences semée à la volée et qui ne reviennent sur la parcelle que pour la récolte.

-écoles au champs et non pas au siège de stations régionales de recherche éloignées où les petits agriculteurs ne viennent pas. Il s'agit de développer une animation au plus près de ce type d'agriculteurs, là où ils ont l'habitude de se rendre : silo à grain, dépôt de son, marchés à bestiaux … etc. Mais l'idéal est d'arriver à la constitution de groupes de développement agricoles au niveau d'une petite région. Ces actions de sensibilisation à l'usage des herbicides doit s'accompagner d'action concrètes telles la réalisation de bandes d'essais désherbées sur des parcelles d'agriculteurs.

 

Ce genre d'action devrait être à la charge de techniciens de Chambre d'Agriculture et de Coopératives céréalières paysannes représentatives. Techniciens ayant obligation de résultats et révocables par leurs employeurs paysans. Or, en Algérie, le conseil technique est majoritairement fonctionnarisé, il est à la charge des services agricoles du MADR. Ce conseil devrait être pris en charge par les CCLS. Cependant celles-ci ne sont que des dépôts de collecte des grains et d'approvisionnement en intrants. Ces dépôts, affublés du nom de « coopératives », n'ont que peu d'autonomie et dépendent d'un office (OAIC). En Algérie, il y a ainsi découplage entre la fonction coopérative et le conseil. Autant dire que dans ces conditions, l'essor de l'usage des herbicides est plus difficile.

 

DES PROBLEMES TECHNIQUES SPECIFIQUES

Selon de nombreux spécialistes, dont ceux d'Arvalis.fr, entre apport d'engrais azoté et désherbage, c'est par le désherbage qu'il s'agit de commencer. L'explication est simple : tout apport d'azote renforce les mauvaises herbes et rend plus difficile leur éradication. Nous rajouterons une remarque : les chantiers désherbage en Algérie sont laborieux. Cela est dû principalement à la faible envergure des pulvérisateurs utilisés : 12 mètre en moyenne contre 24 mètres à l'étranger. Cela oblige à de nombreux passages. Par ailleurs les points d'eau ne sont pas légion sur les parcelles ce qui obligent à de longs aller-retour vers l'exploitation.

 

La lutte contre les mauvaises herbes peut s'envisager dans le cadre de la rotation. Cependant, l'inexistence de cultures de printemps ne permet pas d'interrompre le cycle des plantes adventices. En zone semi-aride, l'arrivée tardive des pluies réduit les possibilités d'utiliser la technique du faux-semis. Pourtant sur ces zones infestées de brôme à la germination relativement groupées, cela aurait pu constituer une alternative intéressante. Dans les zones littorales mieux arrosées, le faux-semis est inégalement inopérant étant donnée la large période de levée de la folle-avoine.

 

En zone semi-aride, l'utilisation de rotations courtes entraîne la prolifération d'un cortège d'adventices du blé et notamment le brôme. Deux causes sont à l'origine de cette situation :

-le non développement d'espèces autres que les céréales dans la rotation (tournesol par exemple),

-le développement de la culture de vesce-avoine récoltée sous forme de foin (une fenaison tardive est à l'origine de l'enrichissement du stock de semences de mauvaises herbes),

-la prime blé dur (1000 DA/quintal) qui incite au retour fréquent du blé dur.

(à suivre...)

LES SEMIS DE JANVIER

Légumes secs et tournesol

djamel.belaid@ac-amiens.fr 13.01.2016

Les semis de blé ont été terminés très en retard cette campagne. La cause, en partie, à la sécheresse. Mais faut-il ranger les semoirs pour autant? Non, à notre avis, il faut semer pois-chiche, lentilles et tournesol. De nombreux travaux montrent que les légumes secs peuvent être semés en janvier à conditions de maîtriser le désherbage chimique ou mécanique (bineuse, herse étrille). Idem concernant le tournesol. Des travaux marocains montrent que les variétés tardives sont plus productives lorsqu'elles sont semées en hiver qu'en mars.

Ce sont là des acquis de la recherche agronomique. Aussi agriculteurs, ne rangez pas vos semoirs. Semez encore! Si pour les légumes secs il existe des débouchés (OAIC, privés ), pour le tournesol il faut s'assurer de la possibilité de trituration. Notons que celle-ci est possible avec une petite presse comme pour l'huile d'olive. Avantages: production d'huile et de tourteaux pour aliments du bétail.

 

BLE DUR

BLE DUR DZ, DE L'OR EN BARRE

djam.bel@voila.fr 2.12.2015

Tous les chiffres le montrent, la production mondiale de blé dur diminue sous l'effet d'une diminution des emblavements. Les céréaliers DZ se trouvent donc dans une position de force à conditions qu'ils sachent produire en quantité et en qualité du BD. En effet, les transformateurs locaux sont très demandeurs en BD de qualité pour fabriquer semoule, couscous et pâtes alimentaires.

Mais pour être compétitifs, les céréaliers DZ doivent réduire leur coûts de productions et protéger leurs marges. Selon la taille des exploitations et les situations, diverses voies sont possibles:

-adopter le non-labour avec semis-direct qui permet de réduire de 40% les coûts de mécanisation et stabiliser les rendements en cas de sécheresse,

-écraser du grain à la ferme dans des moulins artisanaux ou dans des moulins semi-industriels dans le cas de regroupements de producteurs (première transformation),

-investir dans de petites machines italiennes ou françaises afin de produire du couscous ou des pâtes alimentaires (seconde transformation).

Cela peut paraître ambitieux. Mais force est de constater que, pour défendre leurs marges, en ces temps de restrictions budgétaires étatiques, ce sont là des mesures intéressantes. De telles solutions devraient être proposées par les CCLS si ces dernières étaient de vraies coopératives. On assiste en effet au développement de la 1ère et 2ème transformation chez les coopératives céréalières françaises.

Nous ne manquerons pas de développer ces idées dans de prochains articles. En tout cas, pour les céréaliers DZ modernes la question est posée: devez vous livrez tous vos grains aux moulins privés via les CCLS ou en transformer une partie? En France, à côté des grosses coopératives céréalières, se développe également le phénomène des paysans-boulangers-pastiers (voir sur google).

En cas de signature de l'Algérie à l'OMC, et libéralisation du commerce du grain (avec fin du monopole de l'OAIC comme au Maroc), comment faire pour vendre son BD au moulin du coin qui pourra s'approvisionner librement sur le marché extérieur? Dans ce dernier cas, la solution n'est-elle pas de gagner en productivité et qualité pour proposer au transformateur local des lots homogènes?

On le voit, le contexte est changeant. Pour les grandes exploitations, il est temps de prendre au sérieux la production de BD - trop souvent négligée au profit des animaux - en soignant les itinéraires techniques* mais aussi en songeant à installer des cellules métallique de stockage et à se fédérer en union locale libre de céréaliers.

 

(*) Notamment en réalisant des restitutions organiques tel les chaumes et en pratiquant des rotations avec des légumineuses apportant de l'azote. A ce titre, les agri-managers à la tête de grosses exploitations ont intérêt à se faire entourer de techniciens de haut niveau (tels ceux des firmes locales d'agro-fourniture) ou de techniciens étrangers de terrain).

 

LUZERNE

GUIDE GRATUIT

De nombreux agriculteurs algériens se cultivent de la luzerne. L'ITGC vulgarise la façon de cultiver ce fourrage. Un document peut aider tout un chacun. La luzerne en questions, nouveau guide disponible !

Leader sur le marché français de la luzerne, Jouray-Drillaud a souhaité partager avec l’ensemble du monde agricole ses connaissances et son expertise sur cette légumineuse aux mille et une vertues.


Choix variétal, itinéraire cultural, modes de récolte... Au sommaire de ce document, 36 pages de conseils pour réussir et optimiser la culture de sa luzerne.

 

Pour recevoir ce guide, cliquez ici


http://www.jouffray-drillaud.com

ARTICLES

NOUVELLE METHODE

11.09. 15

Nous avions pris l'habitude de poster les articles dans cette rubriques. Mais cela devient illisible. Aussi, à l'avenir, pour le confort de lecture, nous les posterons directement dans la rubrique spécifique.

 

NOUVEAUTE

UN RECUEIL DES ARTICLES DU SITE

21.08.15

L'été est propice à la réflexion. Nous avons réalisé un recueil de 209 pages des articles du site concernant les céréales. Cela sous forme de PDF. Ce document pourra faciliter la lecture. Voir ci dessus le fichier en PDF. D'autres recueils suivront.

 

CEREALES

BILAN 2015 : VERS 40 MILLIONS DE QUINTAUX ?

Djam.bel@voila.fr 19.06.15

Alors que la moisson est en cours en plein mois de Ramadhan et sous de fortes chaleurs, les premières estimations font état d'une récolte de 40 000 000 de quintaux. Bien que ces chiffres ne soient pas définitifs, quelques remarques.

 

Si ce niveau de récolte se confirme, il apparaîtra que la céréaliculture algérienne est capable de dépasser son niveau moyen historique. C'est là un signe des efforts réalisés sur le terrain. Efforts fournis par les céréaliers, les structures en amont mais également par les pouvoirs publics avec les prix consentis à la production. L'OAIC y a bien sûr une part importante. L'Office se distingue par sa politique volontariste en matière d'irrigation d'appoint, de semences certifiées et d'offre en travaux agricole à travers son pool motoculture.

 

Aurait-on pu faire mieux? Comme on dit, il est toujours possible de faire mieux. Sans négliger les efforts de chacun des intervenants de la filière, il nous semble que certains points techniques et organisationnels mériteraient d'être « mis sur la table ». Points que nous ne retrouvons pas dans les axes de travail des responsables de la filière céréales dont notamment le DG de l'OAIC, Mr Mohamed Belabdi ou Mr Salah Attouchi DG du groupe PMAT.

 

NOS CCLS, DE FUTURES AXEREAL?

Le premier point concerne les CCLS. Elles n'ont de « coopératives » que le nom. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'entités administratives de l'OAIC. Est ce les meilleures structures pour notre céréaliculture ? Rappelons qu'en France, dans les coopératives céréalières, le directeur est recruté par le Conseil d'Administration et non pas par la tutelle. Les coopérateurs possèdent les installations de par les parts sociales qu'ils ont acquis. Que Mr Belabdi se renseigne. Le 13 avril dernier, il a reçu le staff de la coopérative Axéréal dont MM J-F Loiseau et Bruno Bouvat-Martin. D'où viennent ces deux patrons de l'une des plus importante coopérative céréalière de France? Fellahas! Ce sont des paysans! Oui, bien que costumés, ils ont de la terre collée à leurs chaussures. Le président d’Axéréal, Jean-François Loiseau, est céréalier dans le Vendômois. Quant au vice-président, Bruno Bouvat-Martin, il est céréalier à Préveranges dans le Loiret.

 

 

De telles coopératives ne sont plus « razk el beylik », mais « rak el fellahines ». Cela change tout, notamment en matière d'efficacité. Comment arriver à de telles coopératives chez nous mais aussi concilier efficacité agricole, aide à la petite paysannerie et régulation du commerce du blé ?

Il nous semble que lorsque Mr Belabdi reçoit les responsables de la coopérative française Axéréal, il ne s'agit pas simplement de discuter de matériel, semences, ou engrais. Il faut aussi parler de management et des hommes. Oui, des hommes. De ceux qui cultivent le blé. L'exigence de nos décideurs doit être de demander à voir le fonctionnement de cette coopérative en France. Des délégations de paysans, de cadres de l'OAIC et du MADR, des CCLS doivent aller en voyage d'études. Que des élus paysans des CCLS aillent discuter avec leurs homologues français, idem pour les chefs de silos ou les magasiniers.

 

 

APRES LES MOISSONNEUSES-BATTEUSES SAMPO, DES SEMOIRS SEMEATO ?

L'un des efforts techniques de l'OAIC porte sur l'irrigation d'appoint. On ne peut que féliciter l'office pour cette politique. Mais quid du fellah sur « el argoub » (colline) loin de toute possibilité d'irrigation ? Pourtant la solution à l'arido-culture existe. Elle s'appelle non-labour avec semis direct. Cette technique permet de s'affranchir de l'antique « dry-farming ». Que MM Attouchi et Belabdi prennent un après midi et aillent voir à Constantine comment travaille Mr Abdelatif Benhamadi. Toute son exploitation est passée au semis direct (SD). Ce qui lui permet de réduire la jachère et de semer plus de légumes secs et de fourrages. Ou qu'ils aillent voir Mr Sobhi Habbes qui travaille les 300 ha de sa famille entièrement en SD.

Pour l'Algérie, le semis direct constitue la mère des batailles. Divers travaux en ligne dont des travaux du PhD. marocain Rachid Mrabet montrent que seul le SD permet en année de sécheresse de récolter 10 qx/ha quand la charrue ne permet d'en récolter que 2 à l'hectare. Seule l'irrigation mais aussi le SD peuvent nous permettre d'éviter les rechutes de production de céréales comme en 2008. Chute qui avait provoqué cette année là le recours massif aux importations. De 2 Md en 2007 elles étaient passées à 4 200 000 000 $. Seul, le SD peut assurer, en agriculture pluviale, c'est à dire sans irrigation, des récoltes de céréales supérieures à 30 millions de quintaux. Outre les grains, le SD procure la paille et permet une réduction des terres en jachère du fait de sa vitesse d'emblavement des terres (6 fois supérieure à la charrue).

 

Nos deux organismes d'Etat semblent se rendre compte peu à peu de l'intérêt du SD. En témoignent la vingtaine de semoirs de marque Sola importés et actuellement disponible au niveau des CCLS. Mais à Aïn Témouchent, un de ses semoirs est resté sur palette depuis deux ans. Il est trop puissant pour pouvoir être tiré par les tracteurs de la CCLS locale. Cela montre la nécessité de dialoguer avec les céréaliers qui se sont déjà équipés pour le SD afin de voir quel type de matériel est à importer ou à monter localement. Après le montage de matériel de récolte comme l'accord SAMPO, ne faudrait-il pas un autre accord avec une firme telle SEMEATO pour un montage local de ces semoirs? Il s'agirait également d'étudier le moyen de rendre disponible ces engins pour les exploitations de petite taille. Le Maroc adopte une voie originale : construire des semoirs de SD marocains adaptés aux moyens de traction des petites et moyennes exploitations. Rappelons que le récent accord des groupes publics de matériel agricole avec la firme portugaise Galucho fait l'impasse sur le matériel de SD.

 

 

PENSER « SIGHAR EL FELLAHINE »

La consultation des statistiques le montrent. Malgré le relèvement des prix à la production, dont 4500 DA /quintal pour le blé dur, toute la récolte ne rentre pas dans les silos de l'OAIC. Cela amène à poser la question des moyens de stockage à la ferme et des risques de perte post-récolte. Le groupe PMAT, ne devrait-il pas se lancer dans la confections de silos métalliques de petites dimensions pour les fermiers? Ce serait également un moyen de ne pas faire porter tout le poids du coût des moyens de stockage sur le seul OAIC.

 

Enfin, si des céréaliers stockent toute leur récolte ou une partie, on peut penser qu'ils produisent également une partie de leurs semences. Ils produisent de la semence de ferme. Comment dans ce cas là les aider à améliorer ses semences. Par exemple en les aidant à trier leur semence et à traiter comme sait le faire l'OAIC avec ses nouvelles unités de production de semences ? Pourquoi tout centraliser dans les CCLS avec tous les retards de livraison que cela implique et déposséder le fellah de ce droit millénaire: produire sa semence? PMAT ne pourrait-il pas en concertation avec des agriculteurs et ingénieurs machinistes algériens sortis de nos universités se pencher sur la production de trieurs et appareils à traiter les semences ? Sur ces deux points, l'utilisation de la recherche universitaire peut permettre d'analyser les façons de faire de la petite paysannerie et de connaître leurs réelles attentes. Pourquoi ne pas accueillir chez PMAT et OAIC des étudiants et leur proposer comme sujets de mémoire de fin d'études le thème des stratégies paysannes de stockage des céréales à la ferme ?

 

 

CONCERTATION AU SEIN DE LA FILIERE

PMAT, l'OAIC, l'ITGC, la BADR ainsi que les firmes d'agro-fourniture et les réseaux qualité-blé des semouliers ont permis de nettes avancées de la production de céréales. Face aux défis de l'heure, dont la réduction de la rente gazière, l'exigence du moment est la recherche du maximum d'efficacité. Aux efforts de la filière afin de procurer à l'agriculteur crédit de campagne, matériel d'implantation, matériel d'irrigation et de récolte ou fertilisants et produits de traitement il nous faut réfléchir aux axes de travail non encore explorés. Notamment : semis-direct afin de régulariser les rendements (notamment en année de sécheresse) et afin de réduire les coûts de mécanisation. Ou encore management et aide aux petites exploitations. Il s'agit là de suggestions portées au débat.

 

Les Conseils Régionaux Interprofessionnels des Céréales sont les lieux de concertation de la filière céréales. Ce sont les endroits pour débattre entre membre de la filière. Nous n'avancerons qu'en mobilisant chacun. La concertation au sein de la filière en est un des moyens d'avancer.

 

CEREALES

REDUCTION DE LA JACHERE : DU NOUVEAU.

Djamel BELAID 17.06.15 djam.bel@voila.fr

 

Pour réduire les surfaces en jachère, « on a tout essayé » pourraient dire les responsables du MADR. Un peu comme ces responsables économiques français à propos de la lutte contre le chômage. Pourtant tout n'a pas était essayé. Le non-labour avec semis direct pourrait s'avérer être la solution à cette question cruciale pour plus d'autonomie alimentaire en Algérie.

 

PRENDRE EN COMPTE LES CONTRAINTES DES EXPLOITATIONS

 

Réduire la jachère afin de produire plus ne peut se faire d'un simple coup de baguette magique. Cela nécessite de prendre en considération les contraintes des exploitations. Or, celle-ci sont nombreuses si on en juge le damier que ces parcelles constituent dans les campagnes. Ces contraintes sont multiples : disponibilité en matériel, besoin en financement, gestion de l'eau du sol ou disponibilité en pâturages.

 

A cela, il s'agit de rajouter la taille des exploitations et le niveau technique des agriculteurs.

 

SEMIS DIRECT ET VITESSE DE TRAVAIL

 

Pour une exploitation céréalière, l'une des principales contraintes est représentée par le facteur temps. Labourer, préparer le lit de semences et semer prend beaucoup de temps. Or, en non-labour avec semis-direct (SD), le temps d'implantation de la culture sont réduits de 6 fois. Avec le même matériel de traction, on peut donc emblaver plus de surface.

 

C'est d'ailleurs cet argument qui a séduit de grandes exploitations. Dans la région de Constantine et Sétif, des exploitations privées de 300 à 750 sont intégralement passées en SD. Le même phénomène s'observe en Tunisie ou au Maroc. Malgré son prix élevé un semoir pour SD est amorti dès la première année à condition d'emblaver au moins 500 hectares.

 

SEMIS DIRECT ET COUTS DE MECANISATION

 

La conduite conventionnelle avec labour revient relativement cher. Il faut compter le coût de la main d’œuvre et le carburant utilisé. En SD, les réductions de carburants sont de l'ordre de 40%. Ces réductions sont fondamentales pour l'agriculteur. Car celui-ci doit avancer en début de campagne les fonds nécessaires pour financer le travail du sol, l'achat de semences et d'engrais sans avoir la certitude de rentrer dans ses frais en cas de sécheresse. Par ailleurs, il ne faut pas oublier la faiblesse des rendements en zone semi-aride. Si la rentabilité de cette céréaliculture passe par l'augmentation des rendements, il ne faut pas oublier la baisse des charges.

 

Des résultats au Maroc*

« Ainsi, la comparaison des charges relatives à la consommation du gasoil et à la main d’œuvre montre une différence de 430 Dh/ha en faveur du semis direct. Cette différence augmente avec l’intégration de l’amortissement et l’entretien du matériel. Si on fait appel à la location, cette différence atteint 1200 Dh/ha.

Avec les 500 ha de céréales installés en semis direct au niveau des Domaines Sidi Kacem, nous avons pu amortir la machine dès la première année ».

 

SEMIS DIRECT ET GESTION DE L'EAU DU SOL

 

Tous les agriculteurs vous le jureront : en terre profonde, une jachère labourée à temps permet les meilleurs rendements. Cela est à mettre sur le compte de l'emmagasinent de l'eau de pluie, la minéralisation de la matière organique et la réduction du stock de semences de mauvaises herbes dans le sol.

Or, concernant l'eau du sol, le SD présente les même avantages qu'une jachère travaillée (préparés de printemps). En effet, le SD permet une valorisation de l'humidité du sol. Les résultats obtenues à Settat (Maroc) par Rachid Mrabet montrent qu'en année de sécheresse, là où le labour ne donne que 2 qx/ha, le SD permet d'obtenir 10 qx/ha.

 

Il devient donc possible de réaliser une culture après un blé sans avoir à se soucier d'essayer d'emmagasiner de l'eau. On peut donc envisager des cultures de légumes secs ou de fourrages (foins, ensilage, grains) avec tout l'effet en matière de précédent (enrichissement du sol en azote, élimination des mauvaises herbes ou du cycle de certains parasites).

 

Des résultats au Maroc*

« Le semis direct nécessite un temps de ressuyage du sol moins important et permet de mieux conserver l’humidité du sol alors que les autres outils conventionnels nécessitent un dessèchement plus important et même parfois on adopte des techniques facilitant cela (un cover croppage fait perdre 10 mm de réserve d’eau du sol).

 

Une mesure du profil hydrique derrière une pluie de 20 mm nous montre que la profondeur humide sur semis direct est 35% supérieure par rapport au semis conventionnel ».

 

 

SEMI-DIRECT ET ELEVAGE OVIN

L'un des facteurs qui freine la résorption de la jachère provient également de la présence fréquente de l'élevage ovin associé à la céréaliculture. Celle-ci étant d'un faible rapport, l'élevage ovin permet d'équilibrer les comptes de l'exploitation. Des terres en jachères pâturées représentent autant de terrains de parcours.

 

Le SD, ne nécessitant pas de labour, les terres de parcours ne sont donc pas menacées de retournement par la charrue. Elles peuvent donc êtres pâturées jusqu'à l'automne. Mieux encre, le SD en permettant une augmentation des rendements en grains et en paille s'avère être un atout pour l'élevage ovin. Par ailleurs, à l'automne, il permet de réduire les pointes de travail au moment des semis de céréales et de fourrages de vesce-avoine.

Mais c'est dans le domaine de l'amélioration des jachères pâturées que des progrès pourraient être attendus. Ces jachères sont en fait des prairies temporaires. Elles sont composées d'une flore spontanée et variée. Le SD pourrait permettre en automne de ré-semer ces prairies afin d'enrichir leur flore et d'arriver à une meilleure valeur alimentaire.

 

LE SEMIS-DIRECT PERMET DE REVISITER LE DRY-FARMING

Concernant la jachère, le SD représente une opportunité. Il permet de revisiter la pratique de l'arido-culture de type dry-farming. Aussi, il s'agit d'examiner son intérêt sous divers angles.

Certes, son utilisation dans le cadre de la résorption de la jachère nécessite de maîtriser le désherbage ainsi que de nouvelles cultures. Par ailleurs , le prix des semoirs pour SD est élevé. Cela nécessite d'imaginer la fabrication de modèles locaux demandant moins de force de traction comme cela est le cas au Maroc.

 

Des résultats au Maroc **

« Résultats depuis 1997 chez un agriculteur dans la région de Settat. Le blé conduit en semis direct en rotation triennale blé/blé/jachère est comparé au blé conventionnel conduit par l’agriculteur. On remarque de grands écarts entre les deux systèmes de production et le plus remarquable avait été obtenu durant la compagne 1999/2000 où la commune a été entièrement sinistrée à l’exception de la parcelle de semis direct où la récolte a été de 10 qx/ha plus une cinquantaine de bottes de paille par hectare dont la valeur a atteint durant l’hiver suivante 45 dhs la botte ».

Sources:

(*) Avril 2008 PNTTA Le semis direct des céréales. Expérience du Domaine Agricole de Sidi Kacem (en ligne sur le net).

(**) Novembre 2009 PNTTA Le système semis direct. Nouveau mode de production et modèle d’agrégation pour une agriculture pluviale durable au Maroc (enligne sur le net).

 

PAIN

EGYPTE, LE PAIN ACCESSIBLE PAR CARTE A PUCE

 

 

http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/en-egypte-lacces-au-pain-ne-devrait-plus-etre-un-probleme?id=6856054

 

djam.bel@voila.fr 14.06.15

En Egypte, depuis août 2014, le prix de la farine est libre. Cela s'est traduit par une augmentation du prix du pain. Pourtant nulle trace de révolte populaire. Comme expliquer qu'une telle réforme passe sans faire de vagues dans un pays où, comme en Algérie, le pain constitue un aliment de base ? Et si une telle réforme pouvait s'appliquer chez nous ?

 

LE MIRACLE DE LA CARTE A PUCE

Cette libéralisation du prix du prix de la farine s'est accompagnée de l'attribution d'une carte à puce aux familles à revenu modeste. Elle est délivrée en fonction de critères sociaux et permet de délivrer à chaque membre d'une famille 5 pains par jour.

 

Auparavant les pouvoirs publics subventionnaient directement la farine. Depuis 1980, les boulangers étaient tenus de vendre le pain à 5 piastres (moins d'un centime d'euros) avec un maximum de 20 pains par personne. Il s'agit de pains de 130 grammes de forme circulaire, des galettes. Devant les boulangeries, les files d'attente étaient interminables. Les trafics étaient nombreux. Certains boulangers revendaient la farine sur le marché informel.
Mais depuis cette décision, plus de files d'attente devant les boulangeries. Chacun semble satisfait. Les ménages modestes arrivent à se procurer du pain au prix modique de 5 piastres contre 30 pour les consommateurs ne possédant pas le fameux sésame ou désirant acheter plus de 5 pains par personne.

« Avant la mise en œuvre du système, certaines familles envoyaient plusieurs de leurs membres pour acheter pour une livre, des galettes de pain (plafond fixé par personne). Aujourd'hui, chaque membre de la famille peut se procurer en une seule fois la part de la famille pour trois jours », explique Ahmad Kamal, propriétaire d'une boulangerie dans le quartier d'Al-Khalifa au Caire (1).

 

Pour chaque pain vendu à 5 piastres, le Ministère de l'Approvisionnement en reverse 25 au boulanger afin de couvrir le coût de production. Les boulangers peuvent dorénavant acheter la farine au prix du marché. Il y a une libéralisation du prix de la farine. Les quantités de farine pouvant être achetées par les boulangers ne sont plus rationnées. Chaque boulangerie est par ailleurs dotée de 2 lecteurs de carte à puce de marque SMART.

 

UNE REFORME MUREMENT REFLECHIE

Ce projet a été longuement réfléchi par les autorités égyptiennes. Il avait été imaginé dès 2003. Et le président Mohamed Morsi avait même annoncé sa future mise en place avec seulement 3 galettes à prix subventionné par personne. Il faut dire que les dernières tentatives d'augmentation du prix du pain s'étaient soldées par des émeutes. En 1977, le président Sadate avait été obligé d'annuler une augmentation du prix du pain suite à de violentes émeutes. Et en 2011, lors de la révolution qui a entrainé la chute de Hosni Moubarak, les manifestants scandaient « Pain, liberté, justice sociale ». C'est dire si le sujet est sensible. L'utilisation de cartes à puces a d'abord était testée dans les villes de Port-Saïd et d'Ismaïlia dès janvier 2013 avant d'être élargie aux autres provinces.

Maintenant que les derniers gouvernorats ont été concernés par la réforme, c'est 69 millions d'Egyptiens sur 86, soit 80% de la population, qui utilisent cette carte à puce. Résultats, dans les premières villes où la réforme a été lancée, les suventions ont été réduites de 30%. Quant au sac de farine de 50 kilo, il est passé de 16 livres Egyptiennes à 155 (1).

La majorité des consommateurs sont satisfait et ne tarissent pas d'éloges quant à cette réforme décidée par Sissi.

«Cela marche maintenant. Que Dieu bénisse Sissi » lance à l'envoyée spéciale du journal Le Monde (2) Zeinab une vielle dame en sortant d'une boulangerie du quartier pauvre d'Imbaba au Caire.

 

« ON NE SUBVENTIONNE PLUS LE PRODUIT, MAIS LES PERSONNES »

Cependant, il existe encore quelques dysfonctionnements. Al-Ahram relate « Nous sommes quatre dans la famille alors que trois seulement figurent sur la carte de subvention, ma fille de 8 ans n'est pas inscrite » explique Rawya mère au foyer. Mahmoud Sayed, responsable d'une famille de six personnes, réclame au moins 8 galettes par jour pour manger à sa faim. « Doit-on prendre le petit-déjeuner , le déjeuner ou le dîner ? » se demande-t-il ironniquement. En outre, le programme n'a pas prévu qu'un lot de 5 000 galettes par mois au prix subventionné et par boulangerie pour les personnes ne possèdant pas encore de carte. Mais la demande est supérieure à ce quota. Et des migrants tels ces ouvriers journaliers d'un autre gouvernerat venus travailler au Caire sont obligés d'acheter le pain au prix fort. « Les plus riches peuvent s'en sortir. Ils mangent de tout mais les familles nombreuses et les pauvres ne le pourront pas » lance Oum Shahd au journaliste d' Al-Ahram.

 

Pour Mahmoud Diab, porte-parole du Ministère égyptien de l'Approvisionnelment : « on ne subventionne plus le produit, mais les personnes ». Une maxime que les décideurs Algériens devraient considérer. L'étude du cas égyptien est à étudier. Rappelons que la dotation de cartes à puce a concerné 69 millions d'Egyptien. Il s'agit là d'un bel exploit.

Par ailleurs, le montant des subventions économisé pourrait être affecté à la production. On peut imaginer ainsi une augmentation des prix à la production ou des subventions pour l'emploi de techniques plus modernes (irrigation d'appoint, semis-direct).

 

 

 

NOTES :

(1) « Pain : la rationalisation mal comprise ». Al-Ahram Hebdo en ligne. Marwa Hussein. 16.07.2014.

(2) « En Egypte, la révolution silencieuse du pain ». Le Monde Economie. Moina Fauchier-Delavigne. 14.04.2015

INETAJ WATANI

I.REBRAB: « IL FAUT DES ACTES ». CHICHE MR REBRAB!

djam.bel@voila.fr 10.06.15

Selon El-Watan, de ce 9.06.15, M. Rebrab, s’est exprimé hier en marge d’une journée parlementaire sur l’investissement. « Sortir de la dépendance aux hydrocarbures et diversifier l’économie nationale est un enjeu vital pour le PDG du groupe Cevital, Issad Rebrab, qui estime que la situation actuelle est intenable à terme.

 

(...) Il faut donc créer de la richesse et de l’emploi, promouvoir la production nationale et les exportations hors hydrocarbures ».

 

On ne peut qu'applaudir à une telle profession de fois. Effectivement, il faut des actes. Et si CEVITAL commençait en ouvrant la voie dans le domaine agricole?

 

PAS UN GRAMME DE SUCRE DZ CHEZ CEVITAL!

 

Rappelons que Cevital triture dans ses moulins sur le port de Béjaïa des graines oléagineuses importées. Elle raffine également du sucre brut.

 

Pas un gramme de graines d'oléagineux traité par Cevital n'est produit en Algérie. Pas un seul gramme de sucre produit par Cevital n'est issu de la production locale. Pour rappel, le Maroc produit 50% de ses besoins de sucre.

 

Cette situation se traduit par une hémorragie de devises, un manque de travail pour nos agriculteurs et une hémorragie financière des caisses de l'Etat.

 

Aussi, Mr Rebrab, ok pour le développement de la production. Montrez l'exemple...

 

Mr Rebrab signale des autorisations non accordées par les pouvoirs publics. Mais qu'est ce qui l'empêche de lancer des essais à petite échelle chez les agriculteurs? Qu'est ce qui l'empêche d'étudier les itinéraires techniques du colza, tournesol ou de la betterave à sucre voire de la canne à sucre? Cevital a les moyens pour embaucher quelques agronomes et vérifier de la faisabilité de ces cultures qui existent au Maroc et en Tunisie.

 

Non, au contraire, Mr Rebrab essaye par tous les moyens de nous faire croire que cela n'est pas possible.

Il y a deux ans, lors du forum de “DK News”: Issad Rebrab évoque les défis de l’économie algérienne (Liberté 30/07/13). “Il y a des produits qu’on peut produire localement, comme le blé, les graines oléagineuses, les légumes secs. Par contre, on ne peut pas produire de la canne à sucre ou la betterave sucrière en Algérie”, déclare le patron de Cevital. “On est obligé d’aller dans des pays où l’eau est gratuite et abondante”, a-t-il indiqué. - See more at: http://fr.africatime.com/articles/le-p-dg-de-cevital-au-forum-de-dk-news-issad-rebrab-evoque-les-defis-de-leconomie#sthash.BckFbFjj.dpuf

 

C'est étonnant. Le Maroc arrive à produire de la betterave à sucre et même de la canne à sucre et nous notre climat ne nous le permettrait pas?

 

Il faut rappeler que les agriculteurs marocains maîtrisent les techniques modernes: semences mono-germes, irrigation localisée et récolte mécanisée. A notre humble avis, Mr Rebrab ne maîtrise pas le sujet ou bien nous mène en bateau.

 

SUCRE

SUCRE DE CANNE MADE IN DZ ?

Djam.bel@voila.fr 7.06.15

Avez vous remarqué sur les villes du littoral « al gsab », Ces roseaux qui poussent un peu partout ? Dès qu'il y a un terrain non cultivé, ils prolifèrent. Roseaux et canne à sucre sont des familles botaniques proches. Pourquoi ne pas essayer de planter de la canne à sucre en Algérie ?

 

L'Algérie n'a pas le climat équatorial de Cuba pour cultiver de la canne à sucre et en particulier sa pluviométrie. Cependant, de l'eau il est possible de s'en procurer à partir de la récupération des eaux de pluie et des eaux des stations d'épuration. Cette mobilisation pourrait permettre de cultiver de petits périmètres agricoles. La rentabilité de telles productions pourrait être assurée par des circuits courts : de petits ateliers de transformation de la canne et de ses sous-produits.

La transformation de la canne à sucre nécessite peu de moyens. Les tiges sont broyées puis l'extraction du sucre est obtenue par contact avec de l'eau chaude. Les jus sont ensuite asséchés ce qui permet la cristallisation du sucre. On obtient également un résidu : la mélasse. Celle-ci constitue un excellent complément alimentaire pour le bétail.

 

PRODUCTION ARTISANALE ET FAMILIALE DE SUCRE DE CANNE

Outre la culture de la canne à sucre, il est possible d'envisager la présence de cette plante dans des jardins familiaux. L'exploitation des cannes nécessiterait alors un broyeur manuel permettant l'extraction du jus de canne. L'arrosage des cannes pourrait être assuré notamment par le recyclage d'une partie des eaux domestiques des habitations.

 

L'exploitation artisanale des tiges de cannes à sucre est courante dans nombre de pays producteurs de cette plante. Des vendeurs ambulants y proposent même des boissons rafraîchissantes. Pour cela ils disposent de petits broyeurs manuels qui leur permettent de préparer devant la clientèle ces boissons.

 

Au mettre titre qu'une vigne dans une cour ou un arbre fruitier dans un jardinet, un bosquet de tiges, de canne à, sucre pourrait être présents chez les particuliers. Actuellement, à notre connaissance, il n'existe pas de pépinières proposant de jeunes tiges de cannes à sucre. De tels plants sont à ramener du Maroc ou de France. Pourquoi le Maroc ? Car ce pays possède une longue tradition de culture de la canne à sucre. Des vestiges archéologiques, dont des bacs taillés dans la pierre font remonter sa culture au 15ème siècle. La qualité du sucre marocain a même dépassé les frontières de ce pays. Ainsi, pour son thé, la reine Victoria n'utilisait que du sucre produit au Maroc. Actuellement, ce pays produit jusqu'à 50 % de ses besoins en sucre en cultivant canne et betterave à sucre.

 

Concernant la plantation de cannes, comme pour les roseaux, il suffit de mettre sous 5 à 10 centimètres de terre une tige de canne pour qu'en quelques semaines elle bourgeonne à chaque nœud et produise ainsi de jeunes pousses. Celles-ci sont exploitables dès la deuxième année de culture.

 

P. RABHI, NOS VILLES, UN VERITABLE DESERT MINERAL

 

L'idée de produire du jus de canne à sucre dans le cadre d’un agriculture urbaine et péri-urbaine peut paraître saugrenue. Cependant, les chiffres sont là. En Algérie, on assiste à une augmentation croissante du nombre de bouches à nourrir. Il faut également compter sur l'attrait qu'exerce notre pays sur les populations du sahel qui se voient de plus en plus fermer les portes de l'eldorado européen. Parallèlement à cette augmentation, on assiste à une réduction des surfaces agricoles et des ressources hydriques dans un contexte de réchauffement climatique. Aussi, il nous semble, qu'en zone littorale où la pluviomètre dépasse allègrement les 600 mm de pluie annuels, et où les températures sont clémentes chaque mètre carré sauvé du béton devra servir à l'avenir à la production agricole. Avant de penser à produire sur les toits des immeubles, le bon sens voudrait que les terres les plus fertiles du pays soient sauvées du béton et que les espaces libres des villes soient productifs. Produire par exemple du raisin en ville ne demande que peu de surface. Nombre de maisons algériennes possèdent une cour avec une vigne sous forme de treille. Déjà, à l'étranger il est envisagé de produire du raisin contre un mur d'immeuble ou de planter des arbres fruitiers pour ombrager des parkings.

Pour P. Rabhi, les villes de demain ne devront plus être un désert minéral, mais un espace où le végétal reconquiert ses droits.

 

 

SE REAPPROPRIER UN POUVOIR DE DECISION ALIMENTAIRE

 

Il nous semble que l'agriculture algérienne doit se réapproprier la capacité de produire du sucre ; que ce sucre soit issu de betterave sucrière ou de canne à sucre En Algérie, la culture de betterave à sucre a existé dans les années 70. Elle a été arrêtée après la disparition du président Houari Boumediène car jugée peu rentable. L'approvisionnement du consommateur a été confié à des raffineurs privés qui se sont tournés exclusivement vers l'import de sucre brut non raffiné. Or, l'évolution des techniques d'arrosage localisée telle que le goutte à goutte, les semences mono-germes de betteraves et les progrès de la mécanisation permettent aujourd’hui d'envisager de telles cultures en Algérie. Même si elles devraient à l'avenir ne couvrir qu'une partie des besoins locaux, une telle production permettrait un plus grand pouvoir de négociation des raffineurs de sucre algériens lors de leurs achats de matière première sur le marché international. Actuellement, les stocks de sucre ne couvrent que quelques mois de consommation locale.

 

Or, en affirmant qu'il n'est pas possible de produire du sucre en Algérie, certains industriels de l'agro-alimentaire restent sur des positions passéistes. Actuellement, les productions agricoles locales font l'objet d'une mutation. Une rupture technologique est en train de s’opérer. Du fait de la poursuite des importations de produits alimentaires, cette rupture est encore méconnue du large public. Or, que ce soit en matière de production de tomate industrielle, d'enrubannage des fourrages ou du semis direct sans labour, des agriculteurs ont modifié radicalement leur façon de procéder. Les nouvelles techniques de production de la tomate ont par exemple permis de multiplier par trois les rendements. L'enrubannage permet de conserver la valeur alimentaire des fourrages plus de trois ans. Quant au semis direct des céréales, non seulement ce moyen permet de combattre la sécheresse mais il réduit considérablement les coûts de production.

 

Le consommateur doit de se ré-approprier cette capacité de consommer des produits locaux. La culture de la canne à sucre peut permettre de produire artisanalement du jus de canne, des sodas, du sucre ou des infusions sucrées comme cela existe en Colombie. Le consommateur est actuellement dépendant de produits étrangers, or une production locale serait créatrice d'emplois.

 

ASSURANCES AGRICOLES

NOUVEAU CHALLENGE POUR BENHABILES CHERIF, DG CNMA.

Djam.bel@voila.fr 5.06.15

Dans son « Message du Directeur Général » Mr BENHABILES Cherif écrit sur le site de na CNMA: « la CNMA est un composant important de la gestion des risques dans l'agriculture, mais ne remplace pas les bonnes techniques de gestion des risques, les méthodes de production saines et l'investissement en technologie de pointe (...). La Protection du Revenu Agricole contre les risques climatiques s'affirme comme un élément à part entière de la Politique Agricole. Elle requiert donc un engagement clair de la profession et des pouvoirs publics ».

 

De cette citation soulignons la volonté de réduire le risque climatique de l'agriculteur : «  l'investissement en technologie de pointe ». Nous souhaiterions apporter à sa connaissance les avancées agronomique en la matière. En grandes cultures, le non-labour avec semis-direct (SD) permet d'obtenir, même en année sèche, 10 qx/ha et la paille qui va avec contre 2 qx/ha dans le cas du labour.

 

Ces résultats et observations sont le fruit de la recherche d'universitaires algériens, des instituts techniques (ITGC) et d'agriculteurs pionniers à Sétif et Constantine. En Algérie, comme au Maroc ou en Tunisie, de grosses exploitations privées ou d'Etat commencent à se convertir à cette pratique. En plus, malgré le coût élevé du semoir pour SD, l'engin est amorti la première campagne agricole dès les premiers 500 ha emblavés. L'explication vient de la réduction des coûts de mécanisation et de main d'oeuvre. En effet, labourer est une opération longue et coûteuse en carburant et en main d'oeuvre. Les opérations de préparation de lit de semences sont également longues. Souvent les semis sont alors tardifs. Avec le SD, ces inconvénients disparaissent.

 

On peut en effet lire dans la SYNTHESE DES ACQUIS DU PROJET (2010 – 2013) relatif à la « Conservation des Sols et Sécurité Alimentaire : une préoccupation commune pour les agricultures paysannes du Mali et du Maroc »: « En effet, 20 ha de semis précoces « dans le sec » ont été possibles dès la mi-octobre 2012 grâce au semis direct (SD). Les fortes pluies qui ont suivi ont retardé les semis conventionnels jusqu’en décembre. Lors de la récolte en juin 2013, les parcelles en SD précoces ont obtenu des rendements moyens de 40 qtx/ha, soit 3 fois supérieurs à ceux du conventionnel tardif (15 qtx/ha). Ceci démontre la souplesse d’utilisation du SD et sa capacité à s’adapter aux conditions climatiques de l’année ».

 

STABILISATION DES MARGES BENEFICIAIRES A LA HAUSSE

 

Rachid MRABET, spécialiste de la question au centre d'arido-culture de Settat (Maroc), montre dans une étude pluriannuelle qu'avec le SD les marges bénéficiaires à l'hectare sont stabilisées à la hausse. Sur 4 années 1997 à 2000) ce chercheur note en page 21 le niveau des marges brutes avec SD: 7 000, 7550, 2150 et 2950 Dirhams Marocains /ha. Alors que pour les mêmes années, en conduite conventionnelles, les marges sont les suivantes: + 3750, + 1200, - 1700, + 550 DM/ha. Comme chacun l'aura deviné, les campagnes agricoles 1999-2000 et 2000-2001 correspondent à des années sèches. Or, en SD l'agriculteur arrive toujours à récupérer « ras al mel », c'est à dire ce qu'appellent les économistes la «  valeur de reproduction du capital ».

 

Vue l'importance de ce document, signalons que cette publication est disponible à l'adresse: http://www.uneca-an.org/francais/un/PUBLICATIONS%20DU%20CENTRE/LE%20SEMI%20DIRECT%20POTENTIEL%20ET%20LIMITES%20POUR%20UNE%20A.PDF

 

Comme l'écrivent dès 1991 Bedrani S., Campagne P. dans un article: « Choix technologiques, risques et sécurité dans les agricultures méditerranéennes » dans les cahiers du CIHEAM de Montpellier: « Les risques portent sur le volume et la valeur de la production et donc sur la capacité de la production En effet, la survie de l'exploitation, repose on le sait, sur l'équation fondamentale suivante: valeur de la production (de l'année 0) > ou = à valeur de la reproduction de la force de travail + valeur de la reproduction du capital et des consommations intermédiaires + valeur des prélèvements divers (de l'année l) ».

 

UNE NOUVELLE APPROCHE POUR CNMA ET BADR

Ainsi, donc il apparaît qu'il existe une nouvelle approche des grandes cultures (blé, légumes secs, fourrages) en zone semi-aride. Celle-ci permet de réduire l'incertitude climatique et donc l'incertitude de revenu. La CNMA mais aussi la BADR doivent se saisirent de ces données afin de réduire les cotisations des exploitations en semi-direct ou l'évaluation du risque de non-remboursement des prêts de campagne. Les revenus de ces exploitations ne peuvent qu'augmenter. Rappelons les avantages:

  • réduction de l'effet de la sécheresse sur le rendement,

  • réduction des coûts de mécanisation,

  • réduction des coûts de main d'oeuvre,

  • vitesse accrue d'implantation des cultures (avec amélioration du rendement du fait d'une date de semis optimale, réduction de la jachère et possibilité d'améliorer son revenu en semant les champs du voisin).

 

La balle est donc dans le camp de Mr BENHABILES Cherif. En ces de temps de réduction de la rente gazière, le dossier « semis-direct » s'avère capital pour notre agriculture.

EFFET DE SERRE

MAROC, VERS -13% DE CO2

djam.bel@voila.fr 2.06.16

"Le Maroc a annoncé aujourd'hui une réduction d'au moins 13% de ses émissions prévues de gaz à effet de serre à l'horizon 2030, dans le cadre des contributions visant à préparer le sommet sur le climat en décembre à Paris (COP-21).

 

Cet engagement, le deuxième seulement d'un pays africain après le Gabon, intervient alors que des négociations préparatoires à la COP-21 sont en cours à Bonn (Allemagne).

 

L'effort financier, "de 10 milliards de dollars", sera pris en charge par le royaume, a indiqué la ministre déléguée à l'Environnement, Hakima El Haite. Elle a ajouté que Rabat était prêt à une "réduction additionnelle de 19%", d'un coût évalué à 35 milliards de dollars, à la faveur d'un "appui international", ce qui aboutirait à un effort de réduction de 32% au total à l'horizon 2030".

(...). Source: Le Figaro 2.06.15

Rappelons que le secteur agricole algérien contribue à la réduction des GES par la plantation d'arbres et le non-labour avec semis direct.

 

MATERIEL AGRICOLE

CREATION SOCIETE MIXTE ALGERO-PORTUGAISE

djam.bel@voila.fr 26.05.2015

Une bonne nouvelle. El Moudjahid annonce ce jour la création d’une joint-venture entre l’Algérie et le Portugal. Notre agriculture a besoin urgent de matériel agricole. Jusqu'à présent ce sont les complexes industriels initiés par feu Houari Boumédiene qui permettent la production locale de tracteurs, moteurs, matériel aratoire, de semis, de transport ou de pulvérisation. A cela s'ajoute le montage local et l'importation.

Cependant, le matériel agricole reste encore parfois indisponible et son coût reste élevé. Nul doute que cette initiative va dans le bon sens. A ce titre on peut que féliciter Mr Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines et de tous ceux qui ont oeuvré pour la concrétisation pour cet accord.

 

Cette initiative devrait créer des emplois directs ou induits. « Concernant l’intégration des produits fabriqués, le représentant du groupe public a indiqué qu’il se situera à 20%, la première année et 60% la 5e année, alors que les effectifs de l’entreprise évolueront pour leur part de 34 à 120 salariés, selon les mêmes périodes correspondantes ».

 

Cette initiative est également intéressante par rapport au profil de Galucho. Un rapide tour sur le site de cette entreprise montre la fabrication d'une gamme de matériel moderne mais simple et robuste. Ce n'est pas l'hyper sophistication actuelle du matériel français avec ses difficultés d'entretien. Matériel peut adapté actuellement au contexte local.

 

UNE GAMME VARIEE DE MATERIEL

En l'absence d'un dossier de presse de la part des signataires ou du moins de la partie algérienne, le compte rendu d'El Moudjahid permet d'avoir une idée sur le matériel qui devrait être fabriqué.

« Nouvelle gamme de matériels agricoles de travail du sol et de transport agraire (charrues à socs, à disques et à dents, remorques de transport agraire, matériels spécifiques comme les broyeurs, rouleaux, etc.) »

 

Il est question d'engins de transport agricole. En la matière nous accusons un net retard. Depuis les années 70, les mêmes remorques agricoles sont construites par le groupe PMAT. Mais des remorques de petites capacités, sans relevage hydraulique, sans amortisseurs, rehausse des bords pour la récolte des fourrages par ensilage. Les remorques produites localement ont cependant le mérite d'exister. Elles ont contribuer à transporter les produits agricoles servant à nourrir la population. Mais il est temps de les perfectionner. Comment? En installant un vérin sous la remorque permettant de la vider des grains qu'elle transporte. En installant de double essieux et de plus gros pneumatiques afin de suivre les moissonneuses-batteuses modernes durant la récolte. Espérons que la collaboration avec Galucho permettra la modernisation de nos remorques et ainsi réduire la peine des ouvriers agricoles. Car, il faut se le dire, en Algérie, une grande partie des charges telles que les sacs de céréales, les sacs d'engrais, les bottes de paille, le fumier sont manipulés à la force des bras. Le big-bag est encore inconnu de notre agriculture. Or, réduire les travaux pénibles est une priorité afin d'augmenter la production et d'attirer des jeunes vers l'agriculture.

Aussi étonnant que cela puisse sembler pour le profane, la remorque agricole, c'est tout un monde. Il suffit par exemple d'aller sur le site d'un constructeur tel Lambert-sa.com pour constater la diversité de ces engins: remorque pour grains, remorques pour balles rondes, bétaillères pour les animaux.

 

On peut se demander pourquoi des partenariats ne sont pas développés avec des constructeurs privés locaux. A Batna, la société TirSam développe un réel savoir-faire en matière de remorques; remorques routières mais aussi remorques agricoles.

 

Il est également question de fabriquer du matériel aratoire. Cela est salutaire. La résorption de la jachère passe par une disponibilité en plus de matériel. Là aussi, des entreprises telles Tirsam fabriquent localement une partie de ce matériel. Il pourrait être intéressant de développer des synergies.

 

OUBLIE DU JOINT-VENTURE, LE SEMOIR POUR SEMIS-DIRECT.

Mais, concernant le matériel aratoire, il est à noter qu'une révolution est en cours dans la profession: l'abandon du labour et son remplacement par le semis-direct. Le semis-direct est révolutionnaire car, outre qu'il réduit l'érosion hydraulique que favorise la charrue, il améliore les rendements. Et cela particulièrement en année sèche où on obtient seulement 2 quintaux/hectare contre 10 qx/ha avec semis direct. Les agriculteurs qui ont pratiqué le semis-direct remisent leurs charrues et tout le matériel aratoire qui va avec. Ils ne veulent plus en entendre parler. Un peu comme un utilisateur d'Iphone par rapport au vieux téléphone fixe. Certes, le semi-direct reste encore peu répandu en Algérie, mais il constitue une révolution qui risque de rendre progressivement obsolète charrues et cover-crop. On peut d'ailleurs se demander pourquoi les signataires de ce joint-venture privilégient des outils inadaptés au contexte semi-aride local. Galucho, ne fabrique pas de semoirs pour semis direct. Cette société portugaise ne possède pas de tels engins dans son catalogue en ligne.

 

Il est à espérer que le scénario de la fabrication de tourne-disques Made-in-DZ ne va pas se reproduire. Rappelons les faits pour les plus jeunes lecteurs. Dans les années 70, une entreprise publique a signé un accord pour fabriquer localement des tourne-disques. Mais le développement de l'utilisation de cassettes audio pour magnétophones a vite ringardisé les tourne-disques fabriqués localement que certains comparaient à des jerrycanes.

 

Nous nous permettons de mettre en garde les décideurs de la partie algérienne. Sur le terrain, les grosses exploitations privés ou publiques (fermes-pilotes, EAC) se tournent vers le semis direct. Ces exploitations s'équipent en semoirs Kuhn, semeato, Gaspardo et autres. Même les CCLS suivent le mouvement avec un contrat portant sur une vingtaine de semoirs directs de marque SOLA. Le secteur public du machinisme agricole se doit d'assurer une veille technologique quant à l'évolution des pratiques en matière d'implantation des cultures. Il faut le redire, nous sommes plusieurs à dire et à écrire « al mahrath 3adou al ardh », la charrue est l'ennemi du sol. Pour s'en convaincre, il suffit de visionner les vidéos en ligne sur you tube. Vidéos, relatives à « l'agriculture de conservation » avec « semis direct » que ce soit en Algérie ou au Maroc. Il y a une tendance de fonds à bannir la charrue et le cover-crop des sols algériens et maghrébins. Avant les évennements actuels la Syrie emblavait jusqu'à 60 000 ha en semis direct.

 

PMAT, ETRE A L'ECOUTE DES AGRICULTEURS

Ce sont les experts en arido-culture de l'Icarda qui ont vulgarisé cette technique. Ils ont mis au point un semoir de semis direct dénomé Ashbel dont un exemplaire est en démonstration dans des EAC de la région de Sétif. Après des essais concluants, à Settat, les agronomes et ingénieurs machinistes marocains, aidés d'ONG françaises et de l'ex-Cemagref ont conçus des prototypes de semoirs. L'avantage des semoirs conçus en Syrie et au Maroc est leur prix trois fois moins cher que les semoirs européens ou brésiliens ainsi que leur capacité à pouvoir être tirés par des tracteurs de 65 à 80 CV. Les semoirs européens sont souvent trop lourds. C'est le cas de ce semoir SOLA immobilisé sur palettes depuis 2 ans à la CCLS de Aïn Témouchent. La version importée par l'OAIC est portée et pas trainée. Résultat il faut un tracteur de 200 CV indisponible localement.

 

Galucho sait également fabriquer des chargeurs frontaux et des épendeurs de fumier. C'est engins sont indispensables sur le terrain. Il ne fait aucun doute que cette entreprise maîtrise un réel savoir faire. De ce fait, il nous semble que le pari de la partie algérienne sera d'orienter Galucho vers la production de matériel dont notre agriculture a besoin. Gare à l'effet « tourne-disques ». L'agriculture locale a besoin de semoirs légers pour semis-direct, de chargeurs frontaux, de godets-hydraulique, de remorques à relevage hydraulique, de remorques à double essieux. Les besoins concernent également un matériel spécifique pour la filière pomme de terre et la filière fourrage. Les broyeurs de paille que semblent proposer Galucho ne sont pas intéressants dans le context actuel. Il nous faut des ensileuses, des pinces hydrauliques pour balles enrubannées, des remorques à large plateaux pour balles-rondes. Enfin en matière de désherbage mécanique des céréales apparaissent sur les marchés étrangers des herses étrilles et houes rotatives. Il s'agit de les proposer sur le terrain. Ils complètent ou peuvent remplacer le désherbage chimique.

 

PMAT, PILIER DE L'AGRICULTURE

Il faut souligner l'apport conséquent de PMAT au machinisme agricole en Algérie. C'est le cas avec la filière pomme de terre ou la pulvérisation phytosanitaire. La fabrication de matériel local moins a permis d'élargir l'emploi du pulvérisateur à de nombreuses exploitations. Pour rappel lutte contre les mauvaises herbes peut permettre de doubler le rendement du blé. Un fongicide contre la rouille peut sauver une récolte de blé dur. Aussi, les dirigeants, dont Mr Salah Atouchi, les cadres et ouvriers du groupe PMAT et de l'ensemble de la filière machinisme agricole sont à féliciter pour leur apport à l'agriculture algérienne.

Dorénavant, ils vont pouvoir disposer de sang neuf afin de stimuler la gamme des productions locales. Mais cela nécessite d'être au diapason des évolutions dans l'emploi du matériel agricole au sein de nos exploitations. Aujourd'hui, avec les salons, les foires et internet les agriculteurs se mettent à la page. Il suffit de voir l'intérêt pour l'enrubannage. PMAT doit répondre à la demande, mais encourager certaines évolutions. Sa tache n'est que plus complexe.

 

CEREALES ET SECHERESSE

LETTRE OUVERTE AUX CONSEILLERS DU NOUVEAU MINISTRE DE L'AGRICULTURE

djam.bel@voilafr 18.05.15

Le nouveau Ministre du MADR n'est pas un agronome. Cela n'est pas une tare s'il s'entoure de techniciens compétents. A son staff technique, nous souhaiterions soulever quelques points qui nous tiennent à coeur. Encore une fois la sécheresse printannière va réduire la production céréalière malgré les efforts de tous les concernés L'irrigation d'appoint est une bonne réponse à ce mal. Mais cela ne doit pas faire oublier les techniques d'aridoculture dont le semis direct (voir nos articles précédents). Seule cette technique permet en année sèche de produire la dizaine de quintaux qui permet à l'agriculteur de rentrer dans ses frais.

Mais pour développer le semis direct (SD), il nous faut des semoirs pour semis direct Pas ces monstres qui coûtent si chers, et que seules de grosses exploitations peuvent se procurer; mais des engins adaptés et pas chers construits localement comme le font avec l'aide d'expert internationaux le Maroc et la Syrie (60 000 ha en SD avant la guerre). Il y a en Algérie quelques exemplaires de semoirs syriens de marque ASHBEL conçus par les experts de l'ICARDA. "Le deuxième semoir présenté à l’assistance est un prototype Syrien, de marque ASHBEL, développé en Syrie avec la collaboration de l’ICARDA. C’est un semoir à sabots dont le prix est abordable, avoisinant 3.000 USD. La puissance nécessaire pour sa traction convient à nos utilisations (65-80 CV). Il est simple à manipuler Le principal problème posé à l’égard de ce semoir est son indisponibilité sur le marché". Pourquoi ne pas essayer de monter leur fabrication en Algérie Ces engins sont particulièrement adaptés à nos conditions. C'est là un dossier URGENT.

nb: l'ONG AFDI et Fert développent au Maroc un semoir de SD (voir la vidéo).

(*)Compte rendu 6JNAC Sétif mai 2012 - RCM

www.rcmed.org/uploads/.../Compte_rendu_6JNAC_Setif_mai_2012.pdf

 

ht

semis direct sous couvert Afdi Touraine - YouTube

Vidéo pour "https://youtu.be/2NuOpK5kV8Q"

www.youtube.com/watch?v=2NuOpK5kV8Q

 

 

CEREALES

IRRIGATION DES CEREALES, C'EST PARTI !

Djamel BELAID 16.05.15 djam.bel@voila.fr

 

L'irrigation des céréales est un sujet passionnant et passionné en Algérie. En témoignent les articles de presse de ces dernières années relatant l'éccart supposé entre les superficies irriguables et celles réellement irriguées. Mais en ce printemps 2015 particulièrement sec ce qui préoccupe les céréaliers c'est de sauver leur récolte. Après un début de campagne particulièrement arrosé, c'est à nouveau la sécheresse qui menace. Mais chose nouvelle, on n'observe plus ce fatalisme dominant des agriculteurs et des pouvoirs publics. Ceux qui disposent des moyens d'irriguer se lancent dans ce nouveau type d'opération. C'est à qui disposera de kits d'aspersion ou de canons à eau. Sur Facebook, c'est la fête à l'irrigation. Sur des pages spécialisées1, c'est à qui mettra en ligne la plus belle photo de parcelle de blé irrigué. On assiste à un engouement de la part des céréaliers. On peut dire qu'en Algérie, l'irrigation d'appoint des céréales devient progressivement une réalité.

 

DES MOYENS CONSEQUENTS EN MATERIEL ET INVESTISSEMENTS HYDRAULIQUES

Les pouvoirs publics ont consentis d'important efforts afin de développer l'irrigation d'appoint. L'OAIC accorde des prêts et accepte d'être remboursé par des versements en grains au niveau de ses points de collecte. L'entreprise publique Anabib s'est lancé dans la production locale de matériel d'irrigation. De même que des entreprises privées locales importent ou fabriquent le matériel nécessaire aux opérations d'irrigation.

Certes tout n'est pas parfait. Récemment la presse a fait état d'agriculteurs de l'intérieur du pays ayant pu acquérir tuyaux et asperseurs auprès des CCLS mais pas de moto-pompes. Les cadres de la CCLS locale ont précisé que ce type de matériel pouvait être acquis ailleurs que dans leurs services.

 

En matière d'hydraulique, ces dernières années de nombreux barrages ont été construits. Des raccordements entre ces retenues permettent d'approvisionner en eau potable les villes mais aussi de plus en plus le secteur agricole. Une politique de retenues collinaires a également été mise en oeuvre.

 

DES MOYENS EN APPUI TECHNIQUE

Ces investissements sont conséquents et aujourdhui les cadres en charge de l'hydraulique visent une meilleure efficience de l'utilisation de l'eau. En ce printemps secs, nombre d'agents de développement agricoles ( DSA, ITGC) sont sur le terrain afin de préserver le potentiel de récolte actuellement sur pied. Des sessions de formations sont organisées sur le terrain afin de préciser l'utilisation de ce matériel nouveau d'irrigation. Afin de ne pas connaître la catastrophique sécheresse de 2014, plusieurs services sont « sur la brêche ».

C'est qu'irriguer de façon la plus efficace est une opération complexe. Il s'agit en effet d'estimer les besoins de la culture et apporter cette eau de façon uniforme sur la parcelle et cela au moment des stades clé du développement de la culture. Irriguer nécessite donc de savoir estimer la quantité d'eau réelle apportée par unité de surface.

 

DES RESERVES DE PRODUCTIVITE CERTAINES

Avec l'irrigation, c'est le facteur limitant principal du rendement qui va pouvoir être éliminé. Mais cela suppose de ménager la ressource en eau. Pour cela il s'agit de mettre en place le matériel le plus efficace selon les situations mais aussi installer dans le sol des sondes permettant le pilotage de l'irrigation. Chacun devant garder à l'esprit qu'en Algérie l'eau est rare et chère à acheminer jusqu'à la parcelle de l'agriculteur.

 

Il s'agit également d'utiliser les variétés qui répondent le mieux à l'irrigation. En effet, l'IITGC a publié des résultats d'essais qui montrent que toutes les variétés de blé ne répondent pas de la même façon à l'irrigation.

Enfin, chacun doit avoir à l'esprit qu'on ne pourra pas tout irriguer toutes les surfaces céréalières. Ce qui implique de trouver les moyens les plus efficaces afin d'améliorer la céréliculture en zone semi-aride. Les non irrigants devraient pouvoir ainsi acquérir le matériel de semis qui leur permet de pratiquer la technique dite du « semis direct », technique particulièrement économe en eau du sol.

 

Il s'agit également de rentabiliser le matériel d'irrigation en dehors des besoins printanniers du blé en eau. Il devient dorénavant possible d'irriguer des cultures de sorgho, luzerne, colza fourrager ou betterave fourragère.

Mais irriguer n'est pas tout. L'irrigation ne suffit pas à elle seule de gommer les carences de l'itinéraire technique (dose insuffisante d'engrais, désherbage imparfait, absence de protection fogicide). L'irrigation est en fait un « package technologique » que seul une vulgarisation efficace et un échange d'expériences entre agriculteur permettra de valoriser.

 

A ce propos, il s'agit de noter les spécificités de l'acquisition de références techniques en matière d'irrigation. Comme les doses à apporter sont fonction du régime hydrique d'une région, de la réserve utile en eau de ses sols et des espèces et variétés utilisées, des « enquêtes cultures » au niveau des irrigants peut permettre un « retour d'expérience » entre eux. Plus qu'une vulgarisation basée sur un flux vertical d'information, les agents de développement se doivent de mettre en place un flux horizontal de l'information.

 

CONCLUSION

La réaction de nombre d'irrigants en ce printemps 2015 montre qu'en matière d'irrigation une dynamique s'est mise en route. Le fatalisme est progressivement battu en brêche. Certes, tout n'est pas gagné mais on peut noter sur le terrain une véritable adhésion à la politique d'irrigation d'appoint prônée par les pouvoirs publics. Un argument de taille vient des prix à la production. Concernant le blé dur, les prix actuels sont de 3500 DA/quintal à laquelle vient se rajouter une prime de 1000 DA. Comme l'irrigation permet de passer d'une moyenne de 15 quintaux/ha à 50 voire plus, les marges brutes à l'hectares sont particulièrement attractives d'autant plus si les céréaliers passent en semis direct. Dans ce cas là, les frais de mécanisation sont fortement réduits et les marges par hectare d'autant plus majorées.

Algérie, 2015, an I de l'irrigation...

 

1Voir la page Faceboook « Vulgarisation Agricole Algérie ».

 

DESHERBAGE CEREALES

INTERDICTION DU ROUND-UP : COUP DUR POUR LE SEMIS DIRECT EN ALGERIE ?

Djamel BELAID 15.05.15 djam.bel@voila.fr

L'OMS a déclaré que le Round-Up (glyphosate), un herbicide très utilisé en agriculture, présentait des risques pour la santé. D'autres herbicides et fongicides pourraient suivre sur la liste de l'OMS. En Algérie, le Round-Up commence à être utilisé par les agriculteurs pratiquant le semis direct (SD). Il s'agit d'une technique nouvelle particulièrement adaptées aux zones semi-arides algériennes. Après la mise à l'index de cet herbicide, quelles alternatives s'offrent aux céraliers algériens ?

 

L'EMPLOI DES PESTICIDES EN AGRICULTURE.

En agriculture, les pesticides appelés également produits phytosanitaires ont permis des augmentations considérables de la production de produits alimentaires. C'est grâce à leur emploi et à celui des engrais que la faim a regressé dans le monde. La question actuellement posée est de savoir comment concilier augmentation de la production et emploi raisonné de ces molécules chimiques. En France, 60 000 tonnes de produits phytosanitaires sont utilisées chaque année. Ce chiffre est excessif. Il classe ce pays parmis les premiers pays utilisateurs de produits phytosanitaires. A partir de la tenue du « Grenelle de l'Environnement », des mesures ont été prises afin de réduire leur utilisation. L'agronomie algérienne est fortement influencée par les pratiques occidentales et françaises en particulier. Cette influence concerne aussi bien la prédominance accordée aux produits phytosanitaires que de nouvelles solutions biologiques contre certains ravageurs des cultures. Il peut donc être intéressant de s'inspirer des premiers acquis de l'agriculture « raisonnée » (avec moins de pesticides) développée à l'étranger.

 

II-ROUND-UP ET SEMIS DIRECT EN ALGERIE.

En semis direct, le Round-Up est utilisé avant de semer les céréales. Produit systèmique, cet herbicide est absorbé par les feuilles des mauvaises herbes présentes sur la parcelle. Le blé implanté sans labour n'est donc pas concurencé par les mauvaises herbes traditionnellement éliminées par le labour. On remplace en quelque sorte un labour mécanique par un labour chimique. Quel avantage offre une telle pratique ? Celui de réduire l'érosion du sol et de favoriser notamment une meilleure utilisation de l'eau par les plantes. Grâce à cette méthode, là où en année sèche l'agriculteur ne moissonne rien, le SD avec désherbage au Round-up permet d'obtenir au moins 10 quintaux de grains par hectare avec la paille correspondant.

 

Hors semis direct, les autres utilisations du Round-up en Algérie concernent le maraichage et l'arboriculture. Ainsi, avant de repiquer des plants de légumes en serre ou en plein champs, seul le Round-up est en mesure de lutter efficacement et en un très laps de temps contre des espèces vivaces telles le chiendent. Et cela sans toxicité pour la culture à venir contrairement aux herbicides racinaires. Il en est de même en arboriculture. Si l'agriculteur s'assure que le produit n'entre pas en contact avec les feuilles des arbres, il peut constituer un désherbant de choix.

 

II-EN ALGERIE, DU SEMIS DIRECT SANS OGM.

En Algérie, il n'y a pas d'OGM autorisés en culture comme c'est notamment le cas aux USA OU Amérique du Sud. Les exploitations de ces régions cultivent diverses cultures (soja, maïs, …) qui possèdent dans leur patrimoine génétique un gène permettant une résistance au glyphosate. Par conséquence, l'application de cet herbicide sur une culture résistante élimine toutes les espèces de mauvaises herbes sans porter atteinte à la culture.

Un tel schéma est particulièrement intéressant pour la firme Mosanto qui commercialise le Round-up et les semences OGM possèdant le gène de résistance à l'herbicide. Elle commercialise les semences OGM et donc également le Round-up. L'un ne vas pas sans l'autre. Ce schéma d'OGM est à priori intéressant pour l'agriculteur. Il peut ainsi éliminer des espèces particulièrement difficiles à éradiquer avec les herbicides traditionnels. Les premières années, ce schéma de départ a bien fonctionné. Mais peu à peu, les agriculteurs ont dû augmenter les doses de Round-up puis le nombre de passages. La cause ? L'apparition de résistances au glyphosate au sein des espèces de mauvaises herbes. Suite à des mutations et à la pression de sélection liée à l'utilisation renouvelée d'un même produit, des plants de mauvaises herbes sont apparus et se sont propagés dans les champs d'OGM.

Actuellement les agriculteurs argentins et brésiliens utilisant les OGM de la firme Monsanto sont obligés techniquement d'utiliser le Round-up et donc à des doses de plus en plus importantes.

 

On peut se demander à ce propos, si l'inscription par l'OMS du Round-up sur la liste des produits dangereux pour la santé s'est faite sur la base d'une seule utilisation en début de culture comme c'est le cas en semis direct ou sur la base de plusieurs applications avec majoration des doses comme dans le cas d'utilisation des OGM Monsanto résistant au glyphosate.

 

III-LES ALTERNATIVES AU ROUND-UP EN ALGERIE.

La récente mise en garde de l'OMS vis à vis du caractére potentielement dangereux du Round-up pour la santé humaine nécessite de prendre, en Algérie, les mesures adéquates. Nul doute que les services sanitaires et agricoles adopterons les mesures adaptées en fonction des conditions de dangerosité du glyphosate. A ce propos, on peut se demander si le glyphosate est potentiellement dangereux pour l'agriculteur qui manipule le produit, pour les riverains des champs traités ou pour le consommateur utilisant des produits traités.

Les produits issus de la décomposition dans le sol de la molécule de glyphosate le sol fait l'objet de nombreuses l'études de part le monde.

 

Même sans la sonnette d'alarme de l'OMS concernant le Round-up, l'utilisation d'un herbicide chimique dans une technique qui s'inscrit dans un modèle d'agriculture durable - cas de agriculture de conservation comme dans le cas du semis direct – c'est à dire d'une agriculture tendant vers le « bio » est quelque peu problématique dans son esprit.

 

En cas de dangerosité avérée du Round-up, l'idéal en semis direct serait son remplacement par un autre produit. Mais trouver un autre herbicide possédant les mêmes fonctions que le Round-up ne sera pas chose aisée vus ses qualités agronomiques.

 

Parmi les alternatives figurent le désherbage mécanique. Suite au « Grenelle de l'environnement » en France, des techniques nouvelles apparaissent. Elles permettent des avancées techniques surprenantes bien supérieures au traditionnel binage qui peut se pratiquer pour les cultures à large écartement. Passons en revue ces nouveaux procédés. Précisons que selon l'étage bioclimatique et la flore adventice présente, les problèmes de désherbages à résoudre sont très différents. C'est le cas en particulier les vivaces tel le chiendent, les chardons et toute plante ayant de profonds rhyzomes permettant le redémarrage de la plante malgré une première destruction de sa partie aérienne. Seul l'effet systèmique du Round-up permet de les détruire puisque une fois absorbé, le désherbant circule jusque dans les racines.

 

Certains agriculteurs européens en SD ont depuis de nombreuses année décidés de s'affranchir de l'emploi du Round-up. Ils utilisent des bineuses superficielles à pattes d'oie. Ces engins ne travaillent le sol que sur un à deux centimètres de telle façon que les tiges des mauvaises herbes soient sectionnées. Cette pratique reste inexistante en Algérie.

D'autres outils peuvent être utilisés. Ils sont vulgarisé en France par Arvalis. Il s'agit de la herse étrille et de la houe rotative. La première « peigne » la surface du sol arrachant ainsi les plantules germées quelques jours après une pluie d'automne. La seconde bine superficiellement le sol éliminant ainsi les plantules de mauvaises herbes.

 

La lutte mécanique en semis direct peut continuer après semis de la culture. Cela, à l'aide des deux outils précédemment évoqués. Ils présentent l'avantage de pouvoir travailler l'inter-rang telle une bineuse mais également le rang sans entraîner une forte perte de plants. Il s'agit pour cela d'effectuer sur l'appareil les réglages nécessaires et d'adopter une vitesse de travail apropriée.

 

Enfin, le désherbage chimique traditionnel (hors Round-up) avec des désherbants foliaires ou racinaires conserve toute sa place après semis.

 

EN CONCLUSION

Il s'agit de préciser quelle est la dangerosité réelle du Round-up. Par ailleurs, il reste à préciser si certaines précautions d'emploi peuvent y pallier.

En cas, d'obligation de s'abstenir de toute utilisation du Round-up, il reste à préciser quelles alternatives s'offrent aux céréaliers ayant commencé à pratiquer le SD associé au Round-up. Il s'agit là d'une urgence dans la mesure où il est prouvé que le SD sécurise le rendement, notamment en année sèche. Le SD est à ce titre primordial pour la réussite de la céréaliculture en zone semi-aride.

 

Si les services agricoles concernés ont une part importante dans la recherche de telles alterntives, les exploitants pratiquants le SD se doivent de mutualiser leur expérience. La diversité des situations et des conditions liées au sol et au climat obligent les exploitations à des pratiques variées. C'est dans ce foisonnement de pratiques qu'il y a lieu d'établir des « retour d'expériences » et de susciter la recherche de nouvelles façons de faire. Seules la connaissance de solutions testées sur le terrain permettront à la communauté des céréaliers de progresser.

 

 

 

CEREALES et SEMIS DIRECT

PREMIERS SUCCES DU SEMIS DIRECT AU MAGHREB.
Djamel BELAID 14.05.15 djam.bel@voila.fr

Depuis quelques années, le semis direct (SD) opère une percée spectaculaire dans les pays du Maghreb. Au Maroc, le centre de recherches agronomiques en zone semi-aride de Settat possède plusieurs années de références sur le sujet. En Tunisie, la société d'agro-fournitures Cotugrains distribue le matériel pour SD et va jusqu'à proposer des démonstrations dans les exploitations. En Algérie, suite au succès qui a suivi l'introduction des premiers engins pour SD, une association a été créée afin de promouvoir cette nouvelle technique. Mais à y regarder de plus près, il apparaît que ce sont surtout de grosses exploitations qui se sont appropriées le semis direct. Comment expliquer cela et à quelles conséquences s'attendre ?

I-SEMIS DIRECT ET TAILLE DES EXPLOITATIONS.
Au Maghreb, le SD a les faveurs des grandes exploitations. En Tunisie, un rapport de mission de l'ONG FERT1 permet une première approche de la situation.

Localisation des exploitations
Superficie en hectares (ha)
Observations
Mateur
700 ha
2 semoirs SD de 3 mètres « afin de pouvoir réaliser des semis précoces et à sec de préférences ».
Mateur, Béja

198 ha

SD depuis 6 ans. Céréales et ovins, pois-chiche, fenugrec. Blé dur, féverole, tournesol (98 ha à Béja)
Mateur
350 ha
Seuls 160 ha exploitables , le reste sert de parcours pour les ovins. Semoir John Deere combiné semences-engrais. Semoir en coopétarive (5 agriculteurs, chacun a le semoir durant 4 jours).
El Krib
170 ha
« Le SD sécurise les rendements en années sèches »



Béja
135 ha
SD depuis 2008 . Blé dur, P-chiche, féverole. Problème d'enfouissement des pailles en blé/blé.
MateurBeja
257 ha
SD dès 1999, totalité de la SAU en 2002.
Mateur
200 ha
SD en coopérative . Production de semences. Problème d'enfouissement de paille en blé/blé.

Au Maroc de grandes exploitations se sont équipées en SD. C'est le cas des domaines agricoles de Sidi Kacem2 (500 ha). Des essais ont eu lieu en 2005-06 et 2006-07 sur 10 ha. Ils ont été réalisés en collaboration avec la société Kuhn et ont été réalisés avec du matériel de location. Lors de la deuxième année d'essais a eu lieu un sécheresse précoce. En conduite traditionnelle avec labour les rendements ont été nuls ; tandis qu'en semis direct les rendements ont été de 10 qx/ha. En 2007, 2 semoirs Kuhn de 2,8 m ont été achetés. Ils sont tirés par des tracteurs de 115 chevaux. Les semoirs combinent semences et engrais. Il a été calculé que la vitesse de travail est de 9,5 fois supérieure à la conduite conventionnelle.

En 2006-07, les essais de SD Kuhn, outre les  3 grandes exploitations des Domaines Agricoles ont également concerné une grande exploitation du Sud du Maroc et une exploitation à Méknès (500 ha).

En Algérie, des semoirs de SD existent dans de grandes exploitations privées et des fermes pilotes du secteur public, notamment dans la région de Sétif.

Certaines exploitations privées en SD ont de 300 à 750 ha. Parfois, ce sont des conseillers agricoles français présents en Algérie qui ont initié cette conversion3.
« Médecin pédiatre réputé dans sa petite ville, S Habès est également l'un des trois associés de la société franco-algérienne Agrimatos (avec Hadj Messaoud Demmene Debbih et Michel de Denon). Ils importent du matériel agricole – un domaine où il y a beaucoup à faire en Algérie – des bovins à engraisser et d'autres biens agricoles au gré des opportunités. Mais il est aussi agriculteur, sur un bien qui avait appartenu à son grand-père, grand propriétaire foncier (...). Après des débuts difficiles, faute d'un accompagnement technique, il se vit aujourd'hui pleinement agriculteur avec des résultats plutôt honorables. Il exploite une superficie de 300 ha, dont 90% sont consacrés à la production de céréales, dans l'Est de l'Algérie (La Meskiana). Quatre vingts ha sont irrigués et toutes les cultures sont implantées en semis-direct. Les rendements en céréales cultivées en sec étant aléatoires dans cette zone semi-aride (10 à 30 qx/ha), le pilier de l'exploitation est en fait le mouton. Un cheptel de 300 brebis Ouled Djellal».

Localisation des exploitations
Superficie en hectare (ha)
Observations.
Exploitation Agricole Collective Dahel Nouari
300 ha
Semoir SEMEATO Drill acquis en 2007 nécessité d'un tracteur de 250 CV. Essai semoir Syrien Ashbel développé avec l'ICARDA tiré par un tracteur de 65-80 CV.
Exploitation Agricole Individuelle
25 ha
4 ans de pratique du SD (SEMEATO). Exploitant technicien machiniste.
Ferme pilote khababa
800 ha
Achat d'un SD Kuhn en 2010. Essai du semoir Syrien Ashbel.


A noter l'initiative de l'OAIC. Dans les unités motoculture de ses CCLS, 22 semoirs pour semis direct sont recensés.

II-GRANDES EXPLOITATIONS: UN ACCES PRIVILEGIE A L'INFORMATION TECHNIQUE.
Si le SD possède tant d'avantages, comment expliquer la résistance des conduites traditionnelles et notamment dans les petites exploitations ? C'est que le SD nécessite d'abandonner un paradigme : celui du labour. Or, pour tout agriculteur, le labour est un geste symbolique. Passer au SD nécessite donc mentalement de réaliser un saut qualitatif à la portée des seuls exploitants ayant accès à différentes sources d'information technique. Passé cet obstacle, il faut ensuite disposer d'un pulvérisateur et de la technique afin de procéder à un désherbage chimique. En effet, le labour permet (en cas de pluies automnales précoces) d'éliminer les mauvaises herbes. Or, le désherbage chimique reste encore peu pratiqué au niveau des exploitations.

Enfin, un autre facteur concourant au développement de ce type de pratiques dans les grandes exploitations réside dans la capacité à disposer des moyens suffisants afin de financer l'acquisition de semoirs étrangers dont les prix sont assez élevés.

III-GRANDES EXPLOITATIONS: AMELIORATION DES MARGES ET CONCENTRATION DES TERRES.
L'une des première conséquences du SD est la levée de l'incertitude climatique. En effet, avec le SD, comme l'humidité du sol est mieux valorisée, et cela même en année sèche, l'exploitant arrive à récolter. Cela n'est souvent pas le cas dans les exploitations restées en conduite conventionnelles (labour). Certes, ces années là, le rendement n'est pas mirifique : 10 quintaux/hectare au lieu de 0. Mais les quintaux de grains et de paille récoltés par année de sécheresse ont une vertu parfois oubliée des cadres coupés des réalités du terrain : celle de permettre au céréalier de rentrer dans ses frais : semences, engrais, travail du sol. Cons équences, les revenus financiers divergent entre exploitations ayant opté pour le SD et celles restées en conduite traditionnelle.
Cette amélioration des revenus est par ailleurs favorisée par la baisse des charges de mécanisation et de main d'oeuvre que permet le SD. Là où traditionnellement, il fallait 6 heures pour implanter 1 hectare de blé, il n'en faut plus qu'un en SD. Et c'est jusqu'à 40 litres de carburants qui sont ainsi économisés pour chaque hectare de blé. REFERENCES – Maroc

Travailler 6 fois plus vite qu'auparavant permet de semer au moment optimum le blé mais permet également d'aller semer chez le voisin voire, prendre en gérance d'autres parcelles. En Espagne où le SD est connu depuis plus longtemps, des travaux universitaires ont montré que le SD a provoqué une concentration de la propriétét foncière dans les zones céréalières. En effet, la culture de blé en SD demandant moins de capital financier, cela a incité plusieurs propriétaires à investir dans la production de blé.

IV-AU MAGHREB DES STRATEGIES DIFFERENTES SELON LES PAYS.
Toutes les essais agronomiques réalisées à ce jour le montrent : le SD sécurise les rendements, notamment en année sèche4. Pour les pouvoirs publics, il s'agit là du moyen le plus simple et le moins onéreux pour améliorer, stabiliser les rendements des petites exploitations et surtout rendre la culture des céréales plus rémunératrice sans qu'il soit nécessaire à chaque fois de subventionner massivement et toujours plus la filière céréales.

Partout au Maghreb de grandes exploitations ont rapidement investi dans cette pratique dans le double but de maximaliser les marges par la réduction des coûts de mécanisation et de lever le risque sur le capital investi par la sécurisation des rendements. Hormis avec l'irrigation, qui demande des moyens conséquents tant au niveau des pouvoirs publics qu'au niveau des exploitations, jamais la céréaliculture en Afrique du Nord ne s'était trouvée face à une telle opportunité d'amélioration de ses rendements tout en préservant un milieu naturel particulièrement fragile.

Plusieurs facteurs ont contribué à ce que ce soit de grandes exploitations qui s'équipent en premier : accès à l'information technique et moyens financiers importants.

Si cette première phase du développement du SD sur de grandes exploitations peut s'expliquer par des facteurs objectifs, les pouvoirs publics ont intérêt dans une deuxième phase à faciliter l'acquisition de cette technique au niveau des petites exploitations.

Les stratégies de développement du SD varient selon les pays. Elles varient dans leurs formes et leur maturité. Au Maroc, l'accent a été mis sur la production locale d'un prototype de semoir conçu avec l'aide d'ONG françaises. Ce prototype est déjà bien avancé puisque plusieurs exemplaires sont présent dans des exploitations. Il présente l'avantage de coûter trois fois moins cher que le matériel importé. Cette démarche n'est pas fortuite. Elle survient après l'acquisition par le centre d'études de Settat de références sur le SD et une politique de coopération avec des organismes de développement US. C'est dans un tel contexte que la société Kuhn de semoirs pour SD a été encouragé à développer des essais.

En Tunisie, la voie de l'acquisition de semoirs étrangers est privilégiée. C'est le cas avec les imporations réalisées par Cotugrains. Afin de faciliter ces acquisitions d'un matériel coûteux, la voie de l'achat à plusieurs exploitations est encouragée. Sur le terrain, les action de l'Association pour une Agriculture Durable permettent de vulgariser l'utilisation du SD.

En Algérie, diverses voies existent sans qu'actuellement une d'entre elles ne soit privilégiée. Il ne semble pas exister de stratégie claire pour un secteur pourtant si stratégique. C'est ainsi qu'on note l'importation de divers types de matériel étranger : Kuhn, Semeato, Sola. En parallèle est testé le semoir syrien Ashbel. L'avantage de ce semoir, mis au point avec des experts de l'ICARDA, est de pouvoir être tiré par un tracteur de 80 ou voire même de 65 CV au lieu de 100 CV. Par ailleurs, des discussions semblent en cours au niveau de PMAT pour faire évoluer l'importation de semoirs SOLA5. En parallèle, l'acquisition de tels équipements est favorisée par une politique publique d'encouragement d'achat à plusieurs, de même que les unités « motoculture » des CCLS disposent de 22 semoirs pour SD. Il est à espérer que les pouvoirs publics, après avoir donné priorité à la fabrication de la première automobile Made in DZ se pencheront sur la fabrication locale de semoirs SD.

V-PERSPECTIVES DU SEMIS AU MAGHREB : UNE OPPORTUNITE HISTORIQUE..
Pour la première fois depuis leur indépendance, avec la technique du SD, les pouvoirs publics au Maghreb disposent d'un moyen efficace afin d'améliorer la production céréalière, la production de légumes secs et même de fourrages. A part au Maroc, on ne semble pas observer au Maghreb de stratégie nationale afin de développer le SD. En Algérie, c'est l'irrigation d'appoint des céréales qui est privilégiée6.

Avec l'irruption du SD, les pouvoirs publics se trouvent face à une double priorité. Il s'agit d'aider les exploitations à s'approprier un moyen efficace pour répondre à la demande croissante des populations en céréales. Par ailleurs, il s'agit de favoriser l'accès des petites et moyennes exploitations à cette technique afin d'éviter une plus grande concentration des terres avec son corollaire : l'exode rural et plus de bouches à nourrir dans les villes.

Cela passe par la mise à la disposition des exploitations de différents types de semoirs pour SD : semoirs étrangers, mais également semoirs fabriqués localement. Bien que moins sophistiqués ce deuxième type de semoirs peut cependant permettre de répondre agronomiquement à la réussite de la céréaliculture en climat semi-aride.

 

OLEAGINEUX

OLEAGINEUX, UNE PRIORITE DU NOUVEAU MINISTRE DE L'AGRICULTURE ?
Djamel BELAID. 17.05.15 djam.bel@voila.fr
Un nouveau ministre accède à la direction du MADR. A cette occasion, on peut se poser la question des priorités pour la nouvelle équipe. Les défis à relever par l'agriculture sont nombreux : irrigation, augmentation de la production céréalière, contribution à l'émergence d'organisations professionnelles agricoles représentatives, … Nous nous proposons d'apporter une réflexion concernant la filière oléagineux.

OLEAGINEUX, LA POURSUITE DE « L'MPORT-IMPORT ».
Il est certainement possible d'établir une liste des actions prioritaires. Et nul doute que la nouvelle équipe au MADR l'établira rapidement. Quant à nous, dans cette liste nous ajouterions la nécessité de créer en Algérie une filière oléagineux. Créer ? Pourrait-on demander. Oui, car à part l'huile d'olive, nous ne produisons pas d'huile de table. Toutes les graines triturées dans les moulins de Cévital et des autres opérateurs algériens sont IMPORTEES.
Mais comment créer cette filière locale pour les oléagineux ? Il faut préciser que nous ne partons pas de rien. Il existe en effet des triturateurs locaux. Cela est fondamental. Nous verrons plus loin que la situation est autre si nous parlions de la « filière » sucre .
Nous avons donc des triturateurs algériens mais qui s'approvisionnent uniquement en graines oléagineuses étrangères. Il s'agit d'arriver à les approvisionner en graines produites localement, au moins partiellement. Disons tout de suite que la production de graines locales est actuellement pratiquement inexistante. Comment arriver à stimuler une telle production comme c'est notamment le cas au Maroc et en Tunisie.

POUVOIRS PUBLICS, UN ROLE PRIMORDIAL.
Les pouvoirs publics disposent de deux outils fondamentaux pour développer une filière nationale d'oléagineux : les prix des graines d'oléagineux accordés aux agriculteurs et la prise d'un décret obligeant les triturateurs à incorporer dans leurs moulins un pourcentage à définir de graines produites localement : colza, tournesol, carthame.

Les prix payés par l'Etat aux agriculteurs représentent un puissant stimulant. On le voit dans le cas du blé dur. Celui-ci est payé 4500 DA le quintal aux agriculteurs. Depuis l'adoption de cette mesure, les céréaliers se « bousculent au portillon » pour produire du blé dur. Le même phénomène est observable en Tunisie. Les agriculteurs tunisiens pratiquent même des rotations très courtes telle que blé sur blé ce qui n'est pas sans conséquence sur le développement des divers ravageurs du blé. Les prix à la production sont donc un outil puissant d'augmentation de la production.

Mais qui dit augmentation des prix à la production dit augmentation des prix à la revente de l'huile aux consommateurs. C'est là qu'interviennent les pouvoirs publics en prenant à leur charge la différence entre ces deux prix. Certes, il s'agit d'une charge. Cependant, il ne faut pas négliger les effets induits d'une telle mesure : création d'emplois, réduction des importations et de la dépendance alimentaire, gains agronomiques avec l'allongement des rotations.

Le deuxième levier aux mains des pouvoirs publics est donc l'obligation qui pourrait être faite aux importateurs de graines oléagineuses locales. Une telle mesure a déjà étét appliquée avec succès concernant le blé dur. Sur injonction des services des l'Etat, il y a quelques années, les semouliers se sont vus obligés d'utiliser le blé dur local. Ces semouliers ont crié au scandale face à la piètre qualité de la production locale face aux blés durs français et canadiens. Mais les pouvoirs publics et l'OAIC ont tenus bon. Les semouliers ont donc développé vers les céréaliers locaux des réseaux « Qualité Blé » afin d'améliorer la qualité semoulière des blés durs produits.

MISER SUR DES INITIATIVES CITOYENNES URBAINES ET RURALES.
Une telle démarche s'imposera tôt ou tard suite à la réduction de la rente gazière.Mais, elle s'imposera également à la condition à la condition de mouvements de consommateurs algériens en faveur du « consommer local ». Que ce soit des initiatives individuelles ou organisées par des associations, un tel mouvement peut être un puissant moyen de pression sur les pouvoirs publics, notamment les tendant ultra-libéraux. Car consommer local signifie pour le consommateur algérien protection de l'emploi et création d'emplois pour nos jeunes.

De leur côté, les agriculteurs peuvent peser pour l'algérianisation de la filière oléagineux. Comment ? Non pas en faisant le siège des DSA ou des sièges de daïra, mais en prenant l'initiative de cultiver du colza et du tournesol et en vendant l'huile au niveau de circuits courts. Cela existe notamment pour l'huile d'olive.

Et les prix ? Seront-ils compétitifs en absence d'une politique publique de soutien des prix à la production??? Filière ? OPA, Elites rurales  (dynamisme, création d'emplois) !!!!

Afin de réussir à valoriser leur production ces agriculteurs pourraient se ré-approprier l'aval de la filière. Afin de valoriser leur production, surtout en cas d'absence de politique publique de soutien des prix à la production, ces agriculteurs pourraient triturer eux même leur récolte comme cela se fait parfois pour l'huile d'olives. On pourrait imaginer des huileries coopératives. Afin de protéger leur marge, les agriculteurs pourraient également s'occuper eux même de la commercialisation d'huile. Il faudrait rajouter les bénéfices tirés par l'utilisation comme aliment du bétail des tourteaux résultant de la trituration des graines de colza ou de tournesol. Enfin, toujours dans la colonne avantages, il faudrait rajouter l'aspect agronomique de la production d'oléagineux. En effet, en modifiant leur rotation exclusivement céréalière du fait de la culture du colza ou du tournesol, leurs céréales ne pourraient que mieux se porter d'où la possibilité de réduction d'emploi des quantités de pesticides épendus sur les blés durs.

Un tel scénario pourrait également être mis en place, par exemple, par des propriétaires d'huilerie d'olive souhaitant diversifier leur activité1. Ce scénario pourrait également être mis en œuvre par des groupes de fabrication d'aiments du bétail auxquels les pouvoirs publics auraient fait obligation d'incorporer dans leurs produits une part de tourteaux d'oléagineux produits sur le territoire national. Au Maroc, une autre voie a été choisie. Il s'agit de l'implantation du groupe Lesieur qui dynamise la filière oléagineux pour le plus grand bien de l'économie locale et des actionnaires de ce groupe.

MADR, FAVORISER L'EMERGENCE D'OPERATEURS LOCAUX

On le voit il est possible d'envisager différentes voies à l'émergence d'une filière nationale des oléagineux. L'avantage de cette filière est de ne pas nécessiter d'investissements aussi lourds que pour une filière sucre. En effet, colza et tournesol sont cultivés pratiquement avec le même matériel que les céréales. Leur transformation ne demande que des presses. Cela est totalement différent pour la production de sucre à partir de betteraves. Les investissements en matériel de culture mais surtout en raffineries sont plus conséquents.
Aussi, en première approche, il semble intéressant pour les pouvoirs publics d'imaginer le développement de la filière oléagineux à partir d'intervenant nationaux. Dans le cas du sucre, filière basée uniquement sur l'importation de sucre non raffiné, des partenaires étrangers pourraient être appélés à la rescousse.

A des groupements dynamiques de céréaliers se constituant en coopératives, des investisseurs privés ou à des membres des élites rurales de s'emparer du dossier. Par « élites rurales » nous entendons, comme l'agro-économiste Omar Bessaoud, des personnes dynamiques qui ont suivi des études et qui habitent l'intérieur du pays. Plus ou moins liées à l'agriculture, de telles personnes peuvent s'avérer de puissants catalyseurs pour la mise en place d'activités de développement agricole.

CONCLUSION
La mise en place d'une filière nationale oléagineux présentent de nombreux avantages en matière de réduction de la dépendance alimentaire, de réduction des importations, d'emploi et d'agronomie. A ce titre, elle peut faire partie des nombreuses priorités de la nouvelle équipe du MADR.
Cependant, le monde agricole et rural ne doit pas tout attendre des pouvoirs publics. C'est aux agriculteurs leaders et aux élites rurales de mettre sur pied les moyens de produire des graines d'oléagineux et de les valoriser en les transformant et les commercialisant afin de préserver leur marge.
Certes, il s'agit de réunir des références techniques sur les itinéraires techniques du colza et du tournesol ainsi que les techniques de transformation. Internet permet de nos jours un accès à l'information, notamment sur les expériences du Maroc et de la Tunisie.

Finalement, est ce qu'un des priorités de la nouvelle équipe du MADR ne serait pas de savoir faire émerger des initiatives locales en fédérant les énergies disponibles à la base? C'est là, à notre avis, le challenge n°1 du Ministère.

 

CEREALES

CES QUELQUES MM DE PLUIE QUI NOUS MANQUENT

7.05.15 djam.bel@voila.fr

Je voyais hier soir une photo d'une parcelle de blé à Sétif. Désolant. Le manque de pluie faisait que les feuilles du bas des plants étaient jaunes. Les épis, vaille que vaille, tentaient de remplir leurs grains.

Devant ce type de situation on est à espérer quelques gouttes de pluie. Heureux à ceux qui disposent d'un enrouleur pour irriguer...

 

Mais, si on y réfléchit bien, il y a un moyen pour que la plante bénéficie de qlq mm de pluie. Oui, il y a le semis direct (SD). Il suffit de taper sur internet "semis direct humidité sol" pour trouver des essais qui montrent que contrairement à la charrue, le SD et les outils à dents permettent de mieux emmagasiner l'eau de pluie dans le sol.

 

Certes, dirat-on, cela ne suffira pas à obtenir des rdt mirifiques. Mais ces qlq mm gagnés ont une vertu qu'oublient beaucoup de décideurs algériens. Ils permettent de lisser le revenu des céréaliers. Expliquons nous. En cas de sécheresse printanière comme celle de 2015, en SD l'agriculteur est s^ur de récolter et de couvrir les frais engagés (engrais, semences, phytos). Rachid Mrabet, spécialiste marocain du SD le montre bien dans ses essais pluri-annuels à Settat (voir le lien suivant à la page 20). Sur 4 ans, il a calculée la marge brute de parcelles en SD ou labour. Le résultat est net. Avec SD, le céréalier arrive chaque année un revenu positif alors qu'en conventionnel, certaines années la marge est négative.

F]LE SEMIS DIRECT : POTENTIEL ET LIMITES POUR UNE ...

repository.uneca.org/bitstream/handle/10855/4593/Bib-31853.pdf?...1

 

Ceci montre l'urgence pour tous les cadres algériens de tout mettre en oeuvre pour promouvoir au plus vite cette technique. Il en va de l'avenir de l'agriculture algérienne.

Un souhait: que quelqu'un ait le courage de montrer ce rapport à notre Ministre de l'Agriculture.

 

 

MADE IN DZ

CONSOMMER LOCAL, DES POSSIBILITES EN AGRICULTURE
djam.bel@voila.fr 6.05.15
En matière agricole, en Algérie, il est possible de consommer plus local. La production de lait frais en est un exemple. Des producteurs comme Laiterie Soummam ou Danone Djurdjura ont su mobiliser le lait de centaines de petits éleveurs locaux. Il existe d'autres exemples de gains de productivité et d'intégration de matière première locale.
Concernant les céréales, certes la production locale ne couvre pas encore les besoins. Le déficit de production vient du déficit hydrique pratiquement structurel. Mais depuis quelque années un renouveau se fait jour. La solution de développer l'irrigation d'appoint est une réponse adaptée. Mieux, il y a la pratique du non-labour avec semis direct. Tous les essais montrent que cette façon de faire permet de meilleurs rendements et une régularité de rendement même lors des années sèches. La cause, une meilleure valorisation de l'eau emmagasinée dans le sol.

SUIVRE L'EXEMPLE DU LAIT ET DU BLE DUR

Lait et blé dur, comment expliquer les récentes augmentations de production locale ? Les transformateurs de ces produits ont eu obligation d'incorporer une part plus grande de production locale. Cela n'a pas été chose facile, mais les pouvoirs ont obligé les transformateurs à une telle démarche. Ils s'y plient et développent un appui technique aux producteurs. Le dynamique PDG des laiteries Soummam, Lounis Hamitouche, a même lancé une entreprise de récolte de fourrages afin d'aider des producteurs de lait du Constantinois.

Le même principe pourrait être appliqué à la production d'huile, de sucre ou de jus de fruits. Ces produits sont pratiquement importés à 100%. Techniquement, les moyens existent pour produire Made in DZ. Le groupe Benamor a bien réussi à multiplier par 3 le rendement de la tomate industrielle chez ses planteurs sous contrat. Concernant l'huile, CEVITAL pourrait avoir comme obligation d'encourager la production locale de graines de colza et de tournesol. Notre voisin le Maroc y arrive bien, pourquoi pas nous ? D'autant plus que les sols ont besoin de porter des cultures différentes afin de casser le cycle des parasites. Par ailleurs, les productions de graines oléagineuses demandent un matériel déjà présent dans les exploitations. On ne demande pas 100% de graines oléagineuses DZ écrasées dans les moulins de CEVITAL, mais au moins 10%.

HUILE, MAIS AUSSI SUCRE ET JUS DE FRUITS.

Concernant la production de sucre, pourquoi ne pas demander à CEVITAL d'encourager des planteurs locaux de betterave à sucre comme cela se fait au Maroc. Certes, cela demande plus d'investissement (raffinerie) et il faut un matériel spécifique de récolte. Mais cela permet de créer des emplois. Et par ailleurs, l'itinéraire technique de culture de ces betteraves est beaucoup plus simple que dans les années 70. Epoque lointaine où l'Algérie cultivait cette précieuse betterave à Khemis-Milliana.

Encore une fois, c'est aux pouvoirs publics d'imposer un taux minimal d'intégration aux grands de l'agro-industrie. Il est quand même abbérant que les conserveries NCA installées en pleine Mitidja au milieu des vergers d'agrumes, importent 100% de leur concentré du Brésil. L'entreprise ACI est pourtant capable d'assurer un nouveau mode de conduite des agrumes. Ses ingénieurs vulgarisent maintenant depuis plusieurs années la plantation d'agrumes à forte densité. Pourquoi ne pas demander à Mr Slim Othmani de travailler avec ACI afin qu'au moins 10% de ses jus proviennent des vergers situés autour de ses unités de production ?

ALIMENT DU BETAIL, RENTABILISER LA JACHERE

Idem en production d'aliment du bétail. Si du fait du climat il nous est pas facile de cultiver du soja en Algérie, on peut semer du pois fourrager d'hiver ou de la féverole. Et ainsi produire une partie des protéines végétales rentrant dans les rations de nos animaux d'élevage. Aussi, les 3 usines d'aliment du bétail que met en place Abdelkader Taieb-Ezzraïmi, PDG de la Semoulerie Industrielle de la Mitidja, avec un partenaire français (Sanders) doivent faire place, même partiellement, à de la matière première locale. A nouveau, là aussi, l'irrigation d'appoint et la révolution technique de travail en zone semi-aride permise par le semis direct sont à explorer. Ce type de semoir permet des vitesses de travail élevées et un moindre coût d'implantation des cultures. Aussi, dans les zones semi-arides les plus fertiles, les agriculteurs pourraient se voir infliger progressivement des baisses de subvention en cas de terres laissées en jachère. Ces terres laissées en jachère constituent un scandale. A l'heure du GPS et de l'image satellitale, il est aujourd'hui possible de mieux borner les terres agricoles et de savoir à qui elles appartiennent réellement. Répétons le, il existe des solutions techniques afin d'emblaver plus de terres et à côté des céréales et légumes secs produire des fourrages. Des outils telles les ensileuses, les presses à balles rondes et les enrubanneuses permettent des vitesses de récolte des fourrages accrues. Même les traditionnelles jachères pâturées peuvent être améliorées par le semis (sans labour) d'espèces fourragères adaptées et ainsi assurer le besoins des moutons traditionnellement associés à la céréaliculture.

FAIRE DECOLLER LA FUSEE ALGERIE

Les transformateurs locaux ou étrangers bénéficient d'un marché dont les consommateurs ont un pouvoir d'achat important. A eux en retour d'assurer une meilleure intégration en utilisant progressivement plus de matière première locale.

Les pouvoirs publics possèdent un rôle régalien : celui d'imposer un taux d'intégration croissant de produits locaux aux agro-industriels. L'exercice de ce droit correctement exercé est en mesure, par ricochet, d'obliger une adaptation bénéfique à l'aval. A l'heure de la baisse de la manne venant des hydrocarbures et de la montée inquiétante du chômage des jeunes, les pouvoirs publics seraient bien inspirés d'appuyer sur les bons boutons afin de faire décoller la fusée Algérie. Sinon, gare au crash...

Djamel BELAID.
Ingénieur Agronome.

 

CEREALES
A NOUVEAU LA SECHERESSE
Djamel BELAID 5.5.2015

En ce début de juin, les informations venant du terrain sont alarmantes : les céréales ont soif et aucune pluie n'est annoncée. Sommes nous condamnés en Algérie à définitivement importer une partie des céréales consommées?

En fait, il n'en est rien. Les choses changent dans les exploitations. Certes, elles ne changent pas assez vite pour faire baisser la courbe des importations, mais le fait est là. Il y a en Algérie un réel renouveau agricole. Certes, c'est la moindre des choses lorsque l'on considére les moyens injectés dans le secteur agricole pourrait-on rétorquer.

Voyons ce vent nouveau qui, concernant en particulier les céréales, permet dans certains type d'exploitations une augmentation de la production et cela en dépît de conditions climatiques printannières peu favorables.

Il y a bien sûr l'irrigation d'appoint. Elle consiste à apporter ponctuellement de l'eau à une parcelle de céréales. Les pouvoirs publics parlent d'un million d'ha irrigué. Au delà des chiffres, ce qui est intéressant est de voir l'accueil de cette mesure sur le terrain. L'accueil est positif. De plus en plus de céréaliers se mettent à irriguer leurs parcelles. On note un engouement que même le coût des enrouleurs ne semble réduire. Des sessions de formation sont organisées par les services agricoles. Les céréaliers adhèrent à l'opération. Reste à quantifier finement de l'extension de cette technique salvatrice.


Face au déficit hydrique, il y a également la qualité de l'itinéraire technique : fertilisation, désherbage et protection fongicide. Là également les progrès sont patent. 
En matière de fertilisation, outre les engrais traditionnels d'Asmidal est apparue toute une gamme de fertilisants sous forme granulée ou liquide. Cette nouvelle gamme est mieux adaptée aux conditions aux sols calcaires locaux.
Mais c'est concernant la protection contre les ravageurs que l'engouement est le plus grand. Des pulvérisateurs épendant dans les champs herbicides ou fongicides ne sont plus chose rare en Algérie. Il existe même une production locale de pulvéridateurs de 12 mètres. Quelques concessionnaires privés importent des pulvérisateurs trainés de 24 m de large.

L'alimentation minérale et la protection phytosanitaire qu'assurent de plus en plus les céréaliers algériens permettent aux plantes de mieux lutter contre le déficit hydrique. Cependant, il y a un domaine où le retard est flagrant. Il s'agit de la mise en œuvre par l'ITGC et les DSA du non-labour avec semis direct.

L'AVENIR DE LA CEREALICULTURE ALGERIENNE PASSE LE SEMIS DIRECT
Le non-labour avec semis direct est révolutionnaire. Cette technique permet une meilleure valorisation de l'eau de pluie emmagasinée par le sol. Par ailleurs, il se traduit par un coût moindre d'implantation des céréales. A ce titre, l'investisseur agricole est certain de récupérer sa mise de fonds de départ : engrais, semence et frais de travail du sol et semis.

Des données techniques et économiques locales existent au niveau des fermes pilotes et des stations ITGC. Il en est de même au Maroc, précurseur en la matière. Mais en Algérie, il n'y a pas cette forte impulsion des services agricoles en faveur du semis direct.

Cependant, dans le Constantinois, de gros céréaliers privés de 300 ha voire de 700ha ont vite flairés la bonne affaire. Les cadres de certaines fermes pilote ont suivi. Malgré le prix trois fois supérieur des semoirs pour semis direct, ils se sont équipés en matériel européen ou brésilen. Ainsi, il n'est pas rare de voir dans les exploitations des semoirs Kuhn ou Semeato.

Même l'OAIC fait état de l'existence de 22 semoirs pour semis direct dans ses unités de motoculture au sein des CCLS. Mais là où il y en a 22, c'est 50 fois plus qu'il en faudrait. Au niveau du groupe PMAT, il est question d'accords avec la firme SOLA pour le montage local de ce type de semoirs. Mais rien n'est annoncé actuellement.

Comment expliquer que malgré une volonté d'augmenter la production céréalière ce type de semoir adapté aux graves conditions de déficit hydrique ne soit pas plus utilisé ?

C'est qu'en Algérie, en matière d'intensification céréalière, les priorités sont immenses. L'OAIC a par exemple fait de l'excellent travail en développant l'utilisation de semences certifiés. Mais cet office a à gérer l'approvisionnement d'intrants sur tout le territoire national et la collecte des céréales. Aussi, le développement du semis direct est certes une priorité ; mais une priorité parmis tant d'autres.

La technique reste nouvelle même auprès des décideurs à tous les niveaux. Mais surtout la notion de marge brute reste peu présente dans le raisonnement de ces décideurs. Ils n'intègrent pas le pari que fait le céréalier à chaque automne lorsqu'il s'agit de semer. Face à l'incertitude climatique, celui-ci arbitre le plus souvent en un travail minimum de la sole céréalière. L'itinéraire technique est peu amélioré. Une partie des terres est également laissée en jachère. Mais le troupeau d'ovins, plus rémunérateur, a toute son attention. C'est d'ailleurs pour les moutons que servira la jachère pâturée. Et quand l'exploitation ne dispose pas de troupeau, c'est par le biais de la location à des éleveurs nomades qu'elle en tirera un revenu.

Ainsi, c'est toute une partie des céréaliers qui reste sur le bord de la touche. Or, seul le semis direct pourrait lever l'incertitude climatique et donc de revenu qui pèse sur la production céréalière. Seul le semis direct pourrait à faire coût améliorer les jachères pâturées en les transformant en prairies temporaires de légumineuses.

POUR DE VRAIES COOPERATIVES CEREALIERES
Il nous semble que progressivement les céréaliers doivent disposer de coopératives céréalières qu'ils administrent eux même. Cela, en y engageant des parts sociales, comme dans le cas des coopératives céréalières françaises. Les CCLS restent des « coopératives » d'Etat.

L'emploi du gros matériel doit passer par des CUMA. Enfin, la vulgarisation agricole locale doit tenir compte du fait que les agriculteurs doivent être considérés comme des producteurs de connaissances et non plus de simples auditeurs passifs lors de « monologues d'estrades ». A ce titre le développement de réseaux Qualité Blé Dur mis en place par des semouliers est louable.

 

 

CEREALES

A NOUVEAU LA SECHERESSE

djam.bel@voila.fr 4.05.15

A nouveau la sécheresse pointe à l'horizon. Cela ne peut renforcer la juste stratégie du MADR de développer l'irrigation d'appoint. On peut se demander cependant si tout a été fait contre la sécheresse. 

Le non-labour avec semis direct (SD) permet en effet, de mieux valoriser l'eau du sol et permet ainsi de meilleurs rendements tout en réduisant les couts de mécanisation. On peut se demander pourquoi le MADR ne fournit pas plus d'efforts afin de mieux faire connaitre cette technique. Déjà, d'importantes exploitations privées du Constantinois se sont tournées vers le SD. Aussi, on peut se demander si les conseillers de Mr le Ministre lui ont expliqué le coté stratégique de cette technique en grandes cultures.

 

BLE TENDRE DZ
TESTER LES CIRCUITS COURTS ?
Djam.bel@voila.fr 19.04.15
Dans un article récent*, Valérie Noël de la revue « Réussir Grandes Cultures » relate l'expérience de la cooopérative céréalière Axéréal qui développe la farine
de marque Esbly. Cette expérience pourrait intéresser des transformateurs algériens. En effet, les agriculteurs sont très sensibles aux questions techniques
liées à la parcelle. Ils le sont moins à la gestion de l'exploitation agricole et très peu à l'organisation des marchés. Aussi, la réflexion est-elle d'autant plus
nécessaire concernant les questions touchant aux filières. Il nous semble qu'agriculteurs et cadres algériens doivent lire ce témoignage en pensant à la situation
des filières locales qu'il s'agisse de céréales ou d'autres produits. Que ce soit les abricots de N'Gaous, la cerise de Tizi-Ouzou ou les pommes de terre
primeurs d'El Oued, de telles démarches de valorisation des productions locales sont à imaginer.

ESBLY, FARINE DE QUALITE
Dominique Jacquet, agriculteur sur 277 ha dans l'Indre témoigne de cette expérience. Cet agriculteur est un administrateur de longue date de la coopérative. Il
est coopérateur dans l'âme. Son engagement, il l'explique sur le site internet des farines Esbly. La farine Esbly est un concept récent. Axéréal la produit à
travers sa filiale Axiane spécialisée en meunerie. Depuis quelques années, la coopérative a commencé à metttre en avant l'origine France 100% garantie de sa
farine. Et c'est fin 2014 qu'a été décidé de placer ces produits sous la marque Esbly.

Il faut rappeler qu'en France, suite aux différentes crises sanitaires qui ont cassé la relation de confiance, il faut dorénavant « parler terrain pour fidélier le
consommateur ». Souvent, le consommateur souhaite connaître l'histoire de ses aliments. Cette préoccupation ne doit pas être absente sur le marché algérien.
Souvent, concernant les produits transformés, les avis exprimés par les consommateurs algériens sont négatifs. Pour certains, tout produit réduit en poudre
pourrait être l'occasion d'y ajouter divers adjuvants.

Dans sa stratégie de communication, la coopérative a décidé de mettre les agriculteurs coopérateurs en avant. Le but étant de « renforcer les liens avec le
consommateur ».

CAHIER DES CHARGES : AVANT TOUT L'ORIGINE LOCALE DU PRODUIT

Le cahier des charges de la coopérative repose sur quelques points : respecter les obligations réglementaires , utiliser des blés BPMF (Blès Panifiables
Recommandés par la Meunerie), stocker sa récolte et se situer à moins de 50 km du moulin.

Il faut dire qu'en France, la préoccupation de certains agriculteurs est de faire avant tout du rendement en dépit de la qualité. Certaibs blés fourragers comme le
légendaire slejpner permettait dans les années 90 de frôler les 100 quintaux/ha.

La coopérative met donc en avant l'origine locale de sa farine et donc privilégie le « circuit-court ». Les grains sont écrasés dans son moulin de Reuilly. Le
contrat passé avec les coopérateurs prévoyait pour 2014 le versement d'une prime de 6 euros par tonne. L'idée est rémunérer l'effort de logistique du
coopérateur. « Il stocke, ce qui nous peremt de faire des économies que nous redistribuons ensuite » explique Denis Courzadet responsable filière chez
Axéréal.

D. Jacquet est situer à 35 km du moulin et peut stocker 80% de sa moisson. Il réalise également le nettoyage de son grain avec un séparateur puis le met en
cellules ventilées en suivant la température. Grâce à un boisseau de chargement de 30 tonnes, il peut rapidement charger en grain les camions du moulin. Il
utilise uniquement des blés meuniers : Rubisco, Paquito, Symoisson, Cellule, …) et applique une fertilisation azotée scientifique en réalisant des analyses de
reliquats azotés et en utilisant Famstar, tout cela afin d'optimisier le taux de protéine de ses blés.


DES COOPERATEURS ASSOCIES A LA POLITIQUE COMMERCIALE
Pour Denis Courzadet, il s'agit d'associer les coopérateurs à cette stratégie commerciale : « Nous défendons depuis des années la mise en place de filières,
nous y arrivons, il faut les soutenir et le dire », explique-t-il. « C'est un moyen de préserver la production. Plus ils seront nombreux, plus ce sera positif en
termes de gestion des risques et de dynamique collective ». « L'objectif à court terme est de doubler les objectifs » conclut Valérie Noël.

Pour, Anne Hervieu, responsable marketing et communication chez Axiane, il s'agit de « donner une âme à ce produit de base qu'est la farine ».

« Du fait de notre appartenance à Axéréal, mettre en avant les agriculteurs dans notre communication a du sens. Nous avons voulu jouer la carte de la
proximité, à la fois humaine et géographique. Notre approvisionnement se trouve dans un rayson de 50 km autour du moulin qui fabrique notre farine. Notre
cahier des charges est assez simple car ce type de démarche est long à mettre en place et il est plus facile d'emmener les agriculteurs quant on a le produit. Il
nous fallait donc cette première base. Nous avons envie de l'enrichir. Nous en sommes au début. Je suis vraiment convaincue que cette démarche est
différenciente. Montrer les producteurs qui produisent la farine avec laquelle le consommateur cuisine, c'est donner une âme à ce produit de base qu'est la farine,
y mettre de l'affect. »
(*) Un moyen de préserver la production. Valérie Noël. Réussir Grandes Cultures. Avril 2015 n°290, pages 22-23.

 

 

BLE

AZOTE : PRENDRE EXEMPLE SUR LA BOURGOGNE ?
djam.bel@voila.fr 19.04.15
En France, le taux de protéines des blés tendres baisse depuis plusieurs années. C'est le cas en Bourgogne où le taux de protéines est passé sous le seuil
fatidique des 11,5% en 2013. Or, la meunerie exige pour l'export des blés avec de meilleurs taux. Face à cette situation la profession en Bourgogne développe le
projet BOP : Blé Objectif Protéines. Cette ambitieuse initiative mérite d'être suivie en Algérie.

Une ingénieur agronome a été recrutée et a pour mission de poser un diagnotic. Il apparaît que si le climat et le sol sont des facteurs importants, le choix variétal
et la fertilisation sont déterminants.
En Bourgogne, le niveau de raisonnement de la fertilisation est satisfaisant. Les agriculteurs utilisent tous la méthode des bilans azotés afin de déterminer les
doses d'azote à apporter. Au final, plus que la dose totale, il apparaît que c'est la date d'apport, le fractionnement et la forme de l'engrais qui sont déterminants
résume un responsable local.

VERS UN QUATRIEME PASSAGE  ET D'UN BSV?
Des exploitants s'orientent vers un meilleur positionnement du 3ème pasage, notamment en le repoussant. D'autres pratiquent 4 passages. C'est le cas
d'exploitant apportant 180 unités d'azote. Mais la peur d'un temps sec pour le 4ème passage est là.
Afin d'avancer techniquement la volonté de la profession est d'échanger les pratiques et le conseil technique aux agriculteurs. L'idée est d'arriver à un système
d'alerte par messagerie comme cela se pratique pour les averissements agricoles (Bulletin de Santé du Végétal).
La nature des messages ne serait pas le calcul des doses d'azote à apporter mais plus le positionnement des apports en fonction des conditions sur les
parcelles. Il s'agirait ainsi d'aller vers plus de réactivité en tenant compte de la météo, l'avancement des stades végétatifs et de l'état des cultures afin de
proposer d'intervenir ou non afin de permettre mles meilleures conditions d'absorption de l'engrais.
L'idée est que tous les prescripteurs (coopératives, négoce, instituts techniques, chambre d'agriculture harmonisent leur discours) afin d'aller à la reconquête du
taux de protéines.

QUEL PROJET PROTEINES EN ALGERIE ?
En Algérie, la préoccupation en matière de protéines concerne les blés tendres. Souvent le mitadinage et les qualités semoulières sont un obstacle en
semoulerie. Plusieurs semouliers ont pris l'initiative de créer des réseaux de suivi des céréaliers de leur bassin de collecte.
L'ITGC a montré que le fractionnement des doses d'azote est la clée pour de meilleurs rendements et de meilleurs taux de protéines. Cependant la méthode des
bilans azotés est loin d'être la norme. Il n'existe en effet pas de pratiques d'analyse des reliquats azotés qui permettrait d'affiner les doses d'azote à apporter.
Des universitaires travaillent sur l'utilisation de la mesure des besoins en azote des plantes en se basant sur des outils tels le Nitrachek.
Comme pour le projet BOP, il serait intéressant d'arriver à une mise en commun d'analyses de l'azote du sol effectuées en sortie hiver sur un réseau de
parcelles représentatives d'une petite région. Si cela permettrait d'améliorer le taux de protéines, la vulgarisation de la méthode des bilans azotés permettrait à
coup sûr d'améliorer les rendements. On voit là le décalage par rapport aux céréaliers de Bourgogne. La priorité en matière d'amélioration des rendements
passe également par l'optimisation de l'eau du sol : lutte contre la concurrence des plantes adventices et vulgarisation du semis direct.
On peut espérer pour l'avenir plus d'échanges entre céréaliers des deux bords de la Méditerranée. Chacun ayant à y gagner ...
Sources : Réussir Grandes Cultures. Avril 2015 n° 290.

 

ACTUALITE DES CHAMPS

FONGICIDES ET ENGRAIS AZOTE

Sur de nombreuses pages facebook, des agriculteurs et techniciens signalent l'état des parcelles de céréales. Selon les secteurs les stades sont variés: épi à 1 cm à 1 noeud voir plus ailleurs. A épi 1 cm, il faut apporter la première dose d'azote. A 1 noeud il faut traiter avec un fongicide selon la situation. de vos parcelles et votre stratégie (1 traitement ou 2 traitements). Beaucoup de parccelles sont attaquées par la septoriose, la tache auréolé ou des débuts de rouille. La pluie favorise cette situation.
Quant à l'azote, la pluie accentue le lessivage de l'azote du sol. Il faudra majorer les doses. 31.03.2015 djam.bel@voila.fr

 
Par le biais de sa page Facebook,

dans son bulletin d'avertissement agricole N°07 sur "Maladies foliaires des céréales" du 02 avril 2015 le SRPV de Constantine note la présence d'oïdium, tache auréolée et septoriose.

 

FONGICIDES BLE

CONSTANTINE: TACHE AUREOLEE

Le SRPV de Constantine note sur sa page FB la présence tache auréolée à Hama Bouziane (Deddabia). Photo prise le 26.03.15

Il est temps de faire le premier traitement à 1 noeud. Vérifiez régulièrement vos parcelles. Le temps pluvieux est favorable aux maladies.  djam.bel@voila.fr 29.03.15

FONGICIDES

SUR ORGE LE PROPICONAZOLE

La situation est propice aux maladies. Observez régulièrement vos parcelles.

Sur orge, à Meskiana en essais le propiconazole a donné de bons résultats:

Télécharger - Options Méditerranéennes

om.ciheam.org/om/pdf/a96/00801429.pdf

Tilt® contient 250 grammes par litre de propiconazole. La dose est de  0,5 litre dans 300 à 400 litres d’eau par hectare. Il est actif contre Helminthosporiose, Rhynchosporiose et Oïdium.

 

Tilt® peut être utilisé du stade «plein tallage» jusqu’au stade «épi dégagé barbes sorties». Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le produit est utilisé en préventif lorsque les conditions climatiques sont propices.

Compatibilité Tilt® est compatible avec la plupart des fongicides, insecticides, acaricides, régulateurs de croissance et fertilisants azotés communément utilisés. Néanmoins il est recommandé de faire un test de compatibilité physique au préalable.

ARTEA associe le propiconazole au cyproconazole et est efficace sur les mêmes maladies de l'orge.

 

FONGICIDES

ROUILLE BRUNE DES CEREALES INPV 17/03/2015

Les conditions actuelles sont propices aux maladies. Il est urgent de faire des tours de plaine régulièrement.

"Le réseau de surveillance de l’INPV a mis en évidence les premières pustules de la rouille brune sur des parcelles de céréales de la wilaya de Mostaganem.

Eu égard au stade sensible atteint et l’adoucissement des températures, les céréaliculteurs cultivant des variétés reconnues sensibles ou situées dans des zones à risque sont appelés à entamer immédiatement les traitements préventifs à l’aide d’un fongicide approprié pour empêcher l’installation

 

Pour les traitements tardifs, ils doivent être appliqués dès que les pustules apparaissent sur les trois dernières feuilles.

Pour plus d’informations contacter les services phytosanitaires les plus proches"

 

FONGICIDES

STRATEGIE FONGICIDE BLE

djam.bel@voila.fr 26.03.15

Les références d'essais sont rares (que fait l'ITGC?). Toutes les maladies ne sont pas à mettre sur le même pied.

L'oïdium est très visible en conditions humide et densité de semis élevée, mais il est peu nuisible. On surveillera les maladies du pied (piétin) et du feuillage. La septoriose monte feuille par feuille lors de pluies fréquentes. On peut donc la contrôler. Le danger vient de la rouille. On surveillera le risque: avis INPV, observation des parcelles et des talus. La fusariose n'est dangereuse que lors de pluies sur épi. Selon votre zone et la sensibilité de vos variétés choisir un programme avec 1 ou 2 traitements.

En 2015, les maladies des feuilles sont précoces.

Merci de nous communiquer vos observations sur le sujet.

nb: afin d'acquérir des références dans votre secteur, rien ne vaut "l'enquête culture". Voir nos articles sur ce sujet.

 

ACTU DES FIRMES

VULGARISATION TOUT AZIMUTH

Bayer installe une trentaine de présentoirs dans les CCLS avec des brochures en français et arabe afin de proposer des traitements fongicides céréales. Profert lance une caravane afin de faire connaître le Séquestrene. Des échantillons gratuits sont offerts aux agriculteurs.

 

AGRO ALIMENTAIRE

LE CONCEPT SOJASUN.FR

Le lait de vache coûte cher. Une astuce, le remplacer par du lait de soja. Lors de Djazagro, commandez le matériel qu'il vous faut.

Sojasun | La fabrication des desserts et boissons ... - YouTube

 

Vidéo pour "https://youtu.be/LND-KjE3G_A"

www.youtube.com/watch?v=LND-KjE3G_A

 

CARBURANT

SUBVENTIONS 20 MILLIARDS $

djam.bel@voila.fr 26.03.15

Dans El Watan du 26.03.15 Zhor Hadjam relève l'analyse de la banque mondiale concernant l'Algérie. Elle écrit: Pour la Banque mondiale, «les prix très bas du carburant ont tué chez les Algériens le réflexe de l’efficacité énergétique et du comportement responsable». En termes de bilan chiffré, la Banque relève que «les subventions à l’énergie auraient coûté au Trésor public environ 20 milliards de dollars en 2014, ce qui représente le tiers du budget annuel de l’Etat». Bien plus, d’après certaines sources, ajoute l’institution financière internationale, «10% de la population la plus aisée consomment plus de carburant que les 90% restants de la population.

Le secteur agricole doit trouver les moyens de réduire sa consommation de carburants car une hausse progressive des carburants est à prévoir dans le moyen terme.

Un des gros poste concerne le labour des terres. Les exploitations ont une alternative, passer au non labour avec semis direct. Les exploitants les plus conscients doivent s'y atteler dès maintenant afin de maîtriser cette technique. Faute de quoi les charges trop élevées les amèneront tôt ou tard à … disparaître, rachetées sous une forme ou une autre par des voisins. Pour la petite paysannerie, le semis direct est un moyen de faire de réduire les coûts de la culture du blé dont la rentabilité est faible.

Un autre poste concerne les engrais dont les engrais azotés. Des solutions existent comme développer dans la rotation des légumineuses et apporter au sol des amendements organiques. Cela implique produire les semences nécessaire, définir des itinéraires techniques ou identifier des sources de matière organique.

La méthanisation des résidus de culture ou d'élevage peut permettre de produire du gaz pour chauffer de petites installations agricoles.

Au MADR, gérer l'agriculture, cela doit donc aussi signifier: anticiper...

 

PHYTO ET ENGRAIS

CARAVANE SEQUESTRENE
25.03.15 "Profert en collaboration avec son partenaire Syngenta ont organisé une caravane Sequestrene. L’objectif de celle - ci  a consisté à distribuer des échantillons gratuits de Sequestrene aux arboriculteurs et viticulteurs de l’ouest, centre ouest et centre de l’Algérie.

La caravane a pris route de Tlemcen et s’est dirigée vers Mostaganem, puis Chlef, Khemis Meliana, Blida, Tipaza faisant une halte à Alger, passant ensuite par Boumerdes et Tizi Ouzou.
La caravane Sequestrene a connu un accueil convivial et chaleureux de la part des agriculteurs".

 

NCA ROUIBA

QUEL TAUX D'INTEGRATION?

djam.bel@voila.fr 23.03.15

Une vidéo intéressante de Mr Slim Othmani sur des réformes économiques. Honnêtement en tant qu'ingénieur agronome ce qui m'attriste c'est que NCA travaille qu'avec de la matière importée: concentré de jus d'orange venant du Brésil, sucre importé également. Quand on a une usine implantée en pleine Mitidja, il est affligeant de ne pas stimuler le renouveau des agrumes et d'utiliser du jus Made in DZ. NCA a également abandonné son coeur de métier: la conserve de légumes. Rappelons, qu'il faut apporter dans la ration alimentaire de l'Algérien des légumes et réduire les céréales. NCA aurait pu être un petit Bonduelle. Mais, NCA préfère travailler avec des produits importés à 100%. Cela changera-t-il un jour?

"On peut réussir en Algérie sans être corrompu ... - YouTube

Vidéo pour "https://youtu.be/zEHbpuf_KCs"
www.youtube.com/watch?v=zEHbpuf_KCs

 

 

BUSINESS

FABRIQUER DU LAIT DE SOJA

Suggestion: importer du soja non OGM. Humecter les graines, les presser et récupérer le lait de soja. Le vendre tel quel en TetraPack ou en mélange avec du lait de vache ou avec de la poudre de chocolat.

 

Faire son lait de soja avec l'extracteur Greenstar ... - YouTube

Vidéo pour "https://youtu.be/zqF58GgdqbA"
www.youtube.com/watch?v=zqF58GgdqbA

 

 

POMME DE TERRE

STOP A L'AMATEURISME

Certes de derrière un clavier d'ordi, il est toujours facile de donner des conseils. Nous en convenons. Mais concernant la récolte des PdT en Algérie, on est en plein amateurisme. Que Mr le ministre du MADR évoque le manque de main d'oeuvre pose la question des moyens mécaniques de récolte. Quand il s'agit d'une production aussi stratégique et aussi pondéreuse, on ne laisse pas peser les opérations de récolte sur la seule force manuelle.

Pour des investisseurs, une opportunité: créer une entreprise de travaux de récolte en important du matériel adapté.

recolte pomme de terre - YouTube

Vidéo pour "https://youtu.be/5BZtr0meUdk"

www.youtube.com/watch?v=5BZtr0meUdk

 

L'arrachage de Pommes de Terre - YouTube

Vidéo pour "https://youtu.be/_o6cl1kkTWM"
www.youtube.com/watch?v=_o6cl1kkTWM

 

Un importateur de matériel:

SARL AGRIA FEM IMPORT EXPORT

  • VILLAGE AGRICOLE N: 262 MAZAFRAN ZERALDA
  • 16063 ALGER
  • Téléphone +213 (21) 532101
  • Fax +213 (21) 532101
  • s.laribi@hotmail.com

 

AGRO-ALIMENTAIRE

Issad Rebrab PDG africain de l’année?

 

Selon Algérie-Patriotique Mr I. REBRAB a été désigné PDG africain de l'année au Forum des hommes d'affaires de Genève (Article 17. mars 2015).

Permettez l'interrogation d'un ingénieur agronome. Dans les huileries et sucreries de CEVITAL, il n'y a pas un seul millilitre d'huile ou un seul gramme de sucre produit en Algérie. Tout est importé de l'étranger.

Nous nous demandons comment le jury en question a-t-il pu décerner une aussi prestigieuse distinction dans ces conditions.

Le groupe Benamor qui a triplé le rendement de la tomate industrielle et est l'initiateur des réseaux qualité blé en Algérie, est à cet égard, bien plus méritant, en terme de patriotisme agro-économique que

 

Mr Rebrab. Même chose concernant le lait avec le beau travail du PDG de la Laiterie Soummam. Grâce aux efforts de Mr Lounis Hammitouche, plus de lait frais est produit en Algérie et ainsi l'importation est réduite. Djam.bel@voila.fr 17.03.15

 

FOURRAGES

DZ: LE METEIL, MIEUX QUE LE MEDICAGO?

Djam.bel@voila.fr 21.03.2015

Dans les années 70, afin de résorber la jachère une des solution a été d'utiliser le médicago. Différentes causes font que cette solution n'a pas fonctionné. A l'époque certaines moyens techniques n'existaient pas sur le terrain.

Nous nous proposons d'examiner un nouveau moyen d'améliorer la productivité des jachères pâturées en zone semi-aride. Et cela, à la lumière du semis direct et des mélanges fourragers pratiqués outre-mer.

 

AGRICULTURE D'OPPORTUNITE

Afin, de ne pas aller à l'encontre des agriculteurs pratiquant la jachère pâturée, nous nous proposons d'enrichir celle-ci, voire d'en faire des superficies récoltables lorsque les moyens de récolte sont disponibles.

 

L'idée centrale est donc de respecter la volonté de ces agriculteurs de ne pas labourer certaines de leurs parcelles qu'ils réservent comme terrain de parcours pour leurs moutons. Mais, là où l'agronome intervient, c'est par le semis. L'idée est d'enrichir ces parcours par l'implantation d'un mélange fourrager adapté aux conditions locales et au cheptel. Comment semer sans labourer? C'est aujourd'hui possible grâce aux semoirs à semis direct. C'est là l'innovation fondamentale.

 

Quant au fourrage à implanter, la première idée qui vient en tête est de s'inspirer du méteil, ces mélanges de fourrages utilisés par les agriculteurs en Europe. On peut ainsi penser à des mélanges de différentes céréales et de légumineuses. Voilà ce qu'en disent Pascale PELLETIER, Pierre-Vincent PROTIN deux spécialises français d'Arvalis.fr

 

« Une prairie multi-espèces se définit comme une prairie temporaire composée d’au moins 3 espèces de 2 familles différentes, le plus souvent des graminées et des légumineuses. Le nombre plus important d’espèces permet à ce type de prairies de mieux s’adapter à l’hétérogénéité intra-parcellaire du sol et de produire de façon régulière sur l’ensemble de la campagne. En effet, les graminées démarrent plus vite à la reprise de végétation et produisent plus au printemps et à l’automne, alors que les légumineuses sont plus productives en été. Les prairies multi-espèces sont également plus résistantes aux aléas climatiques (sécheresse, fortes températures, excès d’eau) ».

 

Améliorer la productivité fourragère de ces dizains de milliers d'hectares permettrait de réduire la tension sur le foin de vesce-avoine et la paille et ainsi par contre coup améliorer l'offre en élevage bovin laitier. Par ailleurs, à proximité des étables de tels surfaces fourragères pourraient être consacrées au pâturage bovin.

Il s'agit cependant de définir les mélanges fourragers les mieux adaptés. En France, pour des prairies, des espèces telles le dactyle, la fétuque élevée, le ray-grass, la luzerne et le trèfle violet peuvent composer les mélanges. En Algérie, jusque là, la recherche agronomique locale ne s'est préoccupée que des fourrages récoltés et peu des fourrages pâturés. L'avantage de ces mélanges est d'obtenir une production fourragère suffisante même si les conditions de l'année défavorisent une des espèces du mélange. Par ailleurs, ces mélanges sont plus faciles à installer et à gérer que le médicago.

 

Comme l'explique ce spécialiste français du CIRAD, Lucien Séguy, il s'agit là d'une agriculture d'opportunité. L'agriculteur sème pour faire pâturer ses bêtes. Le semis direct permet de le faire par exemple juste après une pluie. Si la pluviométrie printanière est suffisante et s'il en a les moyens, il peut récolter le surplus. Ou sinon, il l'enfouit comme engrais vert.

 

REFLECHIR EN TERME DE SYSTEME D'EXPLOITATION

De telles innovations nécessitent de raisonner non plus au niveau de la parcelle, mais au niveau de l'exploitation agricole et donc de tenir compte des contraintes de l'agriculteur.

Cela nécessite également un travail multidisciplinaire. Le spécialiste en céréales et semis direct doit dialoguer avec le spécialiste en fourrages. L'ingénieur agronome spécialisé en cultures végétales doit dialoguer avec le zootechnicien spécialiste en élevage.

 

Enfin, cette nouvelle démarche naît de l'existence récente en Algérie de semoirs pour semis direct. Elle peut être testée en condition réelle (mais à la conditions d'équipes multidisciplinaires). Elle doit être testée également par les agriculteurs leaders et les agriculteurs à même de s'approprier l'information technique. Les agriculteurs les plus dynamiques ont tout intérêt à se concerter au niveau d'une petite région agricole afin de développer ces techniques et s'échanger un savoir-faire né de leur expériences. Ils ne doivent pas attendre tout des stations de recherches agronomiques parfois axées sur d'autres programmes prioritaires.

 

Cette appropriation et mise en pratique est indispensable. Car, avec les récents ajustements structurels, notre agriculture adopte des voies libérales. Or, les subventions publiques ne seront pas éternelles du fait de la réduction de la rente gazière. A terme, seules les exploitations qui arriveront à dégager des marges financières adéquates subsisterons. Les autres disparaîtrons, rachetées par leurs voisins...

 

AGRICULTURE SAHARIENNE

L'EAU ET LES ENGRAIS

Lors de la dernière rencontre nationale sur l'agriculture à Boumerdes, la presse rapporte le cas d'agriculteurs du Sud qui parcourent des centaines de km pour se procurer des engrais. Les sols sableux ne fixent pas les engrais. Il faut améliorer leur pouvoir de fixation*. Pour cela, il faut apporter du fumier ou des boues de station d'épuration. Autre solution: broyer des palmes de palmiers dattiers. Et faire du compost avec les copeaux obtenus. djam.bel@voila.fr 17.03.15

(*)

La fertilité chimique d'un sol - La dégradation des sols dans ...

unt.unice.fr/uoh/degsol/fertilite-chimique.php

 

RECHERCHE

LE SUCCES DE LA RECHERCHE PRIVEE

Djamel BELAID djam.bel@voila.fr 15.03.15

Il suffit de faire un tour en Mitidja, en Kabylie, à Ghardaïa ou sur les hauts plateaux sétifiens pour faire un constat. En Algérie, la recherche agronomique se décline en terme privé. En effet, les agrumes en intensif, c'est la société ACI qui la développe, l'enrubannage des fourrages ce sont des firmes privées opérant dans le sud ou à Constantine sous l'impulsion du dynamique Lounis Hamitouche des Laiterie Soummam ou d'Axium. Les pivots d'un hectare en maraîchage à El Oued ce sont des artisans qui les ont construit. Quant au semis direct, cette révolution qui consiste à ne plus labourer avant de semer le blé, c'est une poignée d'agriculteurs qui s'en empare.

Quant aux premiers ateliers de fabrications d'aliments du bétail produits localement, c'est grâce au dynamisme des établissements Djoudi Métal.

Dans l'Est du pays, le rendement de la tomate industrielle triple en quelques années. Mais nulle trace d'un projet de l'Institut Technique des Cultures Maraîchères et Industrielles. C'est la seule cellule agronomique de la conserverie du Groupe BenAmor qui en est à l'origine.

Des éleveurs de Tizi-Ouzou mettent au point un fromage, la Tomme Noire, c'est grâce à un natif qui après avoir travaillé en Suisse est rentré au pays. A peu près la même chose se reproduit à Ghardaïa suite au travail opiniâtre d'éleveurs et de laiteries privées.

Certes, à chaque fois les pouvoirs publics ne sont pas loin. Ils contribuent à ce renouveau par une politique de prêts bonifiés, de soutien aux prix à la production ou d'abaissement du prix des intrants agricoles et surtout de formation de cadres agronomes.

Par ailleurs, c'est grâce à une politique de redistribution de la rente gazière que l'augmentation du niveau de vie permet à la population d'acheter les productions des investisseurs privées.

 

LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS

Mais point de politique de recherche agronomique délibérée aboutissant à une mise en pratique des innombrables thèmes de recherche académique.

C'est le cas à l'ENSA. Le département de zootechnie a travaillé dès le milieu des années 70 sur l'utilisation de l'urée et de l'ammoniac sur l'orge et les paille. Les excellents résultats restent sur les rayons des bibliothèques de l'ENSA et les éleveurs ne connaissent pas l'utilisation de l'urée pourtant aujourd'hui présente dans chaque exploitation comme engrais pour les cultures. Un chercheur de la même école met au point des blocs multinutrionnels pour la complémentation alimentaire des moutons? Les résultats restent dans les tiroirs. Une équipe de zoologistes trouve le moyen de combattre biologiquement les insectes parasites qui infestent les dattes, nulle trace d'une quelconque application sur le terrain. Ils montrent que les pullulations d'un petit rongeur, la Mérione de Shaw, peuvent être freinées par la Chouette effraie locale qui en raffole, mais nulle trace des services agricoles pour protéger ce volatile.

A Batna, des agronomes spécialistes en sciences du sol alertent contre le blocage des engrais phosphatés en sol calcaire, nulle trace d'un début d'application de ces résultats par, par exemple, des dispositifs d'épandage localisés.

Même chose dans les universités formant des biologistes. A l'université Mentouri de Constantine, des équipes travaillent sur le compostage de la fraction organique des déchets ménagers pour en faire du compost horticole. Mais les maraîchers d'El Oued n'en voient nulle trace et continuent de n'utiliser que les fientes de volailles qui dorénavant s'arrachent. Comme personne ne leur explique l'intérêt des composts de grignons d'olive, procédé récemment mis au point par les stations de l'ITAV.

En Algérie, pour reprendre une boutade, des chercheurs qui cherchent on en trouve. Mieux, dorénavant, il y a des chercheurs qui cherchent et trouvent. Mais, à chaque fois l'impression est celle d'un manque d'organisation, de finalité des budgets dépensés voire d'anticipation. Ainsi, à M'sila des agriculteurs plantent des oliviers grâce à des financements étatiques et innovent en choisissant la variété Chemlal particulièrement riche en huile. Mais lors de l'entrée en production des vergers, les huileries locales sont incapables de recevoir la totalité de la production.

La recherche agronomique en Algérie donne l'impression d'être une armée sans état-major. Elle ne correspond pas à l'attente du terrain.

 

LA SOLUTION, LES CLUSTERS?

Les causes restent à rechercher. L'aisance financière de ces dernières années est certainement une explication. Les chercheurs sont chercheurs à vie. Le contrôle des travaux de recherche reste aléatoire.

Un chercheur note amèrement que les journées de travail se terminent parfois à 17h tandis qu'une chercheuse note que parfois c'est avant 17h. Là, où à l'étranger règne systèmatiquement « l'obligation de résultats » et la recherche de sources de financement.

La plus grande partie de la recherche est académique et se fait dans des laboratoires universitaires avec très peu de liens avec le terrain. Ainsi, dès la fin des années 70, la recherche agronomique locale disposait de spécialistes en culture in-vitro. Mais la majorité des semences de pommes de terre reste importée. Et il a fallu faire appel à des Coréens pour monter un projet de centre de culture in-vitro sans que cela réduise pour le moment les importations.

 

Quant aux institutions de recherche, elles sont toutes publiques. Nulle trace d'organismes de recherche à capitaux mixtes comme à l'étranger, où l'évaluation se fait conjointement avec les décideurs privés qui ont apporté des financements.

 

Depuis peu, les orientations du MADR sont de développer des filières par la mise au point de pôles d'excellence: des clusters associant les agriculteurs, l'encadrement technique, la recherche agronomique et les agro-industriels. L'idée est louable. De premiers résultats apparaissent. Lassés de recevoir du blé dur local mitadiné et mêlé à des impuretés de toute sorte, des semouliers ont mis sur pied des réseaux de qualité. Les céréaliers y sont sont suivis par des techniciens dépendant des semouliers dans le choix des variétés, la fertilisation ou la protection des cultures. Cependant, actuellement le barême de raréfactions lors des livraisons des récoltes aux silos des CCLS ne tiennent pas compte de ces efforts.

Dans le domaine laitier, des industriels s'impliquent. Le groupe Danone dispose de techniciens appui-lait. Le responsable de la Laiterie Soummam explique comment il en est arrivé à développer l'enrubannage des fourrages. Alerté par des éleveurs lassés de ne trouver que de la paille ou du foin de mauvaise qualité pour nourrir les vaches importées de France, il a initié une entreprise de travaux agricoles pour la récolte des fourrages. Ce sont des éleveurs et non pas des chercheurs qui lui avait parlé d'un mode de conservation qui « permet de garder jusqu'à trois ans le fourrage à l'état frais ». A Constantine, en absence d'essais de l'ITGC sur l'intérêt de l'utilisation de fongicides sur les céréales, il a fallu attendre l'initiative de la société privé Axium. La première, celle-ci a alerté sur la nécessité de traiter contre la rouille du blé dur. Axium commercialise aujourd'hui des pulvérisateurs de grande largeur. Certes, l'OAIC développe un réseau de production de semences certifiés qui permettent la protection précoce du blé. Mais, ITGC et CCLS étaient attendus aussi sur ce terrible fléau qu'est la rouille.

Progressivement, cette jonction entre amont et aval s'opère. Le groupe semoulier SIM contribue à relancer la formation de cadres en meunerie et signe un accord avec l'université de Blida. A Bejaia, le groupe agro-alimentaire CEVITAL développe de tels partenariat avec l'univeristé locale. Certes, les progrès sont inégaux. Si les célèbres Nouvelles Conserveries Algériennes de Rouiba situées en pleine Mitidja sont connues pour leur jus d'agrumes et le franc parler de leur PDG toujours prêt à fustiger les pouvoirs publics, elles sont par contre totalement absentes pour promouvoir les nouvelles techniques de culture des agrumes. Et c'est la société d'agro-fourniture ACI qui développe ces techniques nouvelles à force de conseils sur l'utilisation de nouveaux porte-greffe et de la fertigation qui permettent l'entrée en production des nouveaux vergers dès la 3ème année..

 

Aujourd'hui, en Algérie, une dynamique agronomique est en marche. Ces dix dernières années, le progrès agronomique se répand dans les campagnes. La recherche agronomique appliquée y contribue largement. Espérons qu'à l'avenir les institutions publiques de recherche travaillerons en coordination avec les besoins du terrain. Pour cela, aux pouvoirs publics de trouver les formes afin que des financements conjoints privés-publics permettent efficacité et obligation de résultats.

Espérons également, qu'entre la baisse de la rente gazière et la demande galopante d'une population aux besoins quantitatifs et qualitatifs toujours croissants, l'agriculture et l'agro-industrie locales auront le temps de montrer ce dont elles sont capables.

 

JACHERE

RESORBPTION DE LA JACHERE, DES LEVIERS MULTIPLES

djam.bel@voila.fr 15.03.15

Sur sa page FB Mr Hadj Bouamoud publie des photos de parcelles agricoles. Parmi celles-ci, en ce mois de mars, on distingue bien les parcelles semées en blé et celles non semées. Là, les parcelles ont la couleur de la terre: elles sont en jachère. Alors que les besoins alimentaires du pays sont énormes, comment réduire ce gaspillage? La résorption de la jachère recouvre des aspects agronomiques mais aussi économiques.

 

ASPECTS ECONOMIQUES

Economiquement, la persistance de la jachère peut être expliquée par plusieurs facteurs.

-fournir des terrains de parcours aux moutons dont l'élevage est plus rémunérateur que les céréales,

-ne pas disposer des fonds nécessaires aux frais de labour et de culture des céréales. Il faut rappeler la forte incertitude climatique. La sécheresse ne permet pas chaque année de faire fructifier les frais engagés par l'agriculteur pour le labour, engrais et semences. Parfois l'agriculteur y perd même sa mise de départ.

Les pouvoirs publics se doivent d'offrir aux agriculteurs les moyens de lever, techniquement et au moins partiellement, l'incertitude climatique grâce à l'irrigation d'appoint et la vulgarisation d'itinéraires techniques adaptés.

Afin de favoriser la résorption de la jachère, les pouvoirs publics pourraient instaurer un impôt foncier. Les surfaces non cultivées deviendraient ainsi une charge pour leur propriétaires. Le GPS peut permettre de borner les parcelles et de mieux répertorier leurs propriétaires. De telles mesures pourraient commencer par les wilayas aux terres les plus fertiles.

 

Notons en passant, que cette persistance de la jachère montre, à postériori, le bien fondé, au moins sur un point, de la Révolution Agraire des années 70: lutter contre l'absentéisme des gros propriétaires fonciers. En effet, souvent la jachère est d'autant plus importante que la taille des exploitations augmente.

 

ASPECTS AGRONOMIQUES

Ces dernières années, les progrès de l'agronomie en milieu semi-aride sont tels que de nouvelles solutions crédibles pour la résorption de la jachère se font jour. Malheureusement, elles sont peu connues en Algérie.

Au début des années 70, le MADR avait demandé à des agronomes français de porter un diagnostic sur une zone test: le Sersou. L'ITGC conserve dans ses tiroirs plusieurs volumineux tomes des comptes rendus de cette mission d'études qui avait duré plusieurs années. Notons au passage, que ces documents devraient être accessibles à la profession. Cette étude avait la particularité de prendre en considération le fonctionnement de l'exploitation agricole dans son ensemble. Chose très rarement faite actuellement. Etaient ainsi étudiés les chantiers de travail: semis d'automne, récolte printanier des fourrages, récolte des céréales.

 

Des contraintes matérielles au semis.

Il était ainsi apparu que résorber la jachère impliquait à l'automne de devoir labourer, préparer pour le semis et semer des superficies considérables. Or, souvent les moyens matériels des exploitations ne permettaient pas de tels objectifs. Depuis, il apparaît que le non-labour avec semis direct permet de s'affranchir de ces pointes de travail automnales. En effet, la cadence des chantiers de semis direct est 5 fois supérieure à celle d'un chantier conventionnel et pour un moindre coût tout en obtenant le même rendement ou en l'améliorant1. Et cela est si vrai, que dans le sud de l'Espagne, l'apparition de cette nouvelle technique a entrainé une récente concentration de la propriété foncière. Notons à ce propos qu'avec la réduction de la rente gazière, la réduction des aides publiques qui devrait pas manquer d'apparaître ces prochaines années fait que les seuls producteurs algériens de blé à survivre seront ceux qui seront passé au semis direct.

 

Des contraintes liées à la récolte des fourrages.

Les fourrages sont majoritairement constitués de foins de vesce-avoine. Leur semis mais surtout leur récolte (fauchage, bottelage et ramassage) provoque des pointes de travail avec l'entretien des céréales. L'apparition récente de l'enrubannage permet d'envisager d'étaler la période de récolte (mode différents). L'enrubannage permet également de réduire la prolifération des graines de mauvaises herbes. Cependant, si l'enrubannage réduit la demande en main d'oeuvre, il requiert un matériel spécifique: ensileuse, station göweil, fourche hydraulique. La solution pourrait être également de développer l'ensilage de céréales immatures. Il faut pour cela assurer la disponibilité en faucheuse.

 

Des contraintes de rotation des cultures

Un des obstacles à la résorption de la jachère est le peu de cultures pouvant prendre place dans la rotation. Les principales cultures sont de la même famille: les céréales. C'est le cas avec le blé tendre, le blé dur, l'orge, l'avoine ou la vesce-avoine. Cela pose un problème non négligeable: l'apparition de parasites spécifiques aux céréales; notamment le ver blanc. Leur cycle n'est pas interrompu par des cultures d'une autre famille: légumineuses ou crucifères. Concernant les légumineuses, la non maîtrise de leur désherbage limite son extension. L'apparition de nouveaux désherbants chimiques, le binage et l'emploi de herses étrilles pourraient d'envisager leur extension future.

 

RESORBER LA JACHERE: UN PACKAGE AGRONOMIQUE ET ORGANISATIONNEL

Réduire la jachère implique pour les exploitations une surcharge de travail et d'investissement. Or, des innovations agronomiques contribuent à réduire ces freins. C'est le cas avec le semis direct, le désherbage mécanique et l'enrubannage des fourrages. Ces techniques sont nouvelles. La question est de savoir comment favoriser leur diffusion au fin fonds des campagnes.

Les pouvoirs publics doivent trouver les leviers les plus appropriés afin de peser sur les choix des agriculteurs: prêts bonifiés, types d'impôts, encadrement technique sur le terrain en non plus dans des bureaux.

Quant aux agriculteurs, et notamment, aux agriculteurs leaders, à eux de montrer le chemin aux autres qui suivront par la suite ensuite.

1Voir l'article « l' Agriculture de conservation démarre bien en Algérie ».

 

VEILLE TECHNOLOGIQUE

ALTERNATIVES RURALES.ORG

djam.bel@voila.fr 13.03.15 Comme à l'accoutumée nous sommes constamment à la recherche d'informations techniques pour nos lecteurs. Ainsi, recherchant des infos sur les coopératives laitières au Maghreb nous sommes tombés sur ce lien: 

La qualité du lait entre logiques des coopératives et ...

alternatives-rurales.org/wp-content/.../AltRur2QualiteLaitLectEcran.pdf

Nous avons ainsi trouvé une revue agronomique marocaine traitant de différents sujets. Il s'agit de Alternatives rurales.org que nous vous recommandons vivement pour sa haute tenue.

 

JACHERE

COMMENT LA REDUIRE?

Sur sa page FB, Mr Hadj Bouamoud pose la question de savoir comment réduire la jachère. Les photos sur l'étendue de cette pratique sont édifiantes?

Pour notre part, nous pensons que le semis direct est UNE DES solutions. Il permet à l'exploitant de semer plus de surfaces, il préserve l'humidité du sol, il permet d'enrichir la jachère pâturée. A ce titre, il répond à l'incertitude dramatique du fellah quant à son revenu. Les céréales étant victimes de sécheresses, le fellah donne une grande place au mouton qui lui complète son revenu.

Une 2ème solution est l'impôt sur la terre. Il s'agît de l'ajuster de telle façon que le propriétaire soit obligé de le cultiver pour en tirer un revenu.
Le drame de l'Algérie: notre recherche agronomique est cloisonnée. Nous ne réfléchissons pas en terme de système de cultures et d'exploitation. djam.bel@voila.fr 11.03.15

 

BLE

ALERTE CARENCE EN SOUFRE

Djam.bel voila.fr 10.03.15

Photo: principe du facteur limitant.

La pluviométrie exceptionnelle que nous connaissons peut faire craindre des risques de carences en soufre.

Pour produire 40 q/ha, le blé mobilise de l’ordre de 30 kg/ha de SO3. Les besoins de la plante se situent en début de la montaison. Une carence affecte  le nombre d’épis/ m2.  On note un jaunissement général des feuilles qui apparait d’abord sur les plus jeunes (contrairement aux symptômes de carence en N qui apparaissent d’abord sur les plus âgées).

Dans le sol, la dynamique du soufre est semblable à celle de l’azote. La minéralisation de la matière organique produit des sulfates sensibles au lessivage.

Les risques de carence  concernent les sols à faible taux de M.O, les sols calcaires. Le bon début de campagne actuel favorise un nombre de talles important. Il faut les nourrir. Un fort cumul de la pluviométrie aura pu provoquer un fort lessivage des sulfates.

Les apports de soufre doivent être réalisés entre la mi-tallage et le stade épi 1 cm.

En cas de carence sur le rendement Arvalis a observé que tout apport de soufre améliore  l’extensibilité de la pâte (augmentation des protéines riches en soufre).

Profert commercialise du sulfate d’ammoniaque.

Profert - Azosul N34 - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/or-Rdsr43dk"
www.youtube.com/watch?v=or-Rdsr43dk

 

Vidéo mise en ligne par Mr Faycal Aït Meddour.

Il  contient une quantité importante de SO3.  Comme le fait remarquer cette société cet engrais participe « activement à l’acidification de la rhizosphère ». Comme la majorité de nos sols sont à pH élevé, « l’association de l’azote ammoniacal et du soufre, présente un pouvoir acidifiant important permettant la libération des éléments bloqués dans le sol (P, K, Fe, Mn, Zn) ».

 

BLE
DESHERBAGE

Page FB de Mr Hadi Bouamoud. OUAMOUD. Chantier de désherbage chez Mr RAMDANI (ex das Si Djebbar Med Melakou). On remarquera la faible largeur du pulvérisateur. Notons que le désherbage peut être mécanique: à l'aide d'une herse étrille (voir you tube).

 

 

TOMATES

MECANISER LA PLANTATION

Remerciement à Mr Ben Fettoune Tahar pour avoir posté sur you tube une vidéo de plantation mécanisée de tomate industrielle. Ce type de matériel peut servir à la plantation d'autres légumes. Comme le fait remarquer Mr Benzemlal Aoumeur, "Il est souhaitable d'équiper cette même repiqueuse d'un dérouleur de gaine pour goutte à goutte. En tout cas bravo Si Tahar". Ce type de matériel est à construire en Algérie. Il serait bon que nos étudiants de l'Ecole Polytechnique d'El Harrach se penchent sur ce dossier. Les privés se lançant dans l'innovation devraient recevoir des aides financières. 10.03.15  djam.bel@voila.fr

Guelma (DSA) repiquage mécanique tomate ... - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/M-CYBdUC554"
www.youtube.com/watch?v=M-CYBdUC554

 

 

HAIES

MECANISER LA PLANTATION

Nos champs et la steppe ont besoin de plantation de haies d'Attriplex ou d'accacia. On peut penser à une plantation mécanique. Les haies permettent une meilleure infiltration des eaux de pluies et produisent du fourrage.

DUVIGNEAU Machine à planter -

Vidéo pour "http://youtu.be/I8nnKNof9CA"

www.youtube.com/watch?v=I8nnKNof9CA

 

 

BUSINESS

Production de steack hachés

Récemment, j'ai été surpris de lire qu'en France, il est normal de trouver jusqu'à 20% de soja texturé dans les steack hachés. Suggestion d'investissement: produire des steachs de viande hachée et des boulettes de viandes hachée congelés. Outre la viande, il est possible d'incorporer du soja et différentes parties de la carcasse.

A suivre... 6.03.15

 

FOURRAGES

Paille traitée à l'urée.

En tapant "Yacène Yakhlef + urée" sur google, on tombe facilement sur les travaux d'un agronome algérien qui a réussi à enrichir la paille en ammoniac (il faut arroser la paille d'un mélange d'eau et d'urée; l'ammoniac qui se dégage se fixe en 15 jours à la paille au dessus de laquelle on met une bâche plastique). Voir vidéo (Inde).

http://youtu.be/TTp6qs3theg

6.03.15

 

POMME DE TERRE

Semences en culture in vitro.

La culture in vitro peut permettre de produire des semences de pomme de terre. Il suffit d'un garage pour y installer un petit laboratoire, d'une serre et d'un hectare de terre. Il y a là une opportunité pour des investisseurs. 6.03.15

2-culture in vitro.2 - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/QxTFYCDyyxg"
www.youtube.com/watch?v=QxTFYCDyyxg

 

 

CEREALES

FERMES PILOTE ET INTENSIFICATION

djam.bel@voila.fr 6.03.13

Sous le titre « Céréaliculture : L’Algérie n’a plus importé de semences depuis 20 ans » El Moudjahid du 07-03-2015 relate l'effort fait en matière de production de semences. Cette article amène quelques remarques et suggestions.

Les cadres à l'origine de ce succès sont à féliciter. Le fait qu'il existe 75 fermes pilotes est un moyen afin de développer des techniques modernes et de les faire connaître localement.

A ce titre, le semis direct est une révolution technique fondamentale. Il maintien la fertilité des sols et économise l'eau emmagasinée dans le sol.

Par ailleurs, en cet hiver pluvieux, le non labour permet une meilleure portance. Chose importante quand il s'agit de désherber à temps de grandes surfaces et de réaliser les apports d'azote. Cette année, il est à craindre que les pluies aient retardés ces opérations.

Il faut rappeler que l'an passé, une vidéo réalisée par une firme d'engrais montrait un directeur de ferme pilote qui affirmait que face à la charge de travail, il apportait l'engrais azoté en un seul passage. Or, les travaux de l'ITGC montrent que seul le fractionnement des apports est en mesure d'assurer une amélioration des rendements et du taux de protéines.

Le président-directeur général du Groupe semences, plants et géniteurs (GSPG), Karim-Mustapha Berber pourrait développer des actions dans le sens du semis direct. Seule cette méthode de semis permet de semer à temps à des coûts défiant toute concurrence et de permettre le premier apport d'azote dans les conditions idéales.

 

QUELLE COOPERATION? UN ALBAN II?

A l'occasion de cette journée « le directeur général de TIMAC Agro Algérie, Moncef Bourkouk, a fait part de la disponibilité du groupe qu’il représente à fournir l’appui technique nécessaire aux céréaliculteurs de la région en mettant à leur disposition des techniques innovantes et des produits brevetés et homologués en Algérie afin d’optimiser leurs rendements ».

 

Ce responsable est à féliciter. Si de gros progrès ont été réalisés ces dernières années en céréaliculture, c'est grâce aux efforts consentis par les pouvoirs publics mais également par l'approche novatrice en matière de vulgarisation des firmes d'agrofournitures. Elles proposent de nouvelles solutions techniques et afin de les vendre développent un réseau de technico-commerciaux qui parcourent la les campagnes. Cela est nouveau. Il faut préciser que les membres de ces réseaux reçoivent une prime proportionnelle aux ventes réalisées sur le terrain. Un tel système concilie progrès technique et viabilité économique.

 

Il nous semble que Timac Agro pourrait aider l'Algérie de différentes façon. Cette firme spécialiste en nutrition des plantes pourrait agir afin de: i) rationaliser les apports d'azote en vulgarisant la méthode des reliquats azotés et du Nitrachek, ii) sensibiliser à la localisation des engrais et les formulations les plus adaptées aux conditions algériennes iii) sensibiliser notre encadrement technique, comme avec le projet Alban en élevage laitier, dans les façons de procéder des conseillers de Chambres d'Agriculture (CA) en France.

 

Car, si la coopération avec les firmes d'agro-fourniture est une opportunité intéressante pour l'Algérie (sous réserve de promouvoir également certaines méthodes écologiques), une des priorité est la mise en place d'un système de vulgarisation efficace. Or, en la matière, les CA françaises possèdent une tradition qu'il serait intéressant d'aller étudier. Un autre partenaire est Arvalis. La coopération avec cet organisme nous semble fondamentale, notamment: son financement par la filière et non pas seulement par les pouvoirs publics, son organisation, et son système de diffusion des références (notamment son excellent site Arvalis.fr de plus en plus couru par les agronomes Algériens).

 

 

 

ALIMENTATION

Régime crétois, une solution.

Deux spécialistes de la nutrition qui recommandent dans leur ouvrage de consommer des légumes, des céréales bio et des légumineuses. Il faut en finir avec la "malbouffe" en Algérie. Les agronomes ont leur mot à dire.

Michel de Lorgeril

Médecin et chercheur en nutrition au CNRS

 

Sylvain Duval

Biologiste, membre de l'association Formindep et administrateur de l'ADNC

 

VULGARISATION

AGRONOMES AUX PIEDS NUS

djam.bel@voila.fr 2.03.2015

Dans les années 60, en Chine Mao Tsé Toung avait développé la politique des "médecins aux pieds nus". Il s'agissait de personnel médical qui allait au plus profond des campagnes soigner les populations isolées. Faudrait-il en Algérie des Agronomes aux pieds nus? Des agronomes qui iraient dans les campagnes expliquer par exemple aux éleveurs comment enrichir la paille en ammoniac. Les Indous le font. Ils utilisent des vidéos de vulgarisation comme celle-ci.

 

Urea Treatment Part 2 Process - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/TTp6qs3theg"

www.youtube.com/watch?v=TTp6qs3theg

 

Il est temps de trouver de trouver des moyens de mieux diffuser le prgrès agronomique. A l'INA d'El Harrach le Pr Hacène Yakhlef et son équipe a adapté depuis des années cette technique aux conditions algériennes. Mais ces travaux restent inconnus des fellahines.

 

Cette remarque pose la question du "conseil et développement en agriculture". Nous vous conseillons vivement l'ouvrage suivant et les articles de Mr Claude Compagnon dont certains sont en libre accès sur internet.

Conseil et développement en agriculture - Editions Quae

www.quae.com/fr/r38-conseil-et-developpement-en-agriculture.html

Autre livre conseillé à tous ceux qui sont concerné par la l'animation en milieu rural. A faire lire à tous les responsables de Chambre d'Agriculture, de DSA et aux directeurs généraux du MADR (une astuce: si vous taper sur gogle le nom des auteurs de ces livres, vous pouvez trouver certains de leurs articles en ligne. A imprimer et à offrir autour de vous).

Conseiller en agriculture - - Quae.com - Editions Quae

www.quae.com/fr/r7-conseiller-en-agriculture.html

 

ENERGIE

GAZ DE SCHISTE, TOUS COUPABLES ?

Djam.bel at voila.fr 1.03.2015

Les images de ce qui se passe à In Salah sont terribles. Gaz lacrymogènes, jeunes courant dans tous les sens. Mais le pire pourrait être à venir.

Quant aux chiffres ils font froid dans le dos. Nous dépendons majoritairement de la vente d’hydrocarbures. Or, ces rentrées fondent comme neige au soleil. Pire, nous avons pris de telles mauvaises habitudes de consommation d’énergie que dans une dizaine d’années nous pourrions être obligé d’importer du pétrole ?

C’est dire l’ampleur du défi qui nous attend. Une telle situation ne pourrait pas être sans conséquences sur l’agriculture et l’emploi. Ce qui est d’autant terrifiant est de savoir si nous serons capables de relever un tel défi. Tout ce qui a été fait ces dernières quarante années militent pour une réponse négative. Aurons-nous la force et le temps de réagir ? De bâtir une économie productive qui crée de l’emploi pour les jeunes et satisfait aux besoins de la population ? Ce que nous n’avons pas pu faire ces quarante dernières années saurons-nous le faire en dix ans ?

QUELLE RESPONSABILITE ?

Face à la chute des ressources financières les pouvoirs public essayent d’en trouver en exploitant les gaz de schiste. Quant aux populations du sud limitrophes de ce mode d’exploitation, elles s’inquiètent des risques de contamination des nappes phréatiques. Nul ne pourrait contester le bon vouloir de chacun des protagonistes.

Il nous semble que chacun est coupable ou du moins doit faire un examen de conscience. Les pouvoirs publics ont manifestement échoué ces dernières décennies à arriver à un développement économique du pays. Certes, les avancées démocratiques et sociales sont nombreuses. Mais cette quasi dépendance des hydrocarbures est un échec.    

Quant à la société, chacun doit réaliser un examen de conscience. Il existe certains dysfonctionnements qu’on ne saurait cacher. Et ils sont nombreux : absentéisme, départ du poste de travail avant l’horaire légal, absence de responsabilité dans les tâches à exécuter, …

A ce titre, si on peut se féliciter du sursaut écologique des citoyens désirant protéger les nappes phréatiques de toute pollution, on se doit de demander à chacun : qu’avons-nous fait pour le bien de la communauté ? Durant des décennies nous avons bénéficié d’une absence de vérité des prix concernant l’énergie. Nous avons bénéficié d’une essence à bas prix, d’une électricité pas cher et  l’isolation thermique de nos habitations  est loin d’être notre préoccupation majeur.

MIEUX VALORISER LA BIOMASSE

Il nous semble qu’une erreur a été faite : se reposer sur les ressources liées à l’énergie fossile. Certes, cela est plus facile à écrire qu’à faire. Le corolaire de ce constat est de ne pas avoir fait appel à l’énergie solaire. A l’utilisation du photovoltaïque, nous ajoutons l’exploitation de la biomasse.

La biomasse peut servir à fournir du gaz méthane grâce au phénomène de méthanisation. La biomasse peut permettre également de réduire le recours aux engrais dont les engrais azotés très gourmands en énergie lors de leur fabrication.

Par biomasse nous entendons : boues de stations d’épuration, fraction organiques des déchets ménagers, déchets verts des parcs et jardins, bois et branchages forestiers, branchages des haies, chaumes et racines des céréales.

RETROUSSER SES MANCHES

Fidèles à nos principes nous sommes peu partisan des actions de types top-down. Nous leur préférons l’action venant de la base. Il nous semble que la société civile et plus particulièrement les agents du secteur agricole devraient développer différents types d’actions. Il faut pour cela prendre exemple sur ce qui se fait à l’étranger dans les sociétés ne disposant pas de ressources énergétiques fossiles.

Parmi ces actions, citons la plantation de haies et de bosquets d’arbres permettant de produire du Bois Raméal Fragmenté. Celui-ci, une fois composté permet de fabriquer des engrais biologiques. Il s’agit également de rechercher toutes les sources de matières organiques pouvant entrer dans la composition de tels composts : boues de stations d’épurations, déchets organiques industriels ou du secteur agro-industriel  et urbains (grignons d’olives, rebuts de dattes, déchets ménagers).

Avant d’être utilisées comme amendements organiques dans les champs, ces matières organiques peuvent produire du méthane par méthanisation.   Les installations de méthanisation peuvent avoir différentes tailles : depuis l’installation familiale jusqu’à l’installation industrielle afin d’alimenter un quartier ou une ville.

DEFINIR DES PRIORITES

Quels équivalent tonne pétrole peut nous procurer la biomasse et l’énergie solaire en agriculture ? Pour cela un recensement des potentialités est à dresser. Région par région et selon les potentialités des différentes sources : boues, déchets verts, déchets ménagers, BRF.

Des solutions existent comme l’abandon du labour gourmand en carburant pour le remplacer par le semis direct.

Il s’agirait également d’envisager ces mesures dans le temps. Ainsi, il est possible d’envisager la production de biomasse de plantations au bout de dix ans.

Un tel plan ne pourrait être réalisé sans une volonté forte et une ré-allocation des moyens humains et financiers sur le terrain. Ainsi,  en matière de recherche agronomique , une part conséquente des budgets devraient être ré-orientée tant en terme que sujets de recherche que entité à financer. Ainsi devrait-on se poser la question sur la part à donner à la recherche académique et celle accordée au entreprises de terrain.

Il s’agit de revoir en profondeur nos habitudes de consommation. L’heure est grave. Il n’y a pas encore de morts à In Salah…

 

COMMERCIALISATION

UN CIRCUIT COURT ORGINAL

Recréer des souk el fellahs? Comme dans les années 70? Non, mais réduire l'action néfaste des manadataires qui s'accaparent des marges énormes. Une expérience intéressante en France. DB 1.03.2015

Drive fermier - achetez des produits fermiers près de chez ...

www.drive-fermier.fr/

 

POMME DE TERRE

DESHERBAGE MECANIQUE DE LA POMME DE TERRE

Une technique nouvelle très intéressante. Le désherbage mécanique de la pomme de terre est enfin une réalité. DB 1.03.2015

Demo herse etrille treefler dans des pommes de ter - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/RIH2hAHdIyE"

www.youtube.com/watch?v=RIH2hAHdIyE

 

 

ITGC.DZ

SITE ITGC: FELICITATIONS!

djam.bel@voila.fr 27.02.2015
L'ITGC a amélioré son site inernet. Plusieurs rubriques concernent la fertilisation des céréales, l'irrigation ou les aspects économiques. Les nouvelles parutions sont aussi annoncées, comme celle relative à la culture du maïs.

Les cadres de cet institut sont à féliciter de même que son DG Mr OMAR ZAGHOUANE. L'ITGC est un outil fondamental pour la céréaliculture. Gageons qu'il saura aussi bien faire qu'Arvalis.fr.

 

AZOTE

FRACTIONNER LES APPORTS

djam.bel@voila.fr 27.02.2015

C'est l'époque des apports d'azote sur les céréales. Il est parfois tentant de se dire: j'apporte toute la dose en une seule fois et ainsi je suis débarrassé. Les travaux de l'ITGC montrent que le fractionnement de l'azote en deux fois, voire en 3 fois améliore le rendement mais aussi le taux de protéines. Cela est fondamental en blé dur pour la qualité de la semoule.

Rappel: pour 1 qx de blé dur, apporter 3,5 kg d'azote (et compensez également l'azote du sol qui a été lessivé en hiver).

Quelques résultats sur la fertilisation des céréales

www.itgc.dz/...d.../55-quelques-resultats-sur-la-fertilisation-des-cereales

 

BLE

COCCINELLES ET CHAMPS DE BLE

djam.bel@voila.fr 27.02.2015

Avez vous parcouru nos champs de céréales au printemps? Que ce soit à Tiaret ou Sétif, ils sont d'une tristesse infinie et d'une monotonie sans fin. Pas la moindre coccinelle, peu de chant d'oiseaux, pas de rapaces ou de renards à la recherche de mulots...

 

NOS CHAMPS, UN DESERT VEGETAL

A la place un désert végétal avec à chaque fois une seule espèce cultivée. La monoculture règne en maître. Les parcelles sont semées de blé, d'orge ou de fourrages. Toute trace de vie naturelle a disparu. Cela laisse la place libre aux ravageurs des cultures. Ils n'ont plus d'ennemis qui pourraient les réguler. Ainsi dès l'automne, des pucerons piquent et sucent la sève des plants d'orge leur transmettant le redoutable virus de jaunisse nanisante. D'autres insectes déchirent les feuilles de blé indispensables à la photosynthèse. Dans le sol, les vers blancs s'attaquent aux racines des plantes. La cause? L'absence de haies et de bosquets d'arbres.

 

LE FELLAH, FACHE AVEC L'ECOLOGIE?

Le fellah algérien serait-il fâché avec l'écologie? En fait, il essaye de survivre dans un environnement hostile et sec. Seule façon de survivre: élever des moutons et des chèvres tout en cultivant des céréales. Rançon de l'élevage: des animaux qui broutent tout jeune plant d'arbre, tout arbuste.

Mais si le fellah se trouve pris dans un engrenage sans fin qui le pousse à contribuer un équilibre fragile, l'agronome lui connait les pratiques respectueuses de l'environnement. Il peut et doit lui apporter la bonne parole.

 

LA CHOUETTE CONTRE LA MERIONE

Ainsi des travaux universitaires dirigés par le Pr S. Doumandji de l'ENSA d'El-Harrach ont porté sur le régime alimentaire de la Chouette effraie. Cet oiseau est présent notamment dans deux régions steppiques: M'Sila et Djelfa.

 

Les pelotes de rejetions de la chouette ont été collectées dans six stations. L’analyse de plus de 706 pelotes issues des différentes stations a permis de recenser les proies consommées. Il est apparu les mammifères sont les proies les plus consommées. Parmi cette classe de proies la dominance est attribuée aux rongeurs. Ces proies sont les plus profitables en biomasse. Les chercheurs ont remarqué que la proie la plus consommée est la merione de Shaw , avec des taux variant entre 32 à 76%. Il a été remarqué que généralement, Tyto alba ne trouve pas de mérione, elle s'accoutumé d'un régime alimentaire diversifié. Mais à Ain El-Hadjel il a été noté que la consommation de la mérione de Shaw pouvait atteindre 76 de la ration.

 

 

POUR DES ACTIONS CONCRETES

Au vu de ces travaux universitaires, il s'agirait de proposer aux agriculteurs de respecter les lieux de nidifications de la chouette et même de favoriser son implantation en aménageant des nichoirs adaptés.

 

Mais qu'avons nous fait pour promouvoir des plantations de haies et de bosquets? Rien. A part l'ITGC de Sétif (voir sa page Facebook) qui expérimente la plantation de bandes d'attriplex dans les champs. Il nous faut ré-introduire de la diversité dans nos champs. Alors que le vers blanc du hanneton fait des ravages dans les champs de céréales, on peut penser que des haies avec des oiseaux et des hérissons permettrait de juguler cette prolifération de ravageurs. Contre les pucerons, chacun sait que les larves de coccinelles sont des auxiliaires indispensables des cultures.

 

Mais tout cela, l'encadrement agricole tend à l'oublier et ne préconise le plus souvent que l'usage de produits chimiques. Alors que le bon sens et une meilleure connaissances des écosystèmes naturels pourraient rétablir les chaînes alimentaires.

 

L'HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES

Faudrait-il comme dans cette nouvelle de Jean Giono, « l'homme qui plantait des arbres », attendre que des esprits éclairés se mettent à planter des haies et des bosquets d'arbres?

Certes, l'initiative venant de la base est toujours la meilleure des choses. Mais, il nous faut la susciter par une action vers les cadres agricoles mais aussi par des mesures financières incitatives. Pourquoi, à terme, ne pas lier, le versement des subventions agricoles destinées aux céréaliers au nombres de haies plantées dans leurs champs?

C'est qu'il y a urgence. Non seulement ces haies permettraient d'abriter les auxiliaires des cultures, mais elle constituent des fourrages d'appoint (attriplex, opuntia, accacia), de l'ombre pour les ovins, des obstacles au ruissellement des eaux de pluies mais leurs branchages peuvent constituer une source de matière organique pour les sols. En effet, ces branchages un fois broyés en copeaux, peuvent servir à faire du compost qui donne en quelques mois un excellent terreau horticole.

 

On pourrait également penser à l'utilisation de machines permettant de planter des haies, un peu comme cela existe pour la plantation d'oliviers en super-intensif.

 

Planter est une urgence. Vivement le retour de haies et de bosquets dans nos champs pour réguler les ravageurs des céréales.

 

AZOTE ET DESHERBAGE BLE

Ressuyage et portance.

djam.bel@voila.fr Dans beaucoup d'exploitations, les dernières pluies retardent les interventions en plaine. Il n'est pas possible de faire rentrer le tracteur sur les parcelles. Désherbage et apport d'azote sont actuellement impossibles. Cela est catastrophique. Dans le cas du désherbage, passé le tallage, il n'est plus possible de traiter. Il faut rappeler la faible capacité de traitement en matière de pulvérisation (peu d'engins, faible largeur des engins de PMAT). Quant à l'azote, selon le stade de la plante, tout retard, représente des quintaux en moins.

 

QUE FAIRE?

On pourrait certes essayer d'améliorer les moyens en pulvérisation. Mais, il y a un moyen plus simple: à l'avenir, utiliser le semis direct (SD). Comme il n'y a pas de labour en SD, la portance du sol est meilleure. Plus besoin alors d'attendre un quelconque ressuyage après les pluies. La portance est là. Le tracteur peut revenir sur les parvcelles même après une pluie sans s'embourber.

 

Cela donne un atout supplémentaire au SD en plus de ses nombreux avantages. Dont le plus important est de préserver l'humidité du sol.

 

PAIN

Baguette parisienne ou khobz ad-dar?

En France se développe le phénomène des paysans-boulangers. A l'image de la vidéo que nous vous proposons plus bas. Valoriser son blé tendre, son blé dur ou son orge pour en faire du pain, du khob ad-dar, voilà une idée à creuser en Algérie. Il s'agit de la valorisation des produits, des circuits courts... Déjà se développent des fromages paysans comme la Tomme de Kabylie. djam.bel@voila.fr

Portrait d'un paysan-boulanger - Nicolas Supiot - Le Jardin ...

jardincomestible.fr/portrait-dun-paysan-boulanger-nicolas-supiot/

 

BLE/AZOTE

1ER APPORT, QUELLE DOSE?

djam.bel@voila.fr 10.02.2015

L'urgence actuelle concerne l'apport d'azote sur blé dur en "sortie hiver" au stade épi à 1 cm. Quelle dose apporter sur votre parcelle? Quelques repères.

1-les travaux de l'ITGC montrent qu'on a tout intérêt à fractionner les apports en 2 voire 3 fois.

2-la dose est fonction de l'objectif de rendement sur votre parcelle (moyenne de 5 ans). Si vous visez 35 qx/ha, vous devez apporter 35 x 3,5 unité N = 105 unités.

3-la dose est fonction du lessivage de N. Si dans votre région, il a plu; en moyenne 30 unités de N ont été perdues. Donc, vous devrez apporter 105 + 30 = 135 unités.

4-si vous avez apporté du fumier ou des boues, retranchez 30 à 50 unités.

Pour plus d'infos voir la "Méthode des Bilans Azotés" sur Arvalis.fr (en attendant ITGC.dz ou OAIC.dz).

Rappel: l'azote est un des facteurs primordial de rendement.

 

SUBVENTIONS AGRICOLES

FRANCE: SURPRIME POUR LES 52 PREMIERS HA

(Un texte relatif à la nouvelle Politique Agricole Commune en France. Avec la surprime pour les 52 premiers hectares, il s’agit pour les pouvoirs publics français d'aider les petites et moyennes exploitations. Cela ne se fait pas en Algérie. La cause ? Le besoin de développer à tout prix la production nationale de céréales. Puis, chez nous les subventions sont attribuées au quintal livré aux organismes stockeurs et non pas à l’hectare. Actuellement, l’administration agricole n’a pas les moyens de contrôler la superficie de chaque agriculteur. Cependant, la prime de 1 000 DA/qx sur le blé dur pourrait être limitée pour chaque exploitation aux 500 premiers quintaux livrés. Ce n’est qu’un exemple, de tels seuils devraient être affinés par région. Quel intérêt ? Nous en voyons deux. 1- soulager les finances de l’Etat en ces temps de baisse de la rente des hydrocarbures. 2-Introduire un peu plus de justice sociale en aidant plus les petites exploitations.  djam.bel@voila.fr 23.02.2015).

 

Pac 2015 : La nouvelle Pac arrive à grands pas. Elle s’appliquera en France à partir de la campagne 2015. Le nouveau système d’aides européennes à l’agriculture qui sera mis en place entre 2015 et 2019 rebat les cartes de la Pac. Les aides seront réparties de façon plus juste et uniforme entre les exploitations. Cette nouvelle répartition se traduit d’une part par la mise en place progressive d’une surprime sur les 52 premiers hectares. Cette surprime serait forfaitaire et identique pour tous. Son montant serait calculé chaque année sur la base d’une enveloppe croissante, qui atteindrait 20 % du 1er pilier dès 2018, avec un bilan à mi-parcours. Cela représenterait alors un montant d’environ 103 euros par hectare à partir de 2018, attribué aux 52 premiers hectares de chaque exploitation.

 

ULGARISATION

Nouveau plan de vulgarisation agricole

 

(Nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet. djam.bel@voila.fr 23.02.2015).

Un nouveau système de conseil et de communication agricole et rurale, qui se substituera à l'actuel système de vulgarisation dans le secteur agricole, sera mis en œuvre au cours du quinquennat 2015-2019

23-02-2015 El Moudjahid

  Un nouveau système de conseil et de communication agricole et rurale, qui se substituera à l'actuel système de vulgarisation dans le secteur agricole, sera mis en œuvre au cours du quinquennat 2015-2019, a indiqué hier un responsable du ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Réalisé par des experts algériens et de la FAO, ce plan de modernisation du système d'appui conseil et de la communication agricole et rurale va permettre d'instituer un nouveau système de vulgarisation basé essentiellement sur la  diversification des prestataires de services agricoles, a expliqué le directeur  de la vulgarisation au ministère, Mohamed Khiati, en marge d'un atelier de validation du projet de coopération technique (TCP) de la FAO relatif à ce plan de modernisation. Ce programme, qui privilégie la communication avec les producteurs, est dictée par les nouveaux enjeux économique, sociologique et environnemental, un contexte exigeant de nouvelles méthodes de communication et de vulgarisation,  explique-t-on. Il s'agit de passer d'un modèle de vulgarisation standard, dont l'Etat est le principal acteur, à un système pluraliste composé des prestataires publics, de la société civile et de privés, explique M. Khiati. "Chacun des acteurs participant à la modernisation de ce système d'appui conseil (l'administration, les conseillers agricoles, les vulgarisateurs...), doit savoir comment intervenir pour augmenter la production", selon lui. En plus de l'aspect technique, l'appui conseil privilégie l'approche de facilitation en intégrant des faits économiques, sociaux, écologiques et des changements apparus tels que les changements climatiques. La réalisation de ce nouveau système a nécessité un travail de collecte d'informations par 480 points focaux d'institutions publiques, privées et associatives réparties sur plus de 36 wilayas avec l'aide d'une cinquantaine de facilitateurs (vulgarisateurs) formés par le projet TCP. 

S'appuyant sur un diagnostic, les experts du projet recommandent de rééquilibrer le paysage institutionnel avec une grande implication des producteurs.  Ils proposent aussi de privilégier la proximité et l'innovation avec un rôle nouveau confié à l'Institut national de la vulgarisation agricole, ainsi  que le renforcement des capacités des facilitateurs pour assurer un bon accompagnement des producteurs.

 

 

AGRICULTURE URBAINE

Semences tomate cerise

Etat : Etat neuf / Sous emballage

Semence tomate cerise : la tomate cerise est facile à cultiver et la récolte est abondante; semez à partir de fevrier dans du terreau .Transplantez les après dans un endroit ensoleillé et plutôt abrité du vent avec un emplacement de 80 CM entre chaque plants.

Semence disponible au 01 rue Salah Bacha Hussein Dey-Alger(Lafarge)

www.agriculturejardin-dz.com  Prix : 100 DA Fixe

 

BLE/AZOTE

Rhône-Alpes: Des reliquats azotés peu élevés en 2015

(Des extraits d'un article d'Arvalis.fr relatif aux doses d'azote à apporter. On aimerait que nos ingénieurs ITGC dans les différentes stations régionales fassent des analyses de sol et nous donnent d'aussi fines préconisations. Actuellement le discours qu'on entend c'est "100 unités d'azote pour toutes les parcelles". Il faut en fait analyser le reliquat azoté. En absence de campagne d'analyse du reliquat, nous conseillons aux cadres et agriculteurs de procéder à leurs propres analyses d'azote et de diffuser sur internet leurs résultats. Cela pourra servir de moyenne pour leurs voisins.

Comme en France, cette camapgne est marquée en Algérie par une bonne pluviométrie qui a lessivé l'azote du sol. Il faudra en conséquences majorer les doses. Djam.bel@voila.fr 12.02.2015).

 

Arvalis: "Selon les analyses de sol, les niveaux de reliquats azotés de sortie d’hiver sont globalement faibles en 2015, à l’instar de l’année dernière. En cause : une forte pluviométrie depuis le début de la campagne.

Ajuster au mieux la fertilisation azotée des céréales à paille passe par une première étape : la mesure des reliquats en azote dans le sol, à la sortie de l’hiver.

Une pluviométrie particulièrement importante depuis le 1er octobre

(…)

Comme les années passées, ARVALIS - Institut du végétal a fait analyser les reliquats d’azote dans le sol sur tous ses sites d’expérimentation sur céréales à paille.

Sur la station du Centre Régional d'Expérimentation Agricole St Exupéry (CREAS), avec des sols de graviers filtrants, les reliquats ne sont jamais très élevés. C’est encore particulièrement le cas en janvier 2015 ; il s’agit des plus faibles valeurs enregistrées depuis 11 ans, quel que soit le précédent cultural.

 

Dans la Drôme, les valeurs sont plutôt correctes par rapport aux autres sites expérimentaux. Cependant, on constate des valeurs inférieures de 10 kg environ par rapport à 2014 et de 25 kg par rapport à 2013, quel que soit le précédent. Avec de très fortes pluviométries enregistrées, on aurait pu s’attendre à des valeurs encore plus basses, mais il est possible que la douceur de l’automne et du début d’hiver ait pu favoriser la minéralisation et compenser la lixiviation.

Un premier apport à dose raisonnable

Les besoins d’azote au tallage sont faibles : 300 g/jour/ha si le temps est poussant. En fin de montaison, ces besoins dépassent 3 kg/jour/ha. Plus le besoin est élevé au moment de l’apport, meilleure sera la valorisation. Celle-ci est de 60 % avant le stade épi 1 cm alors qu’elle peut atteindre 90 % à dernière feuille pointante.

Lorsqu’un apport au tallage est nécessaire, 40 à 50 kg/ha suffisent pour accompagner les plantes jusqu’au stade épi 1 cm. L’azote apporté n’accélère ni l’émission des feuilles, ni celle des talles. Il ne compensera pas un défaut de plantes ou un manque de talle lié à de mauvaises conditions de semis. Trop d’azote au tallage, c’est favoriser la fuite des nitrates, c’est aussi se donner moins de moyens pour contribuer à la teneur en protéine finale. Mieux vaut garder de quoi renforcer l’apport de fin montaison.

Si les parcelles sont enherbées, afin de préserver le rendement de la culture et optimiser l’efficacité des herbicides, il est préférable de désherber avant l’apport d’engrais azoté.

En situation ayant souffert des excès de pluviométrie ou de froid de ces dernières semaines, attendre un début de reprise de végétation active pour réaliser le 1er apport d’azote. Il est inutile de se précipiter si l’azote n’est pas valorisé faute de croissance.

Si les apports d’azote sont déclenchés fin tallage, un apport de soufre combiné à l’apport d’azote est à envisager surtout dans les sols filtrants. Compte tenu de la pluviométrie hivernale, la disponibilité en soufre risque d’être faible".

Jean PAUGET (ARVALIS - Institut du végétal)

 

AGRICULTURE FAMILIALE

Maroc : agriculture familiale et coopératives * * * *

Superbe vidéo qui mérite d'être vue plusieurs fois. Un exemple à suivre.

 

Vidéo pour "http://youtu.be/PlACg7bWPhY"
www.youtube.com/watch?v=PlACg7bWPhY
1 juil. 2014 - Ajouté par AFD - Agence Française de Développement

 

AGRO-ALIMENTAIRE

Un nouveau pain pour réduire la facture d’importation de la farine

 

APS  19.02.15

Un pain sain et non coûteux est fabriqué à base de semoule, de farine et de son, explique le vice-président de la section des boulangers de la wilaya d’Oran affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Djoudi Omar.

 

Ce nouveau produit, réalisé en collaboration avec les minoteries Eriad à base d’un mélange de farine de blé tendre, de blé dur et de son, s’avère d’une valeur nutritive saine et permettra de réduire la facture d’importation de la farine, a indiqué M. Djoudi, en marge de l’ouverture du Salon international de la boulangerie,  pâtisserie, biscuiterie et équipements des métiers de la bouche, la semaine dernière.

 

L’expérience de ce mélange avec des doses précises, menée par la section des boulangers de la wilaya d’Oran et les minoteries Eriad, appelée «3 SF», permet de produire 25 à 30 baguettes de pain de plus dans un quintal par rapport à la même quantité fabriquée à base de blé tendre, a-t-il fait remarquer. M. Djoudi a sollicité l’aide de l’Etat pour la formation de boulangers dans cette nouvelle spécialité de pain qui nécessite une adaptation aux équipements et une maîtrise des doses, dans la perspective d’améliorer la qualité du pain et de se passer de la farine blanche, qui peut provoquer, selon lui, plusieurs maladies du tube digestif (côlon).

 

Abordant les problèmes auxquels sont confrontés les boulangers d’Oran, le responsable a mis l’accent sur la cherté des matières premières utilisées dans la fabrication du pain, dont les prix ont triplé en un laps de temps court, surtout ceux de la farine tendre, de l’ améliorant et de la levure, passant de 70 à 300 DA le kilogramme.

 

Il a signalé aussi la hausse considérable des charges d’électricité, de gaz et de l’eau. Le manque de la main-d’œuvre constitue aussi un grand problème qui n’a pas trouvé de solution, selon M. Djoudi, l’imputant notamment au salaire dérisoire accordé aux travailleurs, qui, de surcroît, ne sont pas assurés et manquent de formation.

APS

 

 

AZOTE

ENGRAIS: L'ALGERIE PERD DES MILLIERS DE QUINTAUX DE BLE.

D. BELAID 01.02.2015 djam.bel@voila.fr

Le blé et les céréales ont besoin d'engrais, principalement d'azote, de phosphore et de potasse. L'azote occupe une place primordiale. On ne peut obtenir de rendement élevé sans azote. Or, en Algérie, l'utilisation de cet engrais n'est pas maitrisée par l'encadrement technique. De ce fait, souvent les agriculteurs n'en veulent pas. « Cela brule le blé » affirment-ils. Des dizaines de milliers de quintaux potentiels sont ainsi irrémédiablement perdus chaque année. Pourtant avec des gestes simples permettraient de résoudre ce problème. (...)

 

 

 

BLE

ALGERIE, FAIRE APPEL A ARVALIS

D.BELAID 30.01.2015 djam.bel@voila.fr

Il est une évidence, ces dernières, grâce aux efforts des pouvoirs publics, les capacités agronomiques algériennes sont croissantes. La filière céréales par exemple en profite pleinement. Ces dernières années, les rendements moyens par hectare ont progressé d'un quintal par an. Mais face à une demande croissante, il nous faut faire mieux et plus vite. Comment? Il nous semble regrettable d'essayer tout seul dans notre coin de « ré-inventer chaque jour l'eau tiède ». Nous pensons qu'une coopération internationale bien menée peut permettre d'aller plus vite. Et à ce titre l'expérience de la filière céréales française et de ses outils: Arvalis et le mouvement coopératif paysan français sont des acteurs incontournables.

 

LES ACQUIS DE L'AGRONOMIE DZ

Ces acquis sont nombreux. Notons la formation de nombreux ingénieurs, des structures de terrain de plus en plus efficaces (cas des réseaux de technico-commerciaux en phytosanitaires, station de recherche INPV et ITGC), ou progression dans l'utilisation des semences certifiées et de l'irrigation d'appoint. Citons également l'acquisition de références techniques sur l'amélioration des itinéraires techniques adaptés en situation de déficit hydrique avec le début du semis direct.

 

MAIS DES RETARDS TRAGIQUES

Quelques exemples de nos retards techniques. Et encore, il ne s'agit pas de demander la Lune. Il s'agit de techniques simples dont il est question. En fertilisation azotée, nous ne savons pas utiliser la méthode des bilans azotés et faire des analyses de reliquats azotés hiver comme cela se pratique partout en France.

 

En désherbage, nous ne connaissons que le désherbage chimique. Or, en France, Arvalis développe depuis le Grenelle de l'environnement le désherbage mécanique à l'aide de herses étrille et de houes rotatives.

 

En matière de coopération agricole, nous ne savons pas faire émerger des coopératives céréalières autonomes et dirigées par de seuls agriculteurs comme il en existent en France.

 

Concernant la vulgarisation agricole, malgré le développement de « l'école aux champs », nous ne savons pas initier la mise sur pied de groupes de développement agricole (GDA). De tels GDA peuvent permettre le regroupement technique d'exploitations cherchant à progresser. Les Chambres d'Agriculture en France ont une belle expérience en la matière. A noter cependant, que la réduction actuelle des financements est en train de casser ce bel outil.

 

COOPERATION, SE TOURNER VERS LA FRANCE OUI MAIS...

La proximité culturelle fait que l'agronomie algérienne se tourne traditionnellement vers la France. La formation agronomique locale est imprégnée des connaissances françaises. Les ouvrages très pédagogiques du célèbre agronome français Dominique SOLTNER sont par exemple très recherchés par nos étudiants. Nombre de nos étudiants poursuivent des études dans des laboratoires de recherche.

 

Cette proximité ne doit pas réduire notre sens critique. Tout ce qui est fait en France n'est évidemment pas transposable.

 

Comment réaliser cette coopération? Plusieurs formes sont à envisager. Il nous semble privilégier les actions proches du terrain:

-accueil de groupes de techniciens français dans des CCLS, DSA, Chambre d'agriculture (CA), Station de recherche pour de courts séjours ponctuels répétés durant deux ans.

-accueil de techniciens et ingénieurs français pour des séjours plus longs dans des structures locales afin de former sur place et de mettre au point des procédures inspirées de ce qui se fait en France (animation de sites internet agricoles, organisation de la collecte et du contrôle des céréales par les CCLS, modalités de mise sur pieds de GDA, définition des missions techniques des CA

-envoi de missions d'études en France. Missions composées de l'encadrement de terrain vers Arvalis, des coopératives céréalières, des CA). Bien sûr la liste n'est pas exhaustive, des échanges réguliers entre experts des deux rives devraient permettre de réactualiser à chaque fois les priorités.

 

Il nous semble qu'il y a là un transfert de compétences à acheter. Ce transfert doit être également inclus dans les contrats. Le raisonnement devant être le suivant: nous vous achetons tant de milliers de tonnes de céréales, mais nous envoyons des techniciens de CCLS et des agriculteurs leaders en mission d'immersion dans vos coopératives ou vous envoyez dans nos CCLS, DSA et CA des techniciens de terrain.

 

Il y a certes d'autres pays intéressants comme l'Australie, l'Espagne ou le Maroc. A nous de trouver les moyens de développer des formes de coopération. Mais il est illusoire de vouloir rattraper notre retard technique et organisationnel en tournant le dos au monde, ce serait adopter un développement de type nord-coréen.

 

OAIC

Mohamed Belabdi Directeur général de l'OAIC - YouTube

(voir notre commentaire plus bas)

Vidéo pour "http://youtu.be/0sQA_gspPR8"
 
www.youtube.com/watch?v=0sQA_gspPR8
Il y a 7 heures - Ajouté par Radio Algérienne
Mohamed Belabdi Directeur général de l'OAIC. <a href="/channel/UCVEowbMFPnaqLOkjCx_MNTA" class=" yt ...

Le DG de l’OAIC : l’Algérie a les capacités de réduire ses importations céréalières, «c’est un pari à notre portée»

27/01/2015 – Radio Chaîne 3

 

Mr.Mohamed Belabdi, invité de la rédaction chaine 3

 

L’Algérie a-t-elle vocation à rester dépendante des marchés extérieurs pour son approvisionnement en céréales ? Pour le DG de l’Office Algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), Mohamed Belabdi, cette tendance peut être renversée d’autant, affirme-t-il, « que le pari pour ce qui concerne le blé dur et l’orge, est à notre portée ».

 

Pour Mohamed Belabdi, Invité, mardi matin, de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le respect des itinéraires techniques, l’utilisation par les agriculteurs de semences performantes et l’introduction des irrigations d’appoint sur une superficie projetées de 600.000 hectares figurent parmi les atouts pouvant permettre à la filière céréalière de rebondir.

 

Si ces itinéraires sont respectés, il est possible, ajoute-t-il de parvenir, rapidement et dans une première étape, à une production moyenne de 30 quintaux à l’hectare « permettant d’engranger environ 90 millions de quintaux de céréales » par saison.

 

Le DG de l’OAIC estime, par ailleurs, que le niveau de la superficie céréalière, en Algérie, constitué de quelque 3,2 millions d’hectares représentent un « point fort » par rapport aux besoins du pays. « Ce qu’il faut, dit-il c’est de faire en sorte d’améliorer ce patrimoine ».

 

Quand on lui rappelle que les importations céréalières, constituées notamment de blé dur et d’orge, ont couté, en 2014, quelque 3,5 milliards de dollars au pays, le DG de l’OAIC explique qu’il s’agit là des conséquences de la situation de sécheresse observée durant le mois d’avril.

 

Il tient cependant à préciser que les quantités de produits céréaliers importées ne sont pas toutes consommées, certaines étant utilisées pour constituer des stocks stratégiques « afin de mettre le pays à l’abri des fluctuations du marché mondial ».

 

Relevant que l’Algérie a cessé d’importer des semences, depuis 1996, il explique que celle-ci a, cependant, besoins d’en ramener de l’extérieur « pour améliorer le patrimoine génétique de ces dernières et augmenter ainsi leur rendement ».

 

Dans cette perspective, il annonce que l’office vient a signé, récemment, un protocole d’accord avec un groupe Français spécialisé dans la production de semences céréalières pour la création, en Algérie, d’une société mixte chargée de ces activités.

 

Amené, à un moment, à s’exprimer sur le gaspillage du pain par les ménages (quelque 7 millions de baguettes/jour sont jetés quotidiennement dans les poubelles), M. Belabdi observe que cette situation n’incombe pas au seul consommateur. Pour lui, il est primordial d’appliquer et de faire respecter un cahier des charges permettant aux boulangers de produire un pain de qualité, qui se conserve et non celui qui devient immangeable le jour d’après.

 

COMMENTAIRE

A PROPOS DE L'ENTRETIEN ACCORDE PAR LE DG DE L'OAIC A LA RADIO

D. BELAID 27.01.2015. djam.bel@voila.fr

Tout d'abord il s'agit de louer les efforts de ces hauts cadres des institutions algériennes. Dans le cas de Mr Belabdi, sa tâche n'est pas de tout repos et ses efforts afin de contribuer à une meilleure production céréalière sont louables.

 

L'OAIC, SEMENCES ET IRRIGATION

Il est agréable de constater que Mr Belabdi impulse différentes actions au niveau de l'OAIC.

-Disponibilités en semences certifiées.

 

-Développement de l'irrigation d'appoint.

 

-Développement des unités moto-culture.

 

-Développement des infrastructures de stockage.

 

Nous reviendrons sur l'importance de ces actions.

 

UN CONSEILLER AGRONOMIQUE RATTACHE AU DG-OAIC

Précisons d'emblée que les remarques qui suivent se veulent constructives et sont un apport au débat national concernant la filière céréales.

 

A la question d'éventuelles importations de céréales (retour sur le marché), le DG de l'OAIC a expliqué qu'il était trop tôt pour se prononcer sur la campagne en cours. Il a mentionné le stade actuel des céréales: « stade semis - germination ». Cela est inexact. Certes le stade d croissance des céréales est variable selon les régions. Mais en moyenne, en zone Nord, on se situe au tallage. Ceci montre ses limites agronomiques. Précisons que cela n'est pas rédhibitoire pour sa fonction. Nous pouvons imaginer qu'à ce stade de responsabilité, les questions de logistique, d'organisation sur le terrain et d'achats sur les marchés à l'étranger par exemple, occupent facilement l'entière journée de ce responsable. Mais cette méconnaissance agronomique montre l'impérieuse nécessité de la présence auprès du DG d'un conseiller agronomique. A ce propos qu'en est-il des liens entre OAIC et ITGC?

 

Ainsi, si nous listons les innovations techniques mises en avant par l'OAIC, elles concernent essentiellement les semences et l'irrigation. Quid des autres facteurs limitant du rendementt? Quid des moyens pour atténuer par exemple l'effet de la sécheresse sur les parcelles d'orge en mars dernier? Car, des moyens agronomiques existent. Certes, Mr Belabdi a évoqué la faiblesse de l'itinéraire technique des céréaliers des zones semi-arides. Mais, il a mis en avant le fait qu'ils utilisent des semences de ferme. Non, Mr Belabdi, ce n'est pas là le facteur limitant principal. Si on tient compte du dernier séminaire international sur le semis direct tenu à Sétif, la cause en est le type de travail du sol. Celui-ci consiste souvent en un labour ou pseudo-labour au coyer-crop, là où le semoir pour semis-direct ferait des merveilles. En effet, il est le seul outil à pouvoir préserver l'eau de pluie emmagasinée dans le sol. Les travaux du Pr Rachid Mrabet à Settat (Maroc) prouvent qu'il est possible d'améliorer les rendements principalement par le semis direct tout en réduisant les coûts de mécanisation et en partie l'incertitude climatique. Ces travaux sont en ligne sur internet à l'adresse suivante: www.un.org.ma/IMG/pdf/CEA_09_fr.pdf . Encore une fois, il est évident qu'en une journée de 24 heures, Mr Belabdi a autre chose que de rechercher des rapports techniques sur la toile. Cependant, dans son secrétariat doit figurer un conseiller agronomique compétent.

Remarquons au passage qu'il est étonnant que la Chaîne 3 ne dispose pas d'un ou d'une spécialiste des questions agricoles. Les questions posées lors de l'entretien montraient manifestement une connaissance superficielle du dossier.

 

REVOIR LE STATUT DES CADRES COMMERCIAUX DES CCLS

Un point non abordé par Mr Belabdi. Il s'agit de l'aspect humain et notamment le statut des cadres commerciaux des CCLS. Ces derniers ont la charge de vendre les semences, les engrais, les produits phytosanitaires ou le matériel d'irrigation. Il devrait exister des primes liées au volume des ventes réalisées par ces cadres. Idem pour les chefs de silos. Une prime relative aux volumes de collecte devrait leur être attribuées.

On ne peut vouloir augmenter les surfaces irriguées en vendant du matériel en restant derrière un comptoir dans une CCLS. Les cadres de terrain doivent pouvoir bénéficier d'un véhicule de service ou d'indemnités kilométriques afin de favoriser la prospection des futurs irriguants. Nous sommes engagés dans une guerre économique et commerciale. De l'autre côté de la Méditerranée, c'est ainsi que sont rémunérés les technico-commerciaux des coopératives céréalières et des firmes de négoce. A nous de nous inspirer de ces méthodes. Il faut donner au DG de l'OAIC le cadre juridique afin de faire évoluer le statut de ses collaborateurs de terrain.

 

CONCENTRATION DES MOYENS, OUI MAIS...

Juste avant de prendre connaissance de l'entretien accordé par le DG de l'OAIC, il nous a été donné de lire les excellents articles de Naima Benouaret datés de fin 2014 dans El Watan. Ils concernent la production de levure boulangère en Algérie. Les usines locales sont actuellement toutes à l'arrêt. Cela nous inspire la réflexion suivant. L'OAIC mise sur le développement de stations locales de semences triées et traitées ainsi que de grands silos à céréales. Ne faudrait-il pas panacher ces choix stratégiques? Pourquoi ne pas également importer de petites stations mobiles de traitement de semences et les confier à des investisseurs privés qui pourraient travailler H24 en périodes de pointe? Pourquoi tout concentrer dans des structures publiques aux horaires actuellement figés? Concernant les silos, pourquoi miser principalement sur de grandes structures et ne pas encourager également le stockage à la ferme. Il serait possible de mettre sur place des encouragements tarifaires et de stimuler la production locale de petits silos en acier. Certes, les pouvoirs publics se doivent de constituer sous leur tutelle de réserves stratégiques. Mais pourquoi laisser le monde paysan sans possibilité de stocker une partie de la récolte et sans prise d'initiatives?

 

La filière céréales en Algérie a la chance de posséder un bel outil d'intervention: l'OAIC. Par son dynamisme et son dévouement, son DG fait honneur à la profession. Mais faut-il tout concentrer entre les mains d'un seul opérateur et des pouvoirs publics? Certes, les limites des opérateurs privés sont connues. En atteste les informations parues récemment dans la presse et faisant état de l'importation de gravats dans des conteneurs afin de masquer des transferts illicites de devises. Aussi, de nouvelles structures réellement coopératives sont à encourager. Au monde paysan Algérien, comme l'a fait depuis plus de 60 ans en France le mouvement coopératif, de se créer des structures autonomes de collecte et d'approvisionnements en intrants de base.

 

Plus que jamais, la filière céréales se trouve être une part importante dans l'objectif d'une meilleure autosuffisance alimentaire. Il est du devoir de tous les patriotes économiques de rechercher les meilleurs moyens afin de produire plus et mieux, dans l'intérêt du plus grand nombre.

 

BLE DUR

RESEAU GROUPE BENAMOR

D. BELAID 30.01.2015 djam.bel@voila.fr

Un compte rendu signé de Raouf Rafty retrouvé sur les réseaux sociaux. Quelques remarques.

1-Il est bien que ces réseaux blé dur qualité existent. Ils ont été initiés par des semouliers. On peut se demander ce qu'attendent les DSA, CCLS et les Chambres d'Agriculture pour faire la même chose.

2-Ce bilan arrive tardivement. Il aurait dû être fait bien avant les semis, au moment où les céréaliers peuvent commander de nouvelles variétés.

3-Nous avons eu l'occasion de voir un fichier Excel comportant tous les éléments de l'itinéraire technique des participants d'un tel réseau. Malheureusement les techniciens ne semblent pas en faire une analyse poussée. Précisons. Quand on dispose de l'itinéraire technique et du rendement final d'une cinquantaine de parcelles, il est possible d'essayer de comprendre comment les 10% des meilleures parcelles sont arrivées au meilleurs résultats. D'après ce compte-rendu, ce type « d'enquête culture » n'est pas fait.

4-Concernant la fertilisation azotée, les préconisations de l'intervenant concernent principalement le fractionnement de l'azote à apporter. Mais rien sur la méthode des bilans azotés. Il est à rappeler que l'azote organique du sol est minéralisé tout au long de l'année. Si d'importantes précipitations hivernales interviennent dans certaines zones, comme c'est le cas en 2014-2015, cet azote minéral EST LESSIVE. Il est grave que nos techniciens l'oublient. Car, dans ce cas, la dose moyenne d'azote de 100 unités traditionnellement préconisée ne permet pas d'atteindre au printemps le nombre optimal de grains par m2. Il est erroné de préconiser 100 unités d'azote pour un hiver pluvieux ou un hiver sec. Le lessivage de l'azote du sol n'est pas le même. On peut se demander comment cette évidence n'est pas prise en considération.

 

AZOTE, SE METTRE AU NIVEAU TECHNIQUE

Suite à cet état de carence des connaissances agronomiques de l'encadrement technique, une remise à niveau urgente est à faire. L'idéal serait d'envoyer une mission d'étude auprès d'Arvalis ou de recevoir durant une campagne de RSH un technicien français. Nous conseillons également aux techniciens isolés de rechercher sur internet des informations relatives à la méthode des bilans azotés. Une abondante documentation est en ligne sur le site d'Arvalis.fr, notamment concernant l'analyse des reliquats azotés en sortie hiver (RSH).

-en absence de RSH, afin d'affiner les doses à apporter, il peut être possible de réaliser le raisonnement suivant. Les résultats publiés en ligne par Arvalis.fr et les Chambres d'Agriculture françaises montrent que, plus il pleut, plus les quantités d'azote lessivées sont fortes (voir la rubrique « Fertilisation azotée » sur ce site). Aussi, les techniciens d'une petite région peuvent essayer d'estimer les pertes d'azote selon le niveau des précipitations hivernales de leur zone. Ainsi, au lieu de préconiser les traditionnelles 100 unités d'azote, ils peuvent proposer 20 unités ou plus à rajouter. Bien entendu, il s'agit de tenir compte du précédent cultural et des amendements organiques antérieurs. Il est évident qu'un sol qui, ces dernières années a reçu du fumier ou des boues de stations d'épuration, présentera des RSH plus élevés; idem avec une parcelle semée précédemment de légumineuses (on pourra consulter des tables de valeurs disponibles sur internet).

-les RSH sont en fait à réaliser chaque année. Les techniciens doivent aller sur les parcelles tarière à la main afin de faire des prélèvements de sol et envoyer des échantillons aux laboratoires d'analyse.

-la méthode Nitrachek peut permettre d'affiner la dose d'azote, mais elle ne constitue en aucune façon un substitut de l'analyse des RSH.

-il est inconséquent d'abdiquer quant à la nécessité d'affiner les doses d'azote à apporter. Il en va d'une composante importante du rendement: le nombre de grains/m2. Ne pas mettre assez d'azote, c'est amputer dès la sortie hiver le rendement à venir. Trop mettre d'azote, c'est risquer l'échaudage et c'est polluer les nappes phréatiques.

 

TEXTE DU COMPTE RENDU TECHNIQUE

Les participants au réseau « amélioration de la qualité du blé dur » se sont réunis le lundi 12 janvier 2015, à Guelma, à l’invitation du Groupe Benamor, initiateur du programme et organisateur de cette journée de travail.

Ont pris part à cette journée d’évaluation, les adhérents céréaliers membres du réseau, les représentants de l’Administration, les intervenants des structures de l’OAIC et des coopératives de céréales, les représentants de la profession, ceux des instituts techniques, ceux des fabricants et fournisseurs des engrais et produits phytosanitaires, ainsi que des experts et invités.

L’ordre du jour de la séance a porté sur l’évaluation des données de la campagne 2013/2014 et a mis en exergue les actions engagées et les enseignements qui ressortent de cette expérience.

Il a été rappelé que le « réseau qualité », a été mis en œuvre afin de contribuer à l’évaluation et l’identification des conditions permettant la valorisation des blés de la production nationale, sous forme d’un objectif centré sur la qualité et la promotion du blé dur produit au niveau des zones potentielles de la région Est, couvrant les wilayate de Sétif, Mila, Constantine, Guelma, Annaba et Souk Ahras.

Les intervenants au nom du comité de suivi ont mis en avant les caractéristiques de cette expérience qui favorise l’organisation participative des intervenants, et qui pour cela, a développé des instruments et outils opérationnels aptes à faire face aux aléas et contraintes de l’activité, contribuant ainsi à l’objectif de la sécurité alimentaire.

Les responsables du réseau se sont dits satisfaits et très encouragés par la mobilisation et la contribution des adhérents, afin de faire avancer et de réaliser progressivement les objectifs tracés il y a trois campagnes.

Ils ont ainsi appelé à la continuité du programme qualité, et ont estimé qu’il est plus que jamais nécessaire de veiller à la sauvegarde, au renforcement et à l’approfondissement de ce type d’expérience, face aux aléas climatiques, comme l’exemple caractéristique de la campagne 2013/2014, dont les effets ont été difficilement maîtrisables, et des risques concrets de déséquilibre des approvisionnements et de la sécurité alimentaire.

Au terme de cette troisième campagne consécutive d’évaluation, tous les paramètres et plans d’action développés comme vecteurs d’exécution de cette initiative, visent le renforcement de la pratique participative et la réalisation adéquate des étapes et processus au niveau de la production, de la collecte et de la préservation des blés, de la transformation et de la meilleure utilisation, afin d’aboutir à des gains effectifs de qualité et de productivité.

Il a été exprimé que la qualité implique dans tous les cas des gains économiques, la promotion des professionnels, le développement du potentiel national la création d’emplois.

Les responsables du réseau n’ont pas omis d’évoquer l’impact de toutes les mesures d’appui, de soutien et d’organisation, déployées et mises en œuvre par les pouvoirs publics, et qui sont encourageantes et déterminantes pour aider à l’amélioration de la qualité et l’élévation des rendements.

Ils ont appuyé sur les actions techniques et matérielles à engager afin d’identifier et d’établir des modalités d’intégration effective et durable des institutions et organismes techniques, la contribution à la définition de règles de rémunérations appropriées, la participation accentuée des coopératives de céréales, et l’extension des capacités de stockage pour aider les agriculteurs dans leurs efforts de préservation de la qualité et de la traçabilité.

Le bilan 2013/2014 a fait état de données physiques et technologiques appréciables et ce en dépit de l’effet pénalisant des contraintes pluviométriques qu’a connu la céréaliculture au cours de la campagne.

Il a été enregistré globalement une collecte à évaluer de 54 261 q, fournie par 41 céréaliers adhérents au réseau sur une superficie de 2 900 hectares. Soit un rendement moyen de 18,71 q à l’hectare, jugé parfaitement intéressant.

Le bilan analytique des opérations culturales a été exposé en chiffres et en commentaires. Il a porté sur le précédent cultural, la préparation du sol, la fertilisation de fonds et de couverture, les semis et les variétés de semences utilisées, le désherbage chimique et les traitements fongique et insecticide.

La quantité de collecte, évaluée sur la base de critères de classification rigoureux du blé dur, employés par le réseau BENAMOR (poids spécifique, teneur en protéine et vitrosité), a déterminé une part de 80 % de type « A », estimé comme lot supérieur, et seulement 20 % de type « B », de qualité moindre.

De même que l’analyse des semoules issues des blés durs « réseau », a donné lieu, pour certaines régions comme Mila et Constantine, à des résultats technologiques très prometteurs.

Les participants, très intéressés par les aspects techniques de la production, pour aboutir à de meilleures performances, ont été invités à suivre des communications éminemment importantes présentées par les experts, concernant l’amélioration génétique participative et la fertilisation des blés.

La première communication intitulée « amélioration génétique pour la qualité du blé dur », s’est attachée à démontrer l’impact de la recherche pour un développement des cultures orienté vers des résultats optimums entre rendement et qualité.

Après avoir mis en relief l’importance de la consommation du blé dur dans les habitudes alimentaires algériennes, le communiquant a développé l’intérêt des travaux de recherche et expérimentation, notamment par l’emploi de la méthode participative chez l’agriculteur.

Il a précisé les principales contraintes technologiques liées à la fertilisation inadaptée (mitadinage, faiblesse du taux de protéines), en relation avec la valeur semoulière, et à la moucheture qui affecte l’aspect des semoules et des pâtes alimentaires.

Pour une bonne prise en charge, il a noté l’importance de l’utilisation d’une semence de qualité, de variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques.

Il a ensuite mis en avant le critère d’utilisation des ressources génétiques possédant des caractères de qualité, obtenues par le biais de croisements dans le cadre de l’amélioration variétale.

La recherche est menée en optant pour la méthode participative, ajoute-il, rejoignant ainsi les objectifs du réseau qualité.

En résumé la communication a préconisé la combinaison entre le rendement et la qualité (protéine, mitadinage) à travers des essais et un parcours expérimental confié aux agriculteurs, pour obtenir de bonnes variétés aptes à produire de hauts rendements par rapport à la référence, une résistance aux maladies et une meilleure qualité.

La deuxième présentation a porté sur la fertilisation des blés en phosphore, potasse et azote et le rôle de chaque élément dans l’alimentation du blé et l’élaboration du rendement et de la qualité du grain.

Après avoir passé en revue le rôle de chacun des éléments fertilisants, un intérêt particulier à été accordé à la fertilisation azotée qui représente la clé d’une bonne teneur du grain de blé en protéine.

A cet effet, il a été présenté les différentes formes d’engrais azoté et le processus de décomposition de chacune des formes pour être traduits en éléments assimilables, de même que le choix de la forme d’azote selon les conditions pédoclimatiques.

Le communiquant a mis l’accent sur l’intérêt du fractionnement de l’apport d’azote selon les besoins et les stades phénologiques de blé pour arriver aux rendements et à la teneur en protéines escomptés.

Les agriculteurs ont été fortement intéressés par l’exposé les différents aspects techniques, développés au cours de cette journée, et un fructueux débat a été engagé entre les participants.

Raouf Rafty

 

AGRO-ALIMENTAIRE

PRODUIRE DE LA LEVURE

L'Algérie importe quasiment tous ses besoins en levure de bière. Plusieurs usines sont en effet à l'arrêt. Lire les articles de Naima Benouaret dans el Watan en 2014. Pourtant produire de la levure de bière permettrait de valoriser la mélasse produite lors du raffinage local du sucre. Des dattes peuvent également servir à cette production. Nous ouvrons ce dossier. Le particulier peut produire de la levure en la récupérant sur des grains de raisins. 27.01.2015 djam.bel@voila.fr

 

Méthode industrielle:

Fabrication de la levure de panification - AB MAURI FRANCE

www.abmauri.fr › AB MAURI FRANCE › Zoom sur la levure

 

Méthode artisanale:

葡萄天然酵母。nature Yeast - YouTube

Vidéo pour "http://youtu.be/bb1nUVwBcbg"

www.youtube.com/watch?v=bb1nUVwBcbg

 

 

SUCRE

REDUIRE LES SUBVENTIONS ?

D. BELAID 27.01.2015 djam.bel@voila.fr

Dans un texte paru dans maghreb Emergent du 27.01.2015, les Pr Raouf Boucekkine et Pr Nour Meddahi publient un texte intitulé « Propositions de mesures de court terme pour faire face à la chute des cours pétroliers ».

Ils proposent notamment «de réduire puis supprimer la subvention du sucre de manière permanente ».

Ils argumentent ainsi cette proposition : « Une autre subvention aux effets très négatifs est celle du sucre. Une bonne partie des produits subventionnés est captée par la contrebande qui atteint un niveau ahurissant comme l’indique l’augmentation des importations de lait des onze premiers mois de l’année 2014 (+43,5%). Mais la subvention du sucre est vraiment différente des autres subventions alimentaires. Elle est détournée pour produire toutes sortes de friandises, profitant aux plus aisés. Plus grave, elle incite à la surconsommation de produits sucrés qui se manifeste par le développement de l’obésité et du diabète. Nous faisons face à un problème de santé publique ».

 

Il nous semble que réduire progressivement les subventions au sucre ne peuvent que favoriser la production locale de sucre ou de substituts. Par ailleurs, il s'agit comme le note les auteurs une question de santé publique.

Nous avons consacré plusieurs écrits aux possibilités de productions locales de sucre. Les formes sont variables. Il existe déjà une production nationale de sirop de glucose à partir de maïs importé. Des produits sucrants peuvent être produits à partir de dattes ou de pomme de terre. Enfin, comme au Maroc, la culture de betterave sucrière irriguée par goutte à goutte est possible.

Les solutions agronomiques et technologiques existent. Il s'agit de mettre en place un « plan sucre » national afin d'étudier les différentes possibilités locales.

 

 

CEREALES

DES RESERVES DE PRODUCTIVITE

D. BELAID 25.01.2015

 

A nouveau, la baisse du prix du baril de pétrole et le niveau des importations de céréales relance en Algérie le débat sur l'autosuffisance alimentaire. Dans Maghreb Emergent, Abed Charef ce jeudi 15 janvier 2015 affirme que « L’Algérie n’arrive pas à changer de modèle pour la production de céréales ». Dans El Watan de ce jour, Lyes Mechti note « Importation de céréales : Une facture de plus en plus chère.

Comme l'affirment avec justesse le directeur du CREAD et le DG de l'ITGC, Mr OMAR ZAGHOUANE, il existe en effet des réserves de productivité. La question cruciale concerne donc la mise en oeuvre rapide des moyens permettant de libérer l'effort productif. Nous aimerions apporter au débat l'avis d'un agronome.

 

DES RESERVES CERTAINES DE PRODUCTIVITE

En céréaliculture, des réserves de productivité existent. Elles concernent les opérations de semis, d'irrigation, de protection sanitaire des cultures et de fertilisation.

Concernant les opérations de semis, les techniques actuelles font appel au labour ou aux outils superficiels à disques. Or, il est prouvé qu'ils dessèchent le sol et l'appauvrisse à terme; notamment en matière organique.

Bien qu'en progression, les rendements moyens actuels sont de l'autre de la dizaine de quintaux à l'hectare contre 50 quintaux en irrigué.

Les chiffres communiqués par l'OAIC montrent que le désherbage chimique ne concerne dans le meilleur des cas qu'un quart des superficies. Or des augmentations de rendement de 30% voire plus sont possible. Les surfaces concernées par la protection insecticide et fongicide sont encore plus faibles. Or, selon les années et les céréales, les chutes de rendement peuvent être de 50% et plus.

Quant à l'apport d'engrais, bien qu'en constante augmentation, sa mise en oeuvre nécessite de mettre à la disposition des céréaliers les formulations les mieux adaptées à leur type de sol.

 

LES MOYENS DE MISE EN OEUVRE

C'est dire combien, un itinéraire technique adéquat permettrait une meilleure production. Quelques rappels cependant.

Toute politique céréalière se doit de ne pas oublier avant tout le revenu de l'agriculteur. Les pouvoirs publics l'ont bien compris en subventionnant les intrans et en relevant ces derniers les prix à la production.

Tout apport de technologie nouvelle en agriculture ne peut envisagé uniquement dans le sens « top-down » mais par une participation active des premiers concernés.

A chaque automne, en milieu-semi aride, l'agriculteur prend un risque: il laboure et sème sans savoir s'il récoltera. Il y a la une incertitude climatique qui constitue le fossoyeur de toute politique d'intensification céréalière.