TRANSFORMATION DU BLE A LA FERME

En Algérie, les faibles rendements font que la céréaliculture est structurellement déficitaire. L'Etat remédie à cette situation en maintenant le quintal de blé dur à 4500DA. Mais, il y a un autre moyen de rentabiliser cette production: encourager les céréaliers à s'équiper en moulins pour produire de la semoule et pourquoi pas du couscous et de la semoule. Actuellement, cette activité très lucrative est captée par des privés hors du secteur agricole. Céréaliers algériens, ne bradez pas votre blé dur, faites en de la semoule!

A L G E R I E  

Q U A L I T E   D E S   B L E S   

 

ALGERIE, POUR LE RENFORCEMENT DE LA FILIERE BLE DUR LOCALE
Djamel BELAID 22.11.2015
 
La culture du blé dur en Algérie est actuellement menacée. Le coût de production du quintal de blé dur (BD) reste élevé. Jusque là, les pouvoirs publics soutenaient à bout de bras les producteurs, les organismes de collecte et l’industrie de la transformation. La récente chute des prix du pétrole risque de réduire l’aide publique et mettre à mal la filière. Pourtant contrairement au blé tendre, le blé dur possède une réelle typicité . Comment en est-on arrivé là et existe-t-il une alternative ? 
 
PRODUCTION ET CONSOMMATION DE BLE DUR, UNE SPECIFICiTE ALGERIENNE
Le couscous et le pain à la semoule de même que de nombreuses préparations culinaires sont spécifiquement algériennes, voire maghrébines. Mais elles ne se retrouvent pas dans le monde arabe plus tourné vers la consommation de céréales telles que le riz. Ce type de consommation ne se rencontre pas dans le pourtour méditerranéen où les principales utilisations du blé dur concerne la confection de pâtes alimentaires.
Si le blé dur est si présent dans l’alimentation locale, c’est que depuis toujours, cette céréale a été produite localement. Comme l’orge, elle est particulièrement bien adaptée au terroir local : des hivers froids et des printemps souvent marqués par un déficit hydrique. Si les paysans cultivent donc du blé dur, c’est qu’ils ne peuvent faire autrement à moins d’irriguer. Or, toutes les surfaces céréalières ne peuvent être irriguées. La culture du blé dur présente ainsi un réel ancrage local, un « lien au lieu ». Les céréaliers ne peuvent se passer du blé dur. Il leur assure de meilleures marges que l’orge même si cette dernière est très demandée en alimentation animale. Le problème est que si de tout temps, la production de BD a permis de nourrir la population locale et même d’assurer des exportations vers Rome, cela n’est plus le cas aujourd’hui. 
 
LA CONCURRENCE DU PAIN DE BLE TENDRE
Le blé tendre est de plus en plus présent dans la consommation des habitants du Maghreb. Même en Egypte, la consommation de céréales se fait principalement à partir de blé tendre. La demande est telle que pour satisfaire les besoins des ménages les moins favorisé les pouvoirs publics ont instauré une carte à puce. Une lutte féroce est engagée entre les pays producteurs de blé tendre pour conserver ou augmenter leur part de marché. A Alger, comme dans les capitales voisines, un représentant des exportateurs français est présent sur place afin de scruter l’évolution de la demande locale. En Algérie, l’engouement pour le blé tendre est réel à travers la demande en baguette parisienne. La consommation de blé tendre augmente aux dépends de celle du blé dur. Qui, en début de mois, comme dans les années 70 rentre encore chez soit « balla smid* »? L’urbanisation et le développement de l’emploi féminin font que les préparations culinaires à base de blé dur diminuent face à l’omniprésence de la baguette parisienne au blé tendre.
(*) sac de semoule d’un quintal.
 
LA BAGUETTE DE PAIN, UNE AUBAINE POUR LES POUVOIRS PUBLICS
Le développement de la consommation de blé tendre sous forme de baguette de pain est une aubaine pour les pays producteurs de blé tendre mais également pour les pouvoirs publics des pays importateurs. La cause de cet intérêt vient du prix inférieur du blé tendre par rapport au blé dur. Il est plus intéressant financiérement d’importer du blé tendre que du blé dur. Pour les pouvoirs publics de nombreux pays de la rive sud de la Méditerranée, il est devenu plus facile de faire accoster des bateaux chargés de blé tendre que de développer la production locale. La guerre des prix entre pays producteurs liées aux actuelles bonnes récoltes ainsi qu’au développement récent de la production de céréales en Russie et Ukraine fait que le blé tendre inonde le marché marocain, tunisien, égyptien et algérien. C’est également un moyen d’éviter toute explosion sociale. Dans ce contexte la production de blé dur se trouve directement menacée.
 
UNE MENACE POUR L’ENSEMBLE DE LA FILIERE BLE DUR
En Algérie, la menace du blé tendre étranger vis à vis du blé dur local concerne l’ensemble de la filière : céréalier, organisme de collecte et transformateurs. Les producteurs locaux de BD perçoivent actuellement une prime de 1 000 DA par rapport au quintal de BT livré aux silos des CCLS. Ils reçoivent en effet 4500 DA pour tout quintal livré contre seulement 3500 DA pour le blé tendre. L’éventuelle suppression de cette prime porterait un sévère coup à une production locale marquée par une faible productivité. Ce relèvement des prix à la production décidé en 2008 a été pour beaucoup dans l’augmentation des emblavements en BD. Pour les CCLS, principaux organismes de collecte et d’approvisionnement en intrants agricole, la réduction des tonnages livrés pourrait impacter directement leur survie dans la mesure où, étant données les rigueurs du climat, la substitution de la culture du BD par le BT n’est pas systématiquement envisageable dans les exploitations. Quant à une éventuelle augmentation de la collecte en orge suite à une substitution des emblavements de BT par l’orge, il ne faut pas y compter pour les CCLS. Celles-ci ne collectent que très peu d’orge. Les céréaliers préférant l’utiliser directement pour l’alimentation de leurs animaux ou la vendre aux éleveurs à des prix supérieurs à ceux proposés par les CCLS.
Quant aux transformateurs, leur intérêt premier pourrait être de s’approvisionner sur le marché extérieur. Ce dernier propose des blés durs de qualité. Cependant la production mondiale en BD est réduite. Dans le cas français, cette production est même subventionnée dans le cas de la région sud. L’orientation de la nouvelle PAC amène à se demander jusqu’à quand tiendront ces subventions? Déjà la filière BD française s’inquiète de la baisse des volumes collectés. Les céréaliers français étant plus réticents à une production particulièrement réglementé. Dans le cas du BD canadien, les coûts de transport peuvent réduire son intérêt. Enfin, toute importation est sujette à divers aléas. Or, ce n’est pas le cas avec un approvisionnement local. Bien que dépendant des CCLS par qui passe le commerce du grain, les transformateurs commencent à identifier les BD de qualité et les exploitations qui les produisent. Il s’établit ainsi au fil du temps un « lien au lieu » qui est plus sûr que le produit arrivant en camions à partir des ports. En effet, selon les contrats passés, malgré le cahier des charges de l’OAIC, la qualité des blés d’importation peut être différente du fait des assemblages réalisés outre-mer. 
 
CEREALIERS DZ, SEDUIRE LES TRANSFORMATEURS
On le voit les transformateurs ont tout intérêt à un approvisionnement local. Mais cela sous réserve de prix compétitifs, d’une stabilité des quantités livrées et d’une qualité irréprochable. Ces conditions ne sont pas actuellement réunies. Cependant, céréaliers et organismes de collecte peuvent rapidement progresser vers cet objectif.
Concernant les prix, les céréaliers disposent de plusieurs leviers afin de continuer à produire malgré une éventuelle réduction du mécanisme d’incitation par les prix (abandon éventuel de la prime BD). Concernant les charges de structures, ils peuvent réduire leur coût de mécanisation en adoptant la technique du non-labour avec semis direct. Le statut du foncier agricole s’est trouvé clarifié ces dernières années. Reste à préciser le cas des locataires exploitant les terres des attributaires. Il est certain que la définition d’un droit de fermage, comme il en existe à l’étranger, conforterait l’activité des exploitants.
Concernant les charges opérationnelles (semences, engrais et phytosanitaires), il s’agit de jouer sur divers tableaux. Le coût de la semence certifiée peut être réduit par la production partielle de semence de ferme triée et traitée. Cela nécessite cependant le développement d’unités mobiles de ferme en ferme. Concernant la fertilisation, il est possible de baisser son coût en se basant, pour l’azote, sur des rotations à base de légumineuses ainsi que la mesure du reliquat azoté en sortie hiver. Le développement de la localisation des engrais de fonds sur la ligne de semis est également envisageable. L’utilisation des produits phytosanitaires est difficilement réductibles. Ceux-ci sont actuellement peu employés. Or désherbants, insecticides et fongicides constituent des gages d’augmentation des rendements. Ceci dit, des réductions d’emploi sont possibles par le développement du désherbage mécanique et plus généralement par une meilleure technicité des exploitants.
 
QUANTITE DES LIVRAISONS, MOBILISER LES TERRES EN JACHERE
L’établissement d’une relation entre les producteurs d’un bassin de production et les moulins locaux passe par la levée de l’incertitude sur les quantités livrées. Afin de répondre au défi des quantités de BD à livrer au secteur de la transformation, les céréaliers disposent de plusieurs atouts. Le premier concerne l’irrigation de complément. Là où il est possible de disposer de ressources en eau, c’est là un moyen de passer de rendements moyens de 15 qx/ha à 40 qx/ha voire plus. Un autre atout vient des terres actuellement en jachère. Elles peuvent permettre d’augmenter les emblavements. Il est cependant nécessaire de tenir compte des surfaces réservées à l’élevage ovin. Il s’agit le plus souvent de surfaces de jachère pâturées. Les animaux y broutent la végétation naturelle. Le remplacement de cette jachère pâturée par des pâturages semés permettrait d’offrir aux animaux plus d’unités fourragères par hectare et par conséquent de réduire leur surface.
Le drame de l’agriculture algérienne est de devoir semer la presque totalité des cultures à l’automne ; c’est à dire au début de la période des pluies. Il est difficilement imaginable de semer des cultures de printemps comme en Europe sauf à devoir les irriguer. Par conséquent, l’automne est caractérisé par une pointe de travail liée au labour, aux opérations de préparation du lit de semences puis au semis proprement dit. En matière de grandes culture, en Algérie, tout est joué en automne.
Or, depuis peu est apparu un atout dont les décideurs algériens n’ont pas encore entièrement réalisé l’importance stratégique en matière de sécurité alimentaire. Il s’agit de la technique du semis direct.
Testé et développé depuis plus de quinze ans au Maroc, le semis direct permet d’assurer une stabilisation des rendements céréaliers en année sèche. Du fait de la meilleur valorisation de l’eau emmagasinée dans le sol, il permet des rendements de 10 qx/ha en année de sécheresse là où l’utilisation de la charrue n’en permet que 2. A cet avantage, le semis direct apporte la rapidité d’exécution. Il permet d’emblaver 6 fois plus vite de surfaces que la conduite conventionnelle. En effet, en s’exonerant du labour, il évite les longues opérations de préparation du lit de semences. Cela est si vrai que les premiers à s’être emparé de cette technique en Algérie, Maroc et Tunisie sont de grosses exploitations céréalières.
L’intérêt du semis direct ne se limite pas au blé dur. Il concerne bien entendu le BT et l’orge mais également les légumes secs. Sur les surfaces consacrées en fourrages, il peut être également utilisé. Cette technique permet donc de lever le goulot d’étranglement constitué dans le cas de la conduite conventionnelle des cultures et qui obligeait à la persistance de la jachère travaillée.
Emblaver plus de surfaces en BD risque cependant de favoriser le retour plus souvent de cette céréale sur les mêmes parcelles. Il s’en suit des baisses de rendement. La solution passe par l’extension des rotations. Il s’agit pour cela d’introduire sur les exploitations de nouvelles cultures telles les oléagineux. Par ailleurs, afin d’assurer le développement des surfaces en cultures déjà existantes telles les légumes secs et les fourrages de vesce-avoine, il s’agit respectivement d’améliorer les possibilités de désherbage et les capacité de récolte.
 
QUALITE DU BD, L’AFFAIRE DE TOUS
Si seule une qualité irréprochable des BD est un moyen fondamental afin d’ancrer localement l’approvisionnement des transformateurs, celle-ci est l’affaire de toute la filière.
Le céréalier y a sa part par le respect de la culture des variétés conseillées par le transformateur. Il doit également assurer une bonne qualité semoulière par la maîtrise de la fertilisation azotée. Enfin, seul un désherbage impeccable est en mesure de réduire dans le graine taux d’impuretés (graines de mauvaises herbes).
L’organisme de collecte a sa part dans une politique de qualité en assurant la traçabilité des lots depuis le champs jusqu’au moulin du transformateur. Cela nécessite des procédures de prises d’échantillons sur les livraisons de grains à l’entrée des silos avec analyses immédiates et différées, des barèmes d’agréage adaptés – les derniers datent de 1988 – ainsi qu’une disponibilité en cellules de stockage permettant un allotement correct. Cette stratégie de l’organisme de collecte peut être confortée par un stockage partiel et momentané à la ferme.
Enfin, concernant le transformateur, sa participation à une politique de qualité intervient dans la définition d’un cahier des charges. En l’absence actuelle d’organisation des céréaliers et de politique qualité de la part des organismes de collecte, il revient aux transformateurs de jouer le rôle de chef d’orchestre. Actuellement à Sétif ou Guelma, face aux carences de l’OAIC, des transformateurs ont pris l’initiative d’inciter les céréaliers à faire de la qualité. Ils ont monté des réseaux d’agriculteurs qui sont suivis techniquement. Il leur est ainsi proposé un choix variétal particulier de même qu’une protection phytosanitaire de la culture.
 
FILIERE BLE DUR, PROPOSER AU CONSOMMATEUR DE NOUVELLES FARINES
Depuis peu des cadres de l’Eriad testent localement l’intérêt des consommateurs pour des pains incorporant à la farine importée de la semoule de blé dur locale. Cette initiative peut conduire à plus utiliser la production locale parfois boudée par les transformateurs pour ses piètres qualités. Mais au delà, cette initiative ouvre la voie à la mise au point de nouveaux mélanges de farine. On pourrait imaginer à l’avenir des farines incorporant un certain pourcentage d’orge. Du fait de son cycle végétatif plus court, cette céréale est plus aisée à produire. Elle peut ainsi éviter les sécheresses de fin de printemps accentuées ces derniers temps par le réchauffement climatique. Cette céréale a été la première à être exportée, certes en petite quantité, lors des dernières années record.
De tels mélanges présentent des avantages en matière de santé du fait des beta-glucanes présents dans l’orge. Ils présentent également l’avantage de réduire le coût de revient du pain. En effet, le quintal d’orge présente une valeur moindre que celle du BD ou même du BT.
Ces voies ne sont actuellement que modestement explorées. A l’étranger, elles sont le fait d’organismes de collecte et de stockage ayant investi dans le secteur de la transformation. C’est le cas des farines
pour les baguettes traditionnelles Banette ou Rétrodor qui connaissent un vif succès en France. En Algérie, ce type de mélange pourrait contribuer à rendre moins couteuse la filière BD. 
 
QUEL MAITRE D’OEUVRE POUR RENFORCER LA FILIERE BD ?
En Algérie, le renforcement de la filière BD passe par des actions qui concernent différents acteurs. Les enjeux dépassent le seul cadre de la parcelle de blé ou l’exploitation de l’agriculteur puisqu’elle concerne le marché. Or, l’expérience montre, souvent pour le petit paysan, le seul horizon immédiat est celui du bout de son champs.
D’où peut donc venir l’étincelle salvatrice ? Viendra-t-elle des CCLS ? Celles-ci représentent en effet un poids considérable en matière de chiffre d’affaires céréalier. Ces organismes de collecte et de stockage et de collecte se situent à l’interface entre production et transformation. On pourrait s’attendre à ce que ces structures situées dans les régions à fort potentiel (Sétif, Constantine, Tiaret) collectant dans une zone traditionnelle et en plus pour des produits à prime déploient des moyens fassent preuve d’initiative afin d’augmenter le volume de collecte. Or, les CCLS en question, de part leur statut d’antenne d’un Office public ne tirent aucun avantage à toute augmentation de collecte. Dans les pays céréaliers, les organismes de collecte déploient des moyens considérables en matière de vulgarisation technique. Ce sont avant tout des émanations des agriculteurs eux mêmes dans le cas de coopératives. La concurrence est rude avec les entreprises de négoce. L’OAIC s’est illustré par l’ingéniosité du montage permettant le financement des installations d’irrigation d’appoint. Par contre en matière d’animation technique de terrain, de participation des producteurs ou d’intégration verticale on note un immobilisme. Ce sont les CCLS qui devraient dialoguer avec les transformateurs et leur proposer un approvisionnement en quantité stable de BD de qualité. Or, les statuts des CCLS ne permettent pas la prise d’initiative. Il y a une non prise en compte des enjeux actuels. A ce titre, en occupant le rôle dévolu à de véritables coopératives céréalières et n’assumant pas ce rôle, les CCLS empêchent l’émergence de groupements de producteurs. Elles pourraient ainsi même être les futurs fossoyeurs de la filière BD. Quid des cadres des CCLS ? Le ministre en charge du MADR, Mr Ferroukhi, faisait récemment remarquer que ces CCLS comptent pas moins de 400 ingénieurs. L’avenir de la filière, c’est aussi le leur qui est en jeu. Sur la base de l’expérience acquise par des années de présence sur le terrain ces cadres sauront-ils suggérer à leur tutelle une évolution  salvatrice? Cette tutelle ne s’exprime actuellement qu’en terme de surfaces emblavées, de milliers de quintaux collectés, d’équivalent hectares fongicides livrés. Mais la notion de gouvernance au niveau des CCLS ou de filière lui semble étrangère. A son échelle, l’OAIC reproduit l’autisme du petit paysan qui ne raisonne qu’en terme de parcelle oubliant l’échelle de l’exploitation et du marché.
 
UNE POLITIQUE CE CONTRATS INITIES AU NIVEAU DES MOULINS ?
L’étincelle viendra-t-elle des transformateurs ? Certains ne risquent-ils pas d’être sensibles au chant des sirènes  liées à l’approvisionnement sur les marchés extérieurs ? Déjà certains transformateurs s’équipent en salle de marchés et recrutent des traders en grains.
La solution pourrait consister dans le développement d’une politique de contrats avec les agriculteurs. Celui-ci s’engage à produire une variété recommandée par le transformateur (bonne variété semoulière) en conséquence, il s’assure de pouvoir livrer sa récolte au moulin, voire recevoir un avantage financier. Pouvoir livrer sa récolte pourrait devenir un luxe, car rappelons le, en cas de signature de l’Algérie à l’OMC, le commerce du grain serait libre. Les transformateurs seraient libres de s’approvisionner à l’extérieur.
Déjà les transformateurs développent des réseaux qualité-blé et ont la possibilité de soulager les CCLS avec leurs moyens de stockage. Il n’y a qu’un pas à franchir pour que la vente du grain ne passe plus par les CCLS. Celles-ci auraient alors à leur côté de nouveaux opérateurs ; opérateurs plus impliqués dans la qualité .
 
LES AGRI-MANAGERS MAITRE D’OEUVRE D’UNE POLITIQUE DE RENOUVEAU ?
Qu’attendre des agri-managers ? Comme la petite paysannerie, ils ont tout à perdre d’un abandon de la filière BD à son sort. Ces représentants des grosses fermes privées regroupent différents ayant-droit et totalisent souvent des centaines d’hectares. Ils se recrutent également au niveau des fermes pilote ou d’EAC n’ayant pas cédé à la tentation de l’exploitation individuelle es terres. Il s’agit souvent de personnes diplômée et possédant une connaissance du marché. Ils pourraient jouer le rôle d’aiguillon, agir dans le cadre d’institutions telle le FCE, sur les adaptations nécessaires des CCLS. Ils pourraient constituer le noyau pour créer des groupements de producteurs de BD creusets de futures coopératives céréalières telles qu’il en existe à l’étranger. Ils pourraient demander les avantages fiscaux accordés par la puissance publique à toute coopérative. Il leur faudrait obtenir le droit à recevoir les compensations publiques – jusque là réservées aux transformateurs – dans le cas de la mise sur pied d’unités de transformation du grain. Ces grosses exploitations ainsi que les petites qu’ils pourraient fédérer possèdent un atout : c’est elles qui détiennent le grain. Au lieu de se précipiter, dès la récolte terminée, aux portes des CCLS et de le livrer, elles pourraient investir dans la transformation et non plus vendre seulement du grain, mais de la semoule voire du couscous en mettant le pied dans le secteur de la deuxième transformation. Ainsi, non seulement, ils pourraient préserver leur marge, mais également s’assurer de débouchés locaux et acquérir plus de force vis à vis des transformateurs actuellement installés et plus susceptibles de s’approvisionner en BD étranger. Pratiquer une intégration verticale permettrait aux producteurs de conforter leur pouvoir de négociation. 
 
CEREALIERS, NE COMPTER QUE SUR SOIT-MEME
Par ailleurs, face à des pouvoirs publics tétanisés par le risque d’explosion sociale de quel poids pèserait les céréaliers ? Nul doute qu’il seraient sacrifiés sur l’autel de la paix sociale au bénéfice des céréaliers de BT étrangers. Au printemps dernier, avec la grève de la livraison du lait de vache, les éleveurs ont innové en matière de revendication catégorielle. Grève des livraisons du grain, comme celle du lait ? Outre la baisse des subventions publiques liées à la baisse de la rente pétrolière, les céréaliers doivent tenir compte de la libéralisation du commerce du grain qu’entrainerait une éventuelle signature de l’Algérie à l’OMC. Comme les céréaliers marocains, ils y auraient tout à perdre. Quant à eux, les pouvoirs publics ne peuvent rester éternellement spectateurs face aux évolutions qui se dessinent au sein de la filière et qui les dépassent. Aussi, à ces pouvoirs publics d’orienter dès maintenant les acteurs de la filière dans la bonne direction. Une direction assurant le développement de la filière, du partage équitable des marges, de l’emploi agricole et rurale ainsi que la satisfaction du consommateur. Certes, cela est plus difficile que faire accoster un bateau chargé de céréales au port d’Alger, mais c’est ce qu’on appelle la bonne gouvernance.

 

TRACABILITE DU BLE UN PARI DIFFICILE A TENIR.

La rude tâche de Mme F. Sadli.

D.BELAID 12.04.2014

 

A l’issue du récent regroupement des membres du réseau qualité blé du Groupe Benamor, Mme F SADLI, responsable de ce réseau, a rappelé lors d’un entretien à la presse l’importance de la traçabilité* des lots de blés durs réceptionnés à la moisson par les CCLS. Pour les minotiers, il s’agit d’une question primordiale. On ne peut faire de la semoule et des pâtes alimentaires de qualité qu’avec des lots de blé respectant un cahier des charges. Or, cette qualité est variable selon les exploitations et même entre les parcelles d'une même exploitation. A la moisson, les CCLS ont-elles la volonté et les moyens d’analyser les remorques de blé arrivant aux silos et de stocker les grains dans des cellules différentes ? A notre avis, la réponse est actuellement non.

 

UN SYSTEME BIAISE A LA BASE.

Il nous semble que le système est biaisé à la base. Le premier objectif des CCLS est d’assurer avant tout la réception au niveau de ses silos des moissons des agriculteurs. Avec l’augmentation de la production nationale la tâche est de plus en plus lourde. Les moyens matériels mis à la disposition des CCLS ont-ils suivi? Oui. Les CCLS font même appel à des camionneurs privés, utilisent des bennes Marel, laissent ouvert les silos du lever au coucher du soleil et rémunèrent sous 72 heures les agriculteurs. Mais, la télévision montre encore des cargaisons de sacs de blé déchargées à dos d’homme. Cela donne une idée des goulots d’étranglement qui peuvent exister malgré les efforts louables des cadres et ouvriers des CCLS. A l’insuffisance des moyens matériels (il faudrait plus de pompes à grains, plus de vis sans fin, plus de tapis convoyeurs, plus de boisseaux de chargements) les CCLS doivent faire avec le manque de moyens de stockage. Certes, de nouveaux programmes de construction de silos sont en cours et il est fait appel aux capacités de stockage des minotiers. Cela ne suffit pas. On le constate, la tâche des CCLS est considérable.

A cette action de collecte, il faudrait donc rajouter le stockage selon la qualité des grains. Est-ce que les CCLS seront mieux rémunérées si elles adoptent une politique de constitution de lots selon la qualité ? En y regardant de plus près, force est de constater qu’on ne peut répondre que par la négative.

En effet, nous avons vu la tâche considérable des CCLS. Mais, s’il n’y a aucune concurrence, pourquoi voudrait-on que les CCLS se créent d’elles mêmes plus de difficultés? Il faut savoir que sous d’autres cieux, les organismes de collectes (coopératives et négoce) se livrent des batailles dantesques pour collecter le maximum de grains. Ces organismes trouvent d’autant plus de débouchés qu’ils arrivent à proposer aux minotiers des lots répondant aux cahiers de charges qu’imposent les propriétaires des moulins à grains. Aussi, ces organismes de collecte sont aux avant postes pour demander à leurs adhérents de faire de la qualité. Certes, cela n’empêche pas parfois quelques agriculteurs de verser dans le « trou » du silo de la coopérative des blés fourragers au milieu de blés meuniers notamment destinés à l’export (Egypte, Algérie).

Chez nous, rien de tout cela. C’est le règne du « hez woula khali ». Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux CCLS, celles-ci ont déjà assez à faire.

 

SORTIR DU REGNE DE LA DEBROUILLE ET DE LA BRICOLE

Aussi, c’est le règne de la débrouille et de la bricole. En absence de règles de jeu logiques, chaque acteur essaye de faire ce qu’il peut. D’où l’apparition des réseaux qualités blés au niveau des minotiers. Ceux-ci exhortent les céréaliers à produire du blé dur exempt d’impuretés (graviers, graines de mauvaises herbes, …) et de bonne qualité semoulière dont la richesse en protéines.

Mais les céréaliers, qu’ont-ils à y gagner?

Il faut savoir, qu'il y a 3 niveaux d'approche en agriculture: la parcelle, l'exploitation, le marché. Or, à part les exploitants qui prennent du recul, la préoccupation immédiate d'un agriculteur, c'est la parcelle.

 

Aussi, dans le cas ici présent, les enjeux du maintien d'une filière blé dur nationale ne sont pas compris par le plus grand nombre.  Certes, la menace des CCLS de ne pas attribuer la prime de 1000 DA en plus des 3500 DA pour tout quintal livré si le grain est mélangé de graines de mauvaises herbes est là quelque chose de concret.

Les barèmes de réfaction datent de 1988. Il serait dorénavant nécessaire d’inclure dans ces barèmes plus de paramètres liés à la qualité du grain.

 

Malgré cet environnement législatif inadéquat les minotiers poursuivent leur quête de la qualité. Mais une fois le choix des bonnes variétés semoulières opérés par les agriculteurs et le respect d’un itinéraire adéquat, si c’est pour voir leurs grains obtenus mélangés au niveau des silos des CCLS à ceux des agriculteurs ne respectant pas de charte de qualité, où sont les progrès ? On comprend mieux le récent cri d’alarme de Mme S Fadli « Si la céréaliculture n’est pas soumise à une traçabilité notre production sera étouffée».

 

 

"SEPARER LE BON GRAIN DE L'IVRAIE"

 La solution pourrait consister en une politique contractuelle entre des céréaliers et des minotiers. Ces céréaliers s’engageant à n’utiliser que des variétés recommandées par les minotiers, à apporter les doses adéquates d’azote en les fractionnant comme le recommande l’ITGC, bref en respectant un cahier des charges aisément vérifiable. Cela peut être réalisé sur la base de factures d’achat des semences des variétés recommandées ou des sacs d’engrais azotés. Ainsi, à la moisson, dès l’arrivée des remorques de blé de ces agriculteurs, leurs cargaisons pourraient être directement stockées dans des cellules précises. Il ne s’agit pas de multiplier les lots mais simplement « séparer le bon grain de l’ivraie ». Par exemple faire un silo réservé au blé dur "sous contrat" et le blé dur "tout venant" des agriculteurs qui ne sont pas sous contrat. Un autre tri pourrait être opéré sur la base d'un taux de protéines inférieur à 12% et un autre pour les blés supérieur à 12%. Encore faudrait-il disposer d'appareils de mesure à lecture immédiate.

 

Par la suite en fonction de besoins spécifiques du transformateur, ce serait au chef magasinier du minotier de réaliser des coupages plus fins en rajoutant aux lots de blés à 12% de protéines à partir des blés de force. Rêvons...

 

La solution du stockage à la ferme n’a jamais été testée en Algérie. Pourtant elle présente plusieurs intérêts. On pourrait imaginer demander à des agriculteurs sous contrat qualité de stocker une partie de leur récolte à la ferme. Cela laisserait tout le loisir aux CCLS et transformateurs pour réaliser les analyses qualité. Une telle politique suppose des installations de stockage au niveau des exploitations et l’octroi d’une prime d’encouragement.

 

Autre solution. Un contrôle à posteriori du taux de protéines des livraisons permettrait d’appliquer ou non des réfactions. Certes, dans ce cas là une cargaison médiocre serait déjà mélangée dans un silo réservé aux blés de qualité. Mais il faut compter sur l’effet dissuasif à moyen terme des réfactions sur le revenu du céréaliculteur.

Un moyen simple de réaliser une pré-analyse qui se rapproche du taux de protéines peut être de mesurer le taux de grains mitadinés. Pour cela, il existe des appareils simples basés sur un test mécanique : section d’une centaine de grains. En effet, la section des grains mitadinés est caractérisée par un aspect blanchâtre. Un tel test pourrait être réalisé pour les blés durs sous contrat.

 

En absence de moyens d’analyses des grains au niveau des CCLS, il serait possible de diriger les cargaisons des agriculteurs sous contrat qualité directement vers les silos des minotiers. L’agréage pourrait être réalisé à la porte du silo par un agent CCLS affecté spécialement chez le minotier.

Quelque soit le scénario choisi, il s’agit de revoir les barèmes de réfaction. Les cas graves de déclassement de remorques de blé dur l’ont été jusqu’à vouloir  supprimé totalement la prime de 1 000 DA par quintal. Les quelques cas où cela a voulu être appliqué, une telle mesure a entrainé de vives protestation de la part des céréaliers. Cela a été le cas il y a quelques années à Rahouia (W. de Tiaret). Face à la révolte des producteurs, il a fallu l'intervention du wali. Et le chef de silo a dû accepter de rentrer des blés durs avec de forts taux de mitadinage. Un barème progressif serait donc le bienvenu.

La force de la loi d’un tel barème de réfactions amènera forcément les CCLS à une politique de tri des lots de blé dur selon leur qualité. Encore faudrait-il qu’elles en aient les moyens matériels. Il est regretable qu'une industrie nationale du matériel de manutention et de stockage des grains soit inexistante.

 

DIALOGUE,  DIAGNOTIC, DECISION

Ces nouvelles préoccupations d’assurer une meilleure qualité des blés durs sont nées de la nécessité de compter sur la production nationale de blé dur et non plus seulement sur l’importation. Elles témoignent d’une volonté de mieux faire.

Il s’agit de trouver des solutions organisationnelles pour la filière céréales à partir de notre historique de développement mais aussi en y intégrant progressivement des solutions ayant fait leurs preuves à l’étranger. Il est évident que l’objectif de qualité ne doit pas rester une vaine incantation au niveau des CCLS mais se traduire par une incitation financière et l’établissement de normes (exemple, nouveau barème de réfaction). Reste à trouver la forme.

Aussi, il s’agit de poursuivre la discussion au sein de la filière telle que le permet l'approche des cluster: CIC et CRIC. Le dialogue et la concertation entre les différentes composantes de la filière céréales peut permettre d’avancer vers de nouvelles façons de procéder. Par exemple, une révision des barèmes de réfaction avec insertion de nouveaux paramètres nécessite de tenir compte des capacités opérationnelles en matière d’analyse au niveau des points de collecte des CCLS. En effet, s’il est aisé et rapide de déterminer un poids spécifique, il est plus ardu d’analyser en un laps de temps restreint le taux de protéines d’une remorque de blé franchissant le portail d’un silo (en France, la plupart des organismes de collecte sont en cours d'équipement d’appareils d’analyse instantanée du taux de protéines). En Algérie, une solution transitoire pourrait être d’adopter le test mécanique de mitadinage.

Ces questions sont loin d’être aisées. Les céréales, représentent un aliment de base de la population. A ce titre, elles constituent un secteur stratégique. Chacun se souvient des dernières émeutes relatives au prix de l’huile et du sucre ou des émeutes relatives au prix du pain en Egypte.

Plus que jamais, il nous semble nécessaire de réaliser des analyses fines de la part d’agroéconomistes et de juristes confirmés afin de nourrir le débat au sein des instances de concertation de la filière céréales. Il serait souhaitable d’orienter les sujets de mémoire des étudiants en fin d’études vers ce thème. Les journalistes ont eux aussi un rôle à jouer**. Par la description des situations sur le terrain, ils peuvent contribuer à informer le large public et les décideurs à différents niveaux.

NOTES :

(*) El Watan 10 avril 2014.

(**) Il serait souhaitable que dans chaque rédaction, au moins un journaliste se spécialise en question agricole.

 

 

Groupe BENAMOR : Mme F. SADLI ANIME LE RESEAU QUALITE BLE.

D. BELAID 11.04.2014

Cette semaine, la presse nationale a consacré de larges extraits à la récente rencontre des membres du réseau qualité blé lié au Groupe Benamor. Les membres de ce réseau ont durant 2 jours visités les installations du groupe, dont la pépinière de plants de tomate industrielle, visité des parcelles de blé menées intensivement et travaillé sur la protection fongicide du blé.
Afin de produire de la semoule et des pâtes alimentaires de qualité, les minotiers algériens, dont Benamor, ont besoin d’un approvisionnement en quantité mais aussi en qualité. Rappelons, que les minotiers reprochent aux céréaliers de livrer des blés durs souvent impropres (grains avec des corps étrangers, mitadinage, …). La cause est à rechercher dans un choix variétal inadéquat ainsi qu’un manque de pilotage de la fertilisation azotée source de grains mitadinés. C’est ce qui a poussé à la création de ces fameux réseaux qualité blé animés par des minotiers.

Cette initiative est à encourager. Mais est-ce à eux de faire ce travail d’animation de terrain ? A l’étranger, et en particulier en France, ce travail de suivi des céréaliers revient aux organismes de collecte et de stockage (coopératives, négoce) et aux Chambres d’Agriculture. Sur la base de listes de variétés recommandées par les minotiers, les céréaliers sont encouragés par des conseillers techniques de terrain à utiliser un itinéraire technique précis. En Algérie, les conditions spécifiques de développement de la filière céréales fait qu’en absence d’une animation technique de terrain de la part des CCLS et des Chambres d’Agriculture, ce rôle est dévolu aux minotiers. C’est ainsi que pas moins de 5 réseaux qualité blé existent actuellement autour des principales minoteries du pays. C’est ainsi. Dans le domaine du football, il est courant de dire « on ne change pas une équipe qui gagne ». Or, en l’occurrence, les réseaux qualité blé sont une réalité. Ils permettent de notables progrès en matière de qualité des céréales. Dans leur tâche, ils sont aidés par des structures de coordination régionales : les CRIC . Ceux-ci sont des pools de compétence qui permettent un dialogue entre les différents intervenants de la filière céréales.

Mais, en matière de progrès technique vient surtout des minotiers. Signalons également l’extraordinaire maillage des campagnes par les réseaux de technico-commerciaux des firmes de l’agrofourniture. Dans le cas du groupe Benamor, le réseau qualité blé bénéficie de l’expérience de la cellule agronomique tomate industrielle. Depuis plusieurs années, le travail d’animation de terrain de cette structure à permis de tripler les rendements. Face à l’excellent travail de suivi technique des minotiers, se pose la question de l’amplification de leurs efforts.

L’analyse de la récente session du réseau qualité blé Benamor montre que les céréaliers venaient de plusieurs wilayas de l’Est. On atteint vite les limites de l’efficacité agronomique. Si les principes de base de la culture des céréales restent identiques, les spécificités des terroirs font que pour chaque petite région d’une wilaya correspond des choix variétaux et les itinéraires techniques précis. Bien qu’à encourager l’expérience du réseau Benamor ne pourra atteindre sa pleine efficacité que par une démultiplication à chaque petite région céréalière. Il faut en effet savoir, qu’en agriculture on ne décide pas d’un programme fongicide unique. Celui-ci est à moduler en fonction de la sensibilité desvariétés utilisées localement, des doses de semis et de la pluviométrie locale. Idem, concernant le pilotage de la fertilisation azotée étroitement liée à la qualité du grain.

 

RENFORCER EN MOYENS HUMAINS LES RESEAUX QUALITE BLE

Pour être démultiplié, le réseau Benamor devrait avoir à sa disposition une armée de conseillers agricoles de terrain. On pourra nous répondre qu’il existe déjà des conseillers sur « le terrain ». Mais ces conseillers sont-ils effectivement sur le terrain ou bien dans des bureaux ? Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux conseillers des DSA et autres structures agricoles. Outre leurs tâches administratives et la difficulté des moyens de déplacement, nombre d’entre eux sont d’un dévouement total à la filière céréale.

L’urgence du moment implique le déploiement d’un corps de conseillers agricoles qui sillonnent les campagnes. Car, il ne faut pas se voiler la face, si certaines grosses et moyennes exploitations céréalières adoptent des techniques modernes, la masse des exploitations restent en marge du progrès agricole. Faut-il rappeler que le désherbage des céréales concerne une part minime des surfaces ? Que du fait de la nature calcaire de nos sols et du climat semi-aride, l’emploi des engrais requière une grande technicité. Leur efficacité n’est réelle que s’ils sont épandus à un moment précis voire par des épandages fractionnés. Une bonne partie des surfaces sont emblavées que suite à un seul passage de déchaumeuse qui enfoui des graines de blé semées à la volée. Et cela sans aucune autre intervention jusqu’à la récolte.

Certes les choses évoluent. Mais elles ne le font pas à la vitesse exigée par la nécessité de satisfaire une population croissante.

Aussi, nous formulons la suggestion suivante. En l’absence de conseillers techniques disponibles, compétents et motivés présents sur le terrain au côté des céréaliers ne faudrait-il pas réaffecter au niveau des réseaux qualité blé des minotiers une partie des postes budgétaires du MADR? On pourra objecter qu’il est difficile d’affecter des fonctionnaires dans des structures de statut juridique privé. A cela, il existe une formule : affecter des subventions à un collège constitué de minotiers, de représentants élus des céréaliers. De la même manière que les filières céréalières sont subventionnées aux USA ou en Europe, ces subventions iraient au recrutement spécifique d’animateurs de terrain gérés, répétons le, par les minotiers et les élus céréaliers. Les déplacements sur le terrain de ces conseillers pourraient être assurés par des véhicules de fonction ou par remboursement des frais kilométriques mensuellement engagés. Le travail des animateurs seraient évalués en fonction de la progression de la collecte de grains de qualité sur leur secteur respectif.

 

Ce type d’organisation permettrait de démultiplier les efforts actuellement consentis par les minotiers. Par ailleurs, il pourrait être transitoire. En effet, c’est aux Chambres d’Agriculture et aux CCLS que revient ce rôle. Mais en absence de réelle représentativité paysanne de ces structures et du dirigisme administratif actuel, ces deux entités n’ont pas encore le rôle d’animation technique qui leur échoit. Les CCLS n’ont pas exemple de « coopérative » que leur sigle. Dans la réalité les membres élus du conseil d’administration n’ont qu’un rôle mineur. La direction étant sous la seule responsabilité d’un directeur nommé par l’OAIC. Certes, nous ne sommes pas dupes. L’actuel manque de traditions démocratiques au niveau des organisations agricoles ne permet pas d’envisager de confier directement la direction d’une CCLS à des agriculteurs. Les conflits d’agréage lors de la réception de certains lots de blés mitadinés et le risque de domination de telles structures par de gros exploitants montrent le chemin restant à parcourir. Il faudrait également pour cela que les sociétaires acquièrent des parts sociales de la CCLS. Mais l’actuel statut quo marqué par le dirigisme administratif au niveau du monde agricole ne permet pas une évolution des mentalités et des façons de faire.

 

 

ONE, TWO, THREE : VIVA LE COLZA ?

 

Les faits de terrain montrent qu’obligés par les pouvoirs publics de s’approvisionner localement, les minotiers ont été contraints de développer en direction des céréaliers une approche qualité. Alors qu’on aurait pu attendre une telle approche de la part des services agricoles du MADR ou des CCLS, ce sont les premiers concernés qui se sont mobilisés. Il faut signaler aussi que parmi les minotiers, certains ont des ambitions à l’export (G. Benamor vers la France, SIM vers la Tunisie et la Libye) et les efforts afin de collecter des blés durs de meilleure qualité n’a rien à voir avec la philantropie .

En tout cas, les pouvoirs publics ont eu l’heureuse surprise de voir une action de suivi technique de terrain bien supérieure à celle des structures actuelles (DSA, CCLS, Chambres d’Agriculture). Nous n’évoquons pas l’ITGC. A notre avis, cet institut a pour mission la seule production de références techniques et pas l’animation de terrain même si celle-ci peu être épisodique. Aussi, vu les carences de ses services, les pouvoirs publics seraient bien inspirés d’attribuer une partie des financements actuellement octroyés à « l’encadrement agricole » sous tutelle du MADR et OAIC à des structures paritaires regroupant minotiers, élus du monde paysan (par exemple par le biais de Chambres d’Agriculture représentatives). Les minotiers ont montré leurs capacités à aller vers les céréaliers. Cependant, une telle politique ne peut que reposer sur le maintien du monopôle étatique des importations de céréales par le seul OAIC. En effet, qu’adviendrait-il alors des réseaux qualité blé et du blé dur stocké dans les silos de l’OAIC (blé acheté 600 $ aux céréaliers) en cas de chute des cours mondiaux en dessous de 300$ ?

Le succès inattendu de cette politique des pouvoirs publics mérite d’être finement analysé par des agroéconomistes. On assiste au même phénomène dans le cas de la filière lait. La politique de quota d’attribution de poudre de lait importée et le soutien à la collecte de lait cru à encouragé certaines laiteries à développer des groupes d’appuis lait. C’est le cas au niveau de Danone Djurdjura. Certes, ce groupe bénéficie d’une expérience de 90 années aux côtés des éleveurs laitiers français ; un peu comme Benamor a bénéficié de l’expérience acquise dans le suivi des agriculteurs sous contrats pour la production de tomate industrielle. Il apparait cependant que les pouvoirs publics disposent d’un moyen efficace d’augmentation des productions agricoles. Ce moyen est complémentaire des efforts de soutien à la filière (relèvement des prix à la production, soutien aux intrants, politique de prêts bonifiés). Le succès observé dans le domaine du blé dur, de la tomate industrielle et du lait ne pourrait-il pas être poursuivi pour la production locale de graines oléagineuses de colza et de betterave sucrière ? Il s’agirait alors de coupler les aides actuellement accordées aux importateurs de matières brutes (graines oléagineuse et sucre non raffiné) à leur capacité à encadrer des agriculteurs afin qu’ils produisent au moins partiellement ces produits actuellement importés à 100%.

 

 

ALGERIE, LES MUTATIONS PROFONDES DE LA FILIERE CEREALES.

Djamel BELAID 30.03.2014

Un Conseil Régional Interprofessionnel des Céréales (CRIC) a été installé dès 2010 dans chacune 6 des grandes régions céréalières d’Algérie. Ces conseils sont le lieu d’une coordination entre membres de la filière céréales. Ils permettent l’action et la réflexion pour tout ce qui peut concourir à une amélioration de la production. Des évolutions déjà constatées en dehors des CRIC pourraient s’épanouir en leur sein. C’est le cas des moulins privés et de leurs réseaux qualité blé qui se développent en différents régions. Nous nous proposons de soumettre au débat quelques propositions.

A-PRIVATISATION DES MOULINS, UNE TECTONIQUE DES PLAQUES

Pour les moulins la sécurisation des approvisionnements quantitatifs passe par le développement d’une production locale dans leur bassin de collecte (via les CCLS). Il faut noter que les moulins ont la possibilité de s’approvisionner sur le marché international. Dans une interview à Oumma.com lors du salon de l’agriculture de Paris, Adel Benamor a parlé de la mise sur pied d’une structure de trading au niveau du groupe. Cette possibilité d’approvisionnement dépend cependant des pouvoirs publics. En 2010, ces derniers sont intervenus afin que les moulins privés privilégient le blé algérien dans leurs approvisionnements. La brusque chute des cours internationaux rendaient alors à l’époque plus intéressants des achats de lots de blés étrangers de qualité à 250 $ la tonne. Il faut rappeler qu’à travers les CCLS, l’OAIC achète aux producteurs locaux un blé dur de qualité très moyenne à 450DA le quintal soit 600 $ la tonne.

Pour les moulins, la sécurisation de la qualité des approvisionnements peut passer par le marché local. A conditions que les céréaliers algériens jouent le jeu de la qualité. Cela passe par un choix variétal adéquat, un désherbage qui évite les impuretés (graines de mauvaises herbes) et des apports d’azote fractionnés basés sur des analyses annuelles de l’azote du sol. Produit banal dans nos assiettes, le blé dur est en fait un produit qui requiert un savoir faire au niveau de l’agriculteur.

La privatisation d’une partie des moulins et l’impérieuse nécessité de réduire les importations de blé et en particulier de blé dur ont engagé une dynamique profonde dont les conséquences ne sont pas achevées. Telle une dynamique des plaques, cette politique modifie profondément le paysage de la filière céréale.

B-RESEAUX QUALITE BLE, UNE REVOLUTION TECHNIQUE ET ORGANISATIONNELLE

Les moulins développent des liens privilégiés avec les céréaliers adhérents à leurs réseaux qualité. Les liens qui se tissent entre céréaliers et moulins pourraient à terme évoluer vers une contractualisation comme cela se passe pour la tomate industrielle entre usine et planteurs. Dans le cas des céréales, il existe un interlocuteur entre céréalier et moulins privés. Cette évolution qui s’apparente à une pré-contractualisation est bénéfique pour les quantités et la qualité de blé dur produites. Cependant, afin d’arriver à une traçabilité des lots de blés produits, l’organisme de collecte et de stockage doit disposer de nombreuses cellules et silos. Par ailleurs, l’agréage des blés reçus est concentré actuellement sur la période de la moisson.

Il s’agit là d’une mission, presque impossible pour les équipes de terrain des CCLS. Ordre à été donné par la tutelle de réceptionner du lever du soleil jusqu’à son coucher les remorques de blé. Il a même été demandé de travailler à la lumière des projecteurs.
Les CCLS ont le grand mérite de déployer des efforts logistiques gigantesques. C’est tout leur mérite. Mais, la nécessité d’utiliser le blé dur local oblige à une logistique portant non plus seulement sur la quantité des lots mais sur leur qualité. Il s’agit de mettre une politique d’allotement et non plus d’entasser le tout venant dans des sacs ou en vrac sous des hangars ou dans des silos. C’est dire les défis qui attendent les CCLS. Or, il n’y a pas d’alternative. Un moulin ne peut pas fabriquer de la semoule avec un lot de blé dur mitadiné. De même qu’une usine de pâtes alimentaire ne peut fabriquer des pâtes qui tiennent à la cuisson qu’avec des blés durs riches en protéines.

C-CCLS, PAS D’OBLIGATION DE RESULTATS

Plus grave, que les défis de l’allotement des blés de qualité, les CCLS ne sont pas tenues à une politique dite « d’obligation de résultats ». Or, il suffit de l’erreur d’un agent pour que la traçabilité de lots de blés durs soit perdue et avec elle les efforts aux champs pour produire des blés de qualité.

Pour les CCLS, en cas d’insuffisance de ses missions d’approvisionnement du marché national, il reste la possibilité du recours à l’importation et du confortable « l’apurement des dettes » jusqu’à présent consentit par la puissance publique. Il n’y a pas de concurrence entre organismes de collecte comme on peut le constater en France. Cependant, en cas, de tensions sur le marché mondial, le système actuel garantit le prix du pain au citoyen. Mais jusqu’à quand ?

En France, pour une coopérative, des erreurs renouvelées dans la politique de traçabilité des lots et c’est la perte de marchés et à terme la mort de la structure. Une féroce concurrence existe entre coopératives elles mêmes. C’est à celle qui étendra le plus son territoire afin d’optimiser ses infrastructures de collecte. Cette concurrence existe aussi entre coopératives et négoce privé. Cette concurrence est salutaire dans la mesure où elle stimule les céréaliers à produire plus et à répondre à des cahiers de charges. Les divers organismes de collecte et de stockage sont tenus de proposer aux céréaliers les meilleurs prix afin de s’assurer de la livraison des récoltes. Certains céréaliers français sont devenus familiers des opérations de trading stockant leur récolte à la ferme et la réservant au plus offrant. Ils vont jusqu’à s’équiper de toute la logistique pour un chargement rapide des camions : pompe à céréales, vis sans fin, boisseau de chargement.

Les coopératives ont contribué au développement de l’agriculture française. Et cela que ce soit dans le cas des filières végétales ou animales. Ces structures ont permis un dynamisme certain et une efficacité réelle des structures au profit du plus grand nombre. Cependant, des employés de coopératives ont eu parfois à pâtir d’une direction paysanne elle-même amputée d’une partie de ses revenus par les variations des prix sur le marché mondial et donc intraitable dans sa politique salariale. Une anecdote est à ce propos instructive. Un coopérateur laitier français raconte qu’à la première grève du personnel de la laiterie de la coopérative, c’est muni de fourches que les éleveurs sont allés « remettre au travail » les grévistes.

D-ALLOTEMENT, QUALITE ET COOPERATIVES

Les relations qui se tissent actuellement entre céréaliers algériens et moulins privés tendent à ressembler aux relations contractuelles qui existent en France entre céréaliers français et organismes de stockage.

L’histoire de la filière céréalière s’écrit ainsi en Algérie : en absence d’une politique dynamique d’allotement des blés durs de la part des CCLS, ce sont les moulins privés qui ont les premiers initié une politique de qualité vers les producteurs.

De deux choses l’une soit les CCLS deviennent capables d’assurer cette politique d’allotement, soit il devient nécessaire de permettre aux moulins privés et à ceux du secteur public, de s’approvisionner directement auprès de leur réseau. Réseau qui devrait alors muer en coopérative de collecte et de stockage. Cela pourrait être réalisé par le développement d’infrastructures de stockage à la ferme ou d’utilisation partielle des structures des CCLS.

De leur côté les CCLS ont un statut de coopératives. Mais celui-ci n’est pas assumé. Il n’existe que par le nom. Dans quelle mesure est-il possible d’envisager les CCLS de progressivement devenir de vraies coopératives ? Pourquoi ne pas envisager un rachat progressif des installations par les coopérateurs céréaliers ? Cela pourrait se faire sur la base d’une mise de capital minime pour tout quintal livré par les céréaliers. Pourquoi également ne pas envisager une refonte des statuts avec réelle délégation des pouvoirs à un conseil d’administration épaulé par un directeur révocable ?

Il ne nous semble pas utile d’envisager l’option d’un négoce privé intervenant comme organisme de collecte. Le marché des céréales est un secteur stratégique. Il nous semble donc qu’au côté du dynamisme de formes coopératives réellement assumées doit exister un secteur public de régulation.

En Algérie, le marché de l’orge a très tôt été libéré de la tutelle publique. Il serait intéressant d’étudier l’évolution des formes de négoce qui ont structuré ce marché et voir les éventuels enseignements positifs.

CONCLUSION 

Nous avons pris des exemples au niveau de la filière céréalière française car c’est celle que nous connaissons le mieux de part sa proximité. Il s’agirait cependant d’explorer l’organisation de la filière céréale d’autres pays. Les universitaires algériens seraient les bienvenus afin d’étudier les mutations récentes de cette filière et les stratégies d’avenir permettant efficacité des actions des organismes de collecte et satisfaction des besoins du plus grand nombre.

 

 

 

 

 

 

 

Article poster présenté à Blida lors du

 

 

Communication.

Algerie, blés durs de terroir: pilotage de la fertilisation azotée et qualité semoulière du grain.

 

Djamel BELAID*

*Laboratoire de Sciences et de la Vie de la Terre. France.

 

 

 

La production locale de blé dur est en forte augmentation suite à la prime de 1 000 DA par quintal qui s'ajoute aux 3500 DA déjà payés par quintal par les Coopératives de Céréales et de Légumes Secs. Le problème est que les blés durs collectés sont de piètre qualité: présence d'impuretés pouvant endommager l'outil industriel des transformateurs, présence de graines de mauvaises herbes et taux de mitadinage élevé. Ces blés durs présentant parfois un taux de mitadinage de 90% ne permettent donc pas de faire de la semoule et des pâtes alimentaires aux qualités requises. Or, les pouvoirs publics ont décidé de mettre un frein aux importations. Résultat, les transformateurs qui représentent environ 1,5 milliard d'euros de chiffres d'affaire en 2009 se retrouvent avec un produit impropre. Le groupe Benamor a décidé la mise en place d'un réseau de céréaliculteurs afin de produire des variétés recommandées. Nous nous proposons d'examiner l'intérêt d'un pilotage scientifique des apports d'azote sur la culture.

 

Fertilisation azotée du blé dur, un pilotage en douceur.

 

La problématique de la recherche de la qualité des blés durs revient à assurer un équilibre entre l'azote du grain et la matière carbonée. Si, dans le grain, il y a trop d'assimilats photosynthétiques carbonés au dépend des matières azotées, le grain perd de sa vitrosité, il est mitadiné. Le blé dur nécessite 3,5 kg d'azote par quintal produit soit 0,5 de plus que pour un blé tendre. Le blé dur est donc exigeant en azote et plus particulièrement en fin de cycle. Or, c'est à ce moment là que des sécheresses printanières peuvent survenir.

 

Les principales caractéristiques recherchées par les transformateurs de blé dur sont de deux ordres (ABECCASSIS et al., 1990):

  • l'aspect des pâtes: elles doivent présenter une couleur jaune ambrée (mesurée par l'indice de jaune), sans teinte brune (indice de brun) ni piqûres noires (taux de moucheture), critères importants dans la mesure où la réglementation interdit l'addition de colorants dans les pâtes ou dans leur emballage.

  • la qualité culinaire, elle se caractérise par la fermeté et l'élasticité des pâtes après cuisson.

 

C'est l'azote présent dans le sol en fin de cycle qui assure la vitrosité du grain, réduit le mitadinage et assure ainsi la qualité. Les conduites culturales actuelles en blé dur se caractérisent par peu d'apports d'azote (BENBELKACEM et al., 1993). Réussir à faire extérioriser les qualités semoulières et pastières du blé dur passe donc par le fractionnement des apports d'azote (Tableau 1). Le blé dur nécessite donc un pilotage de la fertilisation azotée tout en finesse.

 

 

Fractionnement de la dose d'azote apportée

1/3 au semis + 2/3 au stade épi 1 cm

1/3 au semis + 1/3 au stade épi 1 cm + 1 cm au stade montaison

2/3 au stade épi 1 cm + 1/3 au stade montaison

1/3 au stade épi 1 cm + 2/3 au stade montaison

Dose d'azote apportée

46 unités 92 unités

46 unités 92 unités

46 unités 92 unités

46 unités 92 unités

Rendement (qx/ha)

32,11 36,76

33,61 38,28

31,51 36,76

34,71 37,6

Taux de protéines

11,63 11,83

12,36 13,20

11,26 11,76

11,73 11,96

Taux de mitadinage

10 8,33

9,33 7,83

9,16 8,66

8,53 9,3

Tableau 1: Effet du fractionnement des engrais azoté sur le rendement et le mitadinage du blé dur (site internet ITGC).

 

La technique des « reliquats azotés », à vulgariser.

 

Contrairement au phosphore et au potassium du sol, l'azote minéral du sol évolue rapidement dans le sol au cours d'une même année. Sa dynamique dépend de la minéralisation automnale et printanière de l'azote organique du sol et de la pluviomètre. En effet, celle-ci provoque le lessivage des nitrates du sol hors d'atteinte des racines.

 

Avant de préconiser à l'agriculteur une dose d'azote adéquate sur un blé dur, l'agronome doit donc procéder à la mesure du reliquat azoté en sortie d'hiver. Cette pratique est pratiquement inexistante en Algérie; même dans le cas de parcelles d'essais.

 

La mesure du reliquat azoté est réalisée par le prélèvement en une douzaine de points d'une parcelle d'échantillons de sols tous les 30 cm de profondeur. Afin d'éviter toute poursuite de la minéralisation, durant le transport vers le laboratoire les échantillons sont maintenus au frais dans une glacière. La réalisation de reliquats azotés sur plusieurs années montre une extraordinaire variabilité inter-annuelle (tableau 2).

 

Années

Kg d'azote du sol après analyse fin janvier

 

Minima

moyenne

Maxima

2005

20

40

62

2006

61

107

162

2007

80

137

159

2008

40

71

138

2009

40

104

198

2010

42

77

118

2011

20

63

158

Tableau 2: Moyennes et fourchettes des teneurs en azote mesurées derrière blé dur (horizon 0-60 cm) dans la zone Mauguio-Lunel de 2005 à 2011 (Chambre d'Agriculture de l'Hérault, 2011).

 

Mais cette variabilité inter-annuelle se double d'une variabilité selon le précédent cultural (Tableau 3). Le niveau moyen d'azote du sol mesuré à la sortie de l'hiver varie selon différents précédents (Chambre d'Agriculture de l'Hérault 2010). Il peut être de seulement 65 kg d'azote par hectare contre 118 kg derrière melon voire 104 kg derrière blé dur. Mais pour un même précédent ces valeurs varient. Ainsi, une moyenne de 104 kg recouvre une parcelle avec un reliquat azoté de 40 kg avec une fumure ajustée (prise en compte des reliquats) et dans le cas d'un blé dur ayant atteint le rendement objectif.

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Précédents

Moyenne (kg N/ha)

Blé dur

104 (40* à 198**)

Melon

118 (70 à 135)

Colza

77

Maïs semence

65

Pois protéagineux, pois-chiche.

121

Tableau 3: Niveau moyen d'azote du sol mesuré à la sortie de l'hiver selon différents précédents. (Chambre d'Agriculture de l'Hérault 2011).

(*) Mesure sur une parcelle avec une fumure ajustée (prise en compte des reliquats) et dans le cas d'un blé dur ayant atteint le rendement objectif.

(**) mesure correspondant à un blé dur en sol riche en matières organiques avec une fertilisation non ajustée (cumul) et un rendement réalisé à 70% du rendement objectif.

 

Cette même moyenne comprend également un reliquat azoté de 198 kg correspondant à un blé dur en sol riche en matières organiques avec une fertilisation non ajustée (cumul) et un rendement réalisé à 70% du rendement objectif. Sur un précédent comme le blé les écarts observés vont de 1 à 5 en 2009. Cela démontre l'intérêt d'une analyse à la parcelle.

 

La méthode des bilans, viser la qualité du grain.

 

Son principe est de soustraire les besoins de la culture aux fournitures du sol (Tableau 4).

 

Besoins de la culture

Fournitures du sol

Objectif de rendement x besoins de la plante

Reliquat sortie hiver (RSH) +

effet du précédent +

azote absorbée sortie hiver +

minéralisation de l'humus du sol +

amendements organiques +

effet prairies +

effet CIPAN +

azote apporté par l'eau d'irrigation

 

Dose conseillée = Besoins de la culture – Fournitures du sol.

Tableau 4: Principe de la méthode des bilans azotés. CIPAN: Culture Intercalaire pour Piège à Nitrates. Les besoins du blé dur sont déterminés en multipliant le rendement (qx/ha) escompté par 3,5 kg d'azote.

Il apparaît que sans une mesure des reliquats azotés sortie hiver, il est illusoire d'espérer arriver à préconiser une dose d'azote satisfaisante pour la culture. La pratique de campagnes annuelles de mesure des reliquats azotés en sortie hiver est à recommander en priorité. Ces mesures simples peuvent être effectuées par un partenariat entre les laboratoires des transformateurs, les chambres d'agriculture, les stations de l'ITGC et centralisées au niveau de l'INSID. Bien que l'idéal soit de réaliser une estimation du reliquat azoté à la parcelle, la centralisation des résultats des parcelles analysées peut permettre la publication de moyennes par régions homogènes et constituer un indicateur annuel pour la détermination du fractionnement de la dose d'azote pour l'ensemble des exploitations.

 

 

Exemple de pilotage de l'azote sur une culture d'orge.

 

La production d'orge brassicole a la particularité d'exiger un taux de protéines des grains ne dépassant pas 11%. Tout dépassement de ce taux entraîne de fortes réfactions. Cela implique pour les agriculteurs de maîtriser leur fumure azotée. S'il s'agit d'apporter l'azote nécessaire pour un rendement maximum, il est aussi nécessaire d'éviter tout excès d'azote faisant passer le taux d'azote du grain au delà de la limite des 11%. Afin de répondre aux cahiers des charges de la brasserie, un groupe de céréaliers et leur conseiller ont organisé une « enquête culture ». Il s'agit pour les adhérents de consigner sur un formulaire envoyé par le conseiller au moment de la moisson, les principales caractéristiques de leur itinéraire technique et d'y adjoindre le rendement obtenu ainsi que le taux de protéines du grain. Sont ainsi renseignés les principales opérations de travail du sol, le mode de semis, les programmes de désherbage, de protection fongicide et insecticide.

 

Dans le cas d'une enquête « orge brassicole » il a été donc possible d'étudier les rendements obtenus à la parcelle en fonction de l'itinéraire technique mais également d'analyser les pratiques correspondantes au dépassement ou non du fatidique taux de 11% de protéines du grains. Suite au dépouillement des questionnaires et de leur traitement, il est apparu que, pour de mêmes rendements, les taux de protéines les plus faibles correspondaient aux parcelles où avait été réalisée la mesure du reliquat azoté du sol en sortie de l'hiver (Tableau 5). Connaissant, les quantités d'azote encore présentes dans le sol, le complément d'engrais azoté apporté lors de la reprise de végétation au début du printemps, avait pu être déterminé avec précision.

 

 

Dose d'azote

(unités/ha)

Rendement Qx/ha

Calibrage

Taux de protéines du grain

Sans reliquat azoté.

90 à 112 unités

64,4

88

11,00%

Avec reliquat azoté.

90 à 112 unités

64,1

92

9,10%

Tableau 5: Résultats du pilotage de la fertilisation azotée sur culture d'orge de printemps sur la base de mesure du reliquat azoté (BELAID, 1993).

 

Connaissant, les quantités d'azote encore présentes dans le sol, le complément d'engrais azoté apporté lors de la reprise de végétation au début du printemps, avait pu être déterminé avec précision.

 

Références bibliographiques:

 

ABECASSIS J., GAUTHIER M.F., AUTRAN J.-C., 1990 La filière blé dur – pâtes alimentaires: apports complémentaires de la technologie et de la génétique dans l'amélioration de la qualité. IAA, (6): 475-482.

 

BENBELKACEM A., SADLI F., BRINIS L., 1993 La recherche pour la qualité des blés durs en Algérie. Options Méditerranéennes. Seminar on Durum Wheat Quality in the Mediterranean Region, Zaragoza (Spain). A (22): 61-65

 

BELAID D., 1993 Enquête orge de Printemps. Chambre d'Agriculture de l'Oise. SUAD (ODASE). 4 p.

 

QUALITE DES LOTS DE BLE - Philippe Boeda - 

www.youtube.com/watch?v=ksffpitLdB4

 

 

CONFECTION DE LOTS DE BLES DURS POUR AMELIORER LA QUALITE.

La vidéo ci dessous aborde les questions de la qualité du blé dur et la possibilité de confectionner des lots afin d'améliorer celle-ci.

 

http://www.arvalis-tv.fr/fr/4298_poids-specifique-mouchetures-un-levier

L'article qui suit développe cette notion d'allotement.

L'évolution des modes de gestion de la qualité du blé par les ... - Inra

anciensite7.inra.fr/.../l'evolution+des+modes+de+gestion+de+la+qualité+...

 

 

 

 

Vers la réhabilitation de l'école de meunerie de Blida

Le Temps d'Algérie Publié dans Le Temps d'Algérie le 10 - 05 - 2010

 

Après avoir été abandonnée depuis plus de quinze années, l'ancienne école de meunerie de Blida sera sans doute redynamisée à l'initiative de l'université de Blida, du groupe SIM et France Export Céréales.

Mettant à profit la présence en Algérie d'une délégation de l'Association pour la promotion internationale des céréales françaises conduite par M. Yann Lebeau, chef de mission Maghreb - Afrique, une rencontre portant sur les possibilités de partenariat a eu lieu dimanche après-midi entre les trois parties. Dans une présentation préliminaire, et après avoir fait l'historique de l'école de meunerie, Abdelkader Tayeb Ezraimi, PDG du Groupe SIM a souhaité bénéficier de l'expérience de l'association française pour réhabiliter l'école en question dans le cadre d'un partenariat triangulaire.

De son côté, le recteur de l'université de Blida, Abdellatif Baba Ahmed, a émis le vœu de voir le projet de partenariat se concrétiser. Ce qui constituera un terrain de stage pour les étudiants appelés à suivre cette formation. Le recteur a tenu à expliquer certaines formules introduites dans le cadre de l'enseignement supérieur tel que le L.M.D qui permettrait durant trois années de former un cadre qui aura une formation théorique.

Il a saisi cette occasion pour souligner qu'une licence dans le domaine alimentaire existe au sein de la faculté des sciences agronomique et vétérinaire qui est en mesure de chapeauter cette formation. Ainsi, après l'établissement d'une convention entre l'université de Blida et la Ceimi dans le but de rapprocher l'université du monde socio économique et en particulier les entreprises de la Mitidja, aujourd'hui, une nouvelle opportunité est apparue avec le groupe SIM qui a voulu les assister dans la mise en marche de cette structure.

Par le passé, l'école de meunerie de Blida, qui avait une capacité pédagogique de 200 places avec un internat de 400 places, avait formé entre 1976 et 1986 4700 techniciens pour les besoins de l'Algérie et des pays frères et amis. Lors de la visite de l'établissement, les équipements pour la fabrication des pâtes, la triture du blé et la boulangerie ont suscité un intérêt pour accompagner l'initiative algérienne dans sa volonté de former des cadres pour l'industrie meunière en Algérie.

 

Communiqué de synthèse : groupe Benamor.

Guelma, le 19 Décembre 2013

ÉVALUATION DES ACTIVITÉS DU RÉSEAU D’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DU BLE DUR DE LA REGION EST / CAMPAGNE 2012/2013

A l’instar des campagnes précédentes, le Groupe Benamor a organisé le jeudi 19 décembre 2013 à Guelma, complexe El Fdjoudj, une rencontre annuelle des agriculteurs céréaliers participants au réseau « amélioration de la qualité du blé dur » de la région Est, en présence des coopératives concernées, des ingénieurs chargés du suivi, des Experts et instituts spécialisés, de la Direction des services agricoles (DSA) et de la Direction région Est de l’OAIC (DSR).

A  cette occasion, les  représentants du  Groupe BENAMOR ont  mis en  exergue la confiance de leurs adhérents et leur persévérance, comme facteurs essentiels ayant permis d’obtenir des performances de production très appréciées et  des résultats encore plus prometteurs dans le domaine de l’amélioration de la qualité des blés durs.

Les adhérents du réseau ont été conviés à assister à la présentation du bilan des activités de la campagne écoulée 2012/2013, dont les résultats physiques et techniques s’avèrent, a-t-on annoncé au cours de cette journée, aussi performants que ceux de la période agricole précédente, 2011/2012.

Un bilan détaillé de la production réseau 2013, a été exposé devant plus d’une cinquantaine d’agriculteurs céréaliers, leaders au niveau de la région Est, représentant les wilayas de Sétif, Mila, Constantine, Guelma, Souk Ahras et Annaba.

Au-delà de l’importance des superficies qui ont atteint en 2013, plus de 3200 hectares, et une production de l’ordre de 63.000 q, soit un rendement moyen qui avoisine les 20 q/ha,  il  a  été  surtout  relevé, au  cours  de  cette  journée, la  grande satisfaction des participants, à l’égard des caractéristiques  technologiques des blés durs récoltés, puis transformés et testés au niveau du complexe du Groupe BENAMOR de Guelma.

L’accent a été par ailleurs mis sur le rôle primordial des semences à employer et de diversité variétale, à travers une excellente communication consacrée aux nouvelles variétés en essai d’observation dans le cadre du programme « Sélection participative », suivie de débats très riches dans ce domaine.

De même que des questions d’ordre pratique et technique ont été débattues, comme la traçabilité des blés et le stockage à la ferme, qui a été retenue comme formule à envisager rapidement grâce à la mise en place de silos métalliques de faible capacité.

Les organisateurs, a-t-on également indiqué, estiment que les objectifs visant le rapprochement et la participation de tous les acteurs de la filière, ont été atteints,  en associant le professionnalisme des producteurs, de l’industrie de transformation, des organismes collecteurs-stockeurs, des  instituts  spécialisés de  développement et  des associations affiliées. Ce modèle en réseau s’est étendu à d’autres régions du pays, pour le bien de la production nationale, ont rappelé les experts qui pilotent le réseau.

Les participants, après de fructueux débats, ont clôturé leurs travaux, en soulignant notamment que les observations qui se dégagent de cette expérience « réseau qualité », constituent    d’appréciables    enseignements    techniques    et    organisationnels    qui permettront d’avancer dans la poursuite du programme pour une valorisation du blé local et de ses produits dérivés.

A PROPOS DU RESEAU BLE DUR  «MODELE BENAMOR »    

le Groupe BENAMOR a suscité un rapprochement entre les producteurs de céréales et les transformateurs des blés. A travers la création d’un réseau blé dur. Cette initiative a   abouti à la création,  selon  les  dispositions  de  la  loi  d’orientation  agricole  définissant  l’organisation  et l’intégration des professions agricoles et favorisant   la promotion de l’approche participative, d’un réseau constitué par l’adhésion volontaire de tous les acteurs concernés par la filière céréalière.
La zone d’intervention de ce réseau s’étend sur les wilayas de l’Est du pays, principales productrices
de blé dur : Annaba, Constantine, Guelma, Mila et Sétif et Souk Ahras.

Le réseau intègre, outre le groupe BENAMOR, l’OAIC à travers les CCLS, les producteurs de blé dur intéressés, les Instituts techniques et les Universités ainsi que le comité de suivi piloté par le groupe Benamor.

Le programme mis en place

Un plan d'action global définit les actions de chacun des intervenants, la périodicité des interventions, les objectifs de phase, les documents de traçabilité et les  travaux d’analyse et d’évaluation au niveau du moulin du groupe Benamor a été mis en place avec la participation de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC).

Ce plan opérationnel des activités comporte une phase préparatoire limitée à la campagne agricole
2010-2011  suivie  d'un  programme  triennal  2012-2014 .Il  vise  la  concrétisation  de  deux  objectifs complémentaires, à savoir :

        La production de blés durs de qualités technologiques compatibles avec la fabrication de produits alimentaires de qualités conformes aux besoins des consommateurs, comportant notamment :

       -La mise en synergie des potentiels disponibles ;

      -L’intensification des méthodes et techniques de production:

      -L’organisation de la collecte, de la livraison et du payement de récolte ;

      -L’adhésion de tous les acteurs impliqués au niveau de la production et de la transformation aux concepts de la qualité et de la traçabilité.

      -L’émergence parmi les opérateurs au sein du réseau d'élites capables :

     -de maîtriser les techniques de production, de conservation et de transformation respectueuses de l’environnement

     -d’instaurer des relations harmonieuses entre les acteurs de la filière et de constituer un pôle de compétitivité et d'excellence.

L’Extension du réseau

La constitution d’un réseau au niveau des wilayas de l’Est a suscité beaucoup d’intérêt. Le groupe Benamor a déjà apporté sa contribution à l’extension du système en communiquant aux adeptes au niveau  des  autres  régions  du  pays  les  informations  sur  l’organisation,  le  fonctionnement  et  les modalités d’intervention.

Notre commentaire.

Très beau travail de la part de ce groupe. Mais, les efforts portent seulement sur:

- le choix variétal,

- la collecte et l'élaboration de lots de blés durs homogènes (il est même question de stockage à la ferme).

Or, en matière du taux protéique du grain, il y a un paramètre fondamental: la nutrition azotée de la plante. Cet aspect semble absent des efforts du G Benamor.

Suggestion: développer une action de mesure du reliquats des parcelles de blé dur tout de suite (janvier) afin d'ajuster les doses d'azote au printemps (voir nos différents articles sur ce sujet).

D Belaid 18.01.2014

 

 

Gestion de l'azote en blé dur et impact sur le rendement et le taux de protéines

27/01/2014 Arvalis-Institut du végétal

 

La qualité du blé dur à la récolte dépend étroitement de sa teneur en protéines. L’objectif est d’atteindre 14 % de protéines pour limiter le mitadinage et produire des pâtes d’une tenacité suffisante. La conduite de la fertilisation azotée est primordiale pour atteindre cet objectif : choix de la dose, du mode de fractionnement et de la forme.

 

Le blé dur a des besoins en azote supérieurs à ceux du blé tendre. Ainsi, avec un potentiel de rendement plus faible, il nécessite une dose totale d’azote égale ou plus élevée.

 

 

 

Les variétés les plus productives ont, en tendance, des teneurs en protéines plus faibles (figure 1) et donc des besoins en azote plus élevés pour l’obtention de la qualité requise. Elles nécessitent ainsi une dose totale supérieure qui se traduira surtout par un apport « sortie dernière feuille » plus conséquent.

 

 

 

Figure 1 : variétés de blé dur et teneur en protéinesFigure 1 : variétés et teneur en protéines. Blé dur d’hiver région Centre-Ile de France - 10 essais en 2013. Sources : Comité technique blé dur Centre-Ile de France (©Arvalis)

 

Des besoins en azote renforcés

 

 

 

Depuis 2009, la méthode de calcul de la dose prévisionnelle prend en compte un besoin par quintal pour chaque variété appelé « bq ». Il varie de 3,5 à 4,1 kgN/q. Il intègre l’absorption d’azote nécessaire pour concilier rendement et taux de protéines élevé. Les variétés n’ont pas la même capacité à produire des protéines : à la dose optimale pour le rendement, certaines variétés de blé dur n’atteignent pas les 14 % de protéines. Il est donc indispensable d’en tenir compte pour prévoir le niveau de fertilisation.

 

 

 

Arvalis–Institut du végétal a réactualisé les valeurs du coefficient bq pour les dernières variétés inscrites (en rouge dans les tableaux). Elles sont téléchargeables selon la région de production :

 

 

 

   pour le Centre et l’Ile-de-France ;

 

   pour le Poitou-Charentes et la Vendée ;

 

   pour le Sud-Ouest et l’Aude.

 

 

 

Dans la région de production de l’extrême Sud-Est (Camargue), la contrainte hydrique constitue un facteur de production bien plus prégnant que tous les autres dans l’élaboration d’un blé dur de qualité. Dans cette région, le besoin en azote n’est actuellement pas modulé selon la variété.

 

Prévoir un report d’azote au stade sortie dernière feuille de 40 à 80 unités selon la variété

 

 

 

Plus l’azote est apporté tardivement, mieux il est absorbé par la plante et plus il jouera sur la teneur en protéines. Un report de 40 unités d’azote au stade dernière feuille étalée permet une augmentation d’au moins 0,5 % de teneur en protéines. Ces mises en réserves peuvent être supérieures, notamment dans le cas de fortes doses totales ou dans des situations à faibles fournitures d’azote. Lorsque le report est supérieur ou égal à 60 unités, il peut être fractionné en deux. Dans ce cas, le dernier apport est spécifique de la qualité et sera efficace jusqu’au stade « sortie des barbes ».

 

 

 

Retrouvez dans les tableaux en lien la dose à reporter fin montaison selon la variété et la région de production.

 

Ajuster la dose avec un outil de diagnostic

 

 

 

Si le calcul de la dose prévisionnelle est indispensable, il reste imprécis car il est calculé à partir de données hypothétiques (rendement, minéralisation du sol, efficacité de l’azote…). L’utilisation d’outils de pilotage (Farmstar, N-Tester, Ramses, GPN) permet d’ajuster la quantité totale d’azote à apporter au plus près des besoins de la culture. Ces outils prennent en compte l’objectif de qualité : obtenir 14 % de protéines quelle que soit la variété.

 

Tenir compte de la forme de l’azote utilisé

 

 

 

Toutes les formes d’azote n’ont pas la même efficacité, en particulier sur la teneur en protéines. Les formes ammonitrate ou urée sont plus efficaces et sont à privilégier pour les apports tardifs. La solution azotée peut entraîner des brûlures et doit être utilisée avec prudence à ce stade. L’idéal est de l’appliquer juste avant un épisode pluvieux.

 

Effet d'un troisième apport d'azote.Effet d'un troisième apport d'azote. (©Arvalis)

 

N.B : Rédacteurs : Michel Bonnefoy, Christine Lesouder (Arvalis-Institut du végétal)

 

Vers la réhabilitation de l'école de meunerie de Blida

Le Temps d'Algérie Publié dans Le Temps d'Algérie le 10 - 05 - 2010

 

Après avoir été abandonnée depuis plus de quinze années, l'ancienne école de meunerie de Blida sera sans doute redynamisée à l'initiative de l'université de Blida, du groupe SIM et France Export Céréales.

Mettant à profit la présence en Algérie d'une délégation de l'Association pour la promotion internationale des céréales françaises conduite par M. Yann Lebeau, chef de mission Maghreb - Afrique, une rencontre portant sur les possibilités de partenariat a eu lieu dimanche après-midi entre les trois parties. Dans une présentation préliminaire, et après avoir fait l'historique de l'école de meunerie, Abdelkader Tayeb Ezraimi, PDG du Groupe SIM a souhaité bénéficier de l'expérience de l'association française pour réhabiliter l'école en question dans le cadre d'un partenariat triangulaire.

De son côté, le recteur de l'université de Blida, Abdellatif Baba Ahmed, a émis le vœu de voir le projet de partenariat se concrétiser. Ce qui constituera un terrain de stage pour les étudiants appelés à suivre cette formation. Le recteur a tenu à expliquer certaines formules introduites dans le cadre de l'enseignement supérieur tel que le L.M.D qui permettrait durant trois années de former un cadre qui aura une formation théorique.

Il a saisi cette occasion pour souligner qu'une licence dans le domaine alimentaire existe au sein de la faculté des sciences agronomique et vétérinaire qui est en mesure de chapeauter cette formation. Ainsi, après l'établissement d'une convention entre l'université de Blida et la Ceimi dans le but de rapprocher l'université du monde socio économique et en particulier les entreprises de la Mitidja, aujourd'hui, une nouvelle opportunité est apparue avec le groupe SIM qui a voulu les assister dans la mise en marche de cette structure.

Par le passé, l'école de meunerie de Blida, qui avait une capacité pédagogique de 200 places avec un internat de 400 places, avait formé entre 1976 et 1986 4700 techniciens pour les besoins de l'Algérie et des pays frères et amis. Lors de la visite de l'établissement, les équipements pour la fabrication des pâtes, la triture du blé et la boulangerie ont suscité un intérêt pour accompagner l'initiative algérienne dans sa volonté de former des cadres pour l'industrie meunière en Algérie.

 

Eriad et SMIDE veulent se relancer dans la fabrication du pain à la semoule

 

Maghreb Emergent Nassima Moussaoui  20 août 2013 

 

La société de Gestion des participations céréales (SGP-CEGRO) envisage de produire du pain à la semoule. Une étude de terrain a été lancée à l’échelle nationale par les entreprises Eriad et Smide avec pour objectif le calcul du coût de revient de la baguette, à partir duquel sera décidé le niveau d’augmentation de son prix.

Cette enquête cible essentiellement les boulangers. L’un de ses objectifs est de rendre compte de la quantité de semoule utilisée dans la fabrication de pain à la semoule, le prix d’achat de la matière première ainsi que le prix de vente de la baguette de pain.  A travers cette initiative, le gouvernement entend réduire et optimiser les quantités importantes de blé tendre importées chaque année à coups de centaines de millions de dollars. Ainsi, les groupes publics Eriad et Smide, spécialisés dans la transformation de céréales, ont été mis à contribution pour la réalisation de cette vaste enquête, prélude au lancement de la production de pain, considéré comme un produit stratégique.  Un  placard publicitaire appelant les boulangers à coopérer avec les enquêteurs a été  publié dans la presse nationale. Il s’agit de remplir un questionnaire pour déterminer leurs besoins en quantité et qualité de la semoule nécessaires à la fabrication de la baguette de pain.

 Déterminer le prix de vente de la baguette

A travers le traitement de ces données, les groupes industriels Eriad et SMIDE pourront adapter la semoule en fonction des besoins des artisans. Trois choix leur ont été proposés : semoule moyenne, fine et SSSF (semoule qui contient les parties périphériques du blé).  L’étude cherche aussi à déterminer le taux d’incorporation de la farine. Il a été en outre demandé aux boulangers de déterminer le prix d’achat souhaité  pour les différentes catégories de semoule ainsi que le prix de vente de la baquette de pain de 250g fabriquée à base de la semoule. Pour faire face au détournement de la farine subventionnée,  les boulangers ont proposé le recours à la farine dite « T80 », utilisable  uniquement pour la fabrication du pain mais ce projet semble tomber à l’eau. Une autre alternative visant à réduire la quantité de farine dans la fabrication de la baguette de pain est envisagée. Reste à savoir si les Algériens qui  produisent le blé dur et consomment du blé tendre, accepteraient d’adopter un autre mode de consommation.

 Importations de céréales en hausse

Rien ne semble arrêter la frénésie des importations de céréales malgré une production nationale conséquente. Entre le 8 et le 14 août en cours, l’Office algérien interprofessionnel des céréales a importé 127 925 tonnes de blé depuis le port de Rouen (France). D’après l’agence Bloomberg qui cite les statistiques du port de Rouen, l’Algérie occupe la première position dans l’importation de blé français. En raison des commandes effectuées par l’Algérie, les exportations de  céréales depuis ce port ont augmenté de 77%. Les chiffres communiqués par les douanes algériennes appuient cette tendance qui s’affiche à la hausse. Durant le premier semestre de l’année2013, la facture de l’importation du blé (tendre et dur) a augmenté de 14,5%. Tandis que la facture du blé dur a baissé de 11%. D’après les statistiques de la Banques mondiale, « les prix internationaux du blé ont chuté de 2 % après cinq mois d’affilée de recul (depuis décembre 2012), avant de connaître un rebond en mai 2013 ». 

 

 

Décolonisons notre alimentation

 

Faisons la promotion de la tortilla (à base de maïs) et de produits à base de patate douce.

 

Ma dernière lettre hebdomadaire a suscité beaucoup de réactions et également beaucoup d’espoir. Aussi, je reprends le même thème en y apportant quelques précisions (voire corrections !), mais surtout en élargissant la réflexion.

 

Baguette de pain, à la française ! Pain de mie... influence anglosaxone ! Avons-nous réfléchi à l’impact de la colonisation (et aujourd’hui de la mondialisation) sur nos habitudes alimentaires. A titre d’illustration, je vous propose une petite anecdote. En 1986, j’ai fait le voyage, par la route, sac au dos, de Bangui à Ouagadougou. Fin septembre, je me trouvais, avec un ami, dans un petit village du Nord Cameroun, à 2 km de la frontière du Nigeria. Mon ami avait pris avec lui une baguette de pain (genre baguette parisienne ! Voir la photo de gauche). Comme ce pain ne suffisait plus, il a envoyé un enfant acheter du pain : il est revenu avec du pain du Nigeria : ce que les Parisiens appellent « un pain de mie » (voir la photo de droite). Le lendemain, je me trouvais à N’Djamena, la capitale du Tchad. J’ai acheté du pain : une galette de pain (voir la photo de gauche, ci-dessous). C’est ainsi que dans trois pays indépendant depuis 50 ans, dans un espace très peu étendu, la forme du pain est encore marquée par l’influence française, anglaise ou arabe !

 

Galette de pain... influence arabe ! Pain à la patate douce En 50 ans, la consommation de pain et de pâtes alimentaires a été multipliée par 20 en Afrique de l’Ouest, dans une région où on ne cultive quasiment pas de blé. A tel point que les importations de blé (ou de farine de blé) augmentaient ces dernières années de 3,7 % par an.

 

Il est temps de faire une pause et de se demander ce que l’on veut consommer. N’est-il pas possible de consommer, pour l’essentiel, des produits de chez nous? D’où l’intérêt d’étudier, entre autres, les possibilités offertes par la patate douce.

 

Elles sont importantes. Mais moins que ce que ma dernière lettre a pu laisser entendre. Les boulangers qui enrichissent leur farine de blé avec de la farine de patate douce le font souvent à un taux de 10 %, parfois de 20 %, mais guère plus. Le taux de 80 % que l’on trouve dans quelques articles en provenance du Cameroun ou de Jeune Afrique vient sans doute d’une mauvaise interprétation où l’on a confondu «la farine de patate douce », avec la patate entière. Mais même avec un taux de 10 à 20 %, cela reste tout à fait intéressant. Par-là, un pays comme le Burkina pourrait économiser 2 à 3 milliards de FCFA. Et fournir des revenus sûrs à de nombreux paysans, par exemple de la Sissili !

 

Pain à la patate douce Tortillas mexicaines ! Mais les pâtissiers qui travaillent avec la patate douce vont beaucoup plus loin. Ils incorporent facilement 40 à 50 % de farine de patate douce dans leur farine de blé. C’est sans doute plus facile avec les gâteaux, car la patate douce est sucrée, comme son nom l’indique. Or, il est probable qu’un bon nombre de consommateurs qui s’offrent régulièrement un sandwich dans la journée, pourrait se tourner vers un gâteau à la patate douce s’il en avait le choix.

 

Une autre alternative pour faire reculer la dépendance alimentaire en Afrique de l’Ouest : Faire la promotion de la tortilla de maïs, très répandue au Mexique, et moins onéreuses que le pain. Base de la nourriture populaire et quotidienne au Mexique, les tortillas sont préparées à toutes les sauces et servent d'accompagnement dans beaucoup de recettes traditionnelles. On peut dire que la tortilla remplace le pain, car plus de 300 millions de tortillas sont consommées chaque jour.

 

Elles sont préparées à base de maïs. On laisse les grains de maïs trempés dans de l'eau de chaux afin de les rendre plus malléables. On les écrase afin de donner de la farine qu'on mélange à de l'eau. La pâte ainsi obtenue s'appelle la masa. Ensuite, on écrase cette dernière entre deux plaques rondes d'un diamètre d'environ 20 cm pour lui donner sa forme définitive. Une fois écrasée, cette tortilla va être précuite pour éventuellement être ainsi consommée ou accommodée dans d'autres préparations culinaires. Elles sont le plus souvent élaborées dans des tortillerias et vendues au kilo.(Pour en savoir plus, rendez vous sur le site Mexique-fr

 

Oui, il est temps de faire une pause et de se demander ce que l’on veut consommer. Bien sûr, nous n’allons pas supprimer d’un coup la consommation de pain. Mais l’Afrique de l’Ouest ne produit pas de blé, tandis que sa production de maïs ne fait qu’augmenter chaque année. Sa production de patate douce pourrait également progresser très vite !

 

(...)

 Koudougou, le 8 janvier, 2011    Maurice Oudet    Président du SEDELAN

 

 

 

Revue jeunes Agriculteurs  N° 551 | JUIN 2000

 Grandes Cultures : Blé      E, 1, 2, 3, la nouvelle grille

 

 

La filière céréalière vient de créer une nouvelle grille de classement du blé en France. Son objectif est double, pousser les organismes stockeurs à classer les lots dès la récolte et augmenter le taux de protéines des blés français.

 

Finis les BPS, BPC, BAU, etc. A partir de cette année, la récolte des blés français va être classée en « E, 1, 2 ou 3 ». Les professionnels de la filière céréalière sous l’impulsion de l’Onic y travaillent depuis plusieurs (voir tableau page 30). Après un an d'expérimentation chez plusieurs organismes stockeurs, elle est officiellement lancée. « Cette grille va nous permettre de mieux identifier la diversité et les caractéristiques de la récolte en fonction de trois critères technologiques que nous considérons comme essentiels : le taux de protéines, la force boulangère ou W (« travail »), et l’indice de chute de Hagberg, indique Pierre-Olivier Drège, directeur général de l’Onic. Cette classification a surtout pour objectif de répondre aux besoins des acheteurs sur des marchés de plus en plus segmentés au niveau européen et mondial ». Le directeur de l’Onic a d’ailleurs engagé un tour du monde des principaux clients de la France pour présenter la nouvelle classification et faire la promotion des céréales françaises.

 

Trois critères essentiels

 

La teneur en protéines est aujourd’hui recherchée par tous les acheteurs ; en meunerie bien sûr mais aussi dans la filière amidon, où les protéines sont importantes pour valoriser les co-produits ; il en est de même en alimentation animale, où, si le blé apporte un point de protéines en plus, il est possible d’économiser des kilos de soja ou de tourteaux.

 

La force boulangère, mesurée essentiellement par le W, détermine les caractéristiques plastiques d’une pâte (aptitude à la déformation). Autrefois les meuniers se contentaient d’un W de 120. Aujourd’hui, avec le développement de la panification industrielle, ils sont devenus plus exigeants, ils demandent en général un W de 200 en boulangerie artisanale et de 250 en boulangerie industrielle.

 

L’indice de chute de Hagberg est utilisé pour déterminer l’activité amylasique (ou enzymatique) du blé. Elle est correcte entre 180 et 250. Au-delà de 250, elle peut être corrigée. Par contre, au-dessous de 180, elle peut être préjudiciable à la panification et au-dessous de 120, le blé est considéré comme non panifiable.

 

La nouvelle grille intègre aussi cinq critères physiques : le poids spécifique, le taux d’humidité et le taux d’impuretés, de grains germés et de grains brisés.

 

« Hard » et « soft »

 

Dans les autres pays et notamment aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, les classifications des blés font souvent appel aux notions de « hard » et de « soft ». Littéralement, ces deux termes signifient « dur » et « tendre », mais en réalité, ils n’ont absolument rien à voir avec ce que nous appelons en France le blé tendre et le blé dur. C’est la raison pour laquelle les spécialistes français continuent à utiliser le vocable anglais pour parler de la dureté du blé tendre. Car c’est bien à la dureté du blé que ces notions font référence. Plus précisément à la capacité des grains à résister à l’écrasement. « L’indice de dureté traduit un état de cohésion de la graine, explique Guy Martin, spécialiste de la qualité à l’ITCF. On peut dire que les blés de type soft sont plus friables et que les types hard sont moins sujets à se désagréger ». La dureté des blés est surtout liée à la variété et dans une moindre mesure à la teneur en protéines. Elle peut être mesurée grâce à un appareil (un spectomètre dans le proche infrarouge) et s’exprime sur une échelle de 1 à 100. Sur cette échelle, les blés soft se situent aux alentours de 25 et les hard, autour de 75. « Jusqu’au milieu des années quatre-vingt, la sélection française était surtout orientée vers des variétés de type soft, indique le spécialiste de l’ITCF, aujourd’hui la majorité de blés sont plutôt de type medium hard (tendance un peu plus hard – aux alentours de 50 sur l’échelle de dureté) ». Certaines variétés comme Sidéral sont encore de type soft alors que des variétés comme Soissons, Isengrain ou Trémie sont plutôt medium hard . Sur le plan technologique, les industriels n’ont pas vraiment d’exigences particulières vis-à-vis de la dureté des blés. Seuls les biscuitiers vont exiger des blés de type soft (Ami, Ornicar…). A noter que tous les blés de force (W > 350 : améliore les farines de qualité moyenne) sont de type hard ; par contre l’inverse n’est pas vrai, un blé hard peut très bien ne pas du tout être intéressant pour la meunerie. « Le seul intérêt que peut présenter un blé de type hard sur le marché français est d’ordre économique, remarque Guy Martin, les farines de blé hard absorbent une quantité un peu plus importante d’eau, il sera donc possible de produire un poids déterminé de pain avec un peu moins de farine et un peu plus d’eau, sans pénaliser la qualité du pain ».

 

Mieux exporter

 

Selon lui, l’orientation un peu plus « hard » de la production française présente surtout un intérêt à l’exportation : les producteurs français peuvent parler le même langage que leurs concurrents américains. En fait aux Etats-Unis, la différence entre blé de type soft et hard est très tranchée, les soft présentent un taux de protéines très bas et une mauvaise qualité boulangère. Alors que les hard sont riches en protéines et parfaitement adaptés à la production boulangère. Les Américains ont longtemps utilisé le fait que nous produisions des variétés de type soft comme argument pour discréditer la qualité de notre production.

 

Les nomenclatures anglo-saxonnes font aussi référence à la couleur des blés avec le « red hard wheat » par exemple, le fameux blé roux américain, ou les « soft white wheat » américain et « premium white wheat » australien. « En France, on ne s’est jamais intéressé à différencier la couleur des grains, ajoute Guy Martin, mais si l’on veut savoir comment se situer par rapport aux autres productions, on peut estimer que presque tous nos blés sont roux. Seule la variété Récital peut être considérée comme un blé « blanc ».

 

Objectif, accroître le taux de protéines

 

La récolte 1999 en France était plutôt une bonne année en terme de qualité avec un taux de protéines moyen de 11,1 % contre 10,9 % en 1998, un indice de chute de Hagberg de 308 contre 263 l’année précédente et un poids spécifique de 78,3 contre 77,9 en 1998. Cela étant dit, les variations entre régions sont très élevées. Dans le Bassin parisien, la moyenne des teneurs en protéines n’a pas dépassé 10,5 %. En 1999, 2 % des blés livrés à la moisson seraient entrés dans la classe E, 32 % dans la classe 1 et 49,5 % dans la classe 2, ce qui signifie 80 % des lots dans l’une des trois premières classes.

 

Avec le lancement de la grille, l’Onic souhaite pouvoir classer les lots de blé le plus en amont possible, c’est-à-dire dès la récolte, mais il veut aussi sensibiliser les organismes stockeurs et les agriculteurs à la qualité. Pierre-Olivier Drège, son directeur, a d’ailleurs fait de la teneur en protéines son cheval de bataille. « Je suis persuadé qu’avec un effort conjugué des agriculteurs, des techniciens et des organismes stockeurs nous sommes capables de faire remonter d’un point, le taux de protéines global de la production de blé » indique-t-il. L’Onic a pour cela engagé une campagne, avec une subvention à la clé, pour inciter les coopératives et les négociants à investir dans des infranalyseurs, équipements qui permettent d’analyser à la récolte, la teneur en protéines de chaque remorque.

 

Au champ, il est possible d’améliorer la teneur en protéines de la récolte. « L’agriculteur dispose de plusieurs leviers pour adapter la qualité au marché, ajoute Guy Martin. Le choix variétal, bien sûr, est le premier levier et aujourd’hui nous disposons d’une très bonne connaissance des variétés. Mais ce n’est pas tout, le raisonnement de la fertilisation azotée à la parcelle, et surtout le fractionnement des apports, jouent aussi un rôle très important. » L’ITCF conseille au moins trois apports. Pour Guy Martin, fractionner la fertilisation en trois interventions permet de gagner 0,5 point par rapport à un programme en deux apports, améliore la force boulangère de 20 points, et permet de gagner 1 à 2 q/ha : technique qu’il serait dommage de ne pas exploiter.   Béatrice CARLIER

 

LABORATOIRE CGAC   Méthodes d'analyses du grain de blé

Impuretés :

 

GENERALITES :

 

Impuretés Que ce soit dans un lot de grains livré au silo ou vendu par un Organisme Stockeur, on retrouve toujours, en plus ou moins grande quantité, des impuretés (constituées par les grains endommagés ou avariés, les graines étrangères, les débris d’animaux et de végétaux et les particules minérales).

 

La méthode de recherche d’impuretés consiste en une séparation par tamisage et/ou triage et à les classer en quatre grandes catégories qui sont :

 

 

Les grains cassés

Les impuretés constituées par les grains

Les grains germés

Les impuretés diverses

 

 

 

Il existe deux méthodes pour la détermination des impuretés (méthode intervention et méthodes addenda) :

 

La « méthode intervention », est issue du règlement européen qui fixe les procédures de prise en charge des céréales par les organismes d’intervention ainsi que les méthodes d’analyse pour la détermination de la qualité des céréales.

Méthode utilisée obligatoirement pour des lots mis à l’intervention, pour le contrôle de l’aide alimentaire, et dans le cadre de certaines transactions commerciales quand la méthode est spécifiée dans le contrat.

 

Les « méthodes addenda », sont des méthodes définies par le Syndicat de Paris, et régies pas les addenda aux contrats Incograin, utilisées pour l’examen d’échantillons prélevés contractuellement.

Liste des différentes impuretés et incidences sur la qualité :

 

Grains cassés ou brisés : Incidence direct du battage ou des transports mécaniques quand le grain est sec. On observe une diminution des rendements, car ces grains sont éliminés au cours du nettoyage précédant la mouture. Mais l’incidence la plus importante est l’exposition directe aux phénomènes d’oxydation, posant des problèmes de stockage et rendant les grains plus accessibles aux attaques des insectes et des moisissures.

 

Grains germés : grains ayant subi des conditions de température et d’humidité favorables au démarrage de l’activité enzymatique propre à la germination. Grains que l’on reconnaît par le gonflement du germe, l’éclatement de l’enveloppe au niveau de l’embryon, l’apparition puis le développement de la radicule et de la plumule.

 

Grains échaudés et petits grains : Il s’agit de grains desséchés avant maturation à la suite d’un défaut d’alimentation en eau. Un grain échaudé sera rabougri, ridé, déformé, la conséquence d’un mauvais remplissage. Incidence sur le rendement et sur le PS.

 

Grains cécidomyiés : grains ayant subi l’attaque de larves, provoquant une déformation du grain (aspect de « selle de cheval »), l’éclatement des enveloppes et un stade de germination avancé.

Grains punaisés : les grains sont de taille normale mais présentent une tâche blanchâtre avec en son centre un point noir. Il s’agit de la piqûre de l’insecte, qui injecte des amylases qui vont dissoudre le gluten. Celui-ci deviendra filant, collant et peu résistant en panification.

 

Grains attaqués pas les déprédateurs : grains attaqués en champ ou au stockage par des insectes ou des rongeurs. Ils se remarquent par la présence de galeries, de trous, de germes rongés, des débris et d’excréments dans le grain. Il en résultera un PS plus faible et une qualité sanitaire diminuée. Les déprédateurs peuvent donner une couleur et/ou une odeur désagréable aux produits transformés.

Grains chauffés : Ils se reconnaissent à leur couleur cuivrée, ils ont subi une température anormalement élevée, par fermentation au stockage. Ces grains dégradent la qualité boulangère d’un lot.

 

Grains cariés et boutés : ces grains renferment une poussière d’odeur fétide et de coloration brun noirâtre, composée par les spores d’un champignon (la Carie). Ils éclatent facilement et les spores viennent ensuite se fixer dans le sillon des grains sains, que l’on appelle des grains boutés. Ceux-ci ne sont pas comptabilisés en impuretés, mais se reconnaissent par une coloration noirâtre des poils de la brosse ou dans le sillon, donnant une farine « sale ». La présence de carie dans un lot rend le grain impropre à la consommation.

 

Grains fusariés : grains contaminés par un champignon de type fusarium. Provoquant des dommages comme l’échaudage et une surface blanchâtre ou rose. Les fusariums sont capables (s’ils sont dans de bonnes conditions) de synthétiser des toxines dangereuses pour la santé humaine ou animale (déoxynivalénol, zéaralénone, fumonisines, …)

 

Graines étrangères : il n’est pas imposer d’en faire la détermination, mais seulement de les séparer.

Graines nuisibles et toxiques : il s’agit de graines toxiques pour l’homme ou les animaux ou qui modifient les caractères organoleptiques des produits issus du grain. Ces graines sont issues des 7 plantes suivantes (Nielle, Mélampyre, Céphalaire de Syrie, Fénugrec, Ail et Ivraie)

Ergot : C’est un sclérote qui contient des alcaloïdes qui peuvent entraîner des hallucinations. L’ergot est une masse oblongue noire avec une amande blanche-grisâtre.

 

Les impuretés spécifiques du blé dur : Les grains mouchetés sont des grains présentant en surface des tâches brunes ou noires provoquant des points noirs dans la semoule et les pâtes alimentaires.

Les grains mitadinés est un grain qui après avoir été coupé présente une ou plusieurs plages farineuses (un grain de blé dur est normalement vitreux) diminuant ainsi le rendement semoulier. L’origine se situe dans des taux protéines trop faibles pour du blé dur ou dans l’existence de pluies survenues pendant la maturité du grain.

 

 

 

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L'auteur de ce site est un ingénieur agronome ayant travaillé sur le terrain en Algérie (Batna) et en France (Oise). Passionné d'agronomie et d'une curiosité insatiable, il se propose d'être un "passeur de savoir".

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